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25 juillet 2019 4 25 /07 /juillet /2019 16:41

De Zarauz à Itxassou (France)

 

Hé oui, voilà, c’est le dernier jour !

Une seule halte prévue pour aujourd’hui, à quelques kilomètres de Zarauz : Getaria. (Ne pas confondre avec Guétary, qui se trouve en France !).

Pour gagner ce petit port de pêche typique et animé, nous longeons la côte sur cinq kilomètres, découvrant un rivage austère, plutôt rébarbatif. On comprend aisément pourquoi la plage de Zarauz attire autant de monde!

Soit dit en passant, nous n’aurons guère goûté aux joies de la baignade au cours de notre périple : entre les gros rouleaux, les algues vertes, la pollution aux Escherichia colis à la Corogne, et, aux alentours du cabo Vidio, les fosses marines de 4000 mètres de profondeur où vit le calamar géant, on ne peut pas dire que nous ayons eu de grosses tentations !

Surtout compte tenu d’une température encore un peu limite pour nous autres, gens du sud méditerranéen !

A notre arrivée à Getaria, aux alentours de dix heures, les rues sont encore calmes et peu fréquentées. Nous flânons un peu entre les deux ruelles parallèles où sont installés boutiques et restos, faisons un petit tour dans l’église San Salvador, du XVème siècle, à l’architecture très étonnante et plutôt tarabiscotée, du fait de sa construction sur un terrain rocailleux ; les architectes ont dû s’adapter ! Il y a même une ruelle qui passe en tunnel sous l’église.

Nous avisons bientôt l’office du tourisme et nous nous y rendons pour avoir un plan du village. C’est là que nous apprenons que nous ne nous sommes peut-être pas garées au bon endroit, et que, surtout, nous n’avons pas vu l’horodateur où nous aurions dû mettre quelques pièces ! Aïe, aïe, aïe… Nous revenons rapidement au camion pour réparer cet oubli avant le passage des municipaux.

Nous avons beau regarder les autres véhicules en stationnement, nous n’en voyons aucun avec un ticket ; il y a même un camping car XXXL (un Concorde, un de ces mastodontes à 400.000 euros) qui occupe sans vergogne quatre places de parking. De plus, l’horodateur, enfin trouvé, ne fonctionne pas. Nous décidons donc d’aller nous garer ailleurs.

Evidemment que nous pourrions rester là, en expliquant, au besoin, que nous n’avons pas pu payer… Que les autres n’avaient pas de ticket, etc, etc… Peut-être que si nous étions en France nous le ferions, et surtout si nous n’avions pas le profil à nous faire épingler dès que nous nous écartons des clous ! Nous jouons donc la sécurité et la tranquillité en allant chercher un autre stationnement du côté du musée Balenciaga que nous avons l’intention de visiter. Et nous en trouvons un super un peu au dessus ; elle est pas belle, la vie ?

Le musée Balenciaga est un bâtiment annexe au Palais Aldamar, édifice du XlX ème siècle, ancienne résidence des marquis de Casa Torre, grands-parents de la reine Fabiola de Belgique et mentors de Balenciaga durant les premières années de sa carrière. Le mariage de ces deux styles architecturaux est surprenant, assez dissonant, mais au final, pas laid du tout.

Nous passerons un long moment dans ce musée ultra moderne consacré à l’œuvre du grand couturier où l’on peut admirer les créations qui ont fait sa renommée. Nous avons même retrouvé les hôtesses de l’air « Air France » pour lesquelles il avait créé le costume en 1968.

Né le 21 janvier 1895, d’un père marin pêcheur et d’une mère couturière qui l’initie très tôt à son art, Cristóbal Balenciaga débute sa carrière en 1908 comme tailleur, à San Sébastian, résidence d’été de la famille royale d’Espagne ; deux ans plus tard, il y fonde sa première maison de couture. Deux autres maisons suivront : en 1933 à Madrid, et en 1935, à Barcelone. En 1936, la guerre civile espagnole l’oblige à quitter son pays ; en 1937, il s’installe à Paris où il présente sa première collection. Bien avant la seconde guerre mondiale, sa renommée n’est déjà plus à faire, mais c’est dans les années 50-60, que ses créations vont révolutionner la silhouette féminine. Les grands de ce monde, les reines d’Espagne et d’Angleterre, la princesse Grace de Monaco, la duchesse de Windsor et bien d’autres encore lui sont fidèles, ainsi que Ginger Rogers, Marlène Dietrich, Carole Lombard. Les années Courrèges (Courrèges, qui est entré dans son atelier en 1950 comme assistant), la mini-jupe et le prêt-à-porter auront raison de sa créativité et en 1968, il présente sa dernière collection. Il décèdera quatre ans plus tard, en mars 1972. L’homme qui détestait paraître en public et n’aura donné qu’une seule interview de toute sa vie repose aujourd’hui à Getaria, sa ville natale.

Chemin faisant, audio guides sur les oreilles, nous découvrons toutes les innovations du couturier, pas toujours faciles à porter sans doute, pour qui n’a pas la « taille mannequin », les lignes « tonneau », « ballon », « Baby doll », les robes « sac » et les tuniques… Nous allons même jusqu’à essayer quelques modèles mis à la disposition du public (peu de choix, hélas !).

Visite terminée, nous redescendons vers le village et vers le port où la population s’est nettement densifiée. Une agitation toute hispanique anime les ruelles, et ce sera pire au retour !

Nous dépassons le port pour partir à la découverte du mont St Anton, « el raton », la presqu’île – encore une île jusqu’au XVème siècle- qui ferme le port, classée zone protégée (sans doute a-t-elle une forme de souris ?).

Une ancienne route bien ombragée, aujourd’hui réservée aux piétons, permet d’accéder à un phare qui domine la baie, et encore un peu plus haut aux ruines de l’ancienne chapelle St Anton où le panorama s’étend, à 360° sur la mer, la côte, le port et l’arrière-pays montagneux.

Autrefois, on y guettait le passage des baleines, Getaria étant un ancien port baleinier, comme la plupart des ports basques.

Pas de baleine en vue, aujourd’hui ! Dommage…

Lorsque nous remontons vers le parking, il, est suffisamment tard pour que ce soit l’heure du repas (heure espagnole, bien sûr) ! Les bars sont bondés ; assis ou debout dans la rue, tout le monde se gave de pintxos (tapas du coin), bien arrosés de cidre frais ou de Txakoli, le vin local…

Les conversations vont bon train, à un rythme de mitraillette, les enfants jouent, crient… Bonjour, les décibels !

Nous rentrons manger dans notre camion, à l’écart du tumulte, avant de reprendre la route, pour une tentative de halte à Zumaïa, à quelques kilomètres de là… Arrivées là, nous changeons d’avis ; nous n’avons pas pu nous garer à proximité du centre et nous ne sommes plus assez motivées pour marcher jusque là-bas. Et si nous rentrions en France, cette fois ?

Adjugé ! Nous revenons jusqu’à Zarauz pour attraper l’autoroute et filons vers la frontière sans nous arrêter. Ensuite, nous enchainons avec Saint Jean de Luz, Ascain, St Pée sur Nivelle, Cambo, Espelette… C’est toujours aussi beau, ici !

Il est encore assez tôt lorsque nous retrouvons le camping d’Itxassou où nous commençons à avoir nos habitudes. Le temps est gris, et plutôt frais (23°), mais cela n’empêche pas les affichages municipaux de mettre en garde les populations : « Alerte, canicule ! ». Nous comprenons bien qu’il y a des consignes préfectorales, mais on pourrait peut-être les adapter, non ? C’est risible !

Sitôt installées au camping, piscine ! Et après la détente, un petit tour jusqu’au centre du bourg pour un ravitaillement en spécialités basques (pâté, piment d’Espelette, fromage… Il faut ce qu’il faut !), en admirant au passage une démonstration de pelote à main nue… Quelle dextérité ! Et dire que personnellement, au tennis, la raquette était parfois trop petite pour arrêter la balle !!!

Voilà ! Comme toujours, après avoir passé quelques jours à l’étranger, nous sommes contentes de retrouver la France. D’ici, peu, nous recommencerons à râler et à critiquer (d’ailleurs, en fait, nous avons déjà commencé avec les panneaux municipaux, ah, ah, ah !!!), c’est sûr, mais en attendant, nous apprécions !

Nous avons quand même fait un beau voyage… 

Fredo 

 

 

 

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25 juillet 2019 4 25 /07 /juillet /2019 12:48

Ce n’est pas sans une certaine appréhension que nous quittons notre bel emplacement pour lancer le fourgon dans la descente du camping. Je n’arrive pas vraiment à me dire que les fantaisies dont il nous a gratifiées lors de notre dernier voyage sont du passé. Rien à redire le frein moteur est top et comme les cieux sont sympas avec nous nous rattrapons la route sans avoir croisé âme qui vive ! Ouf !

Une petite dizaine de kilomètres et la première halte nous attend, Llanes capitale des Asturies Orientales. Le problème majeur est (comme partout) de savoir où stationner car là nul doute que les camping-cars ou assimilés ne sont pas les bienvenus. Renseignement pris auprès de la maréchaussée et nanties d’une seule information « todo recto », nous filons droit devant, nous avons quasiment atteint la sortie de la ville quand nous nous décidons à repartir sur nos pas pour tenter de stationner « discrétos » dans une petite rue. Nous trouvons notre bonheur et après un superbe créneau ( plus le véhicule est gros, mieux nous les réussissons) nous laissons le Ptibus pour partir musarder. Seul il ne le restera pas longtemps car comme toujours un camping-car en attire un autre, inutile d’aimer la solitude, vous vous faîtes systématiquement coller !

La ville est indiscutablement pleine de charme. Nous quittons l’avenida de la Paz et ses superbes demeures (celles que l’on nomme « casas de indianos ») pour rejoindre un bout de rempart que nous venons de repérer.

Llanes ancienne cité médiévale et donc fortifiée a vite débordée de l’enceinte primitive perdant par la même occasion le côté austère qui était le sien.

Heureusement que d’énormes bougainvilliers animent la pierre brute car la hauteur des habitations et autres monuments en impose.

