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13 juillet 2019 6 13 /07 /juillet /2019 17:07
De Malpica de Bergantiňas à Louro
 
Aujourd’hui, nous attaquons la côte de la mort !!!
On peut bien le dire, pour nous la côte de la mort justifie à lui seul notre déplacement jusqu’en Galice. On en a tellement parlé ! Toujours comparée à la Bretagne, nous attendons donc forcément beaucoup de cette découverte (puisque nous adorons la Bretagne). Ce sera donc, pensons-nous, le point d’orgue de notre voyage et après notre déception d’hier, nous sommes très impatientes de découvrir le cabo Finisterre qui n’est pas, comme on a coutume de le dire le point le plus occidental d’Europe, puisque son voisin, le Cabo Nave s’avance encore plus à l’ouest.
La côte de la mort doit son nom à la bonne centaine de navires qui y firent naufrage, naufrages bien souvent provoqués par les habitants du coin qui attiraient les navires vers les rochers pour pouvoir piller leur cargaison. Sympa.
Nous filons directement sur Fisterra, le village le plus proche du cap. Nous traversons pas mal de villages sans charme ; seuls les horréos, ces greniers à maïs rectangulaires perchés sur pilotis, en pierre et souvent orné de croix à chaque extrémité, apportent une note typique, avec parfois, une ou deux maisons anciennes. Le reste est noyé dans des constructions plus ou moins modernes, interventions humaines plutôt malheureuses dans un paysage naturel plein d’attraits, forêts d’eucalyptus, de pins, relief vallonné, côtes rocheuses spectaculaires. Quel dommage !
L’arrivée à Fisterra est donc tout aussi moche que le reste, mais comme nous ne pouvons pénétrer le cœur du village (rues barrées !) et que nous filons directement en direction du cap, nous pouvons encore entretenir quelques illusions. A la sortie du village, en direction du cap, une jolie église, la igrexa Santa Maria des Areas, attire la foule. Beaucoup de voitures garées à l’entour et pas mal de pèlerins. Au-delà, nous repérons un espace propice au stationnement ; il nous reste moins de deux kilomètres pour atteindre le phare ; nous décidons de les faire à pieds.
Le chemin où se pressent promeneurs et pèlerins est aménagé au bord de la route, protégé par une barrière en bois. C’est toujours mieux que de marcher directement sur la route, mais les odeurs d’essence, de gasoil, ainsi que le bruit des moteurs gâchent un peu le paysage. Impossible de ne pas faire la comparaison avec la pointe du Van ou la pointe du Raz, si bien préservées et aménagées pour le plaisir des marcheurs, à l’écart de toute circulation. De plus, un ciel bas, très bas, chapeaute toute la crête du cap. En contrebas, la mer se brise contre les rochers ; de temps à autre, une éclaircie dégage un joli point de vue maritime. La nature est belle.
Rapidement, nous atteignons le bout de la route. Parkings, cafés, commerces, tout le toutim… Un gratteur de guitare a déposé sa casquette devant lui… A vot’bon cœur ! Un peu plus loin, mais pas suffisamment pour éviter la cacophonie, un joueur de cornemuse donne toute sa mesure (déjà que je ne suis pas fan !). Il y a foule !
Nous contournons un phare carré pour nous avancer plus avant, en direction d’une croix de pierre où des tas de gens se font photographier. Il faut bien pouvoir montrer qu’on y était ! Difficile de prendre un cliché un peu personnel en évitant les indésirables.
Encore plus bas, un pylône ! Pas top, même s’il est décoré de tous les gris-gris laissés par les pèlerins (même des chaussures) en témoignage de leur passage. D’autres témoignages de la fréquentation humaine sont encore plus navrants : le sol est jonché de mégots (je n’en ai jamais vu autant !), de détritus de toutes sortes, papiers, mouchoirs, cannettes, emballages… La pointe s’avance encore un peu dans la mer qui s’agite en contrebas, provoquant de belles gerbes d’écume contre les rochers.
Grosse, grosse déception…
Nous ne traînons guère dans le coin et redescendons vers le camion. Nous ne savons pas trop pourquoi, mais ils n’arrêtent pas de faire exploser des pétards. On aperçoit les étincelles dans le ciel au dessus de la mer. Sans doute une fête se prépare-t-elle ? La Saint Jean ? Nous nous restaurons avant de prendre la direction opposée au cap pour aller visiter le village, en repassant devant l’église où il y a toujours autant de monde. Oui, il doit y avoir une fête.
Là, il faut citer un extrait de la description du « Routard » à propos du site : « Restent quelques paysages grandioses, et Fisterra, une grosse bourgade aux ruelles pentues qui conserve un certain caractère à défaut d’un charme fou ».
Oui, il y a de beaux paysages et oui, les ruelles sont parfois très pentues. Mais pour le reste… caractère et charme (même pas fou), je crois qu’ils se fichent de nous. Le seul monument qui puisse retenir l’attention est le « castelo San Carlos », où se trouve le musée de la pêche, mais le musée est fermé et on ne peut même pas pénétrer dans l’enceinte du fort ; ils ont mis une chaîne. Vu du fort, nous jetons un œil sur le village, le port… C’est laid ; pas d’autre mot. Du coup, nous revenons illico au camion, repassant encore devant l’église où la foule commence à s’agglutiner sérieusement ; il y a même une voiture de police… Nous accélérons le pas ; ne traînons pas, où il y a des risques que nous soyons coincés l
Quelques minutes plus tard, nous avons démarré et nous sommes effectivement arrêtées par le policier ; ils attendent une procession et nous en avons pour une dizaine de minutes. Voilà. Avant nous, ils sont tous passé, et celui qui arrive derrière parlemente… Il passe ! Voyant cela, nous parlementons aussi, mais il nous répond que le véhicule est trop grand et que nous ne passerons pas. Bon, n’insistons pas. Il ne nous reste plus qu’à attendre, en espérant que ce ne sera pas plus de dix minutes.
Les pétards continuent leur tintamarre ; heureusement que nous n’avons plus Virgile, il serait terrorisé. La procession arrive enfin, précédée de gamines en robe blanche et froufroutante ; alors il s’agit peut-être de communions ?
Enfin, on nous libère. Finalement, c’était vrai ; nous n’avons pas attendu plus de dix minutes.
 
Nous longeons la côte.
Oui, c’est vrai, la côte est belle, découpée, mais la traversée des villages, des ports qui se succèdent reste décevante. Les maisons sont souvent décrépies, lépreuses, presque en ruines. Pas de station balnéaire ici. C’est pauvre. 
A Ezaro, l’ambiance devient assez perturbante, pour ne pas dire angoissante. Nous contournons le monte de Pindo aride, sillonnée de barres rocheuses. Sur des kilomètres, tous les arbres sont morts.
Ont-ils brûlé ? Nous ne voyons pas de séquelle de feu, pas de tronc calciné. Sont-ils malades ?  Nous nous posons encore la question.
Du côté de la mer, criques et plages se succèdent. Nous remarquons beaucoup d’algues vertes ; nous l’avions déjà noté. Pas de baigneur. Îles, presqu’îles, îlots ; oui, c’est beau, mais nous sommes mal à l’aise.
Nous nous arrêtons à Carnota pour admirer un horréo long de 35 mètres.
Impressionnant !
Le village est d’ailleurs assez joli, avec un vieux cœur, une belle église et plusieurs autres horréos, plus petits mais jolis. Le cimetière est très impressionnant. Mais beaucoup le sont ici.
Pas vraiment envie d’y entrer…
Nous commençons à nous sentir mieux à partir de Louro où, pour l’instant, nous ne faisons que passer pour aller visiter Muros, un peu plus loin. Les paysages maritimes deviennent superbes ; nous longeons une plage magnifique et la pointe Careiro qui s’avance dans la mer ne manque pas d’allure.
Muros est situé dans une joli baie aux eaux calmes, la profonde ria de Muros et Noïa, et nous trouvons assez facilement à nous stationner sur le port, après avoir eu peur de devoir repartir sans rien pouvoir visiter tant les places semblaient petites sur les parkings. Nous nous dirigeons avec impatience vers les vieux quartiers dont nous avons eu un aperçu en passant et qui nous ont semblé particulièrement beaux.
Et c’est vrai ! Enfin un village, un port, avec un cœur préservé, riches de maisons et de monuments anciens bien conservés. « Enfin une certaine unité », souligne le Routard. On est d’accord !
D’ailleurs, le village est classé, et il le mérite. Belles maisons à galerie sur le front de mer et à l’intérieur, ruelles étroites, bordées de belles demeures en pierre, passages à arcades, jolies places et fontaines monumentales. « The must » aujourd’hui, c’est que nous tombons sur la préparation d’une procession qui doit avoir lieu ce soir, à 20 Heures.
Toutes les femmes du village, et quelques ados, recouvrent le sol des ruelles en direction de l’église paroissiale San Pedro où doit se diriger la procession, réalisant de superbes motifs floraux, géométriques ou symboliques.
Quel travail ! Et dire que tout cela va être bousculé, piétiné, ruiné, en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire ! Elles sont au boulot depuis huit heures ce matin, et elles n’ont pas terminé, loin de là, bien qu’il soit bientôt dix-sept heures. Nous avons vraiment beaucoup de chance d’assister à cela.
En déambulant, nous remarquons que, comme nous l’avions vu en Navarre, les gens d’ici aimer laisser ouvert le vestibule de leur maison pour que chacun puisse en admirer la décoration, fleurs, mobilier…
Petite remarque en passant… Pour réaliser ce travail magnifique, combien de milliers de fleurs a-t-il fallu sacrifier ?
Nous suivons le trajet de la procession pour gagner l’église, en surplomb du village, ancienne collégiale datant de 1400. Elle est très belle extérieurement et comme elle est ouverte, nous entrons. L’église à la particularité de ne présenter qu’une seule nef, très large, en forme de coque de navire retournée. Nous ne nous attardons pas vraiment, un peu effrayées d’emblée par l’allure terrifiante d’un Christ en croix ornant une chapelle latérale. Très réaliste ? Trop. Franchement, on se croirait carrément à Halloween ! On voit bien que le but de la religion est de maintenir le croyant dans la peur du péché !!!
Au siiiicours!!!!!
En quittant Muros, nous optons pour un retour sur Louro où nous savons trouver plusieurs campings. Nous échouons au camping Aucoradoiro, carrément en bord de mer, cette belle côte rocheuse présentant effectivement des similitudes avec la côte de granite rose de Ploumanac’h. Nous espérons bien trouver quelques petits sentiers côtiers sympathiques dans le coin !
Est-ce parce que nous sommes des femmes ? Le patron nous impose un emplacement, alors qu’il laisse choisir le couple qui arrive derrière nous. Après une tentative pour occuper cet espace peu commode, nous en repérons un qui nous va mieux et allons le lui signaler. Pas d’objection. De toute façon, nous étions prêtes à repartir.
Sitôt installées, nous allons nous balader jusqu’à la croix de la Punta Lens, jolie promenade, un peu courte, mais nous la rallongeons en allant découvrir la « praia Agro de Grelo », longue plage de sable blanc qui s’étire sur plusieurs centaines de mètres, où nous trouvons quelques jolis coquillages (mais pas tant que cela !) et même deux « porcelaines puce » (nous n’arrivons plus à en trouver chez nous !). D’énormes rouleaux ont attiré quelques surfeurs téméraires…
La journée se termine mieux qu’elle n’a commencé !
Fredo
 
