Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
29 juin 2018 5 29 /06 /juin /2018 14:14

Szentendre, village d’artistes !

Situé sur une des rives du Danube, cette petite ville dont Frédérique vous a déjà parlé est absolument charmante. Elle compte un nombre impressionnant de musées, de galeries et organise dans l’année de nombreuses manifestations culturelles au cours desquelles, pour une somme modique, 1200 forints soit 4€, il est possible de visiter autant de musées que l’on veut, ou peut ! C’est ainsi que nous avons découvert deux artistes qui nous ont séduites, Béla Czóbel et Margit Kovács.

Czobel

Peintre hongrois Béla Czóbel (1883-1976) a parcouru l’Europe de long en large. France, Allemagne, Pays Bas, Norvège son art fut honoré dans de nombreuses villes comme Paris, Berlin ou New York. Reconnu de son vivant, membre de l’école du fauvisme dès ses débuts à Paris, Czóbel est un des fondateurs du Groupe de Budapest, « les Huit » !

Le Musée de Szentendre permet de découvrir son œuvre chronologiquement en le suivant au cours de ses déplacements. Période fauve à Paris, Expressionnisme à Berlin, des œuvres inédites révèlent que tout ne fut pas rose dans la vie de cet homme qui pratiqua parfois le réemploi de toiles dont il n’était même pas forcément l’auteur ! Récemment restaurées ces toiles s’ouvrent à la manière d’une fenêtre pour permettre de découvrir l’envers du décor mais attention, à la demande uniquement ! Là, pour le coup, nous nous serions cru parachutées des années en arrière au Musée de l’ermitage à St Petersbourg où sévissaient des surveillants en jupons, véritables dragons ! Pas de risque de « grabouiller » ou « barbotter » une toile !

La peinture de Czóbel est lumineuse même lorsqu’il utilise le cerne noir, assez caractéristique de son art. C’est joyeux parfois, toujours vivant, vraiment un chouette moment.

L’autre artiste découverte est une femme, Margit Kovács (1902-1977). Plasticienne, céramiste de génie, elle est l’ambassadrice de cet art qui fit la réputation de la Hongrie.

Poteries, bas-reliefs, statues, compositions diverses, au fil des salles nous suivons l’évolution de son style.

Imprégnée de sensibilité féminine son œuvre est la résultante d’une inspiration foisonnante. Œuvres religieuses d’inspiration biblique, c’est aussi une plongée au coeur de la mythologie, toutes cultures confondues.

En tout cas c’est avec un plaisir sans cesse renouvelé que l’on passe d’une œuvre à l’autre sans se lasser souvent émues par l’intensité dramatique qui se dégage de ses personnages.

Installé dans un ancien grenier à sel, le musée héberge un café où faire une petite pause mais aussi une reconstitution de l’atelier et du lieu de vie de Margit Kovács ainsi que des expositions temporaires.

Pour finir il est à noter que, que ce soit en Hongrie, en Slovaquie et comme c’est aussi le cas en Espagne, l’art gagne de plus en plus de terrain dans les villes et villages.

Sur le Corso à Budapest

Le plus souvent c’est la sculpture qui est à l’honneur, sans doute pour le côté pratique, mais c’est vraiment très agréable de trouver sur son chemin des expressions de la sensibilité artistique d’homme ou femme parfois peu connus.

A Budapest sur le Corso

Une popularisation de l’art pas pour déplaire !

Do

 

 

 

Partager cet article
Repost0
28 juin 2018 4 28 /06 /juin /2018 19:00

L’autre visite que nous avons faite et qui m’a ébranlée fut celle du musée ethnographique de Budapest, à Skansen tout près de Szentendre où nous logions. Le principe du musée ethnographique est le même partout.

A Skansen sur un soixantaine d’hectares des fermes et leurs annexes, des bâtiments civils, des habitations ont été réimplantés. Venant de toute la Hongrie ils permettent de se faire une idée très précise de l’habitat traditionnel de ce pays quelle que soit la région.

Le berger de Skansen

De nombreux ateliers sont disséminés dans les différentes constructions en fonction de leur destination initiale : boulangerie, scierie, épicerie, céramiste, fabrique de bougies, ateliers de tissage … une occasion de découvrir les spécialités hongroises autres que culinaires aussi. Nous y avons retrouvé nos moutons à cornes torsadés et découvert des spécimens locaux comme ces canards à « châssis surélevé » ou de gros gros porcs à poils frisés et roux.

Ce musée a cependant un plus sur tout ceux que nous avons visité au fil des ans, l’Histoire avec un grand H s’y invite. Une occasion pour comprendre un peu ce pays qui a souffert de jougs multiples car passé sous dominations étrangères de nombreuses fois durant sa longue histoire. Il faut dire que le Danube est une voie de pénétration de choix et que ce ne sont pas les reliefs montagneux qui ont pu le protéger !

Plaine du Danube

Je ne vais pas vous faire un cours d’histoire même si j’adore mais il est quand même un épisode de la vie hongroise que nous avons découvert à Skansen et qui mérite d’être relaté car il peut éclairer notre façon de juger la Hongrie actuellement. A la fin de la seconde guerre mondiale, la Hongrie qui avait combattu aux côtés de l’Autriche, et pour cause (elle faisait partie de l’empire austro-hongrois depuis un bon bout de temps et contre son gré) s’est retrouvée intégrée au bloc de l’Est.

Les sanctions économiques ne tardèrent pas et à partir de 1948, atteignirent de plein fouet le milieu rural. Le premier acte consista à instaurer pour la possession des terres agricoles des seuils de superficie maximale, seuils au delà desquels les terres étaient expropriées, la vente des terres passant sous contrôle du gouvernement. Petit à petit le seuil s’abaissa et dans le même temps le matériel agricole, les fermes et leurs bâtiments subirent le même sort. Réquisition, pillage des productions et des outils de travail, taxes poussèrent les paysans à abandonner de plus en plus nombreux leurs terres. Entre 1948 et 1955 400 000 d’entre eux quittèrent le monde paysan. Ceux qui restaient avaient à subir les intimidations de la police et des agents de l’ÁVÓ, police secrète hongroise et consœur de la Stasi en Allemande de l’Est.

