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14 juillet 2016 4 14 /07 /juillet /2016 17:13
Aragon-Navarre, édition spéciale, Huesc'Arts

Lorsque nous avons découvert Huesca, de prime abord nous fûmes déçus surtout par une absence de vie peu habituelle en ce pays. Le patrimoine bâti, selon l’expression consacrée, est beau, il est aisé de le découvrir en suivant un itinéraire matérialisé par des panneaux didactiques retraçant l’histoire de la ville et son évolution.

Ville romaine, place-forte musulmane, capitale de l’Aragon après la reconquête, la ville fut le théâtre de heurts sanglants en 1837 lors de la première guerre carliste (genre guerre de succession). Quasiment 100 ans plus tard, tombée sous le joug des troupes franquistes, elle fut de nouveau ensanglantée.

Aragon-Navarre, édition spéciale, Huesc'Arts

La fondation « Ramon y Katia Acin » tout en retraçant et préservant l’oeuvre de ces 2 artistes, s’est donnée pour but de rappeler aux générations actuelles la mémoire et les valeurs qui ont marqué les générations contemporaines de cette époque tourmentée.

Humaniste, pédagogue, Ramon Acin s’est battu pour défendre la liberté de penser, d’agir, « la mort de l’intelligence facilite l’esclavage » disait-il ! Développer raison et entendement, favoriser l’accès à la culture seule source de liberté pour « une classe laborieuse maltraitée » fit de lui l’homme à abattre !

caricatures de Ramon Acin
caricatures de Ramon Acin

En ce qui me concerne, j’ai assez vite trouvé un fil conducteur à cette visite de ville en découvrant sur un mur aveugle une gigantesque peinture murale.

L'Oeil Fratelli Moca
L'Oeil Fratelli Moca

Quelle symbolique y voir ? Je n’en sais guère plus aujourd’hui, il faudrait chercher !

Je suis juste en mesure de vous apprendre qu’elle est la réalisation d’un artiste de rue Fratelli Moca et s’inscrit dans le cadre d’un projet fédérateur voulu par la municipalité de la ville afin de revitaliser le centre historique de Huesca.

Le cœur historique a été divisé en secteurs, chaque secteur a fait l’objet d’études débouchant sur la mise en exergue d’une problématique : friches industrielles à réhabiliter, chantiers de restauration de bâtiments à envisager, espaces murales à habiller … si vous voulez voir ce que cela donne, clic !

https://youtu.be/GnGFvqUaUk0

Aragon-Navarre, édition spéciale, Huesc'Arts

Une association a vu le jour, Re-Gen, et fédère tous les acteurs de cette reconquête du centre ville. Voisins, entreprises, commerces, communauté gitane, écoles ... chacun participe et est informé via un site Web ouvert à tous, des actions en cours, des besoins en matériels, des idées ! Les initiatives sont collectives mais chacun peut donner à l'entreprise un cachet qui lui est personnel.

Belle dame, Bhurton
Belle dame, Bhurton

Ventes de T-Shirts, récupération, détournement d’objets, tout est bon pour recréer un cadre de vie inédit et que chacun peut s’approprier puisqu’il a œuvré à sa création.

Des artistes ont offert leur concours et certaines façades sont devenues leurs lieux d’expression transformant certaines artères en musée de plein air.

Bhurton, Girafe à sa fenêtre
Bhurton, Girafe à sa fenêtre

Il en est un qui m’a tapé dans l’œil, Edward Bhurton !

La femme à la fenêtre, La girafe …

Bhurton, que la lumière soit !
Bhurton, que la lumière soit !

… l’enfant à l’ampoule

C’est inventif, il y a de la profondeur, de la lumière et une maîtrise du geste phénoménale surtout si l’on sait qu’il peint à la bombe (300 sprays en moyenne pour un tableau) !

Aire de repos sur une ancienne friche
Aire de repos sur une ancienne friche

Voilà, finalement c’est facile de bouger !