 
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12 juillet 2019 5 12 /07 /juillet /2019 20:06

Lorsque nous quittons Viveiro ça fulmine dans le fourgon !

En arrivant aux sanitaires pour ma petite douche matinale, une femme la mine catastrophée brassait de l’air invoquant à grands cris « Réssuse » ! Je me suis inquiétée de la nature du problème, croyant qu’elle appelait son mari. Après tout Jésus est un prénom fort répandu en Espagne, à commencer par notre voisin ! J’ai vite réalisé ma méprise. La femme m’a enjoint de la suivre dans les WC où régnait une odeur pestilentielle puis m’a expliqué les problèmes de boyaux de la « niňa » et la fermeture de la réception du camping avant de reprendre ses invocations à Jésus. N’aurait-il pas mieux valu songer à mander la déesse serpillière et ses acolytes savon, seau et eau à la rescousse ? Je l’ai laissé à ses imprécations pour me doucher à une vitesse record avant de rejoindre Frédo et de lui conseiller de viser les sanitaires hommes moins odorants. Pas de bol, quand elle a rejoint le bloc sanitaire pas question d’investir le côté « senior », ça ne rigole pas avec la décence et chez les dames la situation n’avait pas évolué !

Nous fulminions donc en quittant le camping, non contre les responsables de l’établissement mais contre la famille de la gamine incapable de prendre en charge une situation les concernant au premier chef. Cela nous a rappelé les récriminations quant à la gestion des déchets en certains points des villes et villages. Quand des containers débordent et que d’aucuns déposent leurs détritus sur le sol à côté, qui est responsable de la saleté des lieux ? Celui qui aurait pu remballer sa poubelle pour la déposer ailleurs voir surseoir ou ceux charger de vider les containers lors de tournées régulièrement programmées ?

Mais revenons en à nos moutons.

Ayant mis le cap sur Betanzos, notre première étape aurait dû être pour la forêt d’eucalyptus de Chavin, juste au sud de Viveiro. Aurait car nous n’avons jamais trouvé la route ; que n’avions nous eu recours à l’application géniale MAPS.ME. Il suffit de télécharger par avance les cartes sur le téléphone et cela fonctionne ensuite comme un GPS. Trop chouette.

Betanzos est une ancienne ville portuaire, elle a gardé un charme certain de ses années florissantes. Ville jadis acquise aux idées du siècle des Lumières, elle fut aussi un puissant foyer libéral. C’est d’ailleurs à Betanzos que nous avons déniché nos premières affiches contre le machisme et les violences faites aux femmes et les premiers lieux d’accueil qui leur sont destinés.

La vieille ville est charmante et compte rien moins que 4 églises regroupées dans un espace assez restreint.

Nous en visiterons une seule surtout pour ne pas déplaire à une petite mamie un brin autoritaire. Nous préférons souvent tâter l’ambiance d’une ville en testant commerces, bistrots, notre halte au marché couvert nous vaudra de trouver, enfin !, du poisson frais et à un prix défiant toute concurrence.

Sur la Praza de la Constitución nous découvrons une composition en 3 D, une marine réalisée par les enfants des écoles. Destinée à sensibiliser la population sur la pollution du plastique tous les éléments de cette création auraient dû se trouver dans nos poubelles et non sur les plages, au moins auront-ils échappé aux fonds des mers !

Les maisons à galeries voisinent de vieux palais renaissance,

une demeure art nouveau tranche sur l’ensemble quant à l’igrexa du couvent Santo Domingo installée Praxa de Garcia Hermanos elle affiche carrément un air mexicain.

Repassée au fourgon pour y déposer notre poisson, nous gagnons le parc du Pasatiempo, un délire rococo un peu vieillot et décrépi. Nous traînons un petit moment sans repérer la moindre reproduction de mosquée ou de pavillon chinois. Un vieux reste de labyrinthe, quelques canards, rien vraiment d’exotique mais une passerelle qui traverse le parc sur toute sa longueur. Nous l’empruntons mais impossibilité de poursuivre notre exploration, le sol de la passerelle semble plutôt « mitée » et le passage est condamné. Nous revenons sur nos pas et ce ne sera que de retour à St G que nous découvrirons que tous ces délires rococos que nous n’avons pas vus existaient bien, il aurait juste fallu pouvoir emprunter la passerelle et passer de l’autre côté de l’avenue ! Le parc est en deux parties ! Fallait savoir !

A Coruňa n’étant qu’à quelques kilomètres de Betanzos nous y filons d’une traite et après avoir galéré comme des malades pour nous garer nous atterrissons juste au bord du paseo maritimo dans un quartier récent mais qui offre l’avantage de pouvoir gagner le centre ville après un bain de nature. De nature mais pas de mer, une pollution à l’Echerischia Coli a vidé toutes les plages !

Nous démarrons la balade visant la Tour d’Hercule et sommes immédiatement attirées par ce qui de loin ressemble à Stonehenge.

Nous aurons beaucoup de difficultés à savoir de quoi il retourne, nous glanons quelques indices et comprenons vite que ces lieux furent le théâtre de douloureux évènements, il n’est pas exagéré que de dire que nous le ressentons dans nos tripes ! Nous avons atteint El Campo de la Rata et le premier ensemble aperçu de loin, le « Menhir Pentacefalico ». Inauguré en 2001 c’est un hommage aux victimes de la répression franquiste. Deux poèmes de Fédérico Garcia Lorca et Uxio Carre Alvarellos ornent ses frontons. Nous déambulons sur la vaste prairie attirées par un autre groupe de pierres levées, ces menhirs constituent une seule et même œuvre architecturale, conçue par le sculpteur galicien Manolo Paz.

Nommée Menhirs de la Paix ils participent à l’oeuvre de mémoire du peuple galicien. Ici furent fusillés entre 1936 et 1937 des républicains socialistes et tous ceux qui osaient afficher une idéologie de gauche. Quant à la nature des œuvres, des mégalithes, le choix vient du désir de rendre hommage à la culture celte, une culture qui a essaimée loin en Europe principalement grâce à sa maitrise du fer. Elle a également laissé un héritage culturel de qualité et une écriture, les runes. Nous avons connaissance de l’existence d’un alphabet, dit de Ogham et savons que cette écriture était notamment utilisée pour ratifier des traités de toute nature avec d’autres civilisations. Cette écriture fut reprise par les Vikings. Nous gagnons ensuite la tour d’Hercule suivant un chemin transformé en parcours de découverte, ponctué de panneaux explicatifs nous apprenons que l’étendue râpée où nous déambulons fut jadis cultivée et alimentaient les habitants de la ville au prix d’un dur labeur.

