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2 mai 2019 4 02 /05 /mai /2019 17:32

L’habitat troglodytique est très présent dans le massif vosgien, il faut dire que le relief et la nature des sols s’y prêtent particulièrement, le grès est une roche tendre et l’érosion fluviale n’a pas ménagé sa peine.

Un peu partout au cours de notre périple, au pied des falaises de grès, parfois à mi hauteur, les habitations troglos sont présentes. Les premières visitées furent habitées avant 1789, situées à quelques encablures du rocher de Dabo seules trois habitations situées sur des terrains privées échappèrent au massacre perpétré par l’administration prussienne. En 1872, 38 personnes vivaient là sous le sommet du Falkensfel, en marge de la société. La région passée sous domination prussienne, pour les obliger à réintégrer les villages, les prussiens firent sauter en 1894 les cavernes situées sous sa juridiction. Oserai-je une aparté ?! Un peu comme aujourd’hui quand on détruit les yourtes, mobilhomes de personnes choisissant de vivre en marge de la société, histoire de survivre surtout.

Aujourd’hui leur accès est libre et situé sur un itinéraire de randonnée, relativement facile d’accès, rien à voir avec les maisons du rocher à Graufthal.

Entouré de forêts et dominé par les falaises de grès rose, le village était célèbre pour son abbaye bénédictine dont l’existence est attestée dès le 12e siècle. Aujourd’hui il n’en reste plus grand-chose mais ce qui assure la notoriété de Graufthal ce sont les maisons dites du rocher.

Habitées jusqu’au début des années 60, aujourd’hui restaurées, réaménagées ces maisons restituent le cadre de vie des habitants qui vécurent là sans eau ni électricité.

La plus petite ne comportait que 2 pièces à vivre, une remise et une étable, un grenier où couchaient les huit enfants de la dernière famille ayant vécu en ces lieux !

Un jardin collectif est installé sous un surplomb de la falaise pendant qu’à l’extrémité de ce village perché se trouvait ce qui fut une minuscule fabrique d’allumettes !

C’est en 1805 que fut inventée la première allumette. D’abord oxygénée puis phosphorique la première allumette chimique à friction et tige de bois date de 1813, un an plus tard le phosphore blanc y fut ajouté.

En 1831 les premières fabriques d’allumettes firent leur apparition en France et en 1870 on recensait déjà 500 à 600 fabriques, principalement de petites unités comme c’était le cas en Moselle ou dans le Bas Rhin . En 1872 l’État instaurait un monopole sur les allumettes.

Les conditions de travail étaient catastrophiques ; scolarisés au maximum 2 mois par an, des enfants de moins de 12 ans étaient employés par ces fabriques à raison de 12 heures de travail par jour dans un air vicié par les émanations des substances toxiques. Malgré les dénonciations, aucune des formalités prescrites par la loi n’étant remplies, le travail des enfants a pourtant perduré longtemps, les familles préférant les voir travailler en ces lieux pour leur éviter la mendicité, tout en sachant qu’ils étaient maltraités et violés par leurs ainés.

la fabrique d'allumettes sous les rochers

En visitant ces maisons sous le rocher de Graufthal on découvre un autre monde, un monde dont nous sommes les héritiers. Pourtant nous avons tendance à oublier ce qu’il a fallu d’opiniâtreté, de combats et de douleurs pour arriver à éradiquer cet univers à la Zola. Méfiance pourtant ! Petit à petit, à brader tous les acquits sociaux gagnés par nos aînés ne serait-ce qu’en les jugeant insignifiants ou coulant de source innés tout est entrain de se détricoter.

Do

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28 avril 2019 7 28 /04 /avril /2019 20:21

La ville de Sarrebourg est placée sous le signe de la Paix. A ce titre elle offre aux visiteurs et à ses administrés l’opportunité de découvrir deux merveilles, la Tapisserie dite de la Paix et les vitraux de la chapelle des Cordeliers.

Chapelle des Cordeliers

Ces œuvres sont la résultante de complicités entre Marc Chagall et des maîtres verriers, Charles Marq et Brigitte Simon et une « liceuse », existe t’il un féminin à licier ?!, Yvette Cauquil-Prince.

Yvette Cauquil-Prince a travaillé à cette tapisserie à partir de la gouache préparatoire réalisée par Marc Chagall pour le vitrail de la Paix de l’ONU. Cette tapisserie entièrement tissée à l’envers, le licier ne peut contrôler son travail, a demandé 3 années de travail. Ses dimensions (4,72x6,96)m sont exceptionnelles et sa créatrice a utilisé la spécificité du langage du tissage pour l’adapter au langage de la peinture et rendre la poésie, la rigueur et la profondeur du travail de Chagall. Cela a commencé par le choix délicat de la qualité de la laine, de ses teintes.