Basilique de Llanes

Cette fois encore nous zappons la visite des églises et autres bâtiments religieux, de toute façon la basilique n’est pas encore ouverte, pour déambuler dans les ruelles et gagner en surplomb du port l’ancien château fortifié qui le protégeait.

Le soleil commence à cogner fort et je ne peux m’empêcher de me demander pourquoi il faut toujours que nous nous laissions tenter par la moindre côte ?!

Llanes et Sierra de Cuera

Le point de vue sur la Sierra de Cuera est magnifique et nous apercevons même « los Cubos de Memoria ». De l’huile de genou économisée car ce que nous pouvons en voir confirme ce que nous supputions, peu emballant.

Les gros blocs de la jetée du port ont été peints de couleurs flashies par un « artiste » basque, Agustin Ibarolla, sans doute est-ce plus gai que gris mais ni mieux ni plus mal que la digue de Llançà en Catalogne, quant au nom ? Cubos de Memoria, pourquoi ?!

Lorsque nous retrouvons le centre ville l’atmosphère a bien changé. Tout le monde est réveillé ! Là où régnait une très discrète animation, c’est la cohue. Du coup nous investissons un magasin genre traiteur et succombons ! Et hop, une quesada par ci, du chocolat bien noir par là, et des fromages Hummm ! Lestées nous retrouvons le fourgon après avoir flashé sur une ancienne casa d’indiano abandonnée. Au XIXe siècle de nombreux asturiens partirent tenter leur chance en Amérique Latine, certains revenus cousus d’or après avoir fait fortune en Argentine, au Venezuela (à l’époque c’était le top) se sont fait construire ces superbes demeures. Sans doute difficile à entretenir certaines menacent ruine tout en ayant un fort pouvoir évocateur.

A peine remontées dans le fourgon nous traverse l’idée apparemment géniale de refaire halte à Santillana de Mar pour y visiter la « Colegiata Santa Juliana » fermée lors de notre passage à l’aller, funeste erreur. Pourtant nous le savons, il ne faut pas retourner là où l’on est déjà passé.

Nous nous garons sans difficulté et je dépose notre obole dans l’horodateur. Nous filons dare dare, l’heure de fermeture approche. Devant la Colegiata c’est la foule des grands jours, nous gagnons l’entrée et nous nous faisons refouler par la Guardia Civile !! La maréchaussée pour surveiller la messe ! Nous nous sommes pressées pour rien, exceptionnellement c’est fermé ! Ecoeurées nous retrouvons vite fait notre fourgon et découvrons un petit papillon sur le pare-brise. Défaut de paiement, 100€ d’amende. On voit rouge et repartons comme des fusées à l’Office de tourisme pour nous entendre dire que les camping-cars doivent acquitter un montant forfaitaire de 10€. S’en suit un échange verbal tendu car où donc cela figure t’il ? Pas d’affichage et en plus nous occupons une place sans déborder aucunement ! La bouche en coeur la nana m’explique que c’est ainsi mais que si nous allons maintenant tout de suite payer les 10€ l’amende sera annulée. Nous regagnons donc le parking et en retournant à l’horodateur que vois-je ? Un type est là, embusqué derrière l’appareil à repérer le va et vient de véhicules ; je l’avais bien vu à l’aller sans en tirer de conclusion particulière. Je lui explique ma problématique et lui demande de bien vouloir me montrer où il est écrit que les camping-cars doivent payer 10 fois plus cher que les véhicules normaux. C’est simple à moins d’avoir la science infuse, il faut avoir l’idée de jouer du clavier pour finir par faire apparaître la dite mention. Et tout cela en Castillan !

Moralité pour 10 minutes d’arrêt nous avons au total acquitter 11€ et perdu notre temps. L’exemple type du lieu touristique par excellence où le touriste est pigeonné !

Du coup alors que nous étions sensées aller prendre l’air au Cabo Mayor à Santander, il paraît que cela ne se loupe pas, dans l’impossibilité de nous garer, seules les voitures légères sont autorisées et bien que les places ne manquaient pas où nous n’aurions gêné en rien, nous partons dégoûtées. Nous n’allons pas encore nous ramasser « une prune » ! Une aire de stationnement pour les camping-cars existe bien pour nos véhicules, mais outre le fait qu’elle est à perpette les gazons, il s’agit d’une aire de stationnement pour la nuit au taux prohibitif !

La messe est dite, nous allons gagner notre étape du soir qui sera notre dernière nuit en Espagne, Zarauzt, au Pays Basque. A l’arrivée je suis explosée. L’autoroute que nous avons suivi depuis Santander est envahi par les poids lourds qui se contrefichent des limitations de vitesse. Dans les descentes ils nous talonnent car la limitation à 80 à l’heure ne semble pas les concerner, largués en montée ils reviennent comme des bombes sur nous. Petite aparté, il n’y a bien que les français pour en faire tout un pataquès avec le 80, ce que nous avions déjà constaté en Hongrie, Autriche et Slovaquie. Je ne parlerai pas de la Suisse, là c’est une autre chanson, à 50 à l’heure ça va troooop vite !

Le camping de Zarauzt où nous atterrissons est presque aussi décoiffant que celui d’hier, nous sommes juste moins en surplomb ! L’accueil est sympa et nous sommes gratifiées d’un maximum de documentation, y’a pas à dire parler castillan est un super sésame. Le temps étant superbe nous partons gaillardement vers la plage en empruntant un chemin très pentu tout en escalier qui descend à la mer d’une traite, à la Basque !

Au passage nous découvrons les vestiges d’une ancienne station de chargement de minerai. Le fer était acheminé depuis le lieu d’extraction au moyen de bennes suspendues à des câbles jusqu’à des trémies puis transbordé dans des wagonnets qui à leur tour prenaient le chemin des airs pour être déchargés dans des navires qui ne pouvaient se permettre d’accoster. Un aménagement ingénieux des îlots, pylônes, grues leur permettaient de pouvoir recevoir leurs cargaisons sans risquer d’être drossés sur la côte.

La descente flingue un peu les genoux et nous nous abstenons de penser au retour, Vivons le moment présent d’autant que ce que nous découvrons est interpelant !

La plage est envahie de baigneurs, de surfeurs et d’ailleurs la température semble tout à fait acceptable mais par contre que signifient ces drapeaux rouges plantés en limite des flots et que des MNS déplacent aux fils des marées. Pour en avoir le coeur net, nous nous acheminons vers un groupe de sauveteurs qui surveillent la plage « en rond ». Nous connaissons d’ailleurs fort bien ce mode de surveillance très décrié par nos supérieurs hiérarchiques, preuve qu’ils n’y connaissent rien, connaissez vous un moyen plus convivial et pourtant efficace de surveiller dans toutes les directions ?

Nous apprenons ce dont nous nous doutions, le drapeau rouge signifie baignade interdite et comme ils ont décidé de nous rendre intelligentes dans la foulée la signification des autres pavillons nous est révélée. Jaune baignade dangereuse mais autorisée, rouge et bleu espace réservé aux surfeurs ! Donc en résumé c’est le grand bazar et tout le monde s’en fout ! Ceci dit on peut en rire mais c’est quand même inquiétant, ce laisser aller !

Nous continuons notre balade puis déterminées attaquons la grimpette, que nous avalons sans même nous en rendre compte. Le camping est top et notre voisinage revigorant, un fourgon hollandais, une table, une chaise … une octogénaire, voyageant seule est notre voisine pour la nuit !

Juste ce qu’il me fallait avant d’aborder mon anniversaire, qui a dit qu’on était vieux à 70 ans ?

« Bedankt mevrouw en goede reis ! »

Merci madame et bon voyage !

Do

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22 juillet 2019 1 22 /07 /juillet /2019 16:35

On s'achemine vers la France...

De Foz à Vidiago

Pour notre première halte de la journée, nous n’avons pas à aller loin. Sitôt sorties du camping, une petite route nous mène à travers la forêt (d’eucalyptus, bien sûr !) jusqu’à un hameau doté d’une très vieille église du Xllème siècle, San Martino de Mondoňedo. Ne croyez pas le Routard qui dit (écrit) qu’elle est également appelée Obispo Santo. Cet Obispo Santo est en réalité une chapelle beaucoup plus petite, située sur la route de la première. Nous passons devant à l’aller comme au retour, sans nous arrêter.

L’église de San Martino domine le village. Elle serait le premier édifice fondé par une colonie de migrants bretons (grands)fuyant l’Angleterre au Vème ou Vlème siècle. Extérieurement, l’édifice est très beau, et son intérieur doit valoir le détour puisque l’entrée en est payante. Malheureusement, nous arrivons trop tôt ; elle n’ouvre ses portes qu’à 10h30. Tant pis ! Nous nous contentons d’un petit tour dans le bourg qui ne présente guère d’intérêt avant de reprendre le cours de notre voyage, direction plein est, objectif, Puerto de Vega !

Fortes de nos expériences passées, nous nous garons dès que nous apercevons un parking accueillant, en hauteur, à l’entrée du bourg. Une bonne descente et nous arrivons au cœur de ce petit port de pêche sympathique aux maisons colorées, animé, mais paisible.

Il est toujours étonnant de constater à quel point les digues sont renforcées de gros blocs de béton pour contenir la fureur des flots. Les tempêtes ne doivent pas être de la rigolade dans le coin ! Nous flânons dans les ruelles, et nous nous engageons sans réel projet sur un agréable sentier côtier pour accomplir une jolie boucle pédestre, la mer bouillonnant à nos pieds.

Le temps, superbe, offre des vues bien dégagées sur les falaises déchiquetées et les innombrables rochers frangés d’écume. C’est magnifique.

La balade nous ramène ensuite vers le village, sur le versant opposé à celui de notre départ.

Nous redescendons vers le port, puis remontons en face pour gagner l’iglesia Santa Marina, perchée sur la falaise, en surplomb du village et de l’immensité marine ; elle porte bien son nom.

Edifice du XVlllème siècle tout simple, de plan rectangulaire, de style baroque, elle possède, parait-il, un retable intéressant. On est content de le savoir, mais elle est… fermée !

Après Puerto de Vega, Luarca !