En 1956 les coopératives commencèrent à voir le jour sous l’impulsion du parti communiste, la collectivisation forcée continuait et en 1961 500 000 villageois avaient déserté leurs terres. Ceux qui restaient subsistaient à grand peine. Quelques cochons ou veaux étaient élevés et abattus en cachette pour assurer la survie ! 

Clés de maisons "volées"

A partir de 1949 parallèlement les sanctions, comparutions immédiates pour n’importe quel motif puis les déportations des paysans commencèrent. Des milliers de familles furent arrêtées, en pleine nuit le plus souvent. N’ayant le droit d’emporter qu’un maigre bagage dans les camions, ils furent déportées pour plusieurs années avant de pouvoir retrouver pour certains leurs villages d’origine, stigmatisées et humiliées à vie car marqués du terme infamant de « Koulak ».

C’est Staline qui a dévoyé le sens du terme russe Koulak, mot désignant à l’origine péjorativement un fermier. Instigateur de la collectivisation des terres hongroises, il lui adjoignit l’étiquette d’exploiteur et d’ennemi du peuple faisant de ces hommes et femmes des humains méprisables. L’impact fut immense et encore aujourd’hui le monde paysan peine toujours à regagner le terrain perdu ! Une situation parfaitement perceptible lorsque l’on circule en Hongrie !

Sur ce je vous laisse pour cette fois, le troisième coup de coeur nettement plus jouissif sera pour une prochaine fois !

Partager cet article
Repost0
28 juin 2018 4 28 /06 /juin /2018 18:54

Lors de notre séjour à Budapest, bien que chaque jour se soit révélé aussi passionnant que le précédent, il y a quand même 3 moments phares dont j’aimerais vous entretenir.

Le premier fut la découverte de ce mémorial particulier dédié aux juifs de Budapest.

En 1939, au moment où Hitler envahissait la Pologne, annexait la région des Sudètes, la suite tout le monde connaît, le parti des Croix fléchées faisait son entrée au Parlement hongrois pour finalement prendre le pouvoir de 1944 à 1945.

Responsables de l’assassinat des juifs de Budapest, les dirigeants furent ensuite arrêtés et jugés comme criminels de guerre par les tribunaux hongrois.

Assassinat massif car si 20 % de la population de Budapest se réclamait du judaïsme au début du XXe siècle, on n’en compte aujourd’hui que 10 000 dans une ville de 1 800 000 habitants.

Oeuvre originale et très émouvante de 2 artistes, Can Toggay et Gyula Parrer, « Les chaussures de Budapest » rappellent depuis 2005 la barbarie dont se rendirent coupables les hommes à une époque qui malheureusement ne semble pas révolue.

Alignées sur 45 mètres de quai une soixantaine de paires de chaussures en acier nous interpelle ! Pas besoin de faire beaucoup d’effort pour les imaginer ces hommes, femmes et enfants se déchaussant au bord du Danube gelé avant d’être exécutés par des barbares !

Des « loupiottes », de petits cailloux maintiennent vivant leur souvenir et nous invitent à ne pas oublier !!! C’est pas gagné !

Do

Partager cet article
Repost0
23 juin 2018 6 23 /06 /juin /2018 16:50

Notre voyage aura été placé sous le signe du Danube.

Ce fleuve, le deuxième d’Europe après la Volga, est pour nous une vieille connaissance, puisque l’an passé, déjà, de retour du Burgenland, région la plus orientale d’Autriche, nous avions remonté son cours, de Vienne jusqu’à Mauthausen (mais sans visiter le camp !), en passant par Krems, Melk et Marbach, avant d’aller découvrir sa source à Donaueschingen, en Forêt Noire. Nous étions donc particulièrement ravies de le retrouver à Bratislava et nos premiers pas en Slovaquie nous ont menées sur ses berges, particulièrement bien aménagées en zone de promenade et piste cyclable. Une précision en passant : c’est à Donaueschingen que commence la piste cyclable internationale « le long du Danube » qui se termine, 1200 kilomètres plus loin, à Budapest. Mais comme il parcourt 2852 kilomètres avant de se jeter dans la mer Noire, on est encore loin d’en avoir vu le bout !

C’est donc le long de cette piste que, sitôt installées dans notre appartement de La Franconi, à une vingtaine de minutes à pieds du centre de Bratislava,  nous sommes allées prendre la température de ce territoire inconnu : la Slovaquie. Une jolie promenade bien ombragée, agrémentée de statues originales, menant à un sympathique espace de commerces, cafés et restaurants, puis plus loin, à la zone des embarcadères, au-delà du « pont du soulèvement national slovaque», ou Pont Neuf, bien reconnaissable à la soucoupe volante installée tout en haut de l’unique pylône soutenant sa structure en acier.

Un ascenseur permet d’y accéder pour jouir d’une vue panoramique à 360° sur la capitale, mais… non, merci ! Même morte, j’irais pas (clin d’œil aux corses…) !

Au retour, premier contact avec la vie sociale slovaque à la terrasse d’un sympathique bistrot où nous découvrons un premier mot-clef : « grep »… pamplemousse. Nous allons pouvoir déguster notre jus de fruit préféré en Slovaquie. Ça commence bien.

 

Le second jour, une croisière sur le Danube nous a permis de retrouver Vienne, puis c’est au bord de ce fleuve mythique, dans un charmant village des environs de Budapest, Szentendre, que nous avons posé nos valises. Situation idéale pour découvrir la capitale de la Hongrie, au terminus d’une liaison ferroviaire permettant de gagner le centre de Budapest en une trentaine de minutes. Précisons qu’un réseau extraordinaire de trams, de bus et de métros permet de sillonner cette très grande ville pour pas cher, et même gratuitement pour les plus de 65 ans. Une fois de plus, nous pouvons constater à quel point nous sommes à la traîne en France dans le domaine des transports en commun !!! Nous avons même vu un truc bizarre qui n’inspire pas trop confiance : un bus amphibie !