Tapisserie de la Paix

Sarrebourg propose une découverte de l’univers de Chagall, une immersion dans sa vision de la Paix, vision dont la monumentalité de la Tapisserie et celle du vitrail rendent toute la force.

En ce qui concerne le vitrail, tout l’art du verrier a consisté à trouver le moyen de jouer avec les couleurs pour traduire la force de la lumière. Tous les vitraux de la chapelle des Cordeliers ne sont pas de Chagall, Brigitte Simon et Charles Marq ont créé dans un camaïeu de bleu les vitraux du choeur de la chapelle faisant de celui-ci un écrin pour mettre en valeur l’oeuvre de Chagall, une œuvre foisonnante !

Choeur de la Chapelle des Cordeliers

Marc Chagall est né en Biélorussie à Vitebsk dans une famille pieuse qui lui a fait découvrir la Bible, une source d’inspiration inépuisable ! Après des études aux Beaux Arts de Saint Pétersbourg, en 1910, Chagall débarque à Paris où il se lie avec Blaise Cendrars, Appolinaire, Klee, Nina Berberova … Berlin, les USA, Chagall bouge beaucoup mais n’oubliera jamais ses origines où il retournera. Toutes ses œuvres, Chagall s’est essayé à toutes les formes de créations plastiques, rappellent Vitebsk : « Oh si je réussissais à cheval sur la chimère en pierre de Notre Dame, avec mes bras et mes jambes, à tracer mon chemin dans le ciel le voilà Paris tu es mon second Vitebsq ! ».

Chagall a sublimé ses souffrances, ses douleurs par son art « Seul est mien le pays qui se trouve dans mon âme ». La création artistique lui a permis de transcender la vie « Si toute vie va inévitablement vers la fin nous devons durant la notre la colorier avec nos couleurs d’amour et d’espoir ».

Le choix du vitrail chez Chagall est récurent dans son œuvre. Allemagne, Angleterre, Etats Unis, Suisse, Israël, France. « Le vitrail représente la cloison transparente entre mon coeur et le coeur du monde ! »

Toute l’oeuvre de Chagall est teintée d’Amour « Il n’y a qu’une seule couleur qui donne un sens à la vie et à l’Art, la couleur de l’Amour ». Une œuvre qui nous parle au coeur.

Elle nous parle au coeur à un point tel que depuis un an nous ne le quittons plus. Moissac en mars 2018, Le Saillant en juillet de cette même année, le plafond de l’Opéra de Paris en février 2019, Céret il y a 3 semaines, Sarrebourg 8 jours plus tard ! Entre Chagall et nous, c’est une histoire d’Amour qui débuté par un grand coup de foudre à Landerneau en 2016 !

Et non, nous ne sommes pas prêtes d’en avoir fait le tour ! Clin d'œil !

Et maintenant un petit bonus avec ce petit film à découvrir !!!

https://youtu.be/Eh_I_2_hfGM

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26 avril 2019 5 26 /04 /avril /2019 20:22

Il y a quelques semaines, nous ne sommes pourtant pas des téléspectatrices assidues, nous avons regardé un policier « meurtres en Lorraine », presque par hasard ! Peut-être pour retrouver des coins connus ou par curiosité histoire de découvrir Stéphane Berne acteur. Une chose est sûre dès la première minute nous tenions notre prochaine destination de voyage, nous avions songé à l’Alsace, ce serait la Lorraine, annexée !

Pourquoi annexée ? Cette appellation, qui je ne vous le cache pas est en fait très péjorative, remonte à loin. C’est ainsi que dans notre famille on nommait cette région longtemps restée sous le joug allemand. Ses habitants s’y opposèrent ils ? Je n’ai jamais cherché à le savoir, par contre ce dont je suis certaine c’est qu’en 1870, lorsque Napoléon III déclara la guerre à la Prusse, pour rester française la branche Dampfhoffer dont nous descendons a préféré tout abandonner et quitter Gumbreschthoffen en Alsace. Par sauts de puce, ils sont arrivés en Lorraine, la vraie !!! et y ont fait souche ; notre grand-père maternel ne manquait jamais de souligner qu’il était né à Héréménil en FRANCE. Nous avons donc grandi dans une famille où la branche maternelle semblait toujours minimiser l’intérêt de cette partie de Lorraine. Voilà pourquoi nous n’avions jamais ressenti de motivation pour en visiter le moindre recoin !