Bof, bof…

C’est grand, assez pittoresque, mais nous remarquons surtout que les vieux bâtiments, les plus typiques, souffrent d’une négligence manifeste. Un peu partout dans le centre ancien, ils sont souvent complètement en ruines, noyés au milieu d’immeubles récents. De nombreuses maisons de bois sont étayées, le toit effondré, les fenêtres cassées, envahies par la végétation. Pourquoi ne les abattent-ils pas, à défaut de les retaper ?

Et toujours ces immeubles modernes affreux côtoyant des bâtiments de caractère… Ça gâche tout.

Nous ne nous attardons guère et enchaînons avec la découverte du Cabo Vidio.

Encore une jolie balade sur la falaise, jusqu’au phare du même nom. Certains penseront que nous critiquons toujours, mais là encore, pourquoi avoir accolé ces affreuses constructions à un phare, qui, tout seul, devait être superbe ?

Après avoir pas mal marché, nous reprenons la route pour gagner notre camping du soir. Nous retrouvons l’autovia, contournant Gijon, direction Santander, et nous sortons à Vidiago.

Là, les choses se corsent.

Une toute petite route descend en serpentant vers la mer. Nous prions pour ne rencontrer personne. Exhaussées presque jusqu’au dernier moment, lorsque surgit un malotru qui s’engage face à nous sans ralentir, nous obligeant à piquer vers le fossé et à manœuvrer pour le laisser passer. Nous sommes arrivées au fond d’une vallée très encaissée ; à notre droite, un petit parking pour les usagers de la plage (à gauche), et en face, l’entrée du camping. La réception est située au bas d’une « méga » côte (j’aimerais bien en connaître le pourcentage) et la première difficulté est de parvenir à stationner à sa hauteur pour l’inscription. Par chance un véhicule libère une place et nous nous y glissons.

Je crois qu’à ce moment-là, si le demi-tour était plus aisé (il est en fait impossible) et si nous avions un plan B pour camper ce soir, nous repartirions illico !

Dominique passe au bureau et revient avec des instructions très strictes : « Monter en première ! Surtout, rester en première ! Ne pas passer la seconde, d’autres l’on fait et sont restés en rade". En première, donc, jusqu’au replat où nous trouverons un parking, et là, nous serons pris en charge par quelqu’un pour nous conduire jusqu’à un emplacement. Soit.

On serre les fesses, et c’est parti ! En première. Ça ronfle, ça monte, ça tourne, ça dure, mais par chance, nous ne croisons personne dans l’autre sens. Voilà enfin le replat, le parking et quelqu’un qui nous fait signe d’attendre sur le côté. Soulagées d’être arrivées là (mais conscientes qu’il faudra bien redescendre !), nous balayons notre nouvel environnement d’un œil inquiet.

Il y a des emplacements partout sur les collines avoisinantes, pas mal encore vides, des tentes, des caravanes, des camping-cars, en face, à droite, à gauche, en bas, en haut… Certains sont même très proches du vide !

"Où c'est-y qu'ils vont nous mettre???" On reste ou on repart?

Quelqu’un arrive pour nous placer, à bord d’un 4x4. (A noter que tout le monde est charmant, ici, c'est déjà ça! Nous nous hasardons à demander un emplacement plat (c’est que nous avons un problème de frein à main et, dans la mesure du possible, nous préférons ne pas avoir à le mettre !). Il rigole et répond qu’il va faire pour le mieux en nous invitant à le suivre. Et c’est reparti !

Toujours plus haut ! C’est la devise de la soirée.

Arrivé au point culminant du camping, il ralentit, et nous indique un emplacement à notre droite. Après tout ce que nous avons pu voir, nous ne pouvons que soupirer d’aise : c’est sans doute un des plus grands emplacements, très facile d’accès, il est plat et la vue est… GRANDIOSE !

Juste derrière nous, un troupeau de vaches pait tranquillement au son des clarines. On dirait des aveyronnaises… (soit dit en passant, cela nous a permis de découvrir que les vaches ne dorment pas; toute la nuit, on entend les clarines! Bon, on ne va pas leur faire un procès pour ça, n'est-ce pas?

Je pense que de toute notre carrière de campeuses, nous n’avons jamais eu une place pareille. Nous dominons la mer qui miroite en contrebas, la baie bordée de hautes falaises, et tout le camping qui s’étale en terrasses plus ou moins grandes jusqu’au niveau de l’eau… Ceci dit, les jours de tempête, ça doit être moins « fun »… Je me demande si cela leur arrive d’évacuer.

Enfin, pour aujourd’hui, le ciel est bleu et cela devrait être calme…

A tout hasard, et exceptionnellement aujourd’hui, nous mettons le frein à main.

Soirée idyllique : balade sur la plage de sable fin, au pied des falaises, les pieds dans l’eau ; elle ne semble pas si froide que cela, mais la température extérieure est assez fraîche (et dire que chez nous, c’est la canicule !) et ne nous donne pas envie de nous immerger. Le soir, après manger, nouvelle balade jusqu’à la cafeteria pour profiter d’un magnifique coucher de soleil.

Chemin faisant, nous avons quitté la Galice, nous voilà revenues dans les Asturies. Si vous passez par là, retenez l’adresse : camping « la Paz », playa de Vidiago. Franchement, ça vaut le détour, même si quelque part, on se sent un peu « piégées » !

Fredo

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21 juillet 2019 7 21 /07 /juillet /2019 19:41

Lorsque nous quittons Louro le soleil est de la partie et nous apprécions le paysage qui se dévoile. Où sommes nous en fait ? Il faut aujourd’hui faire un grand effort pour ne pas se croire quelque part en Norvège où sur la Côte Ouest de l’Écosse !

Nous traçons vaillamment avec en ligne de mire la ria d’Arosa, il nous faut juste remonter sur Santiago pour rattraper l’autovia qui descend sur Vigo. Nous avons choisi cette option après avoir découvert que par la route il est inutile de songer dépasser les 30 kilomètres heure et pourtant le réseau routier est de qualité.

D’ailleurs voilà une constante en Espagne, beaucoup d’autovias GRATUITES, des routes secondaires larges au revêtement nickel, un exemple à suivre en France. Par contre, et là les gilets jaunes n’aimeraient pas, bien souvent la vitesse est limitée à 80 kilomètres heure, même sur certains tronçons d’autoroutes, aïe, aïe ! Il faut dire que notamment au Pays Basque et en Cantabrie les dénivelés sont impressionnants souvent plus de 11 % et que les tunnels et viaducs alternent sans cesse !

En approchant de Santiago nous décidons d’aller repérer où se trouve le seul camping du coin quitte à y réserver un emplacement pour demain soir. Le pifomètre fonctionne à plein car côté signalétique, c’est nul et nous finissons par toucher au but. Il est tôt, le camping est vide, nous décidons de changer de programme et de nous installer pour partir découvrir la ville. Nanties d’un plan détaillé nous quittons le camping pour mettre nos pas dans celui des pèlerins et pas de risque de se perdre nous avons atterri sur le « Camino francès ».

Il suffit de repérer de loin en loin les porteurs de sacs à dos. Certains semblent passablement explosés de fatigue, démarche quelque peu titubante, œil fixe, nous n’avons pas grand mal à les dépasser sans toutefois manquer de rater notre objectif. Abasourdies nous débouchons sur la Praxa do Obradoiro et découvrons une marée de quidams le plus souvent affalés au milieu d’ amoncellements de sacs.

Deux « tirs couillons » dénotent un peu dans le paysage car si les péperins sont couleur locale, ces petits trains touristiques font un peu tache au milieu de cette place bordée d’édifices tous plus majestueux les uns que les autres. L’hôpital des pèlerins converti en Parador de luxe est le premier édifice qui capte notre attention mais nous filons carrément à l’opposé pour nous réfugier dans le Colexio San Xerome.

En Galice le X se prononce ge, chez nous c’est che, nous arrivons à nous y faire mais parfois nous avons la nette impression d’avoir une patate un peu trop chaude dans la bouche en prononçant certains mots. Requinquées nous nous décidons à attaquer le morceau de bravoure, la visite de la Cathédrale. Petite fouille, histoire de dire, et c’est le choc !

Pas au sens ou sans doute vous êtes entrain de l’imaginer, un choc tel qu’une irrépressible rigolade nous saisies et 5 minutes plus tard nous ressortons. Toute la cathédrale est sous bâche, piliers emballés, nef, travées, vitraux occultés, seul le Botafumeiro reste visible mais impossible de se le représenter en mouvement et en prime je ne suis même pas certaine que ce soit lui que nous ayons vu, j’aurais tendance à penser qu’il s’agit juste de l’Alcachofa, artichaut en castillan, le grand encensoir n’étant sorti que pour les messes.

Nous entrapercevons quelques dorures du retable et une queue, qui se révèle interminable tout autour du Maître autel, de personnes attendant pour faire le bisou à Saint Jacques. Après avoir jeté un œil sur la chasse qui renferme les reliques du saint nous ressortons tout en prenant garde de ne pas nous faire estourbir par des ouvriers occupés à édifier des échafaudages à l’extérieur. A chaque voyage nous arrivons à déplorer que des échafaudages gâchent la découverte de fleurons architecturaux, mais un programme de restauration pareil, pour nous c’est du jamais vu ! J’imagine la tête des pèlerins qui découvrent la Cathédrale ! Bigre.

Nous fuyons les lieux et au petit bonheur commençons à explorer la ville qui incontestablement est belle.

De jolies places parfois très ombragées, de belles rues à arcades comme la rua Nueva et partout de superbes monuments que nous découvrons en suivant scrupuleusement un itinéraire récupéré à l’office du tourisme.

Le chouette de l’affaire est qu’il met l’accent sur le patrimoine civil, pour tout dire côté églises nous sommes quand même en overdose, pour les mêmes raisons nous zappons les musées du Pèlerin et des Arts sacrés, pour les objets liturgiques nous verrons à Mondoňedo.

Le Mercado de Abastos est particulièrement saisissant.