 

Durant six jours, Szentendre, situé en face de l’île du même nom, aura été notre havre de paix (même si les nuits n’y étaient pas particulièrement calmes, la location étant située en face d’un garage d’ambulances) et notre poumon de verdure. Et chaque soir une petite balade digestive nous menait jusqu’au bord du fleuve que nous longions jusqu’au centre du village joliment décoré de gros abat-jours lumineux.

Cette ville d’artistes au riche passé est dotée de nombreux musées, d’une vie culturelle très animée, théâtre de festivals divers et variés. On y vient généralement de Budapest, en excursion à la journée, en car ou en bateau, ce qui fait que le soir, tout le monde repart, abandonnant le village à une paisible animation. On flâne, au bord du Danube, à la terrasse des bistrots, on profite de la douceur du soir, d’une brise légère délicieusement rafraîchissante après les lourdes chaleurs de la journée.

Et au milieu, coule le Danube. L’aménagement des rives en prévision des crues nous laisse à penser qu’il n’est pas toujours aussi serein ; comme à Krems, l’an passé, nous remarquons les digues de béton permettant de contenir les débordements du fleuve… Impressionnant !

A Szentendre, le festival d’été est commencé. Tout au long de la saison estivale, les manifestations s’enchaînent nécessitant des aménagements temporaires plus ou moins spectaculaires : ici, un écran géant installé sur un bateau amarré le long du fleuve, là, une pelouse artificielle recouvrant le gravier des berges pour permettre aux spectateurs de s’y installer, semée de bancs, de coussins pour le confort des uns et des autres.  Le dernier jour, on projette un film en français, sous-titré en Hongrois (c’est drôle, mais quand c’est comme ça, on ne peut pas s’empêcher de lire, même si on comprend parfaitement ce qu’on entend et rien aux sous-titres), « Happy end », avec Jean Louis Trintignant. Du coup, nous nous attardons un peu… Happy, tu parles ! En tous les cas, on est sans doute loin de la fin, parce qu’ils n’ont pas l’air de rigoler.

Notre séjour à Szentendre nous aura sûrement permis de mieux vivre notre découverte de Budapest.  Belle ville, bien évidemment, mais il est certain que nous n’avons pas choisi le meilleur moment pour la visiter. Nous le savions depuis notre séjour dans le Burgenland : le mois de juin peut être hyper chaud en Hongrie (et en Slovaquie), climat continental oblige. Qu’on se le dise ! C’est donc par une température de 35° à 40° que nous avons déambulé dans les rues de la « perle du Danube ». Ajoutées à cela une circulation intense et une fréquentation touristique débridée, et vous comprendrez que la découverte de la capitale hongroise aura été un peu fatigante. Il est clair que nous l’aurions sans doute mieux apprécié en hiver, comme Vienne l’an passé ; nous avons d’ailleurs pu constater lors de notre petite incursion au départ de Bratislava à quel point la capitale Autrichienne change de visage en été, et pas en mieux (à notre goût !).

Il n’empêche : Budapest est une belle ville. A mi-chemin de son cours total, il y atteint une largeur respectable, de même que les ponts qui l’enjambent longs, longs, longs, surtout sous le cagnard.

Après les incontournables monuments phares, le parlement, le palais royal et la colline du château ( ou les relents fasciste de la relève de la garde nous ont un peu mises à mal), le parc de la ville, le marché couvert, véritable bazar oriental, nous avons beaucoup apprécié le dernier jour de sillonner sur des vélos de location les allées de l’île Margit, belle oasis de verdure et de fraîcheur, en plein centre ville de Budapest.

Fontaines sur l'île Margit

Et avant que vous ne nous posiez la question, je vais vous répondre : non, nous n’avons pas testé les bains de renommée mondiale. Cet aveu va peut-être susciter quelque étonnement, alors une explication s’impose, sous forme de question : auriez-vous envie, vous, de vous tremper dans une eau à 38°, quand il en fait 39 dehors ? Alors oui, nous aurions pu choisir de nager dans des eaux plus rafraîchissantes, à condition de coiffer un bonnet de bain, mais lorsque nous nous sommes présentées à la caisse de la piscine de l’île Margit, après avoir attendu une bonne dizaine de minutes l’ouverture du guichet, une mégère nous a refoulées d’un seul mot : « closed » ! Et pour être sûre que nous ayons compris, elle l’a gribouillé sur un bout de papier. Vlan !

Voilà pourquoi nous nous sommes rabattues sur le vélo. Sans regret.

Pas moyen de trouver une baignade dans ce pays réputé pour ses eaux ! Il faut le faire, non ? Boueux et tumultueux, le Danube n’incite pas trop à la trempette. Il n’est même pas bleu ; l’était-il au temps des Strauss ? Toujours est-il que lorsque nous aurions pu trouver notre bonheur au lac Balaton, les températures avaient tellement fraîchi qu’il ne nous serait même pas venu à l’idée d’aller tremper un orteil ! Les années se suivent et ne se ressemblent pas. Mais ce n’est pas grave ! On a une « bad » à la maison…

En avons-nous fini avec le Danube ? Pas sûr ! Nous avons déjà eu envie d’aller faire un tour du côté de Ratisbonne et de Ulm… Et il paraît que le delta du Danube est un endroit fascinant… Alors ? En voilà de belles perspectives de découverte, non ? Elle est pas belle, la vie ?

Fredo

Partager cet article
Repost0
21 juin 2018 4 21 /06 /juin /2018 19:47

Infidèles à notre Ptibus nous avons gagné Vienne via Barcelone. Après avoir récupéré en un temps record et dans l’ordre, notre véhicule de location et notre coéquipière en provenance de Calvi, nous étions à pied d’oeuvre pour commencer notre découverte de Bratislava dès le milieu de l’après midi.

Le premier contact déconnecte un peu ; grands immeubles, maillage routier d’importance et zones en complet réaménagement, s’accordent difficilement avec le château, les bulbes et flèches des multiples édifices de la vieille ville.

Nous déposons nos valises, prenons rapidement nos marques et gagnons les bords du Danube qui accueillent piétons et véhicules non motorisés en tout genre. Il faut avoir des yeux dans le dos pour éviter les bolides à roulettes qui sillonnent ces anciennes voies sur berges. Sans transition nous passons d’une zone de bâtiments plus ou moins à l’abandon, d’une époque révolue, à des buildings ultra modernes abritant des hôtels, de luxe évidemment ! Poursuivant notre déambulation nous repérons des bistros sympas que nous ne tardons pas à tester non sans avoir admirer au passage plusieurs sculptures dont celle d’un lion fait de chutes de pneus, le résultat est bluffant !