Cette tour d’Hercule est présentée comme le plus vieux phare en activité du monde Construit au Ier siècle après J.C. par les romains. Son parcours chaotique lui a infligé quelques dommages, abandonnée, pillée puis restaurée pour surveiller les attaques normandes puis musulmanes, elle a été largement remaniée depuis son origine. Massive la tour d’origine a été doublée à l’extérieur par une enceinte qui lui confère cet aspect austère. Au prix d’une ascension de 234 marches on peut découvrir un panorama quasiment inchangé depuis les romains.

Nous filons ensuite vers la vieille ville enfilant l’avenue de Navarra pour ainsi dire désertée, il est 15 heures et chacun se restaure. L’ambiance calme change insensiblement et comme nous approchons de la Ciudad Vieja une rumeur nous enveloppe.

Les bodegas, bars à tapas, restaurants sont bondés et dans les rues il faut jouer des coudes pour se frayer un passage et gagner l’avenida de Montoto.

Bordée sur toute sa longueur de demeures à galeries, vision emblématique de la Corogne. Pour ma part je n’ai pas été séduite, si encore comme à Bétanzos, Lugo ou Mondoňedo les galeries avaient arboré des bois de différentes teintes cela aurait animé les façades. Là tout ce blanc et les petits carreaux des vérandas donnaient une impression d’uniformité et de platitude.

Un petit coucou à Maria Pita, la Jeanne d’Arc galicienne qui trône au centre de la place qui lui doit son nom et nous gagnons le coeur de la vieille ville. Plus un bruit, nous sommes seules à déambuler au coeur d’un lacis de ruelles bordées d’austères demeures qui débouchent toutes ou presque sur la Praxa Xeneral Azcàrraga, les cafés sont fermés mais l’ombrage des magnolias est délicieux.

Les églises sont partout mais fermées ce qui en soit n’est pas grave car même si nous en zappons quelques unes nous arrivons à être en overdose. Impossible d'échapper aussi à St Jacques.

Au sommet de la vieille ville culmine l’église Santo Domingo plutôt austère, il faut dire que celui dont elle tire son nom (qui est le mien, dois-je en être fière?!) n’était pas un rigolo. Béatifié après avoir perpétré au nom de Dieu de telles hécatombes, cela questionne quand même !

Les guibolles un peu raides nous nous décidons à rallier le fourgon. Nous déambulons depuis 4 bonnes heures et avons presque tout le paseo maritimo à remonter. Vaillamment nous nous y collons puis rallions la Côte de la Mort, brrr, pour échouer dans un petit camping aux sanitaires très éventés.

Au moins pas d’odeurs pestilentielles à redouter.

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8 juillet 2019 1 08 /07 /juillet /2019 19:54

De Deva à Viveiro

Cette nuit a été bien arrosée et c’est sous une pluie « fifine » que nous quittons Deva pour poursuivre notre progression vers l’ouest. Evitant les grandes villes, nous rattrapons l’autovia et contournons Gijon ( prononcez « rironne » !) en direction de la Corogne. Chemin faisant, nous quittons la Cantabrie ; nous voici dans les Asturies.

Première halte à Cudiliero. Coup de foudre !

Par chance, la pluie s’est arrêtée mais le temps reste gris : ambiance parfaite pour découvrir ces lieux bourrés d’atmosphère ! Nous sommes arrivées directement sur le port et avons facilement trouvé une place pour nous garer. Heureusement que nous avons raté la route qui arrive directement dans le village ; le hasard fait bien les choses car nous aurions eu quelques difficultés à le traverser. Tout est bien.

Notre découverte va nous mener bien au dessus de ce joli village de pêcheurs dont les maisons colorées s’accrochent aux deux versants de la vallée. Du point le plus haut où nous sommes arrivées en enfilant ruelles et venelles pittoresques, nous avons une vue plongeante sur les toits, le port, la crique et les falaises qui la bordent surplombées d’une frange d’eucalyptus.

Il y a des eucalyptus partout. En filant sur l’autoroute nous nous sommes aperçues que ce que nous prenions souvent pour des forêts de pins n’étaient en réalité que des forêts d’eucalyptus. Radiata ? Globulus ? Citriodora ?

En arpentant le village, nous pensons à ces villages des « cinque terre » que nous avons visité deux ans plus tôt. Il y a des similitudes, mais autant les premiers, magnifiques, subissent l’invasion touristique, autant Cudiliero est resté dans son jus, authentique et peu fréquenté, plus ou moins refermé sur lui-même. Ce n’est pas la richesse, ici ; nous remarquons beaucoup de maisons en ruines, et de nombreuses autres arborent un panneau « se vende ».

Dans les hauteurs du village, inaccessibles aux voitures, deux femmes âgées discutent devant leur maison. Comment se ravitaillent-elles ? Comment fait-on, ici, lorsque l’on ne peut plus se déplacer ? Vit-on reclus chez soi ?

Redescendues vers le port, nous sommes heureuses de trouver une vraie poissonnerie. Nous remarquons même à l’entrée un panier rempli de pousse-pieds, ces coquillages bizarres que les gens du coin s’en vont ramasser sur les rochers fouettés par les déferlantes, au risque d’y laisser leur peau. Une vraie passion, ici, ce « truc » bizarre. Nous n’avons pas vraiment envie d’y goûter ; nous, ce que nous voulons, c’est du poisson tout frais péché… Mais le patron nous dit sèchement qu’on ne peut pas entrer. On a un peu de mal à comprendre pourquoi puisqu’il y a un client à l’intérieur. Celui-ci s’empare d’un balai et le place en travers de la porte. Bon, c’est clair. On ne veut pas nous servir.

Lorsque nous repartons, nous constatons qu’ils sont en train de nettoyer les quais du port au jet. Et hop ! Les mégots et divers détritus ! Tout le monde à la mer !


 

Nous repartons et remontons vers l’autoroute pour l’étape suivante : Castro Coaňa.

On appelle « castro » un village fortifié, et en l’occurrence, le Castro (ou castelon) de Coaňa est un village fortifié d’origine celte que l’on commença à fouiller en 1877. Mais c’est entre 1939 et 1944 que la majorité des constructions furent exhumées. D’une richesse exceptionnelle, il fut classé d’intérêt culturel en 1993.

Ce gisement archéologique apporte de grandes connaissances sur un modèle d’établissement humain qui fut prédominant dans les Asturies à l’âge du fer, et même à l’époque romaine. Le village aurait été occupé au moins depuis le Vl-Vème siècle avant JC, jusqu’au llème siècle après. Il semblerait qu’il ait connu une grande activité durant les premier et second siècles du fait d’une exploitation aurifère dans la vallée du rio Navia et de sa position stratégique, à proximité de la mer et de la portion navigable de ce même rio.

Aujourd’hui, l’ensemble des habitations se répartissent sur une petite colline en deux parties distinctes : l’acropole et le quartier nord. Renforcé de bastions, un rempart de deux mètres d’épaisseur, précédé d’un fossé défensif, enserre l’acropole au sommet de la colline ; un autre rempart protège tout le quartier nord. Au pied de l’acropole, on a exhumé environ 80 cabanes, la majorité étant de forme circulaire.

Quelques unes présentent un plan rectangulaire et l’on peut remarquer dans d’autres la présence d’un vestibule.

Bien entendu, seuls les murs d’ardoise, d’une hauteur moyenne de deux mètres (mais certains atteignent quatre mètres) ont résisté au temps. Les cabanes n’ont pas de fenêtre mais certaines ont deux portes; elles étaient vraisemblablement recouvertes de paille et d’arbustes locaux, tels le genêt, sur une armature de bois. En tant que mobilier, il ne reste plus que des mortiers, des moulins, et parfois un banc. Au centre du quartier nord court un réseau de canaux recouverts d’ardoises : des égouts !

Lorsque l’on pénètre sur le site, la première chose que l’on découvre est le sauna, réemployé et amélioré par les romains, avec sa grande baignoire en granite, ses canalisations, son four et sa chaudière. Face au sauna, une grande « place rectangulaire dominant la partie basse du village et l’ensemble des habitations, vraisemblablement espace public ou « forum » après la romanisation.

L’acropole n’est pas accessible. La femme de l’accueil nous précisera ensuite que des fouilles y sont en cours et que les lieux ne sont pas assez sécurisés. Nous avons d’ailleurs longuement parlé avec elle après la visite du musée ( on peut y voir des vestiges trouvés sur les lieux, une présentation d’autres castros des Asturies et de longues explications sur l’exploitation de l’or qui fut pratiquée dans la région). Commencé dans un français timide (mais bon), constatant que nous la comprenions en espagnol, assez bien (pour moi) et très bien (pour Dominique), elle est entrée dans des explications plus pointues (et dans un débit nettement accéléré !), notamment sur le fait qu’il n’a jamais été retrouvé la moindre sépulture aux abords des « castros ». Bizarre, non ? Que faisaient-ils donc de leurs morts ? Mystère et balle de golf ! Les incinéraient-ils ? Les chercheurs ont émis l’hypothèse qu’ils pouvaient utiliser les nombreux tumuli présents dans la région. Mais ce n’est qu’une hypothèse.