Il faut juste se dire que c’est possible et cesser de procrastiner en se trouvant des tas de mauvaises raisons pour ne pas bouger. J’imagine bien que certains, parmi les inventeurs du concept, auraient pu se dire que d’autres qu’eux en récupéreraient le mérite (nous avons bien connu ça à propos d’une opération nettoyage que nous voulions voir démarrer sur le village) pourtant ils l’ont fait, la municipalité de Huesca les a soutenus, d’autres se sont engouffrés dans la brèche et ça marche !

D’autres chantiers sont en cours d’élaboration et nul doute que ce n’est pas près de finir !

Et si on copiait sur Huesca ?

Do

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14 juillet 2016 4 14 /07 /juillet /2016 14:53
Sos Del Rey Catolico
Sos Del Rey Catolico

Nous partons ce matin avec un seul fourgon puisque nous revenons à Sangüesa ce soir. Premier arrêt, Sos Del Rey Catolico !

Nous traversons un paysage pelé puis prenant de l’altitude les pins, à crochets ?, font leur apparition. Derrière leur frondaison émerge à intervalles réguliers les pales d’un immense champ d’éoliennes. Depuis notre entrée en Espagne nous avons remarqué que les sites produisant de l’énergie verte et donc renouvelable sont très nombreux, éoliennes couronnant les crêtes montagneuses, fermes voltaïques dont les panneaux s’orientent en fonction de la course du soleil !

Aragon-Navarre, jour 8

Nous grimpons un col et tombons sur la Guardia Civile qui nous arrête, jette un œil dans le fourgon puis nous fait dégager d’un geste vif ! Ça ne rigole pas !

Sos Del Rey Catolico est une ville médiévale qui vit naître en ses murs, Ferdinand, le cher et tendre d’Isabelle la Catholique ! D’où le nom !

La ville a conservé une bonne partie de ses murailles et portes fortifiées, les monuments sont remarquablement entretenus. Beaucoup de cachet, c’est sans doute pour cette raison que de nombreux films y sont tournés d’ailleurs un peu partout au hasard de la visite des fauteuils de tournage en bronze, permettent aux touristes las de se reposer et de s’identifier à tel acteur dont une plaque immortalise la présence en ces lieux.

Aragon-Navarre, jour 8

Nous musardons au hasard des ruelles remarquant les très nombreux heurtoirs ornés de coquilles. A n’en pas douter nous sommes sur un itinéraire menant à Compostelle !

A la recherche du palais de Sarda où naquit Ferdinand, nous tombons sur l’ancien quartier juif. La ville est truffée de magnifiques bâtisses arborant des avant-toits monumentaux en bois sculpté, détail architectural qui semble présent partout en Navarre et décliné de la forme la plus simpliste à la plus sophistiquée.

Avant toit sculpté
Avant toit sculpté

Nous grimpons jusqu’à la terrasse du château après avoir réussi à visiter l’église, ce qui ne s’annonçait pas gagner.

Bien que dans les temps et tout indiquant qu’une visite est en cours, le portail est bouclé ! Décidés à tenter notre chance, nous patientons, laissons sortir un troupeau de français indisciplinés puis nous nous faufilons dans la crypte. Le curé que les précédents visiteurs semblent avoir exaspéré, nous suit pas à pas.

Nous allons nous montrer des touristes modèles !

La tension se relâche, il devient prolixe en explications, notre intérêt pour ce monument le comble tant et si bien qu’au moment de quitter les lieux, il gratifie les dames d’un « besito ». Voilà, nous avons redoré l’image du français, découvert les œuvres du grand sculpteur Maître Esteban, d’exceptionnelles peintures murales du XIIIe et un orgue magnifique !

Aragon-Navarre, jour 8

Une petite faim et une grande soif nous tenaillant, nous bouclons la visite. Nous quittons ce village vivant où à la faveur de quelques emplettes nous avons goûté une délicieuse spécialité chocolatée pour un village qui devrait nous ravir, si j’en crois le topo guide que j’ai tiré avant le départ !

Nous pique-niquons au bord de la route, sur un muret, seul point ombragé du coin avant de gagner Uncastillo.