Tout semble bien se « goupiller », le tram passe à notre porte, les liaisons rapides sur le Danube nous permettent d’envisager une escapade viennoise.

Le centre de Bratislava, entièrement réhabilité, a un charme fou et la grande diversité architecturale maintient les sens en alerte. Nous repérons quelques témoignages de l’ère soviétique un peu lourdingues et peu en harmonie avec l’ensemble, tout comme cette surprenante 2 fois 4 voies qui isole le château de la ville et empêche d’apprécier les vestiges de remparts qui ceignaient Bratislava. « Bas beau » aurait dit le petit Julien ! Rien à voir avec les palais baroques ou rococos, les façades colorées des nombreux hôtels particuliers ou les églises aux intérieurs un peu « chou à la crème ».

En préparant notre voyage, j’ai choisi comme fil conducteur à notre découverte, la sculpture. Si de plus en plus de villes lui font la part belle, Bratislava qui a choisi cette expression artistique pour mettre en scène sa « petite » histoire, lui réserve une place d’honneur.

Les touristes ne sont pas encore au rendez-vous mais nous croisons de nombreuses classes de la maternelle au collège, ce sera d’ailleurs une constante que ce soit en Hongrie ou en Slovaquie. L’instit en nous n’étant jamais très loin nous notons avec plaisir à quel point tous ces jeunes sont calmes bien qu’actifs, attentifs mais vivants, libres et responsables !!! « No stress », pas de présence policière, Vigipirate connaissent pas !

Nous démarrons notre quête sur Hvierzdoslavovo Namestie, sorte de rambla super ombragée dotée d’un très long bassin rythmé par de nombreux jets d’eau. Les terrasses de café nous font de l’œil mais nous avons encore le jarret ferme et la curiosité nous anime.

Hans Christian Andersen

Immédiatement nous tombons sur notre première sculpture, celle de Hans Christian Andersen, célèbre conteur fan de cette ville. Nous supputons qu’il y a là quelques symboles à décrypter, mais qu’en penser ? Pourquoi un escargot ? Qui est ce petit personnage qui susurre à l’oreille d’Andersen ? Son inspiration !

Peu importe, la sculpture est belle et les ombrages parfumés des tilleuls nous ramènent à Krems, sur les bords du Danube où nous étions l’an passé à la même époque. Passé, présent se mêlent.

Parvenues au Théâtre nous virons rue Lauriska encore peu animée et repérant la star des statues, Cumil, « the Man at Work » à l’angle de la rue Panska. Icône de Bratislava il faut s’accroupir pour ce mettre au niveau de cet homme au travail. Installé là en 1977, la position précaire qu’il occupe lui valut par 2 fois d’être décapité.

Cumil

Toutes les statues de Bratislava racontent une page d’histoire de la ville, ainsi le voisin de Cumil, « Schone Naci » rappelle l’expulsion en 1945 des allemands installés à Bratislava. Schone Naci réussit à y rester, toujours très digne avec son haut de forme, courtois avec les femmes et les enfants, sa grande pauvreté fit en lui le lit de la tuberculose qui l’emporta en 1967.

Schone Naci

Place Hlavné Namestie, c’est « Napoléon » qui attend le visiteur pile poil devant la façade de l’hôtel de ville. Un clin pour rappeler peut-être que ce sacré « Napo » en 1805 en fit voir de toutes les couleurs aux slovaques.

Napoléon à moins que ce soit Hubert ? Pour être tout à fait exact, 2 écoles s’affrontent. Pour certain il s’agirait d’un déserteur français qui par amour devint producteur d’un vin mousseux aujourd’hui le plus célèbre de Slovaquie et qui porte le nom de son créateur, Hubert.

Petit à petit poursuivant notre jeu de piste nous découvrons la vieille ville.

Quittant Hlavné Namestie après un coucou « au garde » dans sa guérite, seul rescapé de la garnison qui durant 3 siècles fut installée là nous furetons dans un dédale de rues, impasses, passages couverts et gagnons la Porte Saint Michel.

Porte St Michel

Nous repérons non loin « le » restau qui sert les gnocchis à la Slovaque dont on dit grand bien puis filons faire quatre courses avant de replonger dans les rues de la vieille ville bordées de maisons aux tons pastels qui dévoilent de temps à autre des bizarreries architecturales !

Requinquées chacune d’une belle assiettée de Bryndzové Haluški, nous repartons vers la rue Lauriska gaillardement en cherchant à découvrir notre « moqueur », dernière statue du jeu de piste qui doit nous mener au château !

Nous faisons chou blanc et sous une grosse chaleur nous attaquons la grimpette. Il paraît que la vue est splendide de là-haut, ça motive mais ne nous empêche pas de nous écrouler avec délice sous les tilleuls en fleurs, histoire de digérer nos gnocchis, menu idéal, l’hiver !

Le château étant fermé le lundi, ouf !, nous redescendons par le seul tronçon de remparts subsistant tout en faisant un gros effort d’imagination pour oublier l’autoroute urbaine à son pied. Après une brève incursion dans la cathédrale où un dragon en jupons oblige Frédérique à se couvrir les épaules, seules les cuissettes dodues sont autorisées semble t’il, nous regagnons la case départ sur Hvierzdoslavovo Namestie pour une pause bistrot.

Billets en poche pour une croisière sur le Danube le lendemain nous regagnons nos pénates rêvant déjà à nos retrouvailles viennoises à venir !

Do

 

Partager cet article
Repost0
20 juin 2018 3 20 /06 /juin /2018 17:14

Que voulez-vous il faut bien un peu étaler sa science, nous avons eu bien assez de mal à mémoriser le nécessaire à défaut du superflu pour honorer les slovaques et hongrois rencontrés durant ces 2 semaines.

Une manière détournée pour confirmer ce dont vous vous doutiez sans doute, nous étions encore en vadrouille !