Une première halte non loin de Colmar pour randonner sur les hauteurs d'Eguisheim, histoire de se mettre en jambe et nous avons mis le cap sur Sarrebourg point de départ d’une semaine de vagabondage sur les Vosges du Nord.

Nous avons suivi la route des Arts du Feu, visité cristalleries et faïenceries. Nous nous sommes régalées au musée Lalique,

avons tout appris de la faïence au Moulin de la Blies à Sarreguemines

et avons retrouvé celui que nous ne quittons plus depuis une petite année, Marc Chagall. Le parcours Chagall à Sarrebourg est un enchantement, une véritable jubilation !

Chapelle des Cordeliers Sarrebourg

De randonnées en visites de sites historiques nous avons découvert une région superbe mais nous avons très vite été tenaillées par une question d’importance, cette Lorraine là est elle vraiment redevenue française ?

Certes en cette période pascale les vacanciers sont légions et les allemands de grands voyageurs, mais était ce la seule raison au fait que nous n’entendions pour ainsi dire jamais parler français ? Inutile de saluer ceux que nous croisions lors de nos déambulations dans la langue de Voltaire, Goethe nous répondait, voire même s’adressait à nous sans avoir l’air de songer une seule seconde qu’en France ce n’est pas vraiment la coutume. Nous avons commencé à vraiment nous interroger lorsque dans une cristallerie les vendeuses nous ont avoué ne pas posséder l’expression française correspondant à certains mots maîtrisés uniquement en allemand. Lorsque nous avons trouvé des affichages pédagogiques et des annonces de festivités encore une fois en allemand, il a été nécessaire d’y regarder à deux fois pour être certaines que l’activité concernée se tenait bien en France, nous fûmes consternées.

Nous a alors traversé l’esprit la question suivante, cela valait il la peine de reprendre au prix d’une hécatombe de vies humaines une Lorraine qui ne semble plus très sûre d’être française ?

Vivant dans une région frontalière, nous savons ce que veut dire bilinguisme. En tant qu’enseignantes ayant travaillé en Pays catalan, nous avons toujours eu à coeur de faire découvrir, à notre humble niveau, cette langue à nos élèves. Même si nous n’étions pas dans une école bilingue, nous chantions, lisions des ouvrages à nos élèves etc... Néanmoins le français était et est très présent et maîtrisé partout !

Alors quand en traversant le hameau de Waldeck près de Philippsbourg nous nous sommes aperçues à leurs immatriculations que tous les habitants venaient d’Allemagne, que nous avons constaté dans la ville d’Hapselschiedt que la boulangerie n’affichait ses informations qu’en allemand (elle a pourtant été détruite à presque 100 % par les pilonnages « ennemis »), que les résidents des campings où nous avons séjourné étaient à 90% allemands, même si la frontière est à un jet de pierre et ne parlait pas un traître mot de français, nous avons été choquées. Je vous choque peut-être,tant pis !

Je me sens européenne et je suis contente (même si cela est imparfait et qu’il y a fort à redire) que nous ayions pu « faire une certaine Europe » mais là le problème est différent.

Nous avons vécu pendant ces quelques jours une forme de rejet par des personnes qui manifestement imposaient leur façon d’être et affichaient leur ignorance et parfois leur mépris de notre différence ! Et cela en France quand même ! Je n’avais jamais expérimenté ce sentiment, se sentir exclu et étranger dans son propre pays. Certes cela permet de réfléchir à ce que vivent ces peuples à qui nous imposons (ou avons imposé) notre domination mais bon !

Aimant le voyage, nous sillonnons les routes et rien qu’en 2018 nous avons circulé en Espagne, Hongrie, Autriche, Slovaquie sans que jamais nous nous sentions écrasées. Chacun avait à coeur de faire un pas vers l’autre, nous apprenions les petits mots d’usage qui montrent que nous avons conscience d’être « invitées » et si un « bonjour » nous échappait très vite nous corrigions. Eux de leur côté faisait de même, à Graz en Autriche 2 hommes ont remué le banc et l’arrière banc pour nous piloter vers le camping !

Alors après la visite passionnante de la Citadelle de Bitche, après avoir observé ceux que nous croisions, nous ne pouvions que nous dire que cela ne valait pas le coup de sacrifier tant de vies humaines car à ce que nous avons constaté même le devoir de mémoire est un mot vain !