Je serai brève, ce village ne casse pas 3 pattes à un canard. Certes tout indique que ce fut beau, mais tout semble à l’abandon mis à part l’église mais de ce côté là, nous commençons à être en overdose !

Donc, blogueur qui me lisez, si vos pas vous mènent un jour dans le coin, zappez Uncastillo et rejoignez sans tarder Sangüesa car là, il y a de quoi se régaler.

Sangüesa
Sangüesa

Point positif, la ville traversée par un fleuve est ceinturée de verdure et en calculant bien ses déambulations, notamment par rapport à la course du soleil, il est possible d’y vaquer sans griller, d’autant que tout y est à échelle humaine !

Outre ses nombreuses églises que nous avons évitées, il y a de magnifiques vieux palais, des porches imposants, un ancien château converti en école de musique et médiathèque qui sert de nichoir à des colonies de cigognes, comme bien d’autres édifices de la petite ville.

Aragon-Navarre, jour 8

Baroque, roman, gothique, tous les styles sont représentés mais la ville n’a rien d’un musée.

 Rosquillas ?
Rosquillas ?

La rue principale, très animée offre une multitude de cafés avec terrasses, pour choisir c’est affaire de feeling, des restaurants, une grande variété de commerces dont un où j’adore traîner, une quincaillerie ! Là encore pas de grandes surfaces en périphérie, juste de quoi se mettre au vert, stade, piscine … La casa de los ancianos, ça sonne mieux qu’EPAHD, est en ville, coincée entre l’école et le collège !

Aragon-Navarre, jour 8

Demain étant un autre jour, nous savourons à la fraîche le glouglou du fleuve Aragon tout proche sans trop s’arrêter au programme à venir. Prémonition ?

Do

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13 juillet 2016 3 13 /07 /juillet /2016 15:21
Santa cruz de la seros
Santa cruz de la seros

Septième jour, déjà…

Il semblerait que nous soyons vraiment passés en été.

Ce matin, nous quittons le camping pour gagner, à une vingtaine de kilomètres de Jaca, le beau village de Santa Cruz de la Seros, point de départ d’une randonnée qui va nous mener au monastère de San Juan de la Peňa.

Le village de Santa Cruz est un site touristique qui mérite bien sa renommée ; il présente un bel ensemble architectural hérissé de superbes cheminées aragonaises (les "espanta brujas" ou chasse-sorcières), et doté d’un bel édifice religieux de style roman, l’église Santa Maria. Mais nous visiterons au retour, car pour l’heure, nous chaussons nos godillots, empoignons nos bâtons de marche, pour nous lancer à l’assaut d’un sentier caillouteux, encore assez ombragé à cette heure.

sur le sentier du monastère

sur le sentier du monastère

sommets enneigés au loin...
sommets enneigés au loin...

Nous nous élevons rapidement, jouissant d’une vue magnifique sur les reliefs alentours ; falaises abruptes et inaccessibles au premier plan ; puis plus haut, un panorama qui s’étend jusqu’aux plus hauts sommets des Pyrénées, encore vaguement enneigés. Nous ne les connaissons pas assez pour les reconnaître, mais il doit y avoir là dedans du Monte Perdido, de l’Aneto et du Vignemale. Il nous semble bien reconnaître d’ailleurs la fameuse brèche de Roland. Splendide !

Le spectacle nous récompense de tous nos efforts car la montée est rude. Une crise de palpitations, peut-être due à l’arrivée brutale de la grande chaleur, m’oblige à ralentir et à stopper régulièrement. Du coup, notre moyenne chute ! Plutôt en avance sur le temps de référence indiqué sur les panneaux, nous prenons du retard. Mais au final, nous parvenons enfin à la croisée des chemins, entre celui qui descend vers le « monasterio viejo » et celui qui monte au « monasterio nuevo ».

Nous optons pour le viejo, qui ferme ses portes à quatorze heures ; nous irons au nuevo, ouvert sans interruption, après.