La visite terminée, nous nous restaurons sur le parking avant de reprendre la route (et l’autoroute) jusqu’à Viveiro, petite ville bordant une large ria, la ria de Viveiro, pardi ! Nous allons directement au camping, situé entre la ria et la plage de Covas, (la praia, dit-on ici, puisque nous sommes arrivés en Galice où la langue locale n’a plus grand-chose à voir avec le castillan). Nous supposons que cela ressemble au portugais… Nettement plus compréhensible que le basque, heureusement. Nous remarquons en tout cas que les catalans ne sont pas les seuls à avoir éradiqué le castillan de l’affichage public, alors arrêtons de les stigmatiser !!! A partir de maintenant, tout sera en galicien. On s'adapte.

Nous partons aussitôt à la découverte de la ville. Depuis midi, le soleil est revenu.

Nous pénétrons dans les quartiers historiques par la porte de Charles Quint, du XVlème siècle, dernier vestige d’un rempart médiéval, majestueuse, couronnée de créneaux ouvragés.

La petite ville de Viveiro est agréable, les ruelles décorées, parées de petits drapeaux, les vitrines attrayantes. Nous tournons autour de la très ancienne église Santa Maria de Campo, faute de pouvoir y entrer (ici, on ne dit pas iglesia, mais igrexa), admirant son architecture extérieure. La plus ancienne et la plus pure des églises de style roman de Galice, dit le Routard. Mobilier intérieur intéressant ; on les croit sur parole.

De nombreuses bâtisses arborent désormais le style galicien, avec leurs galeries en façade, souvent sur plusieurs étages.

Le routard parle de « bow-window » et si cela donne une idée du style, nous n’avons pas réussi à trouver le mot exact, en espagnol ou en français. Les galeries, constituées de boiseries et de verrières, recouvrent parfois toute la façade des maisons à l’exception du rez-de-chaussée ; pour d’autres, seuls un ou deux balcons sont fermés. Les boiseries sont généralement très travaillées, uniformément blanches ou colorées.

En aval de la ville et du port de Celeiro qui la jouxte, la ria de Viveiro est ponctuée de criques et de plages, dont la plage de Covas (praia de Covas, donc). Le camping est juste à côté et nous allons y faire un tour après le souper. La promenade longue d’environ 1,5 kilomètre permet de découvrir la baie pittoresque, piquetée de nombreux îlots.

Plusieurs maisons du front de mer arborent la même banderole intrigante : « S.O.S praia ». Que se passe-t-il donc ici ?

Renseignements pris sur Internet : suite à la construction d’une nouvelle jetée pour le port de Celeiro, la dynamique des marées est perturbée et la plage serait progressivement grignotée. Voilà… C’est ça, le progrès. Et c’est la même histoire partout ! (Le Racou !)

Fredo

 

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7 juillet 2019 7 07 /07 /juillet /2019 19:07

Lorsque nous quittons Potes en ce cinquième jour de voyage le plafond est bas mais le ciel retient ses gouttes. Nous arrivons à découvrir l’église Santa Maria de Lebeňa au sec.

Santa Maria de Lebena

Entourée de vergers l’architecture est à coup sûr très belle mêlant arts mozarabe et wisigothique et si l’on veut bien croire que les chapiteaux, les motifs solaires de l’autel et enfin la statue d’une vierge allaitante valent la visite, nous devrons nous contenter de les imaginer. Pourtant à notre arrivée nous aurions pu croire que la chance allait nous sourire, une équipe de journalistes était déjà sur site, d’autres touristes patientaient et le préposé à la visite venait d’arriver armé d’une clé XXL. Seulement même à deux, trois minutes près, avant l’heure ce n’est pas l’heure et comme il n’avait pas l’air très avenant ni pressé d’ouvrir, le groupe de journalistes semblait l’indisposer, nous sommes parties, le MUJA nous attendait

Kesako ? Juste le Musée du jurassique des Asturies !

Installé sur la côte atlantique au lieu dit Rasa de San Telmo le MUJA abrite dans un bâtiment en forme d’empreinte de tridactyle une exposition permanente dédiée aux dinosaures qui peuplèrent il y a 150 millions d’années la côte de Gijón à Ribadesella et dont un œil averti peut découvrir les empreintes sur le littoral !

Empreinte de dinosaures sur La cote asturienne près de Llastres

De leur apparition à leur disparition le musée fourmillent de détails pointus, certes, mais présentés de telle manière que jamais on ne s’ennuie.

Le MUJA

Le ton est donné dès l’arrivée quand après avoir laissé son véhicule apparaît dépassant la crête des eucalyptus la tête d’un sauropode, l’un des plus grands représentants de cette famille. Non loin un tyrex joue les terreurs à deux pas d’un tricératops !

Le visiteur va remonter le temps des premiers organismes qui peuplèrent la terre jusqu’à leur disparition. Chaque espace est conçu pour faire la lumière sur un aspect bien précis de l’évolution des dinosaures.

La visite commence par un rappel, notre Terre est vivante et en constante évolution, d’ailleurs l’Océan Atlantique est en perpétuelle expansion. La cote américaine s’éloigne de nous à raison de 2 cm par an. Bye bye Trump !

C’est peu, me direz-vous, mais pas anodin. C’est la conséquence de la formation constante de la croûte océanique au niveau de la dorsale atlantique mais il y a un hic ! Car du côté pacifique c’est la même chose. Après cela étonnez-vous que cela secoue parfois ?! Il apparaît en tout cas clairement que la terre vivait avant nous, qu’elle a survécu aux extinctions de masse et nous survivra. Alors soit-dit en passant même si nous la malmenons, les grands perdants seront les humains !

Le plus du MUJA à mon sens est d’offrir une lecture de ses contenus à plusieurs niveaux. Des petits aux professionnels de l’enseignement (remarque pouvant surprendre, mais l’enseignante n’est jamais bien loin) chacun peut y trouver son compte. Ainsi si la datation d’un évènement, d’un objet etc. au niveau des temps géologiques vous laisse dubitatif, le MUJA permet de comprendre pourquoi il est possible d’obtenir une datation absolue du plus infime fragment. J’explique !

Dans la nature chaque isotope radioactif d’un élément chimique déterminé se transforme en un isotope stable à une vitesse constante. En comparant la proportion d’isotope radioactif original à un isotope stable n’importe quelle trouvaille archéologique peut être datée. C’est ce que l’on appelle la datation au carbone 14. La vie moyenne du Carbone 14, ou le temps nécessaire pour que la moitié d’un élément soit constitué à parts égales de carbone 14 et de Nitrogène 14, est de 5700 ans
Quand un élément à dater contient 3 fois plus de Nitrogène que de Carbone on peut en déduire que 11400 ans se sont écoulés depuis son origine !

Simplissime, non ?

Pour tout dire comme beaucoup d’entre nous les dinosaures m’intriguent et aujourd’hui je suis assez satisfaite de pouvoir les placer au sein de la chaîne de l’évolution et de pouvoir constater qu’ils n’ont en fait pas vraiment disparu. Le MUJA met très clairement en évidence que sans problème à affronter la vie ne se serait pas déployée sur terre. La maîtrise de la capacité à quitter le milieu aquatique chez les vertébrés est la conséquence de la résolution de multiples problèmes tels que ceux liés à la locomotion, la respiration, la reproduction … les premiers organismes qui ont réussi à vivre sur la terre ferme ont vu leur squelette évoluer et quand ils se sont totalement affranchis du milieu aquatique la vie telle que nous la connaissons est devenue possible ! Ces premiers organismes sont les amniotes en référence au sac amniotique qui protège l’embryon, nos ancêtres en quelques sorte puisqu’il s’agit des premiers représentants dont sont issus tous les vertébrés terrestres !

Les amniotes ont donné naissance à deux lignées principales, les synapsides et les diapsides. Nous sommes issus des premiers quant aux diapsides ils ont évolué en deux branches distinctes, lézards et serpents d’un côté, crocodiles, dinosaures et oiseaux de l’autre, ces deux espèces appartenant à la même branche celle des théropodes ! Voilà pourquoi on peut dire que les dinosaures n’ont pas totalement disparu !

Bon, je ne me perds pas dans les détails mais c’est assez marrant de penser que nos tourterelles et les petits piafs que nous nourrissons sont des représentants très éloignés des dinosaures !

Autre remarque au passage, sans problème pas d’évolution, qu’on se le dise car à trop vouloir aplanir les difficultés, notamment de nos chères têtes blondes, on risque de les abêtir et de leur couper les ailes !

Le MUJA est une expérience sympa à vivre et c’est satisfaites que nous avons poursuivi notre découverte de la côte asturienne qui offre aux curieux de jolis villages aux allures (un peu moins léchés certes) de Cinque Terre. Là aussi les dénivelés sont impressionnants et le nombre de marches à avaler tant en descente qu’en montée est considérable d’autant que afin d’éviter de se retrouver coincé dans des ruelles exiguës nous privilégions les rares parkings aux entrées de villes.

Tazones

Dans le coin le village de Tazones est de loin le plus joli et le plus pittoresque. Les barques de pêche sont encore remontées sur les quais et si le treuil qui permettait jadis de les sortir de l’eau n’est plus là qu’à titre de souvenir, il est aisé de s’imaginer ce qu’était la vie des pêcheurs.