Jeunes et un peu moins n’ont rien à faire du passé, l’Histoire n’est pas leur problème et c’est dommage car cela permettrait sans doute par une vraie prise de conscience d’éviter de répéter les mêmes horreurs, les mêmes erreurs. Pourtant cette visite est remarquablement organisée, une scénographie ponctue la découverte des souterrains et si nous avons mis une bonne heure et demie à tout voir et écouter nous avons sans cesse été rattrapées et doublées par des touristes faisant une visite « à la japonaise » dont ils n’ont rien pu retirer sauf sans doute qu’il faisait en ces lieux où tant d’hommes et femmes sont morts, un froid polaire. Des vies fauchées pour satisfaire l’honneur de leurs supérieurs, des hommes politiques qui ne visaient que leur propre gloire. Une gloire nourrie de chaire à canons, de vies sacrifiées sur l’autel de la Patrie. En ce qui me concerne, mon sens patriotique étant depuis longtemps très atténué, je me suis instantanément vue dans la peau d’un déserteur et j’ai compris notre grand-père dont 4 ans sur le front entre 14–18 avait eu raison de l’idéal civique.

Voilà nous avons conclu ces vacances par une halte très ressourçante en Lorraine, pas annexée et dans les Vosges du sud. Nous avons réentendu parler français, anglais et même espagnol et constaté avec plaisir que nous n’étions pas les seules à dénoncer cette « germanisation » qui sévit plus au nord !

Do

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28 mars 2019 4 28 /03 /mars /2019 18:35

Il y a des lieux dont le nom résonne en vous et attire, Caylus en était, alors, parties vadrouiller du côté de Limogne en Quercy, dans le Lot, nous avons mis le cap sur cette cité d’origine médiévale après une jolie randonnées sur le Causse que je compte bien vous narrer prochainement.

Premier passage en repérage histoire de savoir où garer le fourgon, demi-tour à la va comme je peux et rebelote pour un second passage tout aussi infructueux. Point de parking, nous faisons donc comme nous pouvons et stationnons dans la rue juste à la hauteur du monument aux morts. Fallait-il y voir un signe que nous n’avons pas su décrypter ?!

Bien avant le 12e siècle un castrum existait déjà sur cette butte où petit à petit une cité se développa. De nombreux sièges lors des croisades contre les albigeois, la guerre de 100 ans, la peste noire, les massacres engendrés lors des guerres de religion en eurent raison, elle ne retrouva jamais sa superbe !

Dès que l’on pénètre dans la vieille ville il saute aux yeux que le patrimoine bâti est grandiose mais il est immédiatement évident que les fonds manquent pour l’entretenir. Dans l’impossibilité de récupérer un plan de visite à l’Office de tourisme, fermé évidemment, nous visons le point culminant occupé par le château qui se révèle fermé et privé tout comme l’ancienne tour médiévale impossible à atteindre.

Les rues sont désertes pourtant notre déambulation nous fait tomber nez à nez sur un contingent de militaires en manœuvre et même si les mitraillettes sont chargées à blanc, on le suppose, cela surprend quand même.

L’atmosphère que dégage la cité n’est pas plaisante néanmoins ayant repéré des « œuvres d’art » disséminées aux hasard des encoignures, jardinets et ruelles, toits interpellées, nous poursuivons notre exploration d'autant que parfois le matériel utilisé est très à contre emploi ! 

Oserai-je vous dire que leurs créateurs semblent un peu « tracassés ». Ce n’est ni serein, ni lumineux, l’inspiration a de quoi surprendre et dans l’église cela secoue carrément. On n’y sent pas vraiment l’appel du divin, il y fait un froid polaire, c’est d’ailleurs une constante depuis que nous parcourons la Dordogne et le Lot. Humides, sombres et très dépouillées il faudrait carrément me payer pour assister à un office. A Caylus le constat est identique mais il y a pire ... des toiles d’une inspiration tourmentée, un grand Christ à moitié décloué et semblant implorer notre aide ont de quoi épouvanter les paroissiens.

Quel message doit on y voir ?

La question sera récurrente pendant toute la visite. Au bistrot de la halle, sans doute très belle mais noyée dans une mer de voitures, une créature simiesque installée en terrasse nous décourage d’aller y prendre un pot.

Qui peut donc avoir envie d’acheter ces sculptures. Une hyène et un loup (garou?) occupent la largeur d’une impasse menant à un atelier d’artiste. De quoi vous flanquer la trouille !

Quant à celui qui a emballé les fesses de sa statue de barbelés je voudrais bien connaître la nature du message délivré, enfin s’il y en a un !