Redescendant vers le vieux monastère, nous croisons un pèlerin français avec qui nous faisons une petite causette sympathique avant de poursuivre notre chemin. Ici, chacun se croise en se souhaitant un « bueno camino » ; nous ne sommes pas vraiment sur un chemin de St Jacques, mais beaucoup de pèlerins font le détour à San Juan, haut lieu incontournable du catholicisme.

Le monastère est une construction impressionnante, partiellement creusée dans la roche et établie dans sa totalité dans une anfractuosité de la falaise, à 1120 mètres d’altitude.

le monasterio viejo
le monasterio viejo

La visite commence par le dortoir des moines, avant de se poursuivre dans l’église primitive où il est encore possible d’admirer quelques fresques. L’une d’entre elle représente ces bons vieux Saints Côme et Damien à qui nous rendons régulièrement visite, à l’ermitage ND de Vie d’Argelès sur mer. De vieilles connaissances, donc !

peintures murales, Sts Côme et Damien

peintures murales, Sts Côme et Damien

le panthéon des nobles
le panthéon des nobles

Nous pénétrons ensuite dans le panthéon des nobles, cour rectangulaire dont les murs sont percés d’une double rangée de sépultures ornées de blasons et d’inscription nécrologiques, renfermant les dépouilles de personnages illustres du royaume d’Aragon, antichambre de l’église haute, à nef unique et de style roman.

le cloître roman
le cloître roman

Poursuivant plus avant notre découverte, passée une superbe porte de style mozarabe, nous ne tardons pas à déboucher dans ce qui constitue sans doute le clou de cette visite : le cloître roman, entièrement surplombé par la falaise. Les chapiteaux historiés représentant les scènes de la Genèse et de la vie du Christ sont une pure merveille. Au dessus de nos têtes, la falaise a été entièrement recouverte d’un grillage protecteur, pas vraiment inutile, car de nombreuses pierres détachées de la paroi y sont restées prisonnières. Dire qu’il ne devait pas y avoir de filet à l’époque des moines ! Il a dû y avoir quelques bosses…

la résurection de Lazarre
la résurection de Lazarre

La visite se poursuit par la chapelle de style néoclassique des saints Voto et Felix, dont la légende est à l’origine de la création du monastère en ces lieux, et par le Panthéon royal où reposent les premiers rois d’Aragon, Ramiro 1er, Sancho Ramirez et Pedro 1er. Maintenant, vous les connaissez !

Nous ressortons enchantés de cette visite, et repérons aussitôt un petit coin sympathique pour casser la croûte, en surplomb du monastère. Salle à manger pleine nature, avec vue imprenable sur le cloître ! Cinq étoiles, au moins !

L’après-midi sera consacrée à la visite du monasterio nuevo, à quelques centaines de mètres plus haut. Il ne nous faut guère plus d’une vingtaine de minutes pour accéder au sommet de la falaise, sur un vaste plateau arboré, la plaine de San Indalecio. C’est le royaume des pins à crochet ; on se croirait dans la forêt de Font Romeu. Quel bonheur !

Aragon Navarre, jour 7

C’est dans ce lieu idyllique que fut érigé en 1682 un monastère de style baroque, détruit partiellement moins de 200 ans plus tard par les troupes napoléoniennes. Les moines y demeurèrent néanmoins jusqu’en 1835, date à laquelle l’état espagnol les expropria, purement et simplement. Remis en état, on y trouve aujourd’hui un musée exceptionnel qui relate l’histoire du monastère et décrit la vie quotidienne de ses occupants, ainsi qu’une hôtellerie quatre étoiles.

le monastrio nuevo

le monastrio nuevo

la façade baroque
la façade baroque

L’église ne se visite pas ; on ne peut qu’admirer sa belle façade baroque. Nous passons un long moment dans le centre d’interprétation du monastère. Cet espace, réalisé tout récemment, présente les différents aspects de la vie du monastère, de sa création jusqu’à son abandon. Une structure moderne originale permet au visiteur de circuler sur un sol transparent au dessus des ruines de l’édifice en partie restaurées, et d’en contempler, sous ses pieds les différentes parties ; chambres, dortoir, cuisine, cellier, etc…