Charles Quint, encore lui, est passé par là et son souvenir y est toujours commémoré. Difficile d’ordonner la visite, Tazones se déguste au petit bonheur, le nez en l’air mais pas trop car le sol est inégal et un instant d’inattention ne pardonne pas. Les détails fourmillent depuis la casa de las conchas où un émule du facteur cheval a sévi à moindre échelle.

Casa de las conchas

Les balcons colorés habillent les façades et chaque bistrot propose le cidre des Asturies et autre spécialité du coin.

Voilà demain étant un autre jour, c’est près de Gijón que nous avons stoppé le Ptibus, pour la nuit, sous la pluie !

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6 juillet 2019 6 06 /07 /juillet /2019 19:29
Aujourd’hui, nous laissons tomber le bord de mer pour pénétrer cette zone de montagne que nous apercevons au loin depuis quelques temps, « los picos de Europa ».
Tout commence par le défilé de la Hermida, long d’une vingtaine de kilomètres, gorges majestueuses où s’écoulent les eaux tumultueuses du rio Deva.
La route semble s’élever assez peu tandis que nous pénétrons vers le cœur du massif. Les falaises sont impressionnantes, la route étroite ,et nous sommes assez contentes qu’un camion plus large que nous nous ouvre la route. Il va bien assez vite pour nous, même si ce n’est pas toujours l’avis des conducteurs qui nous suivent et doublent parfois en prenant des risques inconsidérés, pour eux et surtout, et c’est plus grave, pour les autres !
Sur la route de Potes, nous ne traversons qu’un seul vrai gros bourg, qui donne son nom au défilé, la Hermida. A part ce village, quelques hameaux, généralement à l’écart de la route, et un site d’intérêt que nous laissons pour demain, l’église Santa Maria de Lebeňa.
Nous arrivons assez rapidement au village montagnard de Potes, cœur actif des Picos de Europa. Nous trouvons une belle place sur un parking, à la sortie de la ville et nous partons à la découverte, attirées par un de ses édifices phare : la Torre del infantado, grosse tour massive du XVème siècle qui domine le bourg et permettait autrefois de contrôler toutes les allées et venues dans la vallée.
Ruelles pavées bordées de solides maisons de pierre couvertes de toits en tuiles, passages à arcades, places animées (dommage que la route ne soit pas détournée, d’ailleurs !), courte promenade le long du rio, superbe pont médiéval, Potes ne manque pas de charme.
Nous cherchons longtemps une boulangerie ouverte, mais lorsque nous la trouverons, la boulangère disparaîtra dans son arrière boutique sans répondre à notre bonjour ! Si elle ne souhaite pas nous servir, nous n’insistons pas ! Nous repartons.

 

Nous flânons d’un quartier à l’autre avec plaisir avant de retourner au camion pour aller voir, un peu plus loin dans la montagne, le monasterio Santo Toribio de Liébana.
Au Vlllème siècle, des chrétiens déposèrent à Santo Toribio, monastère déjà réputé dans toute l’Espagne pour la qualité de son travail d’enluminure, le plus gros morceau connu de la Vraie Croix. Le monastère abrite toujours ce bois précieux dont une analyse scientifique a prouvé en 1958 qu’il s’agissait bien de bois de Cèdre ayant poussé en Palestine.
Malgré sa réputation et les richesses qu’il renferme, il n’y a pas trop de monde sur les lieux.
Comme il y a la messe (tous les jours à 12h pour les pèlerins !), nous nous abstenons de pénétrer dans l’église. (Tant pis pour le reliquaire !). Nous faisons un petit tour dans le cloître, joli et fleuri, souligne le guide du routard, mais nous devons être blasées car nous le trouvons assez banal. Et pour tout dire, le monastère, reconstruit maintes et maintes fois, est une bâtisse massive sans grand charme, qui ne semble même pas si ancienne que cela. Par contre, le cadre est superbe et ayant repéré quelques circuits de balade aux alentours, menant à différents ermitages disséminés dans la montagne, nous nous élançons aussitôt à l’assaut des collines environnantes.
Notre promenade nous mène jusqu’aux vestiges d’une ancienne chapelle, Santa Catalina, en surplomb du monastère et de la vallée du Deva. La vue sur les Picos de Europa est imprenable ! Magnifique. La végétation qui nous entoure est typiquement méditerranéenne et ce n’est pas pour nous déplaire.
En redescendant vers le camion, nous trouvons quelques fraises des bois qui agrémenteront notre repas !
Après manger, route jusqu’au fond de la vallée, au pied des pics, à Fuente Dé. Ce n’est pas un village, il n’y a que deux hôtels, un camping, et surtout, le départ du téléphérique qui, en vingt minutes seulement, vous emmènent 900 mètres plus haut. Frissons garantis ! Rien qu’à regarder le ballet aérien des cabines lancées à l’assaut des parois rocheuses, j’ai la trouille ! Pas question de monter là-dedans !
Nous enfilons nos chaussures de rando pour une petite balade dans le cirque, au pied des montagnes, repérant quelques marcheurs sur le sentier rocailleux qui mène au sommet.
La descente n’est sûrement pas plus facile que la montée ! Impressionnant. Faisable, sans doute, mais en partant de bonne heure, etc, etc. Par ailleurs, le temps n'inspire guère confiance et de toute façon, nous ne sommes pas là pour ça!
Nous revenons vers Potes en visitant au passage deux hameaux recommandés par le « routard » : Espinama (vite fait !) et Mogrovejo. Le deuxième, village classé, perché (la traversée, étroite et sinueuse, pour gagner le parking nous a donné quelques frayeurs), a de quoi séduire, belles maisons montagnardes, jolie église et une tour médiévale (dont le guide pourrait préciser qu’elle est privée et qu’on ne peut s’en approcher – ça éviterait une grimpette inutile !-).
Le village s’enorgueillit d’avoir servi de décor à une énième version de Heidi (Hedi, en espagnol). C’est vrai qu’il est beau, mais pour tout dire, nous n’avons pas aimé du tout l’ambiance de ce hameau où nous avons repéré plusieurs animaux maltraités. A l’évidence, il ne fait pas bon vivre là, quand on est chien, chat ou chèvre !
Petite remarque en passant : les bons plans du Routard ont du plomb dans l’aile ! Franchement, nous avons fait plusieurs haltes recommandées par ce guide dont nous nous serions bien passées si nous avions su ! Alors, si vous avez un guide à acheter pour aller visiter la région, évitez celui-là. Non, le « guide du Routard », ce n’est plus ce que c’était ; tout fout l’camp ! Ils ne sont même plus drôles…
La suite se prépare!
Fredo
 
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5 juillet 2019 5 05 /07 /juillet /2019 16:12

Notre seconde journée de découverte démarre dare-dare, le site d’Altamira nous attend. Néanmoins nous stoppons net devant l’entrée où patientent déjà 3 véhicules dont un car, trop tôt. Nous voilà rassurées, nous ne connaîtrons pas les queues infernales décrites dans le Routard, d’ailleurs lorsque nous arrivons à la « taquilla » juste une petite vingtaine de personnes patientent sagement à la queue leu-leu. Nous piaffons pressées de découvrir celle que l’on surnomme la Chapelle Sixtine du paléolithique, il a fallu que je sois sur site pour comprendre cette analogie !

Altamira plafond peint

Petit à petit la file d’attente s’allonge et l’ambiance s’électrise. Certes nous ne sommes pas nombreux mais les 2, 3 premiers qui occupent le devant de la caisse ont des réservations et contrairement à ce que l’on pourrait croire cela est hyper compliqué. Appels téléphoniques en interne, tampons, palabres, re-tampons, signatures et tout le tintouin, la queue fait une petite pointe de vitesse quand arrive un vigile accompagnant un anglais qui nous passe sous le nez avec sa liasse de réservations à valider. Cela grogne un brin dans la queue qui mine de rien s’est allongée, l’anglais ne parle pas castillan, le temps semble s’éterniser d’autant que nous avons repéré d’autres liasses de réservations. L’allemand derrière nous commence à criser et même si je ne comprends pas tout il y a des sonorités qui ne trompent pas, tout comme nos ricanements sardoniques en réponse à un couple d’anglais émerveillés de trouver si peu de monde à la caisse. Petit à petit le but se rapproche, encore deux et c’est à nous. Quant le même vigile refait son apparition avec une prof qu’il accompagne au guichet, l’ambiance se fait soudainement explosive et je m’insurge véhémentement. Les mots me viennent aussi naturellement en castillan qu’en français, je m’en émerveille moi même. Tout y passe, le guichet spécial groupe fermé, notre temps d’attente surréaliste ... la prof se fait discrète et avant qu’à la caisse la femme n’ait le temps de réagir Frédo lui colle sous le nez nos cartes d’identité car pour les « jubilados » c’est gratuit ! Ne rêvez pas, en Espagne c’est courant, en France on pourrait nous faire payer double cela serait déjà fait ! Nous repartons avec nos sésames encore toutes émoustillées, néanmoins nous devons nous abstenir de toute explication. Punies ! d’être râleurs ?!