Et puis d’ailleurs nous allons encore repartir sous peu !!!

Nous revenons donc d’un séjour en Slovaquie et Hongrie. Notre fil conducteur, le Danube, absolument pas bleu car plutôt tumultueux, nous a offert la possibilité de découvrir les capitales, actuelles ou passées, qui bordent son cours.

Château de Vajdahunyad à Budapest

Incontestablement fort belle, Budapest nous aurait sans doute plus enchantées en hiver. Ne serait-ce que pour ces célébrissimes bains ! Qui rêvent de se prélasser dans une eau à 38° par des températures caniculaires ! Nous y avons donc un tantinet souffert, beaucoup de monde, une chaleur d’enfer ne facilitant pas les déplacements d’un site à l’autre même si le réseau des transports en commun est épatant.

Porte St Michel à Bratislava

Rien à voir avec Bratislava en tout cas, petite capitale à échelle humaine dotée d’un centre ville relativement ramassé sur lui même. Il n’y a que le château qui soit excentré !

Si l’envie vous titille d’aller y faire un tour, voici en préambule quelques petites choses à savoir.

Commençons par le réseau routier.

Que ce soit en Autriche, Solvaquie ou Hongrie, une vignette est obligatoire pour circuler sur les autoroutes. Relativement peu onéreuse, elle remplace avantageusement nos péages français. Attention cette vignette semble même nécessaire pour circuler sur les voies rapides solvaques, ce qui pose problème car qu’entend on par là ?

Si en Hongrie le réseau routier est correct, quelques nids de poules comme chez nous, côté slovaque c’est une autre paire de manche. Autant éviter les petites départementales ou attendez-vous à vous retrouver comme cela nous est arrivées sur une piste très défoncée voire entrain de traverser des champs ! A côté notre célébrissime chemin de la scierie à Saint Genis des fontaines fait figure de champs élysées !

Cela nous a coupé toute envie d’aller explorer les Tartas avec le camion !

Autre détail d’importance, les passages protégés.

En Hongrie et plus spécialement à Budapest, il y en a peu et il faut souvent se lancer à l’assaut de la chaussée pour traverser les grandes artères. Si au début cela impressionne, on constate rapidement que le hongrois est très respectueux et s’arrête instantanément pour laisser traverser les piétons. Il suffit même d’en manifester vaguement l’intention ! Un coup à se faire écraser de retour en France.

Par contre, si vous avez l’habitude d’appuyer sur le champignon, autant le savoir, cette mesure qui vise à réduire la vitesse sur les départementales françaises à 80 kilomètres à l’heure et éveille tant d’hostilité, est chose acquise là-bas. Que ce soit en Slovaquie ou Hongrie, les voies rapides sont souvent limitées à 70 et sur les départementales le 60 à l’heure est chose courante. D’ailleurs c’est aussi le cas en Espagne où le 100 est partout entrain de disparaître petit à petit au profit du 80 !

Moralité, le français est vraiment râleur et ferait bien de sortir de temps à autre de l’hexagone.

Au chapitre bonne surprise et même si pour certains cela semble futile, nous avons trouvé en moultes endroits des parcs de jeux pour … chiens avec jeux, points d’eau, pelouses … et pas une seule crotte dans les rues !!! Il faut dire que les sacs à déjections sont très explicites quant à l’utilisation qu’il convient d’en faire.

 

Pour les esprits chagrins, enfants et adultes ne sont pas mal lotis. Les squares, parcs regorgent de jeux, d’aires où pratiquer toutes sortes de sports, de fontaines, de pelouses où se vautrer avec délectation baigné par le parfum des tilleuls en fleurs.

Dans l'île Marguerite à Budapest

Enfin, le réseau de transports en commun est

Lady Regina

d’importance avec de nombreuses connexions qui permettent d’aller dans toutes les directions et cerise sur le gateau il est gratuit pour les « pensionnés ». Vous pouvez y monter vélos, trottinettes (c’est tendance) et même les chiens ! Cela nous a valu de faire la connaissance de Lady Regina, une ambassadrice pleine d’attention, qui tout le temps du voyage a dispensé ses amitiés aux voyageurs ravis. Cela crée du lien, c’est évident.

En fait les seules difficultés rencontrées furent l’adaptation à la monnaie hongroise, le forint, et la maitrise de la langue. Certes nous ne parlons pas slovaque mais l’anglais est parlé partout, ce qui n’est pas le cas en hongrie où, en plus, rien ne se prononce comme cela s’écrit !

Nous avons donc dû apprendre quelques éléments pour survivre !!!

Problème épineux que de savoir demander du beurre ou de l’eau plate ! En fin de séjour nous maîtrisions parfaitement, bonjour, merci et au revoir, c’est peu certes mais suffisant pour faire plaisir et recevoir un accueil chaleureux !

Dernier conseil, n’accordez pas de crédit à ces sites qui terrorisent le touriste et l’abreuvent de mises en garde. A les en croire les pickpockets, les faux policiers sont partout en embuscade, les faux billets et la drogue circulent à notre insu, en bref l’escroquerie vous guette partout ! Foin de tout cela ! Comme si c’était parfait chez nous !

Quant aux recommandations sur les signalisations défectueuses des passages à niveaux ça fait doucement rigoler ! Parlez en aux habitants de Millas !

Voilà, c’est parti pour quelques petits articles !

Do

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
21 mai 2018 1 21 /05 /mai /2018 20:23

Voilà nous avons presque bouclé la boucle.

Quittant Nuevalos nous avons gagné Alquezar au pied des Pyrénées où nous avions déjà fait halte il y a deux ans histoire de faire une des randonnées que nous avions repérées à cette époque. L’affaire fut vite vue, impossible de trouver le départ de la rando et un parcours sur les berges du Rio Vero très impétueux rendant l’entreprise périlleuse. Nous nous sommes rabattus sur une découverte de ce même rio mais en aval.

Rio Vero et ses passerelles

Des ermitages, des monuments d’architectures rurale et industrielle, un bain de nature, 3 heures de bonheur et une découverte, « El Azud de Pozan » !