Aragon Navarre, jour 7

Des effigies des moines en situation, des ustensiles, le mobilier, le tout en taille réelle et d'un blanc immaculé, permettent d'appréhender parfaitement les énormes dimensions de ce monastère et tous les aspects de la vie monastique. Ce dispositif est complété par un système d'écrans interactifs récapitulant les origines et l'histoire de ce site remarquable. C'est passionnant!​

https://youtu.be/mr10z-4yE9Q

l'église Santa Maria
l'église Santa Maria

Nous commençons cependant à ressentir la fatigue de la rando et surtout la soif, cherchant désespérément à nous désaltérer. Hélas, la cafétéria est déserte ; il nous est impossible de remplir nos bouteilles dans les toilettes, d’autant que nous ne sommes pas certains que l’eau soit potable et la caissière de la boutique n’est pas capable de nous renseigner sur ce point. Nous nous contentons donc d’avaler quelques gouttes, en prenant soin de ne pas vider complètement nos bouteilles, et nous nous attaquons à la descente !

La chaleur et l’instabilité du sentier rendent celle-ci presqu’aussi difficile que la montée, et nous ne sommes pas fâchés de retrouver enfin le village de Santa Cruz, d’autant qu’une sympathique fontaine y dispense une eau fraîche et délicieuse.

Une petite halte chez un artisan potier où nous nous fritons avec des allemandes pressées et culottées clôturent la journée et nous retrouvons les fourgons sur le parking, écrasés de soleil… 44° à l’intérieur ; 37° à l’extérieur.

Nous avons un peu de route à faire pour arriver au camping du soir, et nous avons hâte de repartir, mais, c’est compter sans les caprices du fourgon grognon qui, une fois de plus, refuse de démarrer !

Nous passons trois bons quart d’heure à déterminer ce que nous allons faire… Passer la nuit ici ? On est un peu en biais, mais c’est jouable. Michèle nous suggère de retourner au camping de Jaca, tout proche ; nous partirions en avant pour retenir deux places et ils nous rejoindraient ensuite, si toutefois le camion accepte de démarrer. Nous hésitons ; c’est trop aléatoire. Claude a ouvert le capot pour faire une petite ventilation… On pourrait pousser, mais si ça ne marche pas, le fourgon risque de se retrouver au milieu de la route, dans l’impossibilité de se garer correctement, voire pire : dans le mur, si le système de frein est court-circuité. Trop risqué. Bon, en attendant, on boit encore un coup ; on était vraiment à sec. On réfléchit, et à la énième tentative, ça démarre enfin ! Ouf ! Merci, nos guides, nos anges, y tutti quanti !

Nous nous dirigeons plein est, vers Siguës, à une cinquantaine de kilomètres de là, pour y passer la nuit. Une nouvelle déconvenue nous attend : le camping est introuvable. Nous nous résignons donc à poursuivre jusqu’à Sangüesa, en province de Navarre, d’où nous pourrons démarrer nos prochaines excursions. Nous traversons la petite ville, qui a l’air belle, jusqu’au camping municipal, accolé à l’espace aquatique surbooké. Nous passons beaucoup de temps à l’accueil, le réceptionniste n’étant pas un pro de l’informatique, mais au final, nous sommes plutôt bien : à l’ombre salutaire des peupliers qui, comme à Jaca, dispensent généreusement leur pollen, il n’y a que nous dans le camping ! C’est parfait, d’autant qu’à présent, manger dehors est un pur bonheur, exception faite de quelques moustiques indésirables… On fait avec.

Fredo

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12 juillet 2016 2 12 /07 /juillet /2016 11:49
Aragon-Navarre, jour 6

Nous quittons le camping pour faire halte quelques kilomètres plus loin au village d’Ayerbe. Il paraît que la panaderia propose des tortas démentielles. Tour de ville rapido presto, arrêt à la boulangerie mais contrairement à ce qui était prévu Frédo et moi flashons sur les rosquillas ! On croirait voir celles que nous mitonne Conchita qui nous régale de quelques unes de ses spécialités. Je n’ai jamais mangé d’anchois marinés aussi délicieux que les siens, quant à ses rosquillas elles sont vraiment fameuses.