La grotte originelle d’Altamira ne se visite plus, comme à Lascaux c’est une reproduction qui est présentée au sein d’un musée plutôt exceptionnel. Découverte en 1868 fortuitement, la grotte d’Altamira est le premier lieu au monde où fut découvert l’art pariétal. En 1875 Marcelino Sanz de Sautuola mit un nom sur ce que l’on n’identifiait pas encore comme une manifestation artistique due à l’homme et bien que fort documentée sa première publication en 1880 de la trouvaille reçut un accueil dubitatif des scientifiques de l’époque. Il fallut attendre les découvertes d’autres grottes ornées notamment en France pour qu’en 1902 Altamira accède à la notoriété !

Aujourd’hui victime de son succès son accès est réservé à quelques privilégiés mais sa reproduction nous permet de découvrir les peintures d’une manière beaucoup plus lisible et confortable sans doute. Si l’on parle de Chapelle Sixtine du paléolithique c’est que, contrairement à Lascaux, toutes les peintures ont été peintes au plafond, un plafond qui au moment de leur réalisation était très près du sol, sans doute guère plus d’un bon mètre !

La Cueva d’Altamira fut occupée entre 36000 et 14500 ans avant J.-C. Les peintures figuratives ont été réalisées grosso modo entre 22000 et 14 500 avant J.-C., par contre les plus anciennes traces laissées par l’homme sont des motifs géométriques. Beaucoup d’animaux ont été représentés couchés ce qui est assez rare, les artistes ayant utilisé en cette occasion les reliefs du support pour mettre en valeur les formes des animaux.

Peints, gravés ou simplement dessinés les représentations s’enchevêtrent le plus souvent dans un réalisme stupéfiant d’autant que l’obscurité la plus totale régnait en ces lieux.

Le bestiaire, bisons, cerfs, chevaux, très diversifié est un témoignage de choix quant aux conditions climatiques qui régnaient à cette époque en ces lieux et nous permet de mesurer les capacités cognitives de ces hommes qui ont de mémoire peint ces animaux parfois grandeur nature !

Contrairement à Lascaux la visite d'Altamira se résume à une salle unique mais quelle salle ! Le nez en l’air la découverte se déguste.

Selon l’heure de visite inscrite sur le billet nul ne peut prévoir à quel moment se fera la découverte du musée mais cela n’a en fait que peu d’importance. Avant de visiter la Cueva c’est une parfaite introduction, après c’est une révision ! Evidemment celui qui est un familier de ce type de musée pourra se contenter d’une visite un peu moins approfondie que le néophyte et en profiter pour se balader dans le parc. Nous y découvrons l’entrée de la Cueva, la vraie, celle qui s’est effondrée 13000 ans avant J.C. et qui recèle d’autres salles peintes difficiles d’accès réservées aux scientifiques. Dans le parc un autre bâtiment présente de manière très complète la manière dont sont réalisées ces reconstitutions en 3D à partir presque exclusivement de la reconstitution de Lascaux, fortiches les français !

Au fait savez-vous que cette coiffure qui fait fureur chez la gent masculine, tempes et nuque rasées pour mieux mettre en valeur une touffe de cheveux genre gazon sur le haut du crâne était la coiffure qu’affectionnaient les hommes du néolithique il y a 13000 ans, impressionnant non ?

Altamira derrière nous, changement de décor et arrêt à Comillas. Station balnéaire, port de pêche, Comillas possède un joli centre ancien doté de beaux monuments, nous en avons zappé certains comme l’université pontificale d’autres ont retenu notre attention à commencer par le cimetière.

Cimetière de Comillas

Les trois quart des guides ne le mentionnent pas mais vraiment il vaut le coup et un petit chemin dégringole vers la ville.

En partie installé à l’intérieur de l’ancienne église paroissiale il offre un rare mélange de structures romanes, gothiques et post-modernismes. En le parcourant une partie de l’histoire de la ville se découvre, une visite impressionnante à faire sous le regard d’un grand ange exterminateur qui domine les lieux mais aussi toute la ville !

Ce qui nous a régalé à Comillas c'est son « Capricho ». Ce palais est une des premières œuvres de l’architecte catalan Gaudi !

Capricho de Antoni Gaudi

Un petit bijou, un régal. Le « Girasol » est présent partout et pour cause !

Toute la construction a été pensée pour permettre à la lumière de la baigner à toute heure du genre.

Charpente des combles "en ciseau"

De grandes fenêtres, un jardin d’hiver coeur de la demeure, des jeux de charpentes pour permettre à la lumière de se diffuser, de rebondir d’une arrête à l’autre, ce « Capricho » est un ode à la nature.

Jardin d'hiver

Sacré bonhomme que Gaudi. Partout des symboles, des détails insolites prouvant que pour lui tout était d’importance.

En visitant cette demeure nous suivons sans peine la course du soleil tel qu’il le voulait Le hall d’entrée franchi, nous n’avons pourtant pas tourné le dos à la nature, de grands vitraux la subliment. Toutes les pièces communiquent entre elles et quelques soient nos déambulations impossible de ne pas se retrouver attirer par la grande verrière du jardin d’hiver ou le salon aux balcons avec banquettes intégrées.

Rien n’a été laissé au hasard, portes escamotables, mobilier inspiré de Dame Nature, tout attire l’œil, c’est jubilatoire.

A Comillas Antoni Gaudi a fait ses gammes, le parc Güell, la Pedrera, Pedralbes tout est déjà là en germe. Dommage qu’à trop cogiter il en ait oublier de regarder à droite et à gauche avant de traverser !

L’après-midi était déjà bien entamé que nous filions vers ce qui serait notre étape, San Vicente de la Barquera dont le village médiéval se perche sur la crête d’une colline cernée de tous côtés par les eaux du Rio Escudo. Installées sous les pins nous avons laissé notre Ptibus pour partir à la découverte de cette ville célèbre pour son pont renaissance qui en 28 arches franchi un des bras de l’estuaire et pour avoir accueilli Charles Quint lors de son premier voyage en Espagne !

San Vicente de la Barquera

Ajoutez à cela la balade vespérale sur les kilomètres de plages fréquentées par les surfeurs, c’est les gambettes bien fatiguées que nous nous abandonnions à Morphée !

 

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4 juillet 2019 4 04 /07 /juillet /2019 19:40

De Zumaïa (Pays basque) Santillana del Mar (Cantabrie)

 

Ne cherchez pas le jour 1, sans intérêt, puisque passé essentiellement sur la route pour arriver au camping d’Itxaspe, à proximité de Zumaïa. Nous voici au Pays basque Espagnol où nous avons déjà fait de toutes petites incursions par le passé, mais jamais aussi loin de la frontière. Notre première soirée nous a permis de nous dégourdir les jambes tout au long d’une chouette balade sur les falaises. Le ton est donné : voici un pays où il vaut mieux avoir le jarret ferme et ne pas être asthmatique. Belle descente jusqu’au niveau de la mer afin de rejoindre le tracé d’une ancienne voie ferrée jusqu’à butter sur l’entrée d’un tunnel éboulé. Il n’y a donc plus qu’à remonter et chez les basques, nous l’avons déjà remarqué du côté français, on ne triche pas avec les dénivelés ! Hardi petit ! Tout droit jusqu’au sommet ! Chemin faisant, nous parvenons au cap de Mandataqaïa qui offre des points de vue ébouriffants sur la côte.

La mer est plutôt calme, mais avec pas mal de remous au pied des falaises. Pas vraiment tentées par un petit bain. C’est dimanche, il fait beau, chaud et il y a beaucoup de promeneurs. Du reste, au camping, la saison estivale semble bel et bien commencée : la plupart des emplacements sont occupés. Beaucoup de hollandais, d’allemands et d’anglais.

En ce second jour, donc, nous quittons Zumaïa et le Pays Basque pour aborder le territoire de Cantabrie et faire halte à Santillana de Mar, qui, comme son nom ne l’indique pas se trouve situé à quelques kilomètres de l’océan.

En chemin, nous avons prévu plusieurs visites, et entre chacune, nous emprunterons l’autoroute car si nous ne doutons pas que la route côtière soit magnifique, son tracé sinueux nous ferait perdre beaucoup trop de temps.

L’autopista (payante) bientôt autovia (gratuite) est un magnifique ouvrage d’art qui enchaîne viaducs vertigineux et tunnels plus ou moins longs.  A chaque sortie de tunnel, nos regards plongent dans de profondes vallées, souvent défigurées, hélas, par de gigantesques complexes industriels, ou par une prolifération urbaine débridée. Le bitume franchit hardiment rios et rias profondes et de temps à autres, nous apercevons entre deux falaises une superbe plage de sable blond. Dans les terres, un relief tourmenté intrigue et fascine.

Pour notre première halte, nous avons élu la station balnéaire de Castro-Urdiales. Comme toutes les petites villes que nous allons visiter, aujourd’hui et les jours suivants, il faut franchir une large ceinture d’immeubles modernes (pas forcément jolis) avant d’en atteindre le cœur. En payant, nous nous garons assez facilement à proximité du centre.

Castro Urdiales, c’est en premier lieu une superbe promenade en front de mer, parfaitement aménagée et joliment fleurie, le long d’une immense plage de sable fin, avec en ligne de mire les sites d’intérêt de la ville, l’église Santa Maria et le castillo, tous deux perchés sur un promontoire fermant la baie. Le coup d’œil est un peu gâché par les bâtiments de la criée qui se dressent juste devant ce pôle touristique remarquable. Dommage.