A moins que ce soit un fantasme inavouable.

Non franchement à Caylus il y a du mouron à se faire. Est-ce le passé douloureux et violent qui s’exprime ?

Do

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24 février 2019 7 24 /02 /février /2019 16:05

En 1861 à la demande de Napoléon III, Charles Garnier entreprend la construction d’un nouvel Opéra qui va prendre place dans le Paris du Second Empire !

Inauguré sous la Troisième République, Charles Garnier n’y était pas invité et il fallut la médiation de sa femme pour que les hommes de pouvoir daignent reconnaître son génie, les invités eux ne s’y trompèrent pas qui lui firent un triomphe.

Cet Opéra est un pur chef d’oeuvre, des marbres de toutes teintes, du stuc, des dorures masquant une structure métallique, tout est démesure et beauté. Un lustre de 8 tonnes, un plafond peint par Marc Chagall, des jeux de miroirs, l’Opéra Garnier est l’écrin qui accueillent en son vestibule Rameau, Lulli, Gluck et Haendel !

La visite démarre par la Rotonde qui initialement accueillait les abonnés !

Rotonde des abonnés

Ces derniers gagnaient par le bassin de la Pythie le grand Escalier.

Salle de la Pythie

Conçu pour donner à voir et être vu, les spectateurs l’empruntaient pour atteindre la galerie de l’orchestre puis les loges et pour les moins argentés le « poulailler ».

La visite de l’Opéra permet d’en découvrir la bibliothèque aujourd’hui musée et mémoire de l’Opéra, un lieu ouvert aux chercheurs aussi.

L’Opéra ne fut jamais terminé, la chute de l’Empire lui ayant été fatale, néanmoins la Rotonde, le grand vestibule, le Grand Foyer, seul lieu chauffé à l’origine d’où son nom, brillent de tous leurs ors, de tous leurs feux !

La salle du Foyer

Moment passionnant, monument emblématique de Paris et des Arts, Charles Garnier vit encore dans son Opéra qu’il a signé d’un entrelac de lettres au plafond de la Rotonde des abonnés.

Entrelac signant l'oeuvre du nom de Charles Garnier

Comme Rafaël, Michel Ange ou Léonard de Vinci, il s’est aussi représenté sur l’une des peintures qui orne le plafond du Grand Foyer d’où il surveille toujours artistes et visiteurs !

Charles Garnier and co surveillant son Opéra

Personnellement je n'ai guère apprécié les jeux de couleurs au niveau de l'éclairage tant au niveau de la Rotonde que pour la salle de la Pythie mais ce qui vraiment m'a semblé très fumeux c'est l'implantation de ces 2 roues de tracteur (ou camion) dorées de part et d'autre de la montée du grand escalier. Je me suis dépêchée d'oublier la symbolique mais c'est plutôt un truc d'intello, Bacri aurait dit "un truc à enc...r" les mouches, mais bon !

Do

 

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18 février 2019 1 18 /02 /février /2019 15:39

La grande galerie de l’Evolution fait partie du Muséum national d’Histoire naturelle. Elle est située dans le Jardin des plantes et a été créée à partir de l’ancienne galerie de Zoologie. Créé en 1635 par Louis XIII le jardin royal des plantes médicinales, s’est agrandi petit à petit afin de devenir le lieu où allaient être conservées les premières collections en lien avec l’évolution des espèces et la diversité du monde vivant !

La grande galerie voit le jour en 1889 ce qui en fait en quelque sorte la jumelle de la tour Eiffel. Après la seconde guerre mondiale, très dégradée elle finit par fermer ses portes en 1966. Toutes les collections sont remisées en sous-sol pendant une vingtaine d’années jusqu’en 1987 où un plan est lancé pour lui redonner une seconde vie, plan concrétisé par François Mitterrand qui en 1988 décide d’inclure sa rénovation à la liste des grands travaux présidentiels. Le 21 juin 1994 il l’inaugure pour le plus grand bonheur des petits et des grands, nous y avons passons de beaux moments avec nos classes et en 1998 j’y ai fait ma dernière sortie scolaire, histoire de clore en beauté mes années parisiennes. Vingt ans et quelques jours plus tard nous y avons fait notre grand retour. 

La grande galerie donc permet de découvrir le vivant, l’évolution des espèces et met l’accent sur le plus menacé. L’aventure commence avec la découverte des fonds abyssaux, elle se poursuit au premier niveau avec la savane africaine.