Los  Mallos
Los Mallos

Nous filons ensuite sur Riglos et pénétrons dans un paysage tout à fait surprenant. Emergeant d’une zone vallonnée et peu arborée des pitons rougeâtres barrent le lointain, los Mallos !

Riglos
Riglos

Un minuscule village se blottit à leur pieds. C’est de là que nous sommes sensés effectuer une rando qui va compter dans ma vie.

Un sentier circulaire fait le tour des Mallos, les pitons. Chacun a son nom, un patronyme qui fait référence à sa forme, son emplacement ou a celui qui l’a vaincu une première fois car ces « trucs » vertigineux qui ressemblent bigrement aux météores grecs s’escaladent.

Aragon-Navarre, jour 6

En ce qui nous concerne cette activité n’est absolument pas de mise et s’il s’agit de marche, je m’interroge de plus en plus en voyant la configuration des lieux sur le tracé de la rando ?!

Point de vue
Point de vue

Nous observons intrigués les allées et venues incessantes d’un hélico de la Guardia Civile tout en suivant le balisage et le topo récupéré sur Google. Nous attaquons vaillamment la balade, c’est absolument magnifique même si certains points de vue ont de quoi serrer le coeur, la déclivité est à son maximum. Les Mallos sont en fait tous séparés les uns des autres mais l’enchevêtrement est tel qu’il faut vraiment être au-dessus pour s’en apercevoir.

Tant que cela grimpe, ça va, mais la situation se complique soudainement avec un passage à l’horizontal en corniche. Je m’en doutais !

Mes coéquipiers se montrent compréhensifs, ils me laissent devant et ne me parlent plus. Heureusement que par endroits des arbustes masquent un peu l’abîme.

Aragon-Navarre, jour 6

Nous goûtons enfin l’arrivée au point culminant. Le paysage est grandiose, un plateau qui se donne des airs alpestres, une petite cabane et un panorama à 360°. Il y a juste un bémol, il va falloir redescendre tout ça !

Il est inutile d’envisager faire demi tour, reste la possibilité de négocier les passages délicats sur le postérieur.

Aire de repos des buitres
Aire de repos des buitres

Tout en admirant les vols des buitres (ou percnoptères d’Egypte) qui nichent dans les falaises en des zones interdites à l’escalade, nous perdons petit à petit de l’altitude. Toutes les 5 minutes nous faisons une pause pour les observer, les photographier et mine de rien le but se rapproche. Avec la même fréquence, l’un de nous dérape sur le sol défoncé et caillouteux. Angoisse !

Entre les pitons, le sentier !
Entre les pitons, le sentier !

Trois heures et demie plus tard nous revenons au village, l’estomac dans les talons et retrouvons les fourgons au milieu de plusieurs véhicules de la Guardia Civile, venue là pour entraîner ses troupes dans ces conditions extrêmes. Le pourquoi de l’incessant ballet d’hélico.

Aragon-Navarre, jour 6

Rousquilles avalées, nous gagnons Jaca. La température ambiante grimpe doucettement et nous commençons à nous caler sur les coutumes locales. Nous repartons visiter la ville en soirée et avec notre fourgon. La marche à pieds, on a donné. Nous apprécions aussi les horaires ibériques, à 20h30 tout est encore ouvert, même les banques. Rien à voir avec l’Allemagne ou l’Autriche où dès 18h tout est fermé !

Jeux d'eau à Jaca
Jeux d'eau à Jaca

Première capitale de l’Aragon, Jaca connut la présence des légions romaines, la domination des Maures et fit partie du royaume de Naples. C’est à Jaca en 1930 que se situe le premier soulèvement populaire visant à instaurer la République !

La ville possède aussi une imposante citadelle dont la construction débuta en 1592 et ce qui ajoute à son charme, en ce qui nous concerne, plein de cigognes !

La ville est très plaisante, nous y réalisons quelques emplettes et y trouvons même une bio coop ! Tour del reloj, Ajuntamiento au portail plateresque, cathédrale, maisons à oriels sur la rue principale, nous organisons notre visite de manière à semer un groupe de touristes envahissants et bruyants !

