Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
21 juin 2018 4 21 /06 /juin /2018 19:47

Infidèles à notre Ptibus nous avons gagné Vienne via Barcelone. Après avoir récupéré en un temps record et dans l’ordre, notre véhicule de location et notre coéquipière en provenance de Calvi, nous étions à pied d’oeuvre pour commencer notre découverte de Bratislava dès le milieu de l’après midi.

Le premier contact déconnecte un peu ; grands immeubles, maillage routier d’importance et zones en complet réaménagement, s’accordent difficilement avec le château, les bulbes et flèches des multiples édifices de la vieille ville.

Nous déposons nos valises, prenons rapidement nos marques et gagnons les bords du Danube qui accueillent piétons et véhicules non motorisés en tout genre. Il faut avoir des yeux dans le dos pour éviter les bolides à roulettes qui sillonnent ces anciennes voies sur berges. Sans transition nous passons d’une zone de bâtiments plus ou moins à l’abandon, d’une époque révolue, à des buildings ultra modernes abritant des hôtels, de luxe évidemment ! Poursuivant notre déambulation nous repérons des bistros sympas que nous ne tardons pas à tester non sans avoir admirer au passage plusieurs sculptures dont celle d’un lion fait de chutes de pneus, le résultat est bluffant !

Tout semble bien se « goupiller », le tram passe à notre porte, les liaisons rapides sur le Danube nous permettent d’envisager une escapade viennoise.

Le centre de Bratislava, entièrement réhabilité, a un charme fou et la grande diversité architecturale maintient les sens en alerte. Nous repérons quelques témoignages de l’ère soviétique un peu lourdingues et peu en harmonie avec l’ensemble, tout comme cette surprenante 2 fois 4 voies qui isole le château de la ville et empêche d’apprécier les vestiges de remparts qui ceignaient Bratislava. « Bas beau » aurait dit le petit Julien ! Rien à voir avec les palais baroques ou rococos, les façades colorées des nombreux hôtels particuliers ou les églises aux intérieurs un peu « chou à la crème ».

En préparant notre voyage, j’ai choisi comme fil conducteur à notre découverte, la sculpture. Si de plus en plus de villes lui font la part belle, Bratislava qui a choisi cette expression artistique pour mettre en scène sa « petite » histoire, lui réserve une place d’honneur.

Les touristes ne sont pas encore au rendez-vous mais nous croisons de nombreuses classes de la maternelle au collège, ce sera d’ailleurs une constante que ce soit en Hongrie ou en Slovaquie. L’instit en nous n’étant jamais très loin nous notons avec plaisir à quel point tous ces jeunes sont calmes bien qu’actifs, attentifs mais vivants, libres et responsables !!! « No stress », pas de présence policière, Vigipirate connaissent pas !

Nous démarrons notre quête sur Hvierzdoslavovo Namestie, sorte de rambla super ombragée dotée d’un très long bassin rythmé par de nombreux jets d’eau. Les terrasses de café nous font de l’œil mais nous avons encore le jarret ferme et la curiosité nous anime.

Hans Christian Andersen

Immédiatement nous tombons sur notre première sculpture, celle de Hans Christian Andersen, célèbre conteur fan de cette ville. Nous supputons qu’il y a là quelques symboles à décrypter, mais qu’en penser ? Pourquoi un escargot ? Qui est ce petit personnage qui susurre à l’oreille d’Andersen ? Son inspiration !

Peu importe, la sculpture est belle et les ombrages parfumés des tilleuls nous ramènent à Krems, sur les bords du Danube où nous étions l’an passé à la même époque. Passé, présent se mêlent.

Parvenues au Théâtre nous virons rue Lauriska encore peu animée et repérant la star des statues, Cumil, « the Man at Work » à l’angle de la rue Panska. Icône de Bratislava il faut s’accroupir pour ce mettre au niveau de cet homme au travail. Installé là en 1977, la position précaire qu’il occupe lui valut par 2 fois d’être décapité.

Cumil

Toutes les statues de Bratislava racontent une page d’histoire de la ville, ainsi le voisin de Cumil, « Schone Naci » rappelle l’expulsion en 1945 des allemands installés à Bratislava. Schone Naci réussit à y rester, toujours très digne avec son haut de forme, courtois avec les femmes et les enfants, sa grande pauvreté fit en lui le lit de la tuberculose qui l’emporta en 1967.

Schone Naci

Place Hlavné Namestie, c’est « Napoléon » qui attend le visiteur pile poil devant la façade de l’hôtel de ville. Un clin pour rappeler peut-être que ce sacré « Napo » en 1805 en fit voir de toutes les couleurs aux slovaques.

Napoléon à moins que ce soit Hubert ? Pour être tout à fait exact, 2 écoles s’affrontent. Pour certain il s’agirait d’un déserteur français qui par amour devint producteur d’un vin mousseux aujourd’hui le plus célèbre de Slovaquie et qui porte le nom de son créateur, Hubert.

Petit à petit poursuivant notre jeu de piste nous découvrons la vieille ville.

Quittant Hlavné Namestie après un coucou « au garde » dans sa guérite, seul rescapé de la garnison qui durant 3 siècles fut installée là nous furetons dans un dédale de rues, impasses, passages couverts et gagnons la Porte Saint Michel.

Porte St Michel

Nous repérons non loin « le » restau qui sert les gnocchis à la Slovaque dont on dit grand bien puis filons faire quatre courses avant de replonger dans les rues de la vieille ville bordées de maisons aux tons pastels qui dévoilent de temps à autre des bizarreries architecturales !

Requinquées chacune d’une belle assiettée de Bryndzové Haluški, nous repartons vers la rue Lauriska gaillardement en cherchant à découvrir notre « moqueur », dernière statue du jeu de piste qui doit nous mener au château !