Construction des années 30, inscrit dans un rectangle il se compose de 2 bâtiments de quatre nefs disposées parallèlement et symétriquement autour d’une fontaine centrale, chaque travée étant dédiée soit aux poissons, viandes, légumes, fruits etc. Quatre entrées ouvertes sur les côtés permettent une libre circulation des denrées, bestiaux et personnes. Le style est austère mais la fraîcheur qui y règne sympathique, quant à ceux qui souhaitent s’y restaurer cela semble un plan excellent. Qu’on se le dise !

Notre déambulation nous mène sur le chemin du retour au Parc de la Alameda où nous tombons en arrêt devant une curieuse composition. Un peu kitch, les statues de deux femmes fagotées comme les « Jeannes », couleurs criardes et vêtements vieillots, se font face.

Impossible de savoir si nous sommes en face de celles que l’on nommes les « deux Marie ». Si le guide indique qu’il s’agit de statues en bronze peintes de couleurs vives, il parle aussi de costumes traditionnels et là où se niche la tradition ?!

Faisant la jonction entre la vieille ville et l’Université, l’église Sainte Suzanne du XIIe siècle occupe l’un des points culminants de ce parc qui est aussi un super jardin botanique.

Entre fontaines, vieilles chênaies, eucalyptus

monumentaux et de très grands sapins le coin est chouette et après avoir admiré la ville du banc des amoureux nous le quittons pour une nouvelle plongée dans la ville.

Pour le retour, nous jouons les paresseuses et regagnons le camping en bus, 5 heures de marche presque ininterrompue, le compte est bon !

A demain !

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20 juillet 2019 6 20 /07 /juillet /2019 16:37
De Santiago à Villanova de Arousa
Aujourd’hui, nous allons atteindre notre point le plus bas sur la côte de Galice : nous attrapons l’autoroute et filons directement à Combarro, petit port de pêche réputé pour sa « collection » d’horréos alignés le long du rivage, « étape incontournable » selon le routard !
Nous nous préparons donc pour une balade séduisante dans les venelles pittoresques, ce qui serait sans doute le cas sans une abondance excessive de restos et de boutiques de souvenirs (les mêmes souvenirs partout), dont les propriétaires ne sont pas forcément avenants. On sent que le tourisme ici est la principale ressource et on attend de lui qu’il débourse sans compter ! Comme aurait dit notre voisin, on nous prend pour des américains, ici ! Même pour prendre un chat en photo dans une boutique, on veut nous faire payer…
Des clous!
C’est un joli village, et les échappées sur la mer, les horréos, les bougainvillées en fleurs nous assurent de jolies photos.

Au fur et à mesure que les cars de touristes arrivent, la fréquentation se densifie. Nous avons eu de la chance d’arriver tôt pour trouver une belle place en front de mer ; une demi-heure plus tard, nous aurions sans doute galéré pour stationner.

Les ruelles sont pittoresques et les placettes fleuries fort sympathiques, mais… MAIS !

Mieux vaut ne pas trop regarder dans les courettes, les recoins, sous les escaliers ou derrière les balustrades, ni chercher les coins tranquilles à l’écart de la foule ! Il y a beaucoup de détritus partout, et nous sommes même tombées sur des toilettes sauvages  en empruntant une venelle déserte pour accéder à la plage.
La plage, parlons-en ! Elle ne donne pas vraiment envie d’’y marcher pieds nus, et encore moins de s’y baigner, d’autant que là aussi, les algues vertes colonisent le rivage.
Enfin, nous nous disons que cela ne valait sans doute pas la peine de descendre aussi bas et remercions une fois de plus le Routard pour ses conseils.
Notre seconde étape n’est guère plus satisfaisante. Nous remontons un peu pour aller découvrir Gambados où il parait que « tout est à voir ». Allons gambader, donc!
Nous trouvons effectivement un bel ensemble architectural de solides maisons de granit ; le cœur historique de la cité, la praza de Fefiňàns,
bordée de vieux palais et de l’église principale (fermée !),
serait sans doute beau, sans la présence de deux semi-remorques disgracieux qui ont décidé de s’y incruster.
Nous enfilons quelques ruelles (ici aussi, il vaut mieux s’abstenir de regarder dans les fossés ou les massifs de fleurs qui, trop souvent servent de cendriers et de poubelle)  pour regagner le front de mer dans l’intention de  gagner le vieux quartier de pêcheurs, mais nous en sommes assez loin, et comme nous sommes un peu dégoûtées, nous renonçons rapidement pour retourner au camion et nous en aller voir de plus près l’île d’Arousa que nous apercevons au large.
 
L’île est reliée au continent par un pont de deux kilomètres (équivalent de l'île d'Oléron ????)
Tout commence par une nouvelle déception. Nous sillonnons les rues du bourg sans grand charme, sans intérêt particulier, avant de trouver enfin la direction de la réserve naturelle protégée, puis  un endroit approprié pour arrêter le fourgon. Ici, les gens ne sont pas fous : ceux qui ont des terrains en bord de mer les transforment en parking payant. Et comme il est pratiquement partout interdit de stationner le long de la route, nous nous félicitons d’avoir pu trouver une des rares places libres et gratuites à proximité du départ de la balade.
Enfin quelque chose de satisfaisant !!!
Nous dégustons sans réserve le bleu profond de la mer, la forêt, les rochers, et les petites criques paradisiaques parfois squattées par des nudistes… Le sentier côtier chemine dans cet univers naturel pour notre plus grand bonheur. Il y a peu de monde, de rares baigneurs ici et là, bref, tout est fait pour entretenir le miracle ! Merciiiiiii !!!!!!!
Après une heure et demie de cette marche enchanteresse, nous nous rendons à notre camping du soir, quelques kilomètres plus loin, après avoir regagné le continent, le camping « paisaxe ».
Il a beau faire chaud, nous ne risquons guère de profiter de la piscine où une nuée de gosses braillards courent, s’aspergent et gesticulent. Du reste, à notre arrivée, le calme est loin de régner sur le terrain : deux employés s’agitent armés d’une tondeuse et d’une débroussailleuse. On se demande bien ce qu’ils tondent, vu que tout n’est déjà qu’herbe rare et poussière. Outre le bruit, ils dégagent un nuage de terre qui envahit les installations ; sympa ! Les gens d’ici ne semblent guère apprécier la nature ; nous remarquons que toute une partie du terrain est occupé par des résidents. Là, tous les emplacements sont recouverts de bâches plastiques, sans doute pour faciliter le ménage. Pas le moindre brin d’herbe ! Quelle tristesse. Certes, ce n’est pas la première fois que nous remarquons que les gens ont une fâcheuse tendance à sacrifier la vie pour des raisons pratiques, arbres coupés, haies taillées au cordeau sans tenir compte des saisons ou des floraisons, bâches sous gravier pour empêcher la pousse des mauvaises herbes, espace de vie bétonnés au risque de favoriser les inondations, etc, etc… Hé oui, tout le monde se plaint du réchauffement climatique, mais il y en a encore trop qui n’ont pas réalisé que seule la végétation peut en freiner l’évolution. Pauvre de nous !
Faute de baignade (en fait, nous remarquons que beaucoup de jeunes extérieurs au camping sont venus profiter de la piscine; est-ce habituel ou exceptionnel ? Nous ne le saurons pas), nous optons pour la balade en front de mer, assez sympathique au demeurant, cheminant jusqu’au village de Vilanova de Arousa, sans toutefois franchir la passerelle très aérienne qui enjambe la ria. Pour une fois, il y a beaucoup de monde sur la plage et les gens se baignent. Il faut dire qu’enfin, il fait beau et chaud…
… Qui aurait pensé qu’il pleuvrait dans la nuit ? Pas nous ! Et pourtant, si !
Fredo
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17 juillet 2019 3 17 /07 /juillet /2019 17:13

Lorsque nous quittons Vilanova d’Arousa il fait un temps de cochon et la traversée de Vilagarcia d’Arousa prend vite des allures de cauchemar. C’est gris, moche, aux zones d’activités succèdent des barres d’immeubles ininterrompues et la côte que nous longeons un temps a de quoi faire dresser d’horreur les cheveux sur la tête d’un écolo. Des pétroliers sont ancrés au milieu de la baie et des parcs à moules ! Beurk !

Au fur et à mesure que nous nous éloignons du bord de mer les nuages s’effilochent et lorsque nous arrivons à Lugo, dernière grande ville avant Santiago pour les pèlerins, la grisaille n’est plus qu’un mauvais souvenir. Sans difficulté nous tombons sur la muraille romaine mais réalisons que nous nous mettions sacrément le doigt dans l’œil en imaginant pouvoir stationner au pied des murailles.

La ville moderne a tout phagocyté et les places sont rares. Nous multiplions les passages, les allers-retours et au moment où nous n’y croyions plus, bingo ! Une belle place, ombragée et pas trop loin de notre but.

Arrivées Porta San Pedro nous arrivons sans difficulté en vue de la Praxa Maior. On a dû me monter le cerveau à l’envers car me voilà dans l’incapacité de me repérer sur le plan ! Lugo est la plus ancienne ville de Galice fondée au premier siècle avant notre ère ce n’est que trois cents ans plus tard qu’elle fut dotée d’une muraille percée de 85 portes. Les invasions diverses et variées ont eu raison de la grande majorité d’entre elles néanmoins il en subsiste dix remaniées mais au fort pouvoir évocateur comme la porta Mina.

Porta Mina

Tout Lugo se visite à pied, nous déambulons le nez au vent mais mis à part ce qui peut se découvrir de l’extérieur impossible de visiter quoi que ce soit tout est fermé.

Pas grave, l’architecture est belle et baroque et médiéval cohabitent harmonieusement, nous y retrouvons les maisons à galeries.

Nous passons un petit moment dans le parc du Museo Provincial qui cumule les casquettes, archéologie, peinture, sculpture.

Museo Provincial

Installé dans un ancien couvent franciscain le parc abrite une exposition temporaire de sculptures. Celle intitulé « La Paix » est interpellante.

La Paix

Quant à la halte sur la Praxa Maior je lui trouve un petit air mexicain qui me plaît bien. Seul bémol à la visite en fait un groupe de « niňos » que les adultes incitent à donner de la voix. Ce qui peut se comprendre sur un stade ou à la fête de la Bière passe quand même difficilement dans le lacis de ruelles.