El Azud de Pozan

D’origine arabe le mot azud désigne un ouvrage hydraulique, une prise d’eau destinée à la répartir pour irriguer, arroser ou tout autre usage possible. La technique est simple mais il fallait y penser. Le cours d’eau est barré en un endroit où existe déjà un certain dénivelé, le niveau d’eau est artificiellement élevé et des dérivations sont aménagées pour répartir l’eau dans de multiples directions. Depuis sa première construction l’Azud de Pozan a subi plusieurs réhabilitations, en bois de chêne comme tous les ouvrages semblables jusqu’au XVIIe siècle puis en pierre, matériau nettement moins sujet aux crues !

Cette superbe cascade est donc artificielle, les multiples canaux d’irrigation sont toujours en fonction, même le pont canal du XVIe est encore opérationnel.

Pont canal sur le Rio Vero

Notre seconde découverte de la journée fut Naval et ses salines. Des salines en pleine montagne, toujours en activité même si la production n’est plus ce qu’elle était ! En plusieurs endroits l’eau saumâtre sourd du sol, une eau plus salée que la Mer Morte qui permettait de remplir les greniers à sel de Naval !

Salines de Naval
Greniers à sels

Un chemin de rando traverse le village et ses environs, fort mal balisé, nous n’avons eu d’autres solutions que de traverser le Rio Llastre pieds « nuls », pour arriver à découvrir le Salinar de la Rolda de Naval !

Un petit détour par le Rio Cinca et ses eaux d’émeraude et nous attaquions notre dernière nuit, prêts à prendre le chemin du retour.

Revenus en Terre Catalane, c’est à Calaf que le Gastounet et le Ptibus se sont quittés.

 

Pour un temps, seulement !

Car nous avons d’autres projets, comptez sur nous !

Do

 

Partager cet article
Repost0
21 mai 2018 1 21 /05 /mai /2018 15:33

Non, ne traduisez pas littéralement « le monastère de pierre ». Bien sûr qu’il est en pierres ! Mais il tient avant tout son nom de la rivière qui baigne abondamment les lieux, el rio Piedra.

Du camping de Nuevalos, joli village haut perché, il n’y a guère plus de trois kilomètres à pieds en suivant le GR et les berges du rio pour gagner le monastère. Sur les bords de la rivière Piedra, nous avons marché et nous nous sommes régalés! La balade, le long des falaises creusées par le cours d’eau, sous un couvert de végétation fournie, est enchanteresse, surtout le matin ! Il n’en sera plus tout à fait de même au retour, avec qui plus est, huit heures de déambulation, descentes et grimpettes, dans les gambettes !

 

Cette approche pédestre nous permet d’éviter l’accès traditionnel plus fréquenté et d’accéder au monastère par la cour déserte de l’ancienne hostellerie, flanquée d’une superbe façade baroque.

L'hospederia

Franchi le seuil, nous apercevons déjà l’église abbatiale, ou du moins ce qu’il en reste !

 

L'église abbatiale

Les origines du monastère cistercien Santa Maria de Piedra, dépendance du monastère de Poblet en Catalogne, remontent à 1186, sous le règne d’Alphonse II. 650 ans de splendeur avant que les guerres carlistes ne lui soit fatales, vers 1835. L’église est alors presque entièrement détruite, le mobilier religieux dispersé et les terrains privatisés.

 

La visite du monastère est intéressante, mais n’a rien d’exceptionnel : on y trouve, comme partout la salle du chapitre (très belle),

la salle du chapitre

le réfectoire des moines, le couloir des converts, le cloître (hélas, quand on a vu Moissac, cela devient plus difficile de s’extasier !!!),

le cloître

caves et celliers. Deux expositions sont à découvrir : une première sur le vin,

moine au labeur

et une autre, plus intéressante pour nous, fournit moult explications sur une denrée qui nous est particulièrement chère : le chocolat.

 

A noter : en principe, il n’y a pas de visite libre. Est-ce parce que nous étions français ? Nous avons attendu un guide en vain avant de nous résoudre à visiter les lieux seuls. Personne n’est venu. Mais nous ne nous en plaindrons pas  puisqu’il y avait presque partout des explications en français (sauf pour les expos !).

 

C’est après nous être restaurés que nous avons attaqué le morceau de bravoure : le parc du monastère. Car en réalité, c’est bien lui qui rend le lieu mythique ; c’est une apothéose de torrents et de cascades.

La rivière Piedra se divise en multiples bras pour se jouer des creux et des bosses du terrain, s’insinuant au travers d’une végétation luxuriante avant de finir sa course folle dans les eaux vertes et paisibles du lago del Espejo.

El lago del espejo

Et ça monte, et ça descend, tout au long de sentiers escarpés, d’escaliers vertigineux parfois même creusés en tunnel dans la falaise. On se glisse derrière des cascades,

Claude, explore la grotte derrière la "cola de caballo", cascade; il a même fallu enfiler les capes de pluie!

on en franchit d’autres.

la queue de cheval!

Partout où le regard se porte, dévalent joyeusement des milliards de « Perlettes » bondissantes et bavardes, dans une ambiance aquatique ressourçante, exceptionnellement mise en valeur par la diversité végétale et l’exubérance des feuillus aux troncs gigantesques.

 

Avant d’entamer la remontée, une aire de repos permet de reprendre des forces : tables et banc, mais aussi balançoires, toboggans… Nous ne résistons pas à la tentation avant de remarquer que les jeux sont réservés aux enfants de moins de douze ans. Et alors ???? Allez, récréation des pèlerins!

pas si drôle, finalement...
Si!

 

Voilà ! Depuis le temps que Jesus nous disait qu’il fallait absolument voir le monasterio de Piedra !!! (Ben oui, Jesus… On est voisins). Bon, hé bien voilà, c’est fait !

Et il avait bien raison. A faire, à voir absolument si vous allez en Aragon! Fredo

 

Partager cet article
Repost0
20 mai 2018 7 20 /05 /mai /2018 19:59

Profitant de notre halte forcée à Albarracin, nous avons prospecté les environs et passé un moment fort sympathique dans une petite ville qui a première vue ne semblait pas casser trois pattes à un canard. Erreur !