Nous faisons chou blanc et sous une grosse chaleur nous attaquons la grimpette. Il paraît que la vue est splendide de là-haut, ça motive mais ne nous empêche pas de nous écrouler avec délice sous les tilleuls en fleurs, histoire de digérer nos gnocchis, menu idéal, l’hiver !

Le château étant fermé le lundi, ouf !, nous redescendons par le seul tronçon de remparts subsistant tout en faisant un gros effort d’imagination pour oublier l’autoroute urbaine à son pied. Après une brève incursion dans la cathédrale où un dragon en jupons oblige Frédérique à se couvrir les épaules, seules les cuissettes dodues sont autorisées semble t’il, nous regagnons la case départ sur Hvierzdoslavovo Namestie pour une pause bistrot.

Billets en poche pour une croisière sur le Danube le lendemain nous regagnons nos pénates rêvant déjà à nos retrouvailles viennoises à venir !

Do

 

Partager cet article
Repost0
20 juin 2018 3 20 /06 /juin /2018 17:14

Que voulez-vous il faut bien un peu étaler sa science, nous avons eu bien assez de mal à mémoriser le nécessaire à défaut du superflu pour honorer les slovaques et hongrois rencontrés durant ces 2 semaines.

Une manière détournée pour confirmer ce dont vous vous doutiez sans doute, nous étions encore en vadrouille !

Et puis d’ailleurs nous allons encore repartir sous peu !!!

Nous revenons donc d’un séjour en Slovaquie et Hongrie. Notre fil conducteur, le Danube, absolument pas bleu car plutôt tumultueux, nous a offert la possibilité de découvrir les capitales, actuelles ou passées, qui bordent son cours.

Château de Vajdahunyad à Budapest

Incontestablement fort belle, Budapest nous aurait sans doute plus enchantées en hiver. Ne serait-ce que pour ces célébrissimes bains ! Qui rêvent de se prélasser dans une eau à 38° par des températures caniculaires ! Nous y avons donc un tantinet souffert, beaucoup de monde, une chaleur d’enfer ne facilitant pas les déplacements d’un site à l’autre même si le réseau des transports en commun est épatant.

Porte St Michel à Bratislava

Rien à voir avec Bratislava en tout cas, petite capitale à échelle humaine dotée d’un centre ville relativement ramassé sur lui même. Il n’y a que le château qui soit excentré !

Si l’envie vous titille d’aller y faire un tour, voici en préambule quelques petites choses à savoir.

Commençons par le réseau routier.

Que ce soit en Autriche, Solvaquie ou Hongrie, une vignette est obligatoire pour circuler sur les autoroutes. Relativement peu onéreuse, elle remplace avantageusement nos péages français. Attention cette vignette semble même nécessaire pour circuler sur les voies rapides solvaques, ce qui pose problème car qu’entend on par là ?

Si en Hongrie le réseau routier est correct, quelques nids de poules comme chez nous, côté slovaque c’est une autre paire de manche. Autant éviter les petites départementales ou attendez-vous à vous retrouver comme cela nous est arrivées sur une piste très défoncée voire entrain de traverser des champs ! A côté notre célébrissime chemin de la scierie à Saint Genis des fontaines fait figure de champs élysées !

Cela nous a coupé toute envie d’aller explorer les Tartas avec le camion !

Autre détail d’importance, les passages protégés.

En Hongrie et plus spécialement à Budapest, il y en a peu et il faut souvent se lancer à l’assaut de la chaussée pour traverser les grandes artères. Si au début cela impressionne, on constate rapidement que le hongrois est très respectueux et s’arrête instantanément pour laisser traverser les piétons. Il suffit même d’en manifester vaguement l’intention ! Un coup à se faire écraser de retour en France.

Par contre, si vous avez l’habitude d’appuyer sur le champignon, autant le savoir, cette mesure qui vise à réduire la vitesse sur les départementales françaises à 80 kilomètres à l’heure et éveille tant d’hostilité, est chose acquise là-bas. Que ce soit en Slovaquie ou Hongrie, les voies rapides sont souvent limitées à 70 et sur les départementales le 60 à l’heure est chose courante. D’ailleurs c’est aussi le cas en Espagne où le 100 est partout entrain de disparaître petit à petit au profit du 80 !

Moralité, le français est vraiment râleur et ferait bien de sortir de temps à autre de l’hexagone.

Au chapitre bonne surprise et même si pour certains cela semble futile, nous avons trouvé en moultes endroits des parcs de jeux pour … chiens avec jeux, points d’eau, pelouses … et pas une seule crotte dans les rues !!! Il faut dire que les sacs à déjections sont très explicites quant à l’utilisation qu’il convient d’en faire.

 

Pour les esprits chagrins, enfants et adultes ne sont pas mal lotis. Les squares, parcs regorgent de jeux, d’aires où pratiquer toutes sortes de sports, de fontaines, de pelouses où se vautrer avec délectation baigné par le parfum des tilleuls en fleurs.

Dans l'île Marguerite à Budapest

Enfin, le réseau de transports en commun est

Lady Regina

d’importance avec de nombreuses connexions qui permettent d’aller dans toutes les directions et cerise sur le gateau il est gratuit pour les « pensionnés ». Vous pouvez y monter vélos, trottinettes (c’est tendance) et même les chiens ! Cela nous a valu de faire la connaissance de Lady Regina, une ambassadrice pleine d’attention, qui tout le temps du voyage a dispensé ses amitiés aux voyageurs ravis. Cela crée du lien, c’est évident.

En fait les seules difficultés rencontrées furent l’adaptation à la monnaie hongroise, le forint, et la maitrise de la langue. Certes nous ne parlons pas slovaque mais l’anglais est parlé partout, ce qui n’est pas le cas en hongrie où, en plus, rien ne se prononce comme cela s’écrit !