Après moultes tergiversations, ayant décidé de ne pas filer sur Burgos, la canicule y sévit avec des 45° et dans le fourgon c’est l’horreur, nous filons rattraper la côte atlantique, ce qui a l’avantage de nous permettre de visiter ce que nous n’avions pas pu faire à l’aller. Au moins je n’aurai pas potassé un super circuit pour rien !

Avant de retrouver la mer nous nous arrêtons à Mondoňedo et comme il fait très chaud nous tentons de nous approcher au maximum du centre. Pas de chance les rues sont très étroites, les tournants à angle droit et le camion fait de la résistance ! On frémit d’avance en pensant à ce qu’il va falloir regrimper au retour car à Mondoňedo le pourcentage des côtes est impressionnant.

Par contre voilà un village magnifique, pas de faute de goût et la place d’Espagne s’offre à nos yeux dans toute sa splendeur … pas un seul véhicule, pas un seul pékin !

Le rêve ! Entre les arcades qui abritent quelques bistrots et restos sympas, le Palais épiscopal et les jolis demeures blasonnées, le coup d’œil est réjouissant.

Nous y parvenons bien « drivées » par un vieux monsieur qui n’a pas hésité à se détourner de sa route pour nous et pénétrons dans la cathédrale pour une visite approfondie que nous allons suivre munies d’un audioguide en français !!! Rarissime.

Là aussi toutes les époques sont présentes, roman, gothique, baroque ; l’édifice a été remanié au fil des siècles, des siècles qui nous ont laissé en héritage, entre autre, deux merveilles, une fresque murale représentant le Massacre des Innocents

et un orgue baroque et quel orgue !

Nous enfilons dans la foulée la visite du musée diocésain, installé dans les dépendances de la cathédrale, qui renferme comme il se doit de nombreuses pièces d’orfèvreries. Les objets liturgiques sont largement représentés mais pas uniquement.

Que penser de cette collections de mules en soie rebrodées de matières précieuses ou de cette charmante représentation de la Sainte Famille tout en bois sculpté et peint ?

Lorsque nous ressortons de la Cathédrale après la découverte du cloître, la place est envahie de véhicules dont un car. Lamentable, sans compter que j’aimerais bien savoir par où a bien pu arriver ce mastodonte et pourquoi les camping-cars sont interdits de stationnement mais pas eux !

Après avoir salué Alvaro Cunqueiro dont la statue surplombe la Place d’Espagne et célèbre pour avoir traduit en galicien les légendes de la Table Ronde nous tentons de trouver le « Museo del Mago Merlin », peine perdue, c’est fermé ! Difficile d’échapper aux traditionnelles visites d’églises, musées archéologique, d’art, tout ce qui sort de l’ordinaire est ouvert en mode aléatoire, même « O Rei das Tartas », une petite gâterie n’aurait pourtant pas été pour nous déplaire.

Nous resterons sur notre faim (c’est le cas de la dire), pourquoi Merlin ici ? Bon, il y a bien cette référence aux Légendes de la Table Ronde, mais pourquoi ? Après un dernier arrêt à la Fonte Vella nous traçons jusqu’au fourgon où nous arrivons comme prévu « goulinantes ».

Notre halte du soir idéalement situé en bord de mer n’est plus très loin le ciel nous y régalera d’un somptueux coucher de soleil !

* du verbe gouliner, terme à usage local (St Genis des Fontaines) issu de la contraction du mot dégouliner

 

 

 

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13 juillet 2019 6 13 /07 /juillet /2019 17:07
De Malpica de Bergantiňas à Louro
 
Aujourd’hui, nous attaquons la côte de la mort !!!
On peut bien le dire, pour nous la côte de la mort justifie à lui seul notre déplacement jusqu’en Galice. On en a tellement parlé ! Toujours comparée à la Bretagne, nous attendons donc forcément beaucoup de cette découverte (puisque nous adorons la Bretagne). Ce sera donc, pensons-nous, le point d’orgue de notre voyage et après notre déception d’hier, nous sommes très impatientes de découvrir le cabo Finisterre qui n’est pas, comme on a coutume de le dire le point le plus occidental d’Europe, puisque son voisin, le Cabo Nave s’avance encore plus à l’ouest.
La côte de la mort doit son nom à la bonne centaine de navires qui y firent naufrage, naufrages bien souvent provoqués par les habitants du coin qui attiraient les navires vers les rochers pour pouvoir piller leur cargaison. Sympa.
Nous filons directement sur Fisterra, le village le plus proche du cap. Nous traversons pas mal de villages sans charme ; seuls les horréos, ces greniers à maïs rectangulaires perchés sur pilotis, en pierre et souvent orné de croix à chaque extrémité, apportent une note typique, avec parfois, une ou deux maisons anciennes. Le reste est noyé dans des constructions plus ou moins modernes, interventions humaines plutôt malheureuses dans un paysage naturel plein d’attraits, forêts d’eucalyptus, de pins, relief vallonné, côtes rocheuses spectaculaires. Quel dommage !
L’arrivée à Fisterra est donc tout aussi moche que le reste, mais comme nous ne pouvons pénétrer le cœur du village (rues barrées !) et que nous filons directement en direction du cap, nous pouvons encore entretenir quelques illusions. A la sortie du village, en direction du cap, une jolie église, la igrexa Santa Maria des Areas, attire la foule. Beaucoup de voitures garées à l’entour et pas mal de pèlerins. Au-delà, nous repérons un espace propice au stationnement ; il nous reste moins de deux kilomètres pour atteindre le phare ; nous décidons de les faire à pieds.
Le chemin où se pressent promeneurs et pèlerins est aménagé au bord de la route, protégé par une barrière en bois. C’est toujours mieux que de marcher directement sur la route, mais les odeurs d’essence, de gasoil, ainsi que le bruit des moteurs gâchent un peu le paysage. Impossible de ne pas faire la comparaison avec la pointe du Van ou la pointe du Raz, si bien préservées et aménagées pour le plaisir des marcheurs, à l’écart de toute circulation. De plus, un ciel bas, très bas, chapeaute toute la crête du cap. En contrebas, la mer se brise contre les rochers ; de temps à autre, une éclaircie dégage un joli point de vue maritime. La nature est belle.
Rapidement, nous atteignons le bout de la route. Parkings, cafés, commerces, tout le toutim… Un gratteur de guitare a déposé sa casquette devant lui… A vot’bon cœur ! Un peu plus loin, mais pas suffisamment pour éviter la cacophonie, un joueur de cornemuse donne toute sa mesure (déjà que je ne suis pas fan !). Il y a foule !
Nous contournons un phare carré pour nous avancer plus avant, en direction d’une croix de pierre où des tas de gens se font photographier. Il faut bien pouvoir montrer qu’on y était ! Difficile de prendre un cliché un peu personnel en évitant les indésirables.
Encore plus bas, un pylône ! Pas top, même s’il est décoré de tous les gris-gris laissés par les pèlerins (même des chaussures) en témoignage de leur passage. D’autres témoignages de la fréquentation humaine sont encore plus navrants : le sol est jonché de mégots (je n’en ai jamais vu autant !), de détritus de toutes sortes, papiers, mouchoirs, cannettes, emballages… La pointe s’avance encore un peu dans la mer qui s’agite en contrebas, provoquant de belles gerbes d’écume contre les rochers.
Grosse, grosse déception…
Nous ne traînons guère dans le coin et redescendons vers le camion. Nous ne savons pas trop pourquoi, mais ils n’arrêtent pas de faire exploser des pétards. On aperçoit les étincelles dans le ciel au dessus de la mer. Sans doute une fête se prépare-t-elle ? La Saint Jean ? Nous nous restaurons avant de prendre la direction opposée au cap pour aller visiter le village, en repassant devant l’église où il y a toujours autant de monde. Oui, il doit y avoir une fête.
Là, il faut citer un extrait de la description du « Routard » à propos du site : « Restent quelques paysages grandioses, et Fisterra, une grosse bourgade aux ruelles pentues qui conserve un certain caractère à défaut d’un charme fou ».
Oui, il y a de beaux paysages et oui, les ruelles sont parfois très pentues. Mais pour le reste… caractère et charme (même pas fou), je crois qu’ils se fichent de nous. Le seul monument qui puisse retenir l’attention est le « castelo San Carlos », où se trouve le musée de la pêche, mais le musée est fermé et on ne peut même pas pénétrer dans l’enceinte du fort ; ils ont mis une chaîne. Vu du fort, nous jetons un œil sur le village, le port… C’est laid ; pas d’autre mot. Du coup, nous revenons illico au camion, repassant encore devant l’église où la foule commence à s’agglutiner sérieusement ; il y a même une voiture de police… Nous accélérons le pas ; ne traînons pas, où il y a des risques que nous soyons coincés l
Quelques minutes plus tard, nous avons démarré et nous sommes effectivement arrêtées par le policier ; ils attendent une procession et nous en avons pour une dizaine de minutes. Voilà. Avant nous, ils sont tous passé, et celui qui arrive derrière parlemente… Il passe ! Voyant cela, nous parlementons aussi, mais il nous répond que le véhicule est trop grand et que nous ne passerons pas. Bon, n’insistons pas. Il ne nous reste plus qu’à attendre, en espérant que ce ne sera pas plus de dix minutes.
Les pétards continuent leur tintamarre ; heureusement que nous n’avons plus Virgile, il serait terrorisé. La procession arrive enfin, précédée de gamines en robe blanche et froufroutante ; alors il s’agit peut-être de communions ?
Enfin, on nous libère. Finalement, c’était vrai ; nous n’avons pas attendu plus de dix minutes.
 