Cella implantée sur un plateau aride, dépassant les 1000 mètres d’altitude, se niche au creux d’une dépression qui a toutes les caractéristiques d’oasis. Colonisée par les romains puis occupée par les arabes, Cella doit sa réputation à une source, La Fuente de Cella, mise en valeur par les Templiers au XIIe siècle.

De forme elliptique et de dimensions imposantes, 25 mètres sur 35, la fontaine a été remaniée sous la forme que nous lui connaissons actuellement au XVIIIe siècle. Elle alimente des canaux qui se greffent sur un réseau d’eaux captées dès l’époque romaine au moyen d’un aqueduc.

Nous avons suivi un moment l’un de ces canaux qui par un système ingénieux distribue l’eau dans la zone horticole du village. Si aujourd’hui cette eau alimente « un green », on peine toutefois à croire que c’est une opération judicieuse quand on voit l’aridité des terrains avoisinants et le délabrement de pas mal d’exploitations agricoles !!!, car il fut un temps où l’eau était une bénédiction pour les habitants de Cella !

Un gigantesque lavoir, encore prêt à servir, et d’étranges bassins dont nous n’avons pu trouver la fonction, pisciculture, bassins de décantation pour des tanneries ?, témoignent du rôle de l’eau dans l’économie locale par le passé.

Une courte déambulation dans les rues de la ville désertée par ses habitants tous regroupés dans les restaurants et cafés du paseo près de la fuente, un bon moment à nous défouler sur le parc d’activités réservé aux seňors et nous repartions pour Albarracin déconfits de n’avoir pas trouvé l’acqueduc romain !

Pourtant, nous allions vérifier une fois encore que la vie est bien faite. Au détour du chemin, à la hauteur de Gea de Albarracin, j’ai eu juste le temps d’apercevoir un petit panneau annonçant « Acueducto romano ». Demi tour sur les chapeaux de roues et nous stoppions le Ptibus sur le bord de route à la recherche de notre acqueduc sans vraiment trop y croire, l’accès était tout sauf bucolique.

Passé une zone sinistrée ayant tout de l’ancienne décharge, nous avons atteint un petit valon par une piste aboutissant à un parking !

A propos de décharge, il faut quand même bien avouer que si nous avons des progrès à faire en matière d’environnement, en Espagne c’est vraiment pas top, il y a même du « taf ». Certes les autorités semblent s’y atteler mais nous avons plus d’une fois trouvé sur notre route de ces immenses décharges débordants de tout ce que l’on peut imaginer et dans des endroits sublimes qui plus est !!!

Des panneaux explicatifs nous ont alors permis de comprendre que nous faisions fausse route en nous attendant à découvrir un acqueduc à la mode « Pont du Gard ».

Sur 25 kilomètres les romains ont acheminé les eaux du Guadalaviar jusqu’à Cella. En approchant de Cella l’acqueduc devient souterrain atteignant parfois une profondeur de 60 mètres. Outre ce tronçon il compte 9 kilomètres de galeries taillées dans les collines qu’il traverse avec quelques passages où la conduite taillée à même la roche est à ciel ouvert !

Ce vénérable acqueduc de plus de 13 siècles d’existence était encore en fonction au moment de la reconquête (XIIe siècle), il alimentait des installations artisanales, des moulins, des cités. Il a ensuite servi d’abris aux pasteurs, agriculteurs, bétail avant de recevoir maintenant les visiteurs en quête de sensation ! Une prouesse technologique qui laisse pantois lorsque l’on sait que tout au long du trajet qui se faufile dans un relief tourmenté la pente de 3/1000 est constante, que ce sont 50 000m3 de roches qui ont été évacués et que le débit était de 300 litres par seconde !

Il faut préciser que Rome a su en toute circonstance se donner les moyens de ses ambitions. Un corps spécifique de fonctionnaires existait, formé d’ingénieurs, de topographes, de fontainiers mais aussi des agents administratifs chargés de gérer la logistique de la mise en œuvre des chantiers.

Sur le chemin du retour nous avons repéré le tracé de l’aqueduc jusqu’aux environs d’Albarracin grâce aux puits de ventilation qui ponctuent tout le trajet ! Ces puits ont dans un premier temps servi à évacuer les roches au fur et à mesure du percement, ils étaient nécessaires à la bonne marche de l’aqueduc pour assurer une parfaite ventilation et permettre les travaux de surveillance !

Le Gastounet requinqué, nous quittons Albarracin pour le Monasterio de Piedra. Le temps est à l’orage et c’est sous un ciel chargé que nous faisons halte à Daroca. La ville est belle et son passé rejoue celui de presque toutes les villes que nous avons traversées.

Forteresse arabe, églises, ayuntamiento mais par ailleurs et de facture plus rare, la Fuente de « los veinte caňos », un ermitage troglodytique et de nombreuses grottes encore récemment habitées par les civils ... nous avalons les kilomètres et les rencontres.

Une adorable vieille dame nous a conté sa vie et fait découvrir un joli et vieux puits, à la fenêtre du Diable !

Do

Partager cet article
Repost0
19 mai 2018 6 19 /05 /mai /2018 14:37

La vie est vraiment bien faite. Nous avions prévu de passer deux nuits et une journée complète à Albarracin, village classé « mas bonitos de Espaňa ». Les caprices du « Gastounet » nous aurons permis de profiter des lieux un jour de plus.

Mais je vous sens intrigués… Qui est le Gastounet ? J’explique. Depuis que nous voyageons avec nos amis Claude et Michelle, Claude passe beaucoup de temps à bricoler son camion qui n’est pas de première jeunesse et nous donne parfois des inquiétudes. Cela ne vous rappelle rien, à vous ? Nous, oui : l’inénarrable Gaston Lagaffe qui part en vacances et s’en revient bronzé seulement des jambes car il a passé tout son temps sous sa voiture à maintenir le moteur en état de marche. Ça y est ? Vous vous souvenez ? Bon. Hé bien voilà, le camion de nos amis n’ayant pas de nom (nous, nous avons toujours baptisé nos véhicules, c’est une tradition familiale qui remonte assez loin), nous l’avons appelé « Gastounet ». Hé bien, le jour prévu pour le départ d’Albarracin, la batterie du moteur n’a rien voulu savoir… Alors nous sommes restés un peu plus longtemps… Et sans regret !