Nous avons donc dû apprendre quelques éléments pour survivre !!!

Problème épineux que de savoir demander du beurre ou de l’eau plate ! En fin de séjour nous maîtrisions parfaitement, bonjour, merci et au revoir, c’est peu certes mais suffisant pour faire plaisir et recevoir un accueil chaleureux !

Dernier conseil, n’accordez pas de crédit à ces sites qui terrorisent le touriste et l’abreuvent de mises en garde. A les en croire les pickpockets, les faux policiers sont partout en embuscade, les faux billets et la drogue circulent à notre insu, en bref l’escroquerie vous guette partout ! Foin de tout cela ! Comme si c’était parfait chez nous !

Quant aux recommandations sur les signalisations défectueuses des passages à niveaux ça fait doucement rigoler ! Parlez en aux habitants de Millas !

Voilà, c’est parti pour quelques petits articles !

Do

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
21 mai 2018 1 21 /05 /mai /2018 20:23

Voilà nous avons presque bouclé la boucle.

Quittant Nuevalos nous avons gagné Alquezar au pied des Pyrénées où nous avions déjà fait halte il y a deux ans histoire de faire une des randonnées que nous avions repérées à cette époque. L’affaire fut vite vue, impossible de trouver le départ de la rando et un parcours sur les berges du Rio Vero très impétueux rendant l’entreprise périlleuse. Nous nous sommes rabattus sur une découverte de ce même rio mais en aval.

Rio Vero et ses passerelles

Des ermitages, des monuments d’architectures rurale et industrielle, un bain de nature, 3 heures de bonheur et une découverte, « El Azud de Pozan » !

El Azud de Pozan

D’origine arabe le mot azud désigne un ouvrage hydraulique, une prise d’eau destinée à la répartir pour irriguer, arroser ou tout autre usage possible. La technique est simple mais il fallait y penser. Le cours d’eau est barré en un endroit où existe déjà un certain dénivelé, le niveau d’eau est artificiellement élevé et des dérivations sont aménagées pour répartir l’eau dans de multiples directions. Depuis sa première construction l’Azud de Pozan a subi plusieurs réhabilitations, en bois de chêne comme tous les ouvrages semblables jusqu’au XVIIe siècle puis en pierre, matériau nettement moins sujet aux crues !

Cette superbe cascade est donc artificielle, les multiples canaux d’irrigation sont toujours en fonction, même le pont canal du XVIe est encore opérationnel.

Pont canal sur le Rio Vero

Notre seconde découverte de la journée fut Naval et ses salines. Des salines en pleine montagne, toujours en activité même si la production n’est plus ce qu’elle était ! En plusieurs endroits l’eau saumâtre sourd du sol, une eau plus salée que la Mer Morte qui permettait de remplir les greniers à sel de Naval !

Salines de Naval
Greniers à sels

Un chemin de rando traverse le village et ses environs, fort mal balisé, nous n’avons eu d’autres solutions que de traverser le Rio Llastre pieds « nuls », pour arriver à découvrir le Salinar de la Rolda de Naval !

Un petit détour par le Rio Cinca et ses eaux d’émeraude et nous attaquions notre dernière nuit, prêts à prendre le chemin du retour.

Revenus en Terre Catalane, c’est à Calaf que le Gastounet et le Ptibus se sont quittés.

 

Pour un temps, seulement !

Car nous avons d’autres projets, comptez sur nous !

Do

 

Partager cet article
Repost0
21 mai 2018 1 21 /05 /mai /2018 15:33

Non, ne traduisez pas littéralement « le monastère de pierre ». Bien sûr qu’il est en pierres ! Mais il tient avant tout son nom de la rivière qui baigne abondamment les lieux, el rio Piedra.

Du camping de Nuevalos, joli village haut perché, il n’y a guère plus de trois kilomètres à pieds en suivant le GR et les berges du rio pour gagner le monastère. Sur les bords de la rivière Piedra, nous avons marché et nous nous sommes régalés! La balade, le long des falaises creusées par le cours d’eau, sous un couvert de végétation fournie, est enchanteresse, surtout le matin ! Il n’en sera plus tout à fait de même au retour, avec qui plus est, huit heures de déambulation, descentes et grimpettes, dans les gambettes !

 

Cette approche pédestre nous permet d’éviter l’accès traditionnel plus fréquenté et d’accéder au monastère par la cour déserte de l’ancienne hostellerie, flanquée d’une superbe façade baroque.

L'hospederia

Franchi le seuil, nous apercevons déjà l’église abbatiale, ou du moins ce qu’il en reste !

 

L'église abbatiale

Les origines du monastère cistercien Santa Maria de Piedra, dépendance du monastère de Poblet en Catalogne, remontent à 1186, sous le règne d’Alphonse II. 650 ans de splendeur avant que les guerres carlistes ne lui soit fatales, vers 1835. L’église est alors presque entièrement détruite, le mobilier religieux dispersé et les terrains privatisés.

 

La visite du monastère est intéressante, mais n’a rien d’exceptionnel : on y trouve, comme partout la salle du chapitre (très belle),

la salle du chapitre

le réfectoire des moines, le couloir des converts, le cloître (hélas, quand on a vu Moissac, cela devient plus difficile de s’extasier !!!),

le cloître

caves et celliers. Deux expositions sont à découvrir : une première sur le vin,

moine au labeur

et une autre, plus intéressante pour nous, fournit moult explications sur une denrée qui nous est particulièrement chère : le chocolat.