Nous remarquons qu’il y a pas mal de monde sur le sable, mais très peu de l’eau (et ceux que l’on voit nager porte une combinaison de plongée !).

Nous traînons un bon moment sur le site du château auquel on accède par un antique pont médiéval à arche unique ; la terrasse offre de superbes vues sur la mer, le port et la côte estompée par la brume. Dans le château restauré dans un style résolument moderne un peu discutable, nous profitons d’une exposition de dessins et peintures gratuite (bof, bof) avant de visiter l’église Santa Maria du XIIIème siècle, bel exemple des débuts du gothique espagnol, et de revenir au camion en enchainant les ruelles et places de la ville ancienne. Quelle surprise alors de tomber sur une manifestation de gilets jaunes sur la belle place de l’ayutamiento ! Il s’agit de retraités manifestant pour obtenir des pensions décentes. C’est contagieux ?

Les ruelles sont agréables, les places bien arborées et fleuries, il y a même des haut-parleurs dissimulés dans les parterres diffusant de la musique d’ambiance. Le bâti est souvent très sophistiqué ; certaines villas « arts nouveaux » ressemblent à de véritables petits châteaux avec leurs tourelles, leurs balcons finement travaillés.

Nous prenons vraiment beaucoup de plaisir à déambuler dans cette petite ville côtière à l’atmosphère un peu désuète et accueillante. Un de nos coups de cœur, très certainement.

 

Notre seconde halte, à peu de distance de là, Laredo, nous emballera nettement moins. Joli cœur de ville médiéval, noyée dans des quartiers sans âmes et un front de mer carrément horrible, défiguré par des barres d’immeubles en béton. Pourtant, la plage a l’air belle… Elle le fut sans doute.

Trompe-l'oeil à Laredo

On ne s’y gare pas sans mal quand on voyage en camping-car ; encore avons-nous eu la chance de trouver une place assez grande dans une rue relativement proche du centre. En tous les cas, si vous mettez vos roues dans les nôtres, ne comptez pas profiter des parkings de Laredo, à moins d’être un malotru et de vous mettre en travers en occupant trois ou quatre places d’affilée (on en voit !).

Après cette visite décevante, nous filons directement à Santillana del mar et nous commençons par gagner le camping de la ville. Pratique, pour visiter. Le bureau est fermé, mais une affichette dit de s’installer et de repasser plus tard, lorsque le bureau sera ouvert. Soit.

Nous nous installons donc et nous partons aussitôt à la découverte de la ville, repassant devant le bureau, toujours fermé.

Depuis que nous avons quitté Laredo, le temps s’est progressivement gâté. Il fait tout gris. Mais tant qu’il ne pleut pas, nous sommes contentes !

Nous voilà dans une petite ville médiévale parfaitement bien conservée ; les pavés sont très certainement d’époque et peu réjouissants pour nos petits petons, mais il faut faire avec !

Le patrimoine bâti est superbe. Il y a du monde, mais sans plus. Des boutiques de spécialités et de souvenirs, mais pas à outrance ; bref, la découverte est plaisante ; encore un coup de cœur !

Nous enfilons les ruelles et les places, dirigeant nos pas vers la collégiale Santa Juliana, réputé pour être le plus beau monument roman de Cantabrie. Ce serait quand même dommage de le rater !

Nous admirons au passage les nombreuses maisons nobles blasonnées, les « casonas,

et les divers édifices qui jalonnent le parcours, tous plus prestigieux les uns que les autres, et bientôt, la collégiale se dresse devant nous, au-delà d’un vieux lavoir particulièrement photogénique (difficile de prendre la photo sans la présence d’indésirables obstinés à nous gâcher le paysage !).

La collégiale est fermée, hélas…

… C’est là qu’est l’os !

L’extérieur, heureusement, ne manque ni d’intérêt ni de majesté, mais l’intérieur de l’église et le cloître doivent valoir le détour. Vraiment dommage.

Nous poursuivons notre découverte, explorant de nouvelles ruelles, visitant quelques boutiques alléchantes (c’est le moment de faire provision de cidre, anchois et bonite !) et nous faisons une petite halte dans un sympathique bistrot (il n’en manque pas !) pour déguster, la fraîcheur ambiante le permettant, un délicieux « chocolate a la tasa ». Nous nous en léchons encore les babines !

Nous revenons vers le camping, passons une fois de plus devant le bureau… Toujours fermé !

 

Après le repas, nous retournerons faire un tour en ville, pour tâter de l’ambiance vespérale des lieux. Il y a beaucoup moins de monde, mais les boutiques sont encore ouvertes. Approchant de la collégiale, un bruit de castagnettes nous fait presser le pas. Sur l’esplanade, devant l’entrée de l’église, un groupe de danseurs, jeunes et moins jeunes, filles et garçons, se livre à une démonstration sautillante (pour les garçons, les filles se contentant de marquer le rythme avec des tambourins). Si le pas semble assez simple et répétitif, les déplacements des garçons qui manient brillamment les castagnettes, paraissent quelque peu compliqués. Et sportif ! Mais comme dit Domi, ça ne fait pas maigrir ; c’est vrai qu’il y en a de bien dodus… Allez, on rigole !

Nous sommes nombreux à admirer la prestation dont nous saluons la fin par des applaudissements enthousiastes.

Ensuite, nous rentrons au camping. Et le bureau est toujours fermé !

Et j’ajouterai qu’il le sera encore le lendemain lorsque nous quitterons les lieux. Tant pis pour eux !

A suivre…

Fredo

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2 juillet 2019 2 02 /07 /juillet /2019 19:35

Nous voici de retour à St G après deux semaines de vagabondage en Espagne et pour être plus précise sur la côte Atlantique. Un voyage déstabilisant qui nous a fait découvrir une Espagne totalement différente de ce que nous connaissions, parfois comme laissée à l’abandon. La côte très découpée abrite fréquemment à la hauteur de ria des pôles industriels tels que nous en voyions en France il y a une vingtaine d’années. Cheminées crachant une fumée épaisse et malodorante, on doute qu’il y ait des filtres à particules, torchères, vieux bâtiments abandonnés ou non, il faut parfois avoir franchi ces zones puis des barres d’immeubles sans âmes pour accéder le plus souvent à un front de mer hérissé de grands bâtiments jouxtant un vieux beau centre ville encore dans son jus. Que dire des pétroliers ancrés au milieu des bancs de moules?

Vilagarcia d'Arousa, pétrolier et bancs de moules

Si Pays Basque, Cantabrie et Asturies nous ont offert leur lot de jolies découvertes, j’y reviendrai, cela s’est incontestablement gâté en Galice et plus spécialement en bord de mer.

Majoritairement les villages n’offrent aucune unité architecturale et fréquemment l’habitat semble inachevé. Des ruines d’immeubles à peine commencées et jamais finies sont présentes partout. Alors que le plus souvent en Espagne les maisons sont regroupées autour des centres villes, il n’est pas rare de faire des dizaines de kilomètres sans voir une habitation, là elles sont dispersées un peu partout. Malheureusement car elles exhibent leur banalité à côté de superbes ruines qui permettent de se faire encore une petite idée de ce qu’était l’habitat typique. En Galice nous avons repéré fréquemment de ces bâtisses sur plan carré, couvertes de grandes dalles de schiste, aux toits à quatre pentes hérissés sur tout le pourtour de pierres taillées en tétraèdres croulant sous une végétation invasive. Cubes de 2, 3 étages aux crépis vert cru, violacé ou jaune canari ont également envahi les villes et villages où ils jouxtent de belles demeures tombant en ruine.

Seul l’horréo est généralement pimpant. Ces constructions, greniers à maïs en Galice, réserve de vivres, fourrage en Cantabrie ou Asturies sont spectaculaires. Perchés sur des blocs de pierre ou des pieux de bois afin de les isoler du sol et de l’humidité, la construction par elle même est protégée de l’incursion des rongeurs par de grandes dalles de pierre installées au sommet de chaque bloc ou pieu sur lesquelles prend appui le plancher.

Horreo à Potes

En Cantabrie et Asturies les murs sont en bois, ajourés ou non. Souvent dotés de galeries ces horréos à plans carrés sont très séduisants, de sympathiques petits bungalows ! En Galice, de plan rectangulaire, ils affichent parfois des longueurs spectaculaires, par contre fait en pierre, majoritairement du granit pour les anciens, leur aspect cimenté est parfois assez disgracieux.

A Carnota, le plus long horreo de Galice

Au cours de ce périple nous avons coupé et recoupé le « Camino de Santiago » rien d’étonnant dans la mesure où notre but est le sien mais quand même décourageant car il emprunte très fréquemment des portions de routes fortement fréquentées. Même le tronçon qui mène au Cap Fisterra n’échappe pas au bitume. Raison de plus pour me confirmer que faire le pèlerinage n’est pas pour moi !