Nous longeons la côte.
Oui, c’est vrai, la côte est belle, découpée, mais la traversée des villages, des ports qui se succèdent reste décevante. Les maisons sont souvent décrépies, lépreuses, presque en ruines. Pas de station balnéaire ici. C’est pauvre. 
A Ezaro, l’ambiance devient assez perturbante, pour ne pas dire angoissante. Nous contournons le monte de Pindo aride, sillonnée de barres rocheuses. Sur des kilomètres, tous les arbres sont morts.
Ont-ils brûlé ? Nous ne voyons pas de séquelle de feu, pas de tronc calciné. Sont-ils malades ?  Nous nous posons encore la question.
Du côté de la mer, criques et plages se succèdent. Nous remarquons beaucoup d’algues vertes ; nous l’avions déjà noté. Pas de baigneur. Îles, presqu’îles, îlots ; oui, c’est beau, mais nous sommes mal à l’aise.
Nous nous arrêtons à Carnota pour admirer un horréo long de 35 mètres.
Impressionnant !
Le village est d’ailleurs assez joli, avec un vieux cœur, une belle église et plusieurs autres horréos, plus petits mais jolis. Le cimetière est très impressionnant. Mais beaucoup le sont ici.
Pas vraiment envie d’y entrer…
Nous commençons à nous sentir mieux à partir de Louro où, pour l’instant, nous ne faisons que passer pour aller visiter Muros, un peu plus loin. Les paysages maritimes deviennent superbes ; nous longeons une plage magnifique et la pointe Careiro qui s’avance dans la mer ne manque pas d’allure.
Muros est situé dans une joli baie aux eaux calmes, la profonde ria de Muros et Noïa, et nous trouvons assez facilement à nous stationner sur le port, après avoir eu peur de devoir repartir sans rien pouvoir visiter tant les places semblaient petites sur les parkings. Nous nous dirigeons avec impatience vers les vieux quartiers dont nous avons eu un aperçu en passant et qui nous ont semblé particulièrement beaux.
Et c’est vrai ! Enfin un village, un port, avec un cœur préservé, riches de maisons et de monuments anciens bien conservés. « Enfin une certaine unité », souligne le Routard. On est d’accord !
D’ailleurs, le village est classé, et il le mérite. Belles maisons à galerie sur le front de mer et à l’intérieur, ruelles étroites, bordées de belles demeures en pierre, passages à arcades, jolies places et fontaines monumentales. « The must » aujourd’hui, c’est que nous tombons sur la préparation d’une procession qui doit avoir lieu ce soir, à 20 Heures.
Toutes les femmes du village, et quelques ados, recouvrent le sol des ruelles en direction de l’église paroissiale San Pedro où doit se diriger la procession, réalisant de superbes motifs floraux, géométriques ou symboliques.
Quel travail ! Et dire que tout cela va être bousculé, piétiné, ruiné, en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire ! Elles sont au boulot depuis huit heures ce matin, et elles n’ont pas terminé, loin de là, bien qu’il soit bientôt dix-sept heures. Nous avons vraiment beaucoup de chance d’assister à cela.
En déambulant, nous remarquons que, comme nous l’avions vu en Navarre, les gens d’ici aimer laisser ouvert le vestibule de leur maison pour que chacun puisse en admirer la décoration, fleurs, mobilier…
Petite remarque en passant… Pour réaliser ce travail magnifique, combien de milliers de fleurs a-t-il fallu sacrifier ?
Nous suivons le trajet de la procession pour gagner l’église, en surplomb du village, ancienne collégiale datant de 1400. Elle est très belle extérieurement et comme elle est ouverte, nous entrons. L’église à la particularité de ne présenter qu’une seule nef, très large, en forme de coque de navire retournée. Nous ne nous attardons pas vraiment, un peu effrayées d’emblée par l’allure terrifiante d’un Christ en croix ornant une chapelle latérale. Très réaliste ? Trop. Franchement, on se croirait carrément à Halloween ! On voit bien que le but de la religion est de maintenir le croyant dans la peur du péché !!!
Au siiiicours!!!!!
En quittant Muros, nous optons pour un retour sur Louro où nous savons trouver plusieurs campings. Nous échouons au camping Aucoradoiro, carrément en bord de mer, cette belle côte rocheuse présentant effectivement des similitudes avec la côte de granite rose de Ploumanac’h. Nous espérons bien trouver quelques petits sentiers côtiers sympathiques dans le coin !
Est-ce parce que nous sommes des femmes ? Le patron nous impose un emplacement, alors qu’il laisse choisir le couple qui arrive derrière nous. Après une tentative pour occuper cet espace peu commode, nous en repérons un qui nous va mieux et allons le lui signaler. Pas d’objection. De toute façon, nous étions prêtes à repartir.
Sitôt installées, nous allons nous balader jusqu’à la croix de la Punta Lens, jolie promenade, un peu courte, mais nous la rallongeons en allant découvrir la « praia Agro de Grelo », longue plage de sable blanc qui s’étire sur plusieurs centaines de mètres, où nous trouvons quelques jolis coquillages (mais pas tant que cela !) et même deux « porcelaines puce » (nous n’arrivons plus à en trouver chez nous !). D’énormes rouleaux ont attiré quelques surfeurs téméraires…
La journée se termine mieux qu’elle n’a commencé !
Fredo
 
 
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12 juillet 2019 5 12 /07 /juillet /2019 20:06

Lorsque nous quittons Viveiro ça fulmine dans le fourgon !

En arrivant aux sanitaires pour ma petite douche matinale, une femme la mine catastrophée brassait de l’air invoquant à grands cris « Réssuse » ! Je me suis inquiétée de la nature du problème, croyant qu’elle appelait son mari. Après tout Jésus est un prénom fort répandu en Espagne, à commencer par notre voisin ! J’ai vite réalisé ma méprise. La femme m’a enjoint de la suivre dans les WC où régnait une odeur pestilentielle puis m’a expliqué les problèmes de boyaux de la « niňa » et la fermeture de la réception du camping avant de reprendre ses invocations à Jésus. N’aurait-il pas mieux valu songer à mander la déesse serpillière et ses acolytes savon, seau et eau à la rescousse ? Je l’ai laissé à ses imprécations pour me doucher à une vitesse record avant de rejoindre Frédo et de lui conseiller de viser les sanitaires hommes moins odorants. Pas de bol, quand elle a rejoint le bloc sanitaire pas question d’investir le côté « senior », ça ne rigole pas avec la décence et chez les dames la situation n’avait pas évolué !

Nous fulminions donc en quittant le camping, non contre les responsables de l’établissement mais contre la famille de la gamine incapable de prendre en charge une situation les concernant au premier chef. Cela nous a rappelé les récriminations quant à la gestion des déchets en certains points des villes et villages. Quand des containers débordent et que d’aucuns déposent leurs détritus sur le sol à côté, qui est responsable de la saleté des lieux ? Celui qui aurait pu remballer sa poubelle pour la déposer ailleurs voir surseoir ou ceux charger de vider les containers lors de tournées régulièrement programmées ?

Mais revenons en à nos moutons.

Ayant mis le cap sur Betanzos, notre première étape aurait dû être pour la forêt d’eucalyptus de Chavin, juste au sud de Viveiro. Aurait car nous n’avons jamais trouvé la route ; que n’avions nous eu recours à l’application géniale MAPS.ME. Il suffit de télécharger par avance les cartes sur le téléphone et cela fonctionne ensuite comme un GPS. Trop chouette.

Betanzos est une ancienne ville portuaire, elle a gardé un charme certain de ses années florissantes. Ville jadis acquise aux idées du siècle des Lumières, elle fut aussi un puissant foyer libéral. C’est d’ailleurs à Betanzos que nous avons déniché nos premières affiches contre le machisme et les violences faites aux femmes et les premiers lieux d’accueil qui leur sont destinés.

La vieille ville est charmante et compte rien moins que 4 églises regroupées dans un espace assez restreint.

Nous en visiterons une seule surtout pour ne pas déplaire à une petite mamie un brin autoritaire. Nous préférons souvent tâter l’ambiance d’une ville en testant commerces, bistrots, notre halte au marché couvert nous vaudra de trouver, enfin !, du poisson frais et à un prix défiant toute concurrence.

Sur la Praza de la Constitución nous découvrons une composition en 3 D, une marine réalisée par les enfants des écoles. Destinée à sensibiliser la population sur la pollution du plastique tous les éléments de cette création auraient dû se trouver dans nos poubelles et non sur les plages, au moins auront-ils échappé aux fonds des mers !

Les maisons à galeries voisinent de vieux palais renaissance,

une demeure art nouveau tranche sur l’ensemble quant à l’igrexa du couvent Santo Domingo installée Praxa de Garcia Hermanos elle affiche carrément un air mexicain.

Repassée au fourgon pour y déposer notre poisson, nous gagnons le parc du Pasatiempo, un délire rococo un peu vieillot et décrépi. Nous traînons un petit moment sans repérer la moindre reproduction de mosquée ou de pavillon chinois. Un vieux reste de labyrinthe, quelques canards, rien vraiment d’exotique mais une passerelle qui traverse le parc sur toute sa longueur. Nous l’empruntons mais impossibilité de poursuivre notre exploration, le sol de la passerelle semble plutôt « mitée » et le passage est condamné. Nous revenons sur nos pas et ce ne sera que de retour à St G que nous découvrirons que tous ces délires rococos que nous n’avons pas vus existaient bien, il aurait juste fallu pouvoir emprunter la passerelle et passer de l’autre côté de l’avenue ! Le parc est en deux parties ! Fallait savoir !

A Coruňa n’étant qu’à quelques kilomètres de Betanzos nous y filons d’une traite et après avoir galéré comme des malades pour nous garer nous atterrissons juste au bord du paseo maritimo dans un quartier récent mais qui offre l’avantage de pouvoir gagner le centre ville après un bain de nature. De nature mais pas de mer, une pollution à l’Echerischia Coli a vidé toutes les plages !

Nous démarrons la balade visant la Tour d’Hercule et sommes immédiatement attirées par ce qui de loin ressemble à Stonehenge.

Nous aurons beaucoup de difficultés à savoir de quoi il retourne, nous glanons quelques indices et comprenons vite que ces lieux furent le théâtre de douloureux évènements, il n’est pas exagéré que de dire que nous le ressentons dans nos tripes ! Nous avons atteint El Campo de la Rata et le premier ensemble aperçu de loin, le « Menhir Pentacefalico ». Inauguré en 2001 c’est un hommage aux victimes de la répression franquiste. Deux poèmes de Fédérico Garcia Lorca et Uxio Carre Alvarellos ornent ses frontons. Nous déambulons sur la vaste prairie attirées par un autre groupe de pierres levées, ces menhirs constituent une seule et même œuvre architecturale, conçue par le sculpteur galicien Manolo Paz.