 

A noter : en principe, il n’y a pas de visite libre. Est-ce parce que nous étions français ? Nous avons attendu un guide en vain avant de nous résoudre à visiter les lieux seuls. Personne n’est venu. Mais nous ne nous en plaindrons pas  puisqu’il y avait presque partout des explications en français (sauf pour les expos !).

 

C’est après nous être restaurés que nous avons attaqué le morceau de bravoure : le parc du monastère. Car en réalité, c’est bien lui qui rend le lieu mythique ; c’est une apothéose de torrents et de cascades.

La rivière Piedra se divise en multiples bras pour se jouer des creux et des bosses du terrain, s’insinuant au travers d’une végétation luxuriante avant de finir sa course folle dans les eaux vertes et paisibles du lago del Espejo.

El lago del espejo

Et ça monte, et ça descend, tout au long de sentiers escarpés, d’escaliers vertigineux parfois même creusés en tunnel dans la falaise. On se glisse derrière des cascades,

Claude, explore la grotte derrière la "cola de caballo", cascade; il a même fallu enfiler les capes de pluie!

on en franchit d’autres.

la queue de cheval!

Partout où le regard se porte, dévalent joyeusement des milliards de « Perlettes » bondissantes et bavardes, dans une ambiance aquatique ressourçante, exceptionnellement mise en valeur par la diversité végétale et l’exubérance des feuillus aux troncs gigantesques.

 

Avant d’entamer la remontée, une aire de repos permet de reprendre des forces : tables et banc, mais aussi balançoires, toboggans… Nous ne résistons pas à la tentation avant de remarquer que les jeux sont réservés aux enfants de moins de douze ans. Et alors ???? Allez, récréation des pèlerins!

pas si drôle, finalement...
Si!

 

Voilà ! Depuis le temps que Jesus nous disait qu’il fallait absolument voir le monasterio de Piedra !!! (Ben oui, Jesus… On est voisins). Bon, hé bien voilà, c’est fait !

Et il avait bien raison. A faire, à voir absolument si vous allez en Aragon! Fredo

 

Partager cet article
Repost0
20 mai 2018 7 20 /05 /mai /2018 19:59

Profitant de notre halte forcée à Albarracin, nous avons prospecté les environs et passé un moment fort sympathique dans une petite ville qui a première vue ne semblait pas casser trois pattes à un canard. Erreur !

Cella implantée sur un plateau aride, dépassant les 1000 mètres d’altitude, se niche au creux d’une dépression qui a toutes les caractéristiques d’oasis. Colonisée par les romains puis occupée par les arabes, Cella doit sa réputation à une source, La Fuente de Cella, mise en valeur par les Templiers au XIIe siècle.

De forme elliptique et de dimensions imposantes, 25 mètres sur 35, la fontaine a été remaniée sous la forme que nous lui connaissons actuellement au XVIIIe siècle. Elle alimente des canaux qui se greffent sur un réseau d’eaux captées dès l’époque romaine au moyen d’un aqueduc.

Nous avons suivi un moment l’un de ces canaux qui par un système ingénieux distribue l’eau dans la zone horticole du village. Si aujourd’hui cette eau alimente « un green », on peine toutefois à croire que c’est une opération judicieuse quand on voit l’aridité des terrains avoisinants et le délabrement de pas mal d’exploitations agricoles !!!, car il fut un temps où l’eau était une bénédiction pour les habitants de Cella !

Un gigantesque lavoir, encore prêt à servir, et d’étranges bassins dont nous n’avons pu trouver la fonction, pisciculture, bassins de décantation pour des tanneries ?, témoignent du rôle de l’eau dans l’économie locale par le passé.

Une courte déambulation dans les rues de la ville désertée par ses habitants tous regroupés dans les restaurants et cafés du paseo près de la fuente, un bon moment à nous défouler sur le parc d’activités réservé aux seňors et nous repartions pour Albarracin déconfits de n’avoir pas trouvé l’acqueduc romain !

Pourtant, nous allions vérifier une fois encore que la vie est bien faite. Au détour du chemin, à la hauteur de Gea de Albarracin, j’ai eu juste le temps d’apercevoir un petit panneau annonçant « Acueducto romano ». Demi tour sur les chapeaux de roues et nous stoppions le Ptibus sur le bord de route à la recherche de notre acqueduc sans vraiment trop y croire, l’accès était tout sauf bucolique.

Passé une zone sinistrée ayant tout de l’ancienne décharge, nous avons atteint un petit valon par une piste aboutissant à un parking !

A propos de décharge, il faut quand même bien avouer que si nous avons des progrès à faire en matière d’environnement, en Espagne c’est vraiment pas top, il y a même du « taf ». Certes les autorités semblent s’y atteler mais nous avons plus d’une fois trouvé sur notre route de ces immenses décharges débordants de tout ce que l’on peut imaginer et dans des endroits sublimes qui plus est !!!

Des panneaux explicatifs nous ont alors permis de comprendre que nous faisions fausse route en nous attendant à découvrir un acqueduc à la mode « Pont du Gard ».

Sur 25 kilomètres les romains ont acheminé les eaux du Guadalaviar jusqu’à Cella. En approchant de Cella l’acqueduc devient souterrain atteignant parfois une profondeur de 60 mètres. Outre ce tronçon il compte 9 kilomètres de galeries taillées dans les collines qu’il traverse avec quelques passages où la conduite taillée à même la roche est à ciel ouvert !

Ce vénérable acqueduc de plus de 13 siècles d’existence était encore en fonction au moment de la reconquête (XIIe siècle), il alimentait des installations artisanales, des moulins, des cités. Il a ensuite servi d’abris aux pasteurs, agriculteurs, bétail avant de recevoir maintenant les visiteurs en quête de sensation ! Une prouesse technologique qui laisse pantois lorsque l’on sait que tout au long du trajet qui se faufile dans un relief tourmenté la pente de 3/1000 est constante, que ce sont 50 000m3 de roches qui ont été évacués et que le débit était de 300 litres par seconde !

