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Nous sommes deux soeurs... L'une peint, l'autre écrit. Nous avons envie de partager nos vécus, nos ressentis, nos expériences; de témoigner... Nous aimons par dessus tout la nature, notre plus grande source d'énergie... Sur ce blog, nous vous présenterons des peintures, des livres, mais aussi des photos de nos voyages, de nos randonnées, des récits... Nous tenterons enfin de vous entraîner dans la grande aventure de notre vie: notre cheminement spirituel vers l'Amour et la Lumière.

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Communication non violente, dîtes-vous ?!

Ce texte s'est imposé alors que je cherchais à comprendre ce qui venait de nous tomber dessus sans crier gare et qui nous a profondément choquées toutes deux.

Souvent, alors que rien de tangible ne s'est encore manifesté, nous ressentons, comme sans doute beaucoup d'entre vous, une émotion, un trouble dont nous ignorons la cause. Ce peut être de la joie, de la peur, une vague colère ou, comme ce fut le cas récemment, un malaise diffus.

Que se passait-il, comment et surtout pourquoi ?

Autant de questions qui me ramenaient à la découverte de "l'Art de la rhétorique" de Cicéron, un ouvrage faisant appel, entre autre, au raisonnement, à la recherche de sens à donner aux faits et ce qu'il nommait les sept questions probatoires :

Qui, quoi (que s'est-il passé), quand et où (cela se passe t'il), pourquoi (les motifs), comment (la manière), le moyen (avec quels appuis - matériels, émotionnels )...

En ce qui concerne notre problématique, une relation (qui), que nous considérions amicale, semblait nous mettre à distance (quoi) depuis un certain temps (quand), volontairement (comment). Des SMS (où) sans réponse, des retours laconiques (comment) nous ont amenées à évoquer un possible problème dont nous ne discernions pas la cause.

Son silence (comment) nous oppressait. Il nous manquait juste le pourquoi, une énigme sur laquelle nous buttions.

N'ayant pas lâché l'affaire nous avons appris que "quelque chose", sans plus de précision, l'avait heurté, lui donnant envie de s'éloigner, tout en ajoutant "votre amitié m'est précieuse et je vous aime" !

Un discours paradoxal rangé par Cicéron dans la catégorie moyen (ce qui souffle le chaud et le froid) !

Il nous a fallu, malgré nos demandes réitérées, attendre encore plusieurs jours pour connaître le pourquoi, une attente insupportable d'une violence extrême.

Ma manière de parler, qualifiée, de "souvent abrupte" (pourquoi) était en cause.

L'adverbe "souvent" laissant sous-entendre que cela ne datait pas d'hier, pourquoi dans ce cas, bien qu'ayant affaire à une personne adepte de la "Communication Non Violente", le sujet n'avait-il jamais été abordé plus tôt ?

Si je sais avoir parfois, comme le dit Muriel Robin, "un ton", cela reste toutefois occasionnel et d'ailleurs ne m'a jamais porté tort tant au travail que sur un plan affectif. Si je sais pouvoir déstabiliser passagèrement c'est toujours sans le vouloir.

Cela nous a semblé d'autant plus injuste que ma façon déterminée de prendre ses problèmes à bras le corps lui a été particulièrement bénéfique.

De toute façon, toutes deux, nous n'avons jamais lésiné notre investissement à ses côtés.

Une injustice qui fait mal et interroge.

Aurions-nous durant toutes ses années été utiles, utilisées avant d'être rejetées ?

Il est très tendance aujourd'hui, dans certaines sphères, d'employer un langage convenu, les mots Paix, Amour, Sérénité, Harmonie, Compassion... reviennent en boucle. Ne pas faire de vague, savoir écouter, contrôler ses réactions, surtout pas de paroles abruptes, telle est la règle. La "Communication Non Violente" a le vent en poupe !

Il est évident que je ne cautionne pas la violence, quelle qu'elle soit et ne doute pas des vertus de la CNV quand elle est bien maîtrisée, mais je sais aussi pour avoir écouté de nombreux témoignages ou en avoir fait l'expérience que la CNV peut être d'une violence extrême. D'ailleurs rien que dans notre cas, le fait d'avoir laisser monter la pression en refusant de nous dire ce qui se passait est contraire aux principes de la CNV.

Si vous ne connaissez pas, grosso modo, les principes de la CNV tiennent en 4 lettres : OSBD : observation, sentiment, besoin, demande.

Démonstration :

Observation sans porter de jugement ; la situation est décrite de manière factuelle. Pas question de vitupérer, si par exemple vous avez été bousculé, la réponse adéquate sera juste de poser le constat en rappelant les faits comme "tu es entrain de me bousculer et c'est inconfortable".

Sentiment ; il s'agit d'exprimer ses ressentis clairement, il est faux de croire que l'autre peut ou va deviner ce qui n'est pas clairement explicité.

Besoin ; derrière tout sentiment négatif se cache un besoin non satisfait, qui se traduit par la manifestation inverse de ce que l'on expérimente. Derrière une peur se cache un besoin de sécurité non assouvi, en cas de colère, un besoin de contrôle non satisfait...

Demande (d'expression) ; on explique ce qui s'est passé, on exprime ce qui pose problème ou ce dont on a besoin. Modifier un comportement en montrant quel est l'intérêt pour les différentes parties (couple, équipe de travail) par exemple. Il est possible de suggérer différentes possibilités, de les soumettre à l'approbation ou de solliciter d'autres points de vue. Cela permet à l'autre d'être libre de montrer son accord ou son désaccord. Les petits conflits peuvent être réglés rapidement sans laisser les choses s'envenimer.

Une chose est donc évidente, la CNV fait la part belle au dialogue. Pas de sous entendu, si l'on "accuse", pas de suspens, on ne laisse pas planer le doute. Ce qui est reproché est clairement exprimé afin de régler les problèmes rapidement.

L'exact contraire de ce que nous avons vécu.

Beaucoup de personnes disant pratiquer la CNV semblent l'adapter à leur sauce en s'affranchissant des principes fondateurs, nous en avons rencontrer.

En ce qui me concerne c'est un processus de communication qui ne me convient pas, loin de moi l'idée qu'il est bien et bon d'exploser de colère à tout instant, mais les paroles convenues, l'absence de spontanéité m'indisposent. 

Après tout même Jésus fut capable de sortir de ses gonds pour chasser les marchands du temple !

Dominique

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