Partout dans les structures métalliques les hôtes du continent américain sont présents et plus nous montons dans les étages plus c’est un monde disparu qui nous est re-présenté avec évidemment toujours le même prédateur, l’humain !

Galerie des espèces menacées
Le Dodo

Notre visite terminée, avant d’attaquer la ménagerie nous sommes allées nous restaurer d’une délicieuse soupe à pas d’heure « Aux belles plantes », un restau un peu classe mais très cosy !

Aux belles plantes

La ménagerie du jardins des plantes est le prolongement logique de la grande galerie et de la galerie de Paléontologie, certes les lieux semblent un peu désuets mais tous les animaux qui peuplent cette ménagerie sont bien souvent les derniers représentants d’espèces menacées. Il faut la voir pour ce qu’elle est, un conservatoire du vivant. Le cheval de Przewalski en est l’exemple type. Lorsque ce petit cheval que l’on connaît grâce aux peintures rupestres des grottes ornées a été redécouvert chacun le croyait à jamais disparu. Quelques spécimens ont alors été capturés et un programme d’élevage mis en place, aujourd’hui l’espèce est considérée comme sauvée même si, comme c’est le cas pour quasiment toutes ces espèces sauvées, l’homme en reste le prédateur principal ! Chat de Pallas, Martre à gorge jaune, Orang-outan (il est possible d’en parrainer un, si cela vous tente !)

Le Binturong

et le binturong qui a pointé le bout de son museau juste le temps d’une photo font partis de ces êtres vivants en danger.

Nous avons passé là un bon moment et retrouvé nos réflexes d’enseignantes au contact de scolaires qui comme nous, s’extasiaient à tout propos. Une occasion pour constater encore une fois, que même en cessation d’activité, on reste marqué par le métier. Nous avons pris un réel plaisir à répondre, écouter les remarques pleines de poésie, de pertinence de ces enfants constatant également qu’ils sont nettement plus attentifs et à leur affaire quand ils ne sont pas avec leurs parents. Il n’y a pas photo, entre ceux qui cavalaient partout accompagnés de parents peu soucieux de transmettre ne serait-ce qu’un semblant d’information et les scolaires sans doute briffé par leurs enseignants mais curieux de tout, les plus indisposants étaient à priori les « mieux » encadrés !

Qu’on se le dise parce que finalement partout où l’on passe c’est le même constat, pas étonnant de toute façon n’attendons nous pas de l’Ecole outre qu’elle enseigne, qu'elle éduque et éveille, ce qui a priori fait parti des attributions familiales !

Do

 

 

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15 février 2019 5 15 /02 /février /2019 16:16

Plus grand cimetière parisien intra muros le cimetière du Père Lachaise porte le nom du confesseur de Louis XIV, François d’Aix de La Chaise. Installé sur le Mont aux Vignes, ce domaine changea de nombreuses fois de propriétaire et de nom par la même occasion. Tombé dans l’escarcelle de la Préfecture de Paris à la fermeture du cimetière des Innocents, Napoléon Bonaparte alors consul décida de remanier les lieux d’ensevelissement de la capitale, c’est ainsi que le Mont-Louis devint le cimetière de l’Est ; La première inhumation fut celle d’une enfant de 5 ans, fille du sonneur de la Porte St Antoine mais il fallut le transfert d’Héloïse et Abélard puis de Molière et La Fontaine pour que le Père Lachaise fasse recette.

Carré juif, carré musulman doté jusqu’à la guerre contre les turcs d’une mosquée, les enclos spécifiques furent englobés dans l’ensemble du cimetière qui reste néanmoins organisé par groupements de monuments comme ceux particulièrement flippants des victimes des camps de concentration ou le regroupement des maréchaux d’Empire.

Impossible de tout voir sauf à y retourner régulièrement ce qui en soit lorsque l’on est parisien n’est sans doute pas désagréable car le lieu est ressourçant. La Flore est belle et compte quelques essences remarquables mais un seul chêne ! En effet outre le fait que cet arbre semble ne pas avoir eu la cote dans les cimetières, le sol ici ne lui est pas favorable. La faune quant à elle est très variée, les oiseaux y sont très nombreux, même la sittelle y est présente tout comme les chauve-souris, les insectes.

Certaines tombes font le buzz comme celle de Jim Morrison, rockeur, sex symbol et engagé contre la guerre au Vietnam, d’autres ne se signalent au passant que par le bouche à oreille.

Notre visite a commencé par la recherche de Colette après nous nous en sommes remis au hasard.