Il faut préciser que Rome a su en toute circonstance se donner les moyens de ses ambitions. Un corps spécifique de fonctionnaires existait, formé d’ingénieurs, de topographes, de fontainiers mais aussi des agents administratifs chargés de gérer la logistique de la mise en œuvre des chantiers.

Sur le chemin du retour nous avons repéré le tracé de l’aqueduc jusqu’aux environs d’Albarracin grâce aux puits de ventilation qui ponctuent tout le trajet ! Ces puits ont dans un premier temps servi à évacuer les roches au fur et à mesure du percement, ils étaient nécessaires à la bonne marche de l’aqueduc pour assurer une parfaite ventilation et permettre les travaux de surveillance !

Le Gastounet requinqué, nous quittons Albarracin pour le Monasterio de Piedra. Le temps est à l’orage et c’est sous un ciel chargé que nous faisons halte à Daroca. La ville est belle et son passé rejoue celui de presque toutes les villes que nous avons traversées.

Forteresse arabe, églises, ayuntamiento mais par ailleurs et de facture plus rare, la Fuente de « los veinte caňos », un ermitage troglodytique et de nombreuses grottes encore récemment habitées par les civils ... nous avalons les kilomètres et les rencontres.

Une adorable vieille dame nous a conté sa vie et fait découvrir un joli et vieux puits, à la fenêtre du Diable !

Do

Partager cet article
Repost0
19 mai 2018 6 19 /05 /mai /2018 14:37

La vie est vraiment bien faite. Nous avions prévu de passer deux nuits et une journée complète à Albarracin, village classé « mas bonitos de Espaňa ». Les caprices du « Gastounet » nous aurons permis de profiter des lieux un jour de plus.

Mais je vous sens intrigués… Qui est le Gastounet ? J’explique. Depuis que nous voyageons avec nos amis Claude et Michelle, Claude passe beaucoup de temps à bricoler son camion qui n’est pas de première jeunesse et nous donne parfois des inquiétudes. Cela ne vous rappelle rien, à vous ? Nous, oui : l’inénarrable Gaston Lagaffe qui part en vacances et s’en revient bronzé seulement des jambes car il a passé tout son temps sous sa voiture à maintenir le moteur en état de marche. Ça y est ? Vous vous souvenez ? Bon. Hé bien voilà, le camion de nos amis n’ayant pas de nom (nous, nous avons toujours baptisé nos véhicules, c’est une tradition familiale qui remonte assez loin), nous l’avons appelé « Gastounet ». Hé bien, le jour prévu pour le départ d’Albarracin, la batterie du moteur n’a rien voulu savoir… Alors nous sommes restés un peu plus longtemps… Et sans regret !

 

La région d’Albarracin est peuplée depuis les temps préhistoriques, comme en témoignent les nombreuses peintures rupestres décorant les abris sous roche des alentours. Bien évidemment, les romains y ont ensuite laissé des traces, mais le nom d’Albarracin remonte à l’occupation arabe qui, comme à Teruel a laissé de nombreux vestiges prestigieux, à commencer par la citadelle et la gigantesque muraille qui court sur la crête des collines. Le village est superbement perché au dessus d’un méandre du rio Guadalaviar et le charme opère au premier coup d’œil.

Nous commençons notre découverte des lieux en nous élançant vers le point le plus haut de la muraille, pour jouir d’un panorama à 360° sur le village et la sierra du même nom.

vue sur le village et la cathédrale

 

Dominés par plusieurs tours et clochers, le village présente une belle unité de couleur rouge. Nous nous régalons à découvrir les ruelles étroites bordées de maisons à pans de bois, truffées de détails architecturaux remarquables.

enchevêtrement de maisons

Sur la Plaza Mayor très animée (on est en Espagne !), Claude et Michelle entre dans un bureau de tabac, à la recherche de cartes postales… Surprise ! Il y a bien du tabac et des cartes postales, mais il y a aussi de tout, du slip au soutien gorge, en passant par le chapeau de paille et les coloriages pour enfants. Bref, il y a un peu de tout et de tout un peu ; c’est la Samaritaine !!!

Plaza Mayor

Nous nous faisons d’ailleurs la réflexion qu’il n’y a pas comme chez nous, dans nos villages labellisés « plus beaux villages de France », cette avalanche de boutiques artisanales ou de galeries qui transforme les lieux en supermarché de luxe. Les gens qui sont là y habitent vraiment et les commerces à disposition sont là pour les aider à vivre. Bien sûr, nous avons trouvé deux ou trois boutiques spécialisées dans la vente des produits locaux, jambon, miel, fromages, ciblant davantage une clientèle touristique, mais elles se font discrètes, presque exceptionnelles. Albarracin est vivant.

Bizarrement, nous n’avons rien visité, nous contentant des découvertes extérieures. La cathédrale est payante (peut-être sommes-nous un peu las des collections religieuses ?) et le château, tout comme le musée de la ville, n’ouvre ses portes qu’à 16 heures. C’est bizarre, mais c’est comme ça. Au fond, cela ne nous manque pas trop, et le lendemain, ayant eu l’occasion de monter jusqu’à l’ermitage de la Virgen qui offre une vue plongeante sur l’intérieur du Castillo, la conclusion s’est imposée : nous n’en aurions pas vu plus !

ermita de la Virgen

Albarracin est un régal pour les yeux. Outre le village, il faut emprunter le « paseo fluvial », une promenade aménagée sur la berge du Guadalaviar, aux pieds des remparts et des falaises, dans la fraîcheur revigorante de la ripisylve.