 

La région d’Albarracin est peuplée depuis les temps préhistoriques, comme en témoignent les nombreuses peintures rupestres décorant les abris sous roche des alentours. Bien évidemment, les romains y ont ensuite laissé des traces, mais le nom d’Albarracin remonte à l’occupation arabe qui, comme à Teruel a laissé de nombreux vestiges prestigieux, à commencer par la citadelle et la gigantesque muraille qui court sur la crête des collines. Le village est superbement perché au dessus d’un méandre du rio Guadalaviar et le charme opère au premier coup d’œil.

Nous commençons notre découverte des lieux en nous élançant vers le point le plus haut de la muraille, pour jouir d’un panorama à 360° sur le village et la sierra du même nom.

vue sur le village et la cathédrale

 

Dominés par plusieurs tours et clochers, le village présente une belle unité de couleur rouge. Nous nous régalons à découvrir les ruelles étroites bordées de maisons à pans de bois, truffées de détails architecturaux remarquables.

enchevêtrement de maisons

Sur la Plaza Mayor très animée (on est en Espagne !), Claude et Michelle entre dans un bureau de tabac, à la recherche de cartes postales… Surprise ! Il y a bien du tabac et des cartes postales, mais il y a aussi de tout, du slip au soutien gorge, en passant par le chapeau de paille et les coloriages pour enfants. Bref, il y a un peu de tout et de tout un peu ; c’est la Samaritaine !!!

Plaza Mayor

Nous nous faisons d’ailleurs la réflexion qu’il n’y a pas comme chez nous, dans nos villages labellisés « plus beaux villages de France », cette avalanche de boutiques artisanales ou de galeries qui transforme les lieux en supermarché de luxe. Les gens qui sont là y habitent vraiment et les commerces à disposition sont là pour les aider à vivre. Bien sûr, nous avons trouvé deux ou trois boutiques spécialisées dans la vente des produits locaux, jambon, miel, fromages, ciblant davantage une clientèle touristique, mais elles se font discrètes, presque exceptionnelles. Albarracin est vivant.

Bizarrement, nous n’avons rien visité, nous contentant des découvertes extérieures. La cathédrale est payante (peut-être sommes-nous un peu las des collections religieuses ?) et le château, tout comme le musée de la ville, n’ouvre ses portes qu’à 16 heures. C’est bizarre, mais c’est comme ça. Au fond, cela ne nous manque pas trop, et le lendemain, ayant eu l’occasion de monter jusqu’à l’ermitage de la Virgen qui offre une vue plongeante sur l’intérieur du Castillo, la conclusion s’est imposée : nous n’en aurions pas vu plus !

ermita de la Virgen

Albarracin est un régal pour les yeux. Outre le village, il faut emprunter le « paseo fluvial », une promenade aménagée sur la berge du Guadalaviar, aux pieds des remparts et des falaises, dans la fraîcheur revigorante de la ripisylve.

Le paseo fluvail et le Guadalaviar

On peut y découvrir les restes d’un moulin et plusieurs passerelles franchissent le torrent, permettant d’enchaîner avec d’autres itinéraires balisés à travers la sierra de Albarracin que les caprices du Gastounet nous auront permis de découvrir le lendemain.

Albarracin, vue de la sierra du même nom

Mieux vaut avoir le jarret ferme pour visiter Albarracin. On monte, on descend, on remonte, on redescend, presque sans s’en rendre compte tant il y a de beautés à admirer. Et au final nous aurons quand même marché trois heures et demi, rien que pour une première matinée de découverte !

 

Mais si le charme du village d’Albarracin attire de nombreux touristes, la région est réputée pour d’autres merveilles : les peintures rupestres de los Pinares de Rodeno.

C’est la forêt de Fontainebleau, à la puissance dix. Un site naturel protégé, gigantesque chaos de grès rouges arborés de pins où sont dissimulées, ici et là, d’émouvants témoignages des temps préhistoriques. Archers, taureaux, chevaux…

 

On peut admirer ces peintures rupestres protégées par des grilles pour empêcher les dégradations, gratuitement tout au long d’un sentier bien aménagé (il y a même toute une portion accessible aux fauteuils roulants). Ce cadre naturel enchanteur attire aussi de curieux spécimens : des bipèdes volubiles, plutôt jeunes et peu soucieux de leur apparence, se déplaçant volontiers en troupeaux, un matelas à bretelles sur le dos, et parfois un sac à dos sur le ventre. Nous en avions déjà croisé la veille et le matin même dans les rues d’Albarracin. Si vous cherchez, comme nous au début, ne leur demandez pas où sont les peintures rupestres : ils ne savent pas, ils ne sont pas concernés par le problème ; ils ne doivent même pas savoir qu’il y en a dans le coin. Ils ne sont pas mal aimables, pas du tout ; mais ils ne peuvent pas dire. Ils sont là pour escalader, un point, c’est tout. Et le matelas, c’est pour amortir les chutes. Et pour ceux qui ne savent pas, comme nous avant, on appelle ça un « crash-pad ». Merci à Michèle pour le renseignement !

 

Albarracin est décidément un endroit où il faut passer un bon moment ; je suis sûre qu’une troisième journée n’aurait même pas été de trop. Mais notre périple n’est pas terminé et notre découverte de l’Aragon se poursuit. Dès le lendemain, batterie changée, le tandem Ptibus et Gastounet se lance à l’assaut du bitume, objectif Saragosse et le monasterio de Piedra. A très bientôt!!!

Fredo

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Hist' toiles
  • : Nous sommes deux soeurs... L'une peint, l'autre écrit. Nous avons envie de partager nos vécus, nos ressentis, nos expériences; de témoigner... Nous aimons par dessus tout la nature, notre plus grande source d'énergie... Sur ce blog, nous vous présenterons des peintures, des livres, mais aussi des photos de nos voyages, de nos randonnées, des récits... Nous tenterons enfin de vous entraîner dans la grande aventure de notre vie: notre cheminement spirituel vers l'Amour et la Lumière.
  • Contact

Recherche