Camino à Fisterra

Le 23 juin nous atteignions sur le coup de 11 heures le village du même nom et stoppions notre Ptibus juste au début de la route qui mène à ce bout du monde et qui n’est pas contrairement aux idées reçues le point le plus à l’est de notre continent, nous aurons au moins appris qu’il s’agit du Cabo Touriňan ! Le Camino longe la route et débouche sur un lieu qui nous a paru franchement pas folichon.

Solitude au cap Fisterra

Quelques commerces regroupés au sein d’un parallélépipède d’une banalité à pleurer, plus loin un hôtel - cafétéria - centre d’interprétation surplombe les falaises, deux pylônes que l’on ne s’attend pas à trouver là et partout la foule. Quelques vieux godillots sont restés en panne sur le site à titre de souvenir, ainsi que des foulards et autres objets qui à la première tempête prendront la poudre d’escampette ! Revenues au camion après être restées interloquées par ce qui est annoncé comme un cimetière mais dont seuls sont visibles quelque structures bétonnées vides, nous avons été accueillies par une pétarade effrénée, genre feu d’artifice en plein jour. Nous y avons eu droit une bonne heure, le temps d’un aller retour au village des plus rapides.

Village de Fisterra

Des cubes empilés, pas d’arbres ou si peu, un vieux petit château fortifié transformé en musée mais fermé quant à l’église impossible de l’apprécier noyée au sein d’une marée de véhicules. Démoralisées nous nous apprêtions à quitter les lieux quand la maréchaussée nous a couper toute possibilité de retraite, procession oblige. Baldaquins, drapeaux et étendards, foule endimanchée et lot de communiantes ont surgi sous les tirs de pétards redoublant de force. Démonstration de Foi ou rite païen ? Je me garderai de vous livrer le fond de ma pensée mais quand en fin de soirée nous avons découvert, toujours sur la Côte de la Mort le très beau village de Muros la question s’est reposée.

Muros est l’exception car pour une fois le patrimoine bâti a été préservé et l’unité architecturale est un régal pour les yeux. Notre découverte du village a été particulière, fleurie en quelque sorte. Depuis 8 heures du matin des femmes et quelques jeunes ados recouvraient de motifs floraux et religieux le sol des rues qu’allait emprunter la procession du Corpus Christi (fête Dieu pour les ignares dont j'étais).

Muros, artiste à l'oeuvre

Très beau mais dire qu’en un rien de temps tout allait être piétiné ! Le lendemain nous sommes repassées par là et des monceaux de pétales, branches, feuilles jonchaient les rues qu’un bataillon d’employés municipaux balayaient et ramassaient !

Pauvre Nature !

Le lendemain, rattrapées par une circulation d’enfer, méfiantes quant à la signalétique (c’est toujours quand nous avons trouvé la bonne direction au prix de moultes demis tours que le panneau salvateur nous confirme que le pifomètre a bien fonctionné), nous décidions d’un repérage afin de situer le camping de Santiago !

Nous allions y rester !

Mais c’est une autre histoire !

Notre récit de voyage va pouvoir débuter.

Do

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5 mai 2019 7 05 /05 /mai /2019 19:22

Jouxtant Sarreguemines et installé sur les rives de la Blies, frontière naturelle entre France et Allemagne, se trouve le site de Bliesbruck-Reinheim, parc archéologique européen. Dès l’âge du bronze (1200 avant JC) ce site a été occupé et les premiers qui y laissèrent la marque indélébile de leur implantation furent indiscutablement les Celtes. La communauté de peuples celtes apparaît pour la première fois au centre de l’Europe avec ce que la communauté archéologique nomme la civilisation d’Hallstatt.

Extension maximum du peuplement celte en Europe

Très présents un peu partout en Europe ils sont à la source du peuplement gaulois. On les retrouve au fin fond de l’Ecosse, en Irlande, au Pays de Galles, en Val d’Aoste, en Espagne … aujourd’hui l’héritage celte est toujours présent !

En Moselle, les celtes sont à l’origine de l’exploitation du sel et, conditions

climatiques obligent, d’une nouvelle technique d’évaporation du sel, le briquetage. A Moyenvic une cinquantaine de fours celtiques ont été mis à jour et si un jour vous faites halte à Marsal le musée du sel vous dévoilera les secrets des celtes.

En tout cas je connais un de ces secrets que je peux vous dévoiler tout de suite, Charles Perrault n’est pas l’inventeur du Petit Poucet ! Il n’a fait que reprendre une vieille légende celtique transmise de génération en génération par les peuples antiques. Une transmission faite par les chants sacrés !

Le sel à une époque où stérilisation, surgélation, congélation n’existait pas, n’avait pas de prix. Cet « Or Blanc » dûment contrôlé cheminait au long des voies antiques vers les comptoirs étrusques et les lieux où s’opéraient le contrôle des marchandises vivaient dans l’opulence. Bliesbruck est dans ce cas ce qui explique qu’en ces lieux a été mise à jour au sein d’une nécropole datant de l’âge du Fer la tombe de la Princesse ! Nous étions en 370 avant JC !

La sépulture nous a livré les nombreuses parures, les objets symboliques dont on avait gratifié la défunte dont un vase rituel.

Ils témoignent de son rang et nous ont livré un témoignage de ce qu’était cette civilisation à l’origine d’innovations révolutionnaires pour l’époque. Maîtrise accrue du traitement du fer, apparition de l’épée plate et de son fourreau, invention de la cote de mailles, invincibles les celtes ne pouvaient que partir à la conquête de l’Europe !

Les romains ont succédé aux celtes sur les lieux et vers le milieu du premier siècle avant JC une ville s’est petit à petit développée. Découvrir le parc archéologique de Bliesbruck demande d’avoir le jarret ferme et une bonne demie journée de disponible. 2 à 3 milles habitants ont vécu là dans une ville dont nous pouvons aujourd’hui nous faire une représentation très précise.

Chauffage par le sol pour les pièces à vivre, une innovation des gallo-romains qui adaptèrent aux pièces d’habitation l’hypocauste, un mode de chauffage en vogue chez les romains utilisé pour chauffer leurs thermes,

caves et celliers fonctionnels avec soupirail pour engranger les victuailles de l’extérieur, réseaux de canalisations d’eau sophistiqués, le côté sanitaire était parfaitement maîtrisé ce que confirme la découverte des thermes.

La sauvegarde du site hyper bien menée permet de se faire une idée très précise de l’organisation des bains romains !

Tépidarium, caldarium et frigidarium en enfilade
au premier plan le caldarium
réseau de canalisations

Il est certain que la découverte côté allemand de ce qui fut la Villa romaine paraît bien fade à côté de ce que nous avons pu découvrir côté français !!! Tout est net, tiré au cordeau, trop sage et les vestiges plutôt absents !

Enfin si l’on n’en est pas à sa première villa romaine et que l’on a visité les ruines d’Ampurias par exemple (voilà une idée de visite par exemple) l’imagination prend le relais !

Réseau de puits permettant de traiter les eaux usées

Si donc vous passez dans les parages ne ratez pas la visite !

Do

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2 mai 2019 4 02 /05 /mai /2019 19:54

Au fil des ans la ville de Sarreguemines a rassemblé dans les locaux du Moulin de la Blies une collection invraisemblable de machines, d’outils relatifs à l’industrie de la céramique aux XIX et XXe siècles. Ce site qui fut l’une des nombreuses unités de production de faïence à Sarreguemines, ancienne scierie devenue moulin à « cailloutage » pour les faïenceries,

la force de l’eau étant utilisée pour le broyage de la matière première, a été racheté par la ville de Sarreguemines qui en a fait le musée des Techniques Faïencières, un musée agrémenté par le magnifique jardin des Faïenciers.

La visite se fait sur 3 niveaux, nous y apprenons tout de la préparation de l’argile au biscuit, de la décoration aux finitions qui donnent aux pièces leur valeur artistique. Aujourd’hui les faïenceries de Sarreguemines, Lunéville et Saint Clément sont regroupées et si seule la faïencerie de St Clément produit encore des pièces, cela n’a plus rien à voir avec ce qui en a fait la valeur. Ces trois faïenceries sont mondialement connues et toutes les cours d’Europe ont eu à coeur d’honorer leurs invités en leurs servant les mets les plus raffinés dans du St Clément ou du Lunéville. Quel jubilation en découvrant à Vienne que Sissi à la Hofburg mangeait dans du St Clément, parce que St Clément c’est notre fief ! Encore un allez-vous penser ! Et oui car les Dampfhoffer en quittant l’Alsace pour rester français (reportez-vous à l’article intitulé « Virée dans le grand Est » ou en cliquant sur le lien suivant http://www.longville-dofredo.com/2019/04/viree-dans-le-grand-est.html) ont atterri à St Clément où ils ont sympathisé avec des Daujat–Barba qui étaient artistes et peintres à la faïencerie !!!

Sarreguemines ne fut pas en reste mais ce qui l’a fait connaître mondialement c’est le décor « Obernai ».

Un décor par impression selon les principes de la sérigraphie ou de la lithographie, plus de décors peints à la main comme à St Clément, des services de table pour « monsieur et madame Tout le Monde ».

Si vous voulez tout savoir sur la Faïencerie, un petit film de notre cru et un clic sur le lien ci-dessous !

https://youtu.be/7nh-Bo_Di9Q

 

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