Le paseo fluvail et le Guadalaviar

On peut y découvrir les restes d’un moulin et plusieurs passerelles franchissent le torrent, permettant d’enchaîner avec d’autres itinéraires balisés à travers la sierra de Albarracin que les caprices du Gastounet nous auront permis de découvrir le lendemain.

Albarracin, vue de la sierra du même nom

Mieux vaut avoir le jarret ferme pour visiter Albarracin. On monte, on descend, on remonte, on redescend, presque sans s’en rendre compte tant il y a de beautés à admirer. Et au final nous aurons quand même marché trois heures et demi, rien que pour une première matinée de découverte !

 

Mais si le charme du village d’Albarracin attire de nombreux touristes, la région est réputée pour d’autres merveilles : les peintures rupestres de los Pinares de Rodeno.

C’est la forêt de Fontainebleau, à la puissance dix. Un site naturel protégé, gigantesque chaos de grès rouges arborés de pins où sont dissimulées, ici et là, d’émouvants témoignages des temps préhistoriques. Archers, taureaux, chevaux…

 

On peut admirer ces peintures rupestres protégées par des grilles pour empêcher les dégradations, gratuitement tout au long d’un sentier bien aménagé (il y a même toute une portion accessible aux fauteuils roulants). Ce cadre naturel enchanteur attire aussi de curieux spécimens : des bipèdes volubiles, plutôt jeunes et peu soucieux de leur apparence, se déplaçant volontiers en troupeaux, un matelas à bretelles sur le dos, et parfois un sac à dos sur le ventre. Nous en avions déjà croisé la veille et le matin même dans les rues d’Albarracin. Si vous cherchez, comme nous au début, ne leur demandez pas où sont les peintures rupestres : ils ne savent pas, ils ne sont pas concernés par le problème ; ils ne doivent même pas savoir qu’il y en a dans le coin. Ils ne sont pas mal aimables, pas du tout ; mais ils ne peuvent pas dire. Ils sont là pour escalader, un point, c’est tout. Et le matelas, c’est pour amortir les chutes. Et pour ceux qui ne savent pas, comme nous avant, on appelle ça un « crash-pad ». Merci à Michèle pour le renseignement !

 

Albarracin est décidément un endroit où il faut passer un bon moment ; je suis sûre qu’une troisième journée n’aurait même pas été de trop. Mais notre périple n’est pas terminé et notre découverte de l’Aragon se poursuit. Dès le lendemain, batterie changée, le tandem Ptibus et Gastounet se lance à l’assaut du bitume, objectif Saragosse et le monasterio de Piedra. A très bientôt!!!

Fredo

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
17 mai 2018 4 17 /05 /mai /2018 20:11

Certaines initiatives réservent de jolis moments de plaisir et si nous nous régalons grosso modo toujours lors de nos découvertes touristiques, il faut bien avouer que nous apprécions ce qui sort de l’ordinaire. A première vue Caňete dont le patrimoine bâti est assez remarquable ressemble à pas mal de villages découverts au cours de nos différents périples en Espagne.

Forteresse, arabe bien évidemment, murailles, vieilles maisons à colombages, Plaza Mayor à arcades … du classique quoi.

Et Pourtant !

Alors que nous tergiversions quant à savoir si nous allions grimper jusqu’à la forteresse, nous sommes tombés en arrêt sur une mise en scène d’Encierro sur une petite placette. L’Encierro est le nom donné au lâcher de toro dans les rues des villes et villages. Sans doute avez-vous entendu parlé du plus célèbre, celui de la Saint Firmin à Pampelune.

Des silhouettes de personnages en pleine action découpées dans des plaques de métal, peintes et scellées donnaient l’illusion frappante que nous venions de débarquer en pleine festivité !

Un abuelo sans doute frappé par notre enthousiasme nous a alors suggéré de gagner l’une des portes fortifiées pour y découvrir extra muros d’autres mises en scène, la procession et la fontaine.

Des merveilles !

On s’y serait cru.

Nous nous émerveillions lorsque deux femmes sont passées et nous ont expliqué l’histoire de cette procession. Nous étions entrain de contempler les habitants du village immortalisés par un artiste (dont le nom nous est resté inconnu). L’une des femmes nous a alors mis au défi de la retrouver dans la procession.

Nous avons fait mouche et coup de chance d’autres scènes se trouvaient dans le village !

Nous nous sommes donc offerts une visite originale du village et de ce qui en a fait la richesse par le passé. Que du bonheur à découvrir ici en images !

Et là, vous nous reconnaissez ?

Comme quoi, ce n’est pas la peine de se prendre la tête avec des parcours intellos d’où la vie, la vraie est absente !

Et en plus nous avons bien ri !

Do

Partager cet article
Repost0
17 mai 2018 4 17 /05 /mai /2018 17:34

Réveillés au petit matin par un froid polaire, à peine 2°, nous sommes en altitude nous ne risquons pas de l’oublier, nous goûtons sans réserve le confort que nous procure une bonne douche chaude puis filons avec un seul des fourgons. Le Gastounet des Pignon va se faire du lard !

Dûment équipés et renseignés par le type du camping nous partons explorer le Parc Naturel de la Serrania de Cuenca profondément entaillé par les Rios Jucar, Cuervo, Huécar et acolytes. Nous allons toute la journée crapahuter au sein d’un paysage d’une grande variété géologique. Gorges, lagunes, gouffres, cascades et résurgences, lorsque nous aurons bouclé notre découverte de la Ciudad Encantada nous aurons nos 15 kilomètres journaliers dans les gambettes.