Nous avons eu nos moments people, Michel Delpech, Marie Trintignant, Bécaud et même Michel Legrand par le plus grand des hasards.

Certaines nous ont mis en joie comme Chopin à quelques encablures de Pierre Desproges, Rossini voisin de Musset !

Nous avons par contre cherché longtemps Allan Kardec, le père de la philosophie spirite et Champollion qui aurait sans doute été mieux à Figeac, mais bon !

Texte d'Allan Kardec

Une visite au Père Lachaise c’est aussi le défilé de toutes les stations de métro et la réponse à une de nos interrogations récurrentes depuis l’enfance. Pourquoi un tréma sur le U de Montparnass Bienvenüe ? C’est bête comme chou, juste parce que le Père du métro parisien s’appelait ainsi et que son patronyme s’écrivait avec un tréma ! Salut monsieur Bienvenüe !

Au Père Lachaise on révise aussi l’Histoire de France et les politiques qui l’ont faite, Félix Faure est particulièrement bien entouré !

Félix Faure

Il est le proche voisin de Ledru-Rollin mais surtout de notre François Arago d’Estagel dans les Pyrénées Orientales ! Ah mais ! Do

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11 février 2019 1 11 /02 /février /2019 18:41

En 1429 Jeanne d’Arc fit halte à St Denis, elle ne savait pas encore que le Roi de France s’apprêtait à la trahir et fit don en cette occasion de son armure à la Basilique, armure sur laquelle les anglais firent fait main basse évidemment ! Seul demeure aujourd’hui de cet ex-voto une petite plaque commémorative sur la façade ouest et une plus grande sur la partie sud.

Mais pourquoi vous parler de Jeanne d’Arc ?

Pour la simple raison qu’elle est la raison de notre venue à Saint Denis.

Dans notre mythologie familiale il y a quelques faits glorieux que je ne vais pas vous détailler ici sauf un ! Notre père (qui est aux cieux) était ferronnier d’Art de formation et a dans ses jeunes années participé à deux programmes de restauration de monuments nationaux, la rampe du château de Saint Germain en Laye et la hampe de Jeanne d’Arc à la basilique St Denis.

Il n’en fallait pas plus pour que ses filles et sa petite fille mènent l’enquête.

Nous avons donc débarqué à la gare de St Denis et subi le plus gros choc culturel de notre vie. En une petite demie heure de RER nous avons fait un saut dans l’espace improbable et radical.

Le ton est donné dès la gare même si on ne peut nier que côté « idées », il y a de la réflexion et de la mise en œuvre. Très tendance « des incroyables comestibles » s’offrent (en saison) dans des « bacs à légumes » installés sur l’esplanade qui s’ouvre sur le canal Saint Denis. Le problème est que juste à côté les petits espaces verts qui s’étagent jusqu’à l’eau servent de dépotoir et de pissotière au vu et au su de tout le monde !

Dépotoir et pissotière en plein air de la gare St Denis

Gaillardement nous avons cheminé jusqu’à la Basilique qui se dresse tel un OVNI dans un environnement complètement décalé ! Partout des étals vraisemblablement illicites proposent à même le sol des vêtements, des sacs à main, des chaussures de sport et tout un bric à brac aussi vite déballé que remballé au moindre signe suspect. Il y a également des vendeurs de mini-brochettes cuisinées de manière très artisanale. Un caddy de supermarché sert de support à un couvercle, genre couvercle de lessiveuse, dans lequel rougeoie du charbon de bois sur lequel repose un grill de fortune. Un peu partout des petits tas de braises noires maculent sur le trottoir. Des vendeurs de montres et autres produits de contrefaçon sont en poste dans les encoignures de portes et des magasins dignes des souks bordent sans interruption la rue principale, piétonne. Les boucheries sont largement représentées et l’amoncellement de pieds de bœufs, des tas d’abats a de quoi faire faire une crise cardiaque à un végan ! Dans les boutiques de fringues, les jeans exposés retiennent un temps notre attention, au moins on ne leur fera pas le reproche de vêtir des « esculettes » pour reprendre une expression chère à Pagnol. Là c’est du XXXXXL, et encore !

La Basilique en ligne de mire nous traversons le marché très très coloré, celui de la Place Cassagne de Perpignan peut aller se faire rhabiller, avant de stopper devant la façade. Repéré par deux jeunes gens nous sommes sollicités pour répondre à un questionnaire et alors que d’ordinaire nous refusons, sans doute un peu commotionnées par le décalage culturel que nous venons de vivre, nous nous exécutons jusqu’à rester sans voix à l’énoncée de la dernière question : « selon vous que faudrait-il mettre en œuvre pour rendre la visite de la Basilique encore plus attractive ? ».