Nommée Menhirs de la Paix ils participent à l’oeuvre de mémoire du peuple galicien. Ici furent fusillés entre 1936 et 1937 des républicains socialistes et tous ceux qui osaient afficher une idéologie de gauche. Quant à la nature des œuvres, des mégalithes, le choix vient du désir de rendre hommage à la culture celte, une culture qui a essaimée loin en Europe principalement grâce à sa maitrise du fer. Elle a également laissé un héritage culturel de qualité et une écriture, les runes. Nous avons connaissance de l’existence d’un alphabet, dit de Ogham et savons que cette écriture était notamment utilisée pour ratifier des traités de toute nature avec d’autres civilisations. Cette écriture fut reprise par les Vikings. Nous gagnons ensuite la tour d’Hercule suivant un chemin transformé en parcours de découverte, ponctué de panneaux explicatifs nous apprenons que l’étendue râpée où nous déambulons fut jadis cultivée et alimentaient les habitants de la ville au prix d’un dur labeur.

Cette tour d’Hercule est présentée comme le plus vieux phare en activité du monde Construit au Ier siècle après J.C. par les romains. Son parcours chaotique lui a infligé quelques dommages, abandonnée, pillée puis restaurée pour surveiller les attaques normandes puis musulmanes, elle a été largement remaniée depuis son origine. Massive la tour d’origine a été doublée à l’extérieur par une enceinte qui lui confère cet aspect austère. Au prix d’une ascension de 234 marches on peut découvrir un panorama quasiment inchangé depuis les romains.

Nous filons ensuite vers la vieille ville enfilant l’avenue de Navarra pour ainsi dire désertée, il est 15 heures et chacun se restaure. L’ambiance calme change insensiblement et comme nous approchons de la Ciudad Vieja une rumeur nous enveloppe.

Les bodegas, bars à tapas, restaurants sont bondés et dans les rues il faut jouer des coudes pour se frayer un passage et gagner l’avenida de Montoto.

Bordée sur toute sa longueur de demeures à galeries, vision emblématique de la Corogne. Pour ma part je n’ai pas été séduite, si encore comme à Bétanzos, Lugo ou Mondoňedo les galeries avaient arboré des bois de différentes teintes cela aurait animé les façades. Là tout ce blanc et les petits carreaux des vérandas donnaient une impression d’uniformité et de platitude.

Un petit coucou à Maria Pita, la Jeanne d’Arc galicienne qui trône au centre de la place qui lui doit son nom et nous gagnons le coeur de la vieille ville. Plus un bruit, nous sommes seules à déambuler au coeur d’un lacis de ruelles bordées d’austères demeures qui débouchent toutes ou presque sur la Praxa Xeneral Azcàrraga, les cafés sont fermés mais l’ombrage des magnolias est délicieux.

Les églises sont partout mais fermées ce qui en soit n’est pas grave car même si nous en zappons quelques unes nous arrivons à être en overdose. Impossible d'échapper aussi à St Jacques.

Au sommet de la vieille ville culmine l’église Santo Domingo plutôt austère, il faut dire que celui dont elle tire son nom (qui est le mien, dois-je en être fière?!) n’était pas un rigolo. Béatifié après avoir perpétré au nom de Dieu de telles hécatombes, cela questionne quand même !

Les guibolles un peu raides nous nous décidons à rallier le fourgon. Nous déambulons depuis 4 bonnes heures et avons presque tout le paseo maritimo à remonter. Vaillamment nous nous y collons puis rallions la Côte de la Mort, brrr, pour échouer dans un petit camping aux sanitaires très éventés.

Au moins pas d’odeurs pestilentielles à redouter.

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8 juillet 2019 1 08 /07 /juillet /2019 19:54

De Deva à Viveiro

Cette nuit a été bien arrosée et c’est sous une pluie « fifine » que nous quittons Deva pour poursuivre notre progression vers l’ouest. Evitant les grandes villes, nous rattrapons l’autovia et contournons Gijon ( prononcez « rironne » !) en direction de la Corogne. Chemin faisant, nous quittons la Cantabrie ; nous voici dans les Asturies.

Première halte à Cudiliero. Coup de foudre !

Par chance, la pluie s’est arrêtée mais le temps reste gris : ambiance parfaite pour découvrir ces lieux bourrés d’atmosphère ! Nous sommes arrivées directement sur le port et avons facilement trouvé une place pour nous garer. Heureusement que nous avons raté la route qui arrive directement dans le village ; le hasard fait bien les choses car nous aurions eu quelques difficultés à le traverser. Tout est bien.

Notre découverte va nous mener bien au dessus de ce joli village de pêcheurs dont les maisons colorées s’accrochent aux deux versants de la vallée. Du point le plus haut où nous sommes arrivées en enfilant ruelles et venelles pittoresques, nous avons une vue plongeante sur les toits, le port, la crique et les falaises qui la bordent surplombées d’une frange d’eucalyptus.

Il y a des eucalyptus partout. En filant sur l’autoroute nous nous sommes aperçues que ce que nous prenions souvent pour des forêts de pins n’étaient en réalité que des forêts d’eucalyptus. Radiata ? Globulus ? Citriodora ?

En arpentant le village, nous pensons à ces villages des « cinque terre » que nous avons visité deux ans plus tôt. Il y a des similitudes, mais autant les premiers, magnifiques, subissent l’invasion touristique, autant Cudiliero est resté dans son jus, authentique et peu fréquenté, plus ou moins refermé sur lui-même. Ce n’est pas la richesse, ici ; nous remarquons beaucoup de maisons en ruines, et de nombreuses autres arborent un panneau « se vende ».

Dans les hauteurs du village, inaccessibles aux voitures, deux femmes âgées discutent devant leur maison. Comment se ravitaillent-elles ? Comment fait-on, ici, lorsque l’on ne peut plus se déplacer ? Vit-on reclus chez soi ?

Redescendues vers le port, nous sommes heureuses de trouver une vraie poissonnerie. Nous remarquons même à l’entrée un panier rempli de pousse-pieds, ces coquillages bizarres que les gens du coin s’en vont ramasser sur les rochers fouettés par les déferlantes, au risque d’y laisser leur peau. Une vraie passion, ici, ce « truc » bizarre. Nous n’avons pas vraiment envie d’y goûter ; nous, ce que nous voulons, c’est du poisson tout frais péché… Mais le patron nous dit sèchement qu’on ne peut pas entrer. On a un peu de mal à comprendre pourquoi puisqu’il y a un client à l’intérieur. Celui-ci s’empare d’un balai et le place en travers de la porte. Bon, c’est clair. On ne veut pas nous servir.

Lorsque nous repartons, nous constatons qu’ils sont en train de nettoyer les quais du port au jet. Et hop ! Les mégots et divers détritus ! Tout le monde à la mer !


 

Nous repartons et remontons vers l’autoroute pour l’étape suivante : Castro Coaňa.

On appelle « castro » un village fortifié, et en l’occurrence, le Castro (ou castelon) de Coaňa est un village fortifié d’origine celte que l’on commença à fouiller en 1877. Mais c’est entre 1939 et 1944 que la majorité des constructions furent exhumées. D’une richesse exceptionnelle, il fut classé d’intérêt culturel en 1993.

Ce gisement archéologique apporte de grandes connaissances sur un modèle d’établissement humain qui fut prédominant dans les Asturies à l’âge du fer, et même à l’époque romaine. Le village aurait été occupé au moins depuis le Vl-Vème siècle avant JC, jusqu’au llème siècle après. Il semblerait qu’il ait connu une grande activité durant les premier et second siècles du fait d’une exploitation aurifère dans la vallée du rio Navia et de sa position stratégique, à proximité de la mer et de la portion navigable de ce même rio.

Aujourd’hui, l’ensemble des habitations se répartissent sur une petite colline en deux parties distinctes : l’acropole et le quartier nord. Renforcé de bastions, un rempart de deux mètres d’épaisseur, précédé d’un fossé défensif, enserre l’acropole au sommet de la colline ; un autre rempart protège tout le quartier nord. Au pied de l’acropole, on a exhumé environ 80 cabanes, la majorité étant de forme circulaire.

Quelques unes présentent un plan rectangulaire et l’on peut remarquer dans d’autres la présence d’un vestibule.

Bien entendu, seuls les murs d’ardoise, d’une hauteur moyenne de deux mètres (mais certains atteignent quatre mètres) ont résisté au temps. Les cabanes n’ont pas de fenêtre mais certaines ont deux portes; elles étaient vraisemblablement recouvertes de paille et d’arbustes locaux, tels le genêt, sur une armature de bois. En tant que mobilier, il ne reste plus que des mortiers, des moulins, et parfois un banc. Au centre du quartier nord court un réseau de canaux recouverts d’ardoises : des égouts !

Lorsque l’on pénètre sur le site, la première chose que l’on découvre est le sauna, réemployé et amélioré par les romains, avec sa grande baignoire en granite, ses canalisations, son four et sa chaudière. Face au sauna, une grande « place rectangulaire dominant la partie basse du village et l’ensemble des habitations, vraisemblablement espace public ou « forum » après la romanisation.

L’acropole n’est pas accessible. La femme de l’accueil nous précisera ensuite que des fouilles y sont en cours et que les lieux ne sont pas assez sécurisés. Nous avons d’ailleurs longuement parlé avec elle après la visite du musée ( on peut y voir des vestiges trouvés sur les lieux, une présentation d’autres castros des Asturies et de longues explications sur l’exploitation de l’or qui fut pratiquée dans la région). Commencé dans un français timide (mais bon), constatant que nous la comprenions en espagnol, assez bien (pour moi) et très bien (pour Dominique), elle est entrée dans des explications plus pointues (et dans un débit nettement accéléré !), notamment sur le fait qu’il n’a jamais été retrouvé la moindre sépulture aux abords des « castros ». Bizarre, non ? Que faisaient-ils donc de leurs morts ? Mystère et balle de golf ! Les incinéraient-ils ? Les chercheurs ont émis l’hypothèse qu’ils pouvaient utiliser les nombreux tumuli présents dans la région. Mais ce n’est qu’une hypothèse.