Partout l’érosion a modelé des reliefs fantasmagoriques et parfaitement inattendus. C’est un vrai régal que de marcher ici, les chemins sont multiples, tous balisés. Il y en a pour tous les goûts. Nous nous régalons et si la visite de la Ciudad Encantada est incontournable, il faut bien avouer que lorsque l’on connaît le Chaos de Montpellier le Vieux par exemple on joue un peu les blasés. Mais bon, c’est quand même très chouette. A vous de voir en découvrant ces quelques photos de la Serrania !

Défilé minéral de Tragacete
Nacimiento del Rio Cuervo
Lagunas de Una
Ciudad Encantada
Le Pont Romain, Ciudad Encantada

Do

Partager cet article
Repost0
14 mai 2018 1 14 /05 /mai /2018 19:31

Notre première étape nous a mené en Catalogne, dans la Sierra de Monsant, à quelques encablures de Tarragone que nous avions découvert l’an passé. Les villages occupent des sites à couper le souffle comme Siurana perché sur un éperon vertigineux.

Visité par temps d’orage, les cieux nous furent bienveillants, à dire vrai nous n’eûmes qu’à nous en féliciter puisque cela nous a permis entre deux avalasses de déguster un délicieux « chocolate a la taza » dans un bar qui avait fait comme tout le village les frais d'un "relampago" fatal qui avait grillé tout le réseau téléphonique.

Ce voyage qui nous a réservé chaque jour son lot de découvertes passionnantes nous a permis de mesurer nos progrès en matière de lâcher prise. Quel bonheur de laisser la vie vous traverser tout en sachant saisir toutes les opportunités qui s’offrent à soi. Sortir des sentiers battus est on ne peut plus gratifiant.

Basés à Poboleda, nous avons commencé par découvrir le village une première fois en attendant nos coéquipiers puis en leur compagnie avant d’alterner randonnées et visites culturelles, consacrant un long moment à la « Cartoxia d’Scala Deï ».

Poboleda

Si les habitants de Poboleda affichent unanimement et sans équivoque leur position dans le conflit qui les oppose au gouvernement de Rajoy, tout se passe dans le calme et le respect d’autrui. Une force tranquille mais déterminée imprègne l’atmosphère des villes et villages traversés et l’humour est même parfois au rendez-vous pour arriver à faire passer le message.

Carles Puigdemont plus vrai que vrai !

La liberté d’expression est confisquée et si certains ne semblent pas encore mesurer l’ampleur du danger qui menace nos démocraties ce qui pour beaucoup semblent anecdotique aujourd’hui risque bien vite de nous concerner tous.

Cartoxia d'Scala Dei

Mais revenons en à la Cartoxia d’Scala Dei. Premier monastère en terre ibérique, la « Chartreuse d’Escaladeï » a vu le jour au XIIe siècle après la reconquête de la Catalogne qu’il convenait de repeupler. Le territoire cédé à l’ordre des Chartreux se couvrit sous leur impulsion de cultures, principalement vigne et oliviers. Bons pédagogues, ils essaimèrent leur connaissances agricoles dans cette région qui y gagna son identité. Encore aujourd’hui, son appellation, « le Priorat », est une référence évidente à la Chartreuse. Cette dernière a bien évidemment perdu de sa superbe, pour tout dire elle est même assez « cassée » selon l’expression d’un de nos élèves. Néanmoins les ruines ont un fort pouvoir évocateur et les mises en scène de certaines parties permettent de se faire une idée très précise de sa splendeur passée et de ce qu’était la vie en ces lieux.

Escaladeï était composée comme tous les monastères d’époque médiévale de deux parties distinctes, une accueillant des laïcs, l’autre réservée aux membres de la communauté religieuse. La grande cour fermée, l’Hôtellerie, les bâtiments annexes étaient ouverts aux voyageurs, parents des moines, bergers, réfugiés !!!

Chacun était assuré de pouvoir y faire halte pour s’y ressourcer, le charisme des moines n’était pas une légende. Dédiés à la prière, à la solitude et au silence les moines vivaient en ermite au sein d’une communauté assurant seule sa subsistance. La vie très hiérarchisée s’organisait autour du Père Prieur, des frères moines ou donats selon qu’ils prononçaient ou non leurs vœux. A Escaladeï, la « cellule » du Père Prieur a tout de l’hôtel trois étoiles, mis à part le mobilier peut-être et le guichet par où l'on passait la nourriture ! 

Le guichet du Prieur

Lit spartiate, placard modulable, décoration minimale, il n’en reste pas moins vrai que le Prieur avait de quoi se retourner.

Un vestibule, quelques pièces à vivre, des dépendances s’ouvrent sur un patio relié à un escalier où d’une volée de marches on atteint un jardin planté de simples puis une petite terrasse ensoleillée faisant fonction d’étendoir à linge en son temps, un mini monastère en sorte, plutôt chouette ! Le Père apothicaire, quant à lui disposait de tout un système de vasques alimentées en eau par des captages de sources toujours visibles aux alentours.

Les chartreux ne furent jamais très nombreux à Escaladeï, pourtant on y trouve 3 cloîtres, inférieur, supérieur, des Rosers. Ils furent ajoutés au fur et à mesure des dons émanant de la Royauté ou des seigneurs régionaux soucieux sans doute d’acheter leur salut !

La Chartreuse d’Escaladeï, l’escalier de Dieu, est implantée dans un cadre absolument magique où abondent les sources.

Serra de Montsant

Surmontée des crêtes de la Serra de Montsant, c’est dans une débauche de verts, d’ocres, que nous avons ensuite pris de la hauteur pour jouir d’un panorama XXL sur la chartreuse. Vénérable cyprès, figuiers torturés, vestiges architecturaux ponctuent la randonnée qui se déroule dans un cadre minéral d’une majesté incontestable. Nous y avons repéré quelques buitres en vol, un nombre important de grottes et d’aires de nidification, ce qui semblait une ancienne carrière de grès rouge et regretté de ne pouvoir commencer notre cueillette d’Hélicryse. Les circonstances ne s’y prêtaient guère !