Doit on rester politiquement correctes ? A t’on le droit de parler de notre ressenti sans passer pour raciste ? Puis-je dire que je ne me reconnais pas du tout dans cet environnement et que personnellement je trouve détestable d’avoir l’air transparente au point d’être percutées par des rouleurs de mécaniques.

Du bout des lèvres on se lâche un peu, pas trop puis nous filons réviser notre Histoire de France car ils sont presque tous là nos rois et reines !

Louis XVI et Marie-Antoinette

Tout a commencé avec Dagobert, il avait peut-être parfois la tête chamboulée mais sans lui rien ne serait et avoir sous les yeux Clovis, Pépin le Bref et sa Berthe aux grands pieds, Hugues Capet, Philippe le Bel, Henri IV et tous les Louis franchement c’est épatant.

Berthe aux Grands pieds et Pépin le Bref

Pendant deux bonnes heures nous ne savions plus où donner de la tête, nous enrichissant d’une foule de détails techniques comme la différence entre un gisant, un priant. Un cours de l’Art car depuis le martyre de Saint Denis en 250 jusqu’au dernier roi inhumé au milieu du XIXe siècle toutes les influences artistiques majeures sont représentées comme cet hyper réalisme de la renaissance italienne que l’on retrouve dans le traitement des corps du monument mortuaire de Catherine de Médicis et Henri II.

Pieds de Catherine de Médicis

Un moment qui valait le coup même si nous avons fait choux blanc dans notre quête préliminaire mais une visite qui encore aujourd’hui me fait me poser beaucoup de questions !

Do

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13 janvier 2019 7 13 /01 /janvier /2019 20:29

Après les quelques articles que nous avons présentés, un petit film pour découvrir Rome à travers nos photos coups de coeur !

Le tout en musique avec Paolo Conté, l’Arpagietta de Christine Pluhar et Edoardo Bennato !

Nous vous souhaitons un joli moment après ce mini album !

Un clic !

https://youtu.be/VCDBHs3fqA8

Do et Frédo

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9 janvier 2019 3 09 /01 /janvier /2019 18:05

Jour 1

Le Colisée, Saint Pierre in Vincoli, Forum Impériaux de l’extérieur pour gagner la Place du Capitole, Santa Maria in Cosmedin et la Bocca Della Vérità

Boca della Verità à Santa Maria in Cosmedin

Jour 2

Forum Romain et Mont Palatin, Piazza di Pietra et vestiges du temple d’Hadrien, Panthéon et Piazza Navona

Fontaine des fleuves, Piazza Navona

Jour 3

Eglise San Clemente, Musei dei Fori Impériali, Le Quirinale (Piazza et Fontaine de Trevi, Piazza Barberini et fontaines del Triton et des Abeilles, piazza Venezia

Fontaine de Trevi
Fontaine aux abeilles

Jour 4

Île Tibérine et berges du Tibre jusqu’au château St Ange, Da Vinci Experience sur la via della Concilliazione, Piazza dei Campo dei Fiori, Portique de Flavi et Théâtre de Marcellus, Synagogue

Campo dei Fiori

Jour 5

Piazza del Popolo et Eglise Santa Maria del Popolo, grimpette au Pincio (sale) et découverte du Parc Borghèse, Trinita Dei Monti (église, escalier), Santa Maria Maggiore

Jardins Borghese

Jour 6

Basilique St Pierre et Musées du Vatican OU Centrale Montemartini et Basilique St Pierre hors les murs

Rencontre au coin d'une rue

Jour 7

Cinecitta, balade dans le Trastevere (très très très sale et tagué) Santa Maria de Trastevere (si vous n’êtes pas en overdose d’église) ou grimpette jusqu’au Janicule pour s’aérer par la Fontaine Paola, très beau point de vue sur Rome !

Tag artistique

Voilà, c'est fini ! Do

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  • : Hist' toiles
  • : Nous sommes deux soeurs... L'une peint, l'autre écrit. Nous avons envie de partager nos vécus, nos ressentis, nos expériences; de témoigner... Nous aimons par dessus tout la nature, notre plus grande source d'énergie... Sur ce blog, nous vous présenterons des peintures, des livres, mais aussi des photos de nos voyages, de nos randonnées, des récits... Nous tenterons enfin de vous entraîner dans la grande aventure de notre vie: notre cheminement spirituel vers l'Amour et la Lumière.
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