La visite terminée, nous nous restaurons sur le parking avant de reprendre la route (et l’autoroute) jusqu’à Viveiro, petite ville bordant une large ria, la ria de Viveiro, pardi ! Nous allons directement au camping, situé entre la ria et la plage de Covas, (la praia, dit-on ici, puisque nous sommes arrivés en Galice où la langue locale n’a plus grand-chose à voir avec le castillan). Nous supposons que cela ressemble au portugais… Nettement plus compréhensible que le basque, heureusement. Nous remarquons en tout cas que les catalans ne sont pas les seuls à avoir éradiqué le castillan de l’affichage public, alors arrêtons de les stigmatiser !!! A partir de maintenant, tout sera en galicien. On s'adapte.

Nous partons aussitôt à la découverte de la ville. Depuis midi, le soleil est revenu.

Nous pénétrons dans les quartiers historiques par la porte de Charles Quint, du XVlème siècle, dernier vestige d’un rempart médiéval, majestueuse, couronnée de créneaux ouvragés.

La petite ville de Viveiro est agréable, les ruelles décorées, parées de petits drapeaux, les vitrines attrayantes. Nous tournons autour de la très ancienne église Santa Maria de Campo, faute de pouvoir y entrer (ici, on ne dit pas iglesia, mais igrexa), admirant son architecture extérieure. La plus ancienne et la plus pure des églises de style roman de Galice, dit le Routard. Mobilier intérieur intéressant ; on les croit sur parole.

De nombreuses bâtisses arborent désormais le style galicien, avec leurs galeries en façade, souvent sur plusieurs étages.

Le routard parle de « bow-window » et si cela donne une idée du style, nous n’avons pas réussi à trouver le mot exact, en espagnol ou en français. Les galeries, constituées de boiseries et de verrières, recouvrent parfois toute la façade des maisons à l’exception du rez-de-chaussée ; pour d’autres, seuls un ou deux balcons sont fermés. Les boiseries sont généralement très travaillées, uniformément blanches ou colorées.

En aval de la ville et du port de Celeiro qui la jouxte, la ria de Viveiro est ponctuée de criques et de plages, dont la plage de Covas (praia de Covas, donc). Le camping est juste à côté et nous allons y faire un tour après le souper. La promenade longue d’environ 1,5 kilomètre permet de découvrir la baie pittoresque, piquetée de nombreux îlots.

Plusieurs maisons du front de mer arborent la même banderole intrigante : « S.O.S praia ». Que se passe-t-il donc ici ?

Renseignements pris sur Internet : suite à la construction d’une nouvelle jetée pour le port de Celeiro, la dynamique des marées est perturbée et la plage serait progressivement grignotée. Voilà… C’est ça, le progrès. Et c’est la même histoire partout ! (Le Racou !)

Fredo

 

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7 juillet 2019 7 07 /07 /juillet /2019 19:07

Lorsque nous quittons Potes en ce cinquième jour de voyage le plafond est bas mais le ciel retient ses gouttes. Nous arrivons à découvrir l’église Santa Maria de Lebeňa au sec.

Santa Maria de Lebena

Entourée de vergers l’architecture est à coup sûr très belle mêlant arts mozarabe et wisigothique et si l’on veut bien croire que les chapiteaux, les motifs solaires de l’autel et enfin la statue d’une vierge allaitante valent la visite, nous devrons nous contenter de les imaginer. Pourtant à notre arrivée nous aurions pu croire que la chance allait nous sourire, une équipe de journalistes était déjà sur site, d’autres touristes patientaient et le préposé à la visite venait d’arriver armé d’une clé XXL. Seulement même à deux, trois minutes près, avant l’heure ce n’est pas l’heure et comme il n’avait pas l’air très avenant ni pressé d’ouvrir, le groupe de journalistes semblait l’indisposer, nous sommes parties, le MUJA nous attendait

Kesako ? Juste le Musée du jurassique des Asturies !

Installé sur la côte atlantique au lieu dit Rasa de San Telmo le MUJA abrite dans un bâtiment en forme d’empreinte de tridactyle une exposition permanente dédiée aux dinosaures qui peuplèrent il y a 150 millions d’années la côte de Gijón à Ribadesella et dont un œil averti peut découvrir les empreintes sur le littoral !

Empreinte de dinosaures sur La cote asturienne près de Llastres

De leur apparition à leur disparition le musée fourmillent de détails pointus, certes, mais présentés de telle manière que jamais on ne s’ennuie.

Le MUJA

Le ton est donné dès l’arrivée quand après avoir laissé son véhicule apparaît dépassant la crête des eucalyptus la tête d’un sauropode, l’un des plus grands représentants de cette famille. Non loin un tyrex joue les terreurs à deux pas d’un tricératops !

Le visiteur va remonter le temps des premiers organismes qui peuplèrent la terre jusqu’à leur disparition. Chaque espace est conçu pour faire la lumière sur un aspect bien précis de l’évolution des dinosaures.

La visite commence par un rappel, notre Terre est vivante et en constante évolution, d’ailleurs l’Océan Atlantique est en perpétuelle expansion. La cote américaine s’éloigne de nous à raison de 2 cm par an. Bye bye Trump !

C’est peu, me direz-vous, mais pas anodin. C’est la conséquence de la formation constante de la croûte océanique au niveau de la dorsale atlantique mais il y a un hic ! Car du côté pacifique c’est la même chose. Après cela étonnez-vous que cela secoue parfois ?! Il apparaît en tout cas clairement que la terre vivait avant nous, qu’elle a survécu aux extinctions de masse et nous survivra. Alors soit-dit en passant même si nous la malmenons, les grands perdants seront les humains !

Le plus du MUJA à mon sens est d’offrir une lecture de ses contenus à plusieurs niveaux. Des petits aux professionnels de l’enseignement (remarque pouvant surprendre, mais l’enseignante n’est jamais bien loin) chacun peut y trouver son compte. Ainsi si la datation d’un évènement, d’un objet etc. au niveau des temps géologiques vous laisse dubitatif, le MUJA permet de comprendre pourquoi il est possible d’obtenir une datation absolue du plus infime fragment. J’explique !

Dans la nature chaque isotope radioactif d’un élément chimique déterminé se transforme en un isotope stable à une vitesse constante. En comparant la proportion d’isotope radioactif original à un isotope stable n’importe quelle trouvaille archéologique peut être datée. C’est ce que l’on appelle la datation au carbone 14. La vie moyenne du Carbone 14, ou le temps nécessaire pour que la moitié d’un élément soit constitué à parts égales de carbone 14 et de Nitrogène 14, est de 5700 ans
Quand un élément à dater contient 3 fois plus de Nitrogène que de Carbone on peut en déduire que 11400 ans se sont écoulés depuis son origine !

Simplissime, non ?

Pour tout dire comme beaucoup d’entre nous les dinosaures m’intriguent et aujourd’hui je suis assez satisfaite de pouvoir les placer au sein de la chaîne de l’évolution et de pouvoir constater qu’ils n’ont en fait pas vraiment disparu. Le MUJA met très clairement en évidence que sans problème à affronter la vie ne se serait pas déployée sur terre. La maîtrise de la capacité à quitter le milieu aquatique chez les vertébrés est la conséquence de la résolution de multiples problèmes tels que ceux liés à la locomotion, la respiration, la reproduction … les premiers organismes qui ont réussi à vivre sur la terre ferme ont vu leur squelette évoluer et quand ils se sont totalement affranchis du milieu aquatique la vie telle que nous la connaissons est devenue possible ! Ces premiers organismes sont les amniotes en référence au sac amniotique qui protège l’embryon, nos ancêtres en quelques sorte puisqu’il s’agit des premiers représentants dont sont issus tous les vertébrés terrestres !

Les amniotes ont donné naissance à deux lignées principales, les synapsides et les diapsides. Nous sommes issus des premiers quant aux diapsides ils ont évolué en deux branches distinctes, lézards et serpents d’un côté, crocodiles, dinosaures et oiseaux de l’autre, ces deux espèces appartenant à la même branche celle des théropodes ! Voilà pourquoi on peut dire que les dinosaures n’ont pas totalement disparu !

Bon, je ne me perds pas dans les détails mais c’est assez marrant de penser que nos tourterelles et les petits piafs que nous nourrissons sont des représentants très éloignés des dinosaures !

Autre remarque au passage, sans problème pas d’évolution, qu’on se le dise car à trop vouloir aplanir les difficultés, notamment de nos chères têtes blondes, on risque de les abêtir et de leur couper les ailes !

Le MUJA est une expérience sympa à vivre et c’est satisfaites que nous avons poursuivi notre découverte de la côte asturienne qui offre aux curieux de jolis villages aux allures (un peu moins léchés certes) de Cinque Terre. Là aussi les dénivelés sont impressionnants et le nombre de marches à avaler tant en descente qu’en montée est considérable d’autant que afin d’éviter de se retrouver coincé dans des ruelles exiguës nous privilégions les rares parkings aux entrées de villes.

Tazones

Dans le coin le village de Tazones est de loin le plus joli et le plus pittoresque. Les barques de pêche sont encore remontées sur les quais et si le treuil qui permettait jadis de les sortir de l’eau n’est plus là qu’à titre de souvenir, il est aisé de s’imaginer ce qu’était la vie des pêcheurs.

Charles Quint, encore lui, est passé par là et son souvenir y est toujours commémoré. Difficile d’ordonner la visite, Tazones se déguste au petit bonheur, le nez en l’air mais pas trop car le sol est inégal et un instant d’inattention ne pardonne pas. Les détails fourmillent depuis la casa de las conchas où un émule du facteur cheval a sévi à moindre échelle.

Casa de las conchas

Les balcons colorés habillent les façades et chaque bistrot propose le cidre des Asturies et autre spécialité du coin.

Voilà demain étant un autre jour, c’est près de Gijón que nous avons stoppé le Ptibus, pour la nuit, sous la pluie !

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