Quittant la Serra de Montsant, la montage sainte, nous avons mis le cap sur Prades, la ville Vermeille, retrouvant in situ le grès rouge entre aperçu à Scala Dei. De l’ancien château arabe, à l’église en passant par les murailles et jusqu’aux multiples ermitages le rouge domine !

Mare de Deu de l'Abellera

Mais nous y reviendrons, histoire de pouvoir admirer la Mare de Deu de l’Abellera autrement que par le petit trou de la serrure et pourquoi pas se ravitailler en « patates », une des spécialités locales avec les noisettes, le miel et Miró. De toute façon le coin fourmille de randos et de sites que nous avons encore en réserve !

Do

 

Partager cet article
Repost0
13 mai 2018 7 13 /05 /mai /2018 13:50

Mise en bouche

11 Mai, cette fois c’est la bonne, nous nous disons au revoir pour la seconde fois mettant un terme à 2 semaines de découvertes toutes plus épatantes les unes que les autres. Nous sommes à Calaf en Terre catalane, le Gastounet et le Ptibus vont dorénavant faire bande à part !

Pour la troisième année consécutive nous avons mis cap au Sud en compagnie de nos amis Claude et Michèle. Notre but, continuer la découverte de l’Aragon avec un programme ratissant large, de la Catalogne à Castilla La Mancha !

Voyager en Espagne dès que l’on a quitté le bord de mer est dépaysant et bien souvent nous nous sentons hors de notre zone de confort ! La péninsule ibérique occupe un socle rocheux constitué à l’origine par d’îles de l’un des deux océans primitifs, Thétys, et de sédiments marins accumulés ! L’ensemble s’est trouvé surélevé au moment de la formation de la ceinture alpine, le résultat est tel qu’à une dizaine de kilomètres du bord de mer on atteint rapidement les 1000 à 1500 mètres et que l’on trouve en pleine montagne des salines, encore exploitées et dont le taux de salinité est supérieur à celui de la Mer Morte.

Salines de Naval

 

Aux environs de Teruel

Ce qui étonne et déconcerte, ce sont ces étendues arides sur des dizaines de kilomètres à peine émaillées d’un village, ici ou là, où subitement la vie semble s’être concentrée. Bars, surpermercado minuscuscule offrant de tout un peu ou un peu de tout, quelques hostals, un groupe scolaire et un centre de santé comme presque partout font de ces petits centres des lieux de vie que n’ont pas déserté les anciens.

Du coup la fréquentation de ces villages est agréable et l’on s’immisce dans le quotidien de la population avec plaisir.

Albarracin

A Albarracin où nous nous sommes incrustées, aller « au pain » est un pur plaisir. La boutique, minuscule, n’est guère visible de la rue, mais en faisant confiance à son odorat on a vite fait de trouver le four à pain cuit au feu de bois. Le « hic » est de déterminer comment s’ordonne la file d’attente. La boutique ne contenant au mieux que 2 ou 3 personnes, et encore, le nouvel arrivant se doit de repérer « l’ultimo ». Il peut ensuite vaquer à des occupations variées histoire de tromper l’attente.

Panaderia d'Albarracin

L’affaire est déconcertante ; vous arrivez au sein d’une assemblée regroupée de manière anarchique, vous évaluez grosso modo le temps d’attente en fonction de ce qui semble être la queue. Pourtant à chaque fois que quelqu’un sort de la boutique rien ne se passe, il vous arrive même de reculer quand 2 pépés quittent le banc pour s’incérer dans la file en compagnie d’une tierce personne surgie de nulle part.

En fait cette organisation est pain béni !!! très rapidement nous nous sommes retrouvées à papoter tous ensemble. Nous avons ainsi appris que la notoriété du pain d’Albarracin n’était plus à faire, tant et si bien que le samedi chacun fait ses provisions pour la semaine ravitaillant au passage les voisins. Je ne vous parle pas de l’angoisse quand à chaque client qui sort c’est une vingtaine de miches bien dorées qui vous passent sous le nez !

Heureusement la boulangère voit large, nous avons eu nos miches sans avoir eu à les gagner de haute lutte (ni à les montrer), personne ne resquille, calme et bienveillance, personne ne râle. Un constat s’impose, nous ne sommes pas en France ... ni en Italie.

A chaque voyage en Espagne, c’est une constante, je suis surprise de voir à quel point la population est ouverte à l’autre. Surprise parce qu’au premier abord vous avez l’impression que chacun fait son petit bazar sans s’occuper du voisin mais que vous les sollicitiez, il suffit même d’avoir l’air perdu, et ils se mettent en quatre pour vous aider. A Teruel une famille a joué les poissons pilote traversant toute la ville pour nous accompagner à l’aire de camping car, chamboulant son plan de route rien que pour nous. Dans les villes et villages, c’est toujours avec force détails que l’on vous dévoile, comme ce fut le cas à Daroca, le petit coin secret ignoré des touristes avec une manière d’engager le contact très physique. Il n’y a pas cette distance que les nordistes affichent, on vous donne l’accolade spontanément, ça crée du lien, c’est sympa !

Do

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Hist' toiles
  • : Nous sommes deux soeurs... L'une peint, l'autre écrit. Nous avons envie de partager nos vécus, nos ressentis, nos expériences; de témoigner... Nous aimons par dessus tout la nature, notre plus grande source d'énergie... Sur ce blog, nous vous présenterons des peintures, des livres, mais aussi des photos de nos voyages, de nos randonnées, des récits... Nous tenterons enfin de vous entraîner dans la grande aventure de notre vie: notre cheminement spirituel vers l'Amour et la Lumière.
  • Contact

Recherche