Rue principale
Rue principale

Nous terminons la journée en plein air, l’été est là ! Chacun apporte sa contribution au repas, c’est toujours très inattendu et convivial et nous anticipons sur la journée de demain ! De la marche encore de la marche pour découvrir le monastère San Juan de la Peña !

Do

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11 juillet 2016 1 11 /07 /juillet /2016 14:15

Comme d’habitude, nous levons le camp vers 9h30.

La chaleur est arrivée et nous roulons dans un paysage quasi désertique, ponctué de petits villages sympathiques où nous ne nous arrêtons pas : Adahuesca, Abiego. Nous reprenons bientôt l’auto via en direction de Huesca ; petite halte pour faire le plein du côté de Claude et Michèle et nouveau coup de calgon pour leur fourgon ! Heureusement, ça ne dure pas ; quelques minutes de suspens et ça repart !

Nous voilà bientôt en vue des ruines du château de Montearagón qui doit faire l’objet d’une première visite. On ne voit que lui, perché sur sa colline, isolé dans le décor aride. Impossible de ne pas louper !

Et pourtant…

Un panneau touristique indiquant le site, nous nous engageons sur une petite route à notre droite, vers Loporzano, Barluenga, et San Julian de Banco. Et nous roulons, nous roulons, avec le sentiment grandissant de s’éloigner de notre objectif. Pas normal.

Mais comme il faut savoir s’adapter, nous allons inverser les visites et commencer par les villages ; nous ferons le château après.

la sierra de Guara
la sierra de Guara

Nous nous arrêtons à l’entrée de Barluenga pour poursuivre vers San Julian de Banco à bord d’un seul fourgon afin de réduire les difficultés de stationnement. Après une petite marche dans ce curieux village qui ne vaut pas vraiment le détour, (si ce n’est qu’il est le point de départ de nombreux sentiers de randonnées dans la très spectaculaire sierra de Guara où nous irons peut-être traîner une prochaine fois), coupé en deux par un ravin, où toutes les maisons sont fermées et où nous ne croisons pas âme qui vive, nous revenons à Barluenga pour récupérer le second fourgon et repartir à la recherche du château : s’il n’y avait pas d’accès par l’itinéraire emprunté à l’aller, nous allons en tenter un autre ! Nous nous dirigeons vers Huesca en guettant les petites routes latérales sur la gauche, mais aucune ne semble mener à Montearagón et nous voilà parvenus dans les faubourgs de Huesca, sans rien avoir trouvé !

Toujours le même décor, râpé et jauni par les ardeurs du soleil, peu engageant, en définitive.

Nous sommes têtus et repartons en sens inverse, plein est sur l’autovia, non sans nous perdre un moment dans les quartiers modernes de la ville ! C’est agaçant, c’est agaçant ! Et puis après quelques jours de rase campagne quasi désertique ce n’est pas du tout un plaisir de retrouver la ville et la civilisation.

Rebelotte en sens inverse : on voit le château, on ne voit que lui, mais aucune indication quant à un éventuel chemin d’accès ! Ras le bol : c’est sûrement qu’il ne faut pas y aller. Dommage, c’était gratuit…

Nous changeons nos plans une nouvelle fois : nous décidons de gagner Huesca, de nous installer au camping et puisqu’il se trouve à 800 mètres du centre historique, de visiter la ville après manger.

Nous voilà repartis vers Huesca !

Mais un nouveau problème surgit : le camping n’est pas indiqué et reste introuvable.

Décidément, la ville, ce n’est pas pour nous. Qu’à cela ne tienne ! Puisqu’il est l’heure de manger, nous nous garons. Nous visiterons la ville après nous être restaurés et nous repartirons vers des lieux plus accueillants. Voilà, il y a toujours une journée plus ou moins ratée dans un voyage… C’est fait !

la cathédrale de Huesca
la cathédrale de Huesca

Nous nous restaurons à bord de nos camions respectifs que nous n’avons pas pu garer côté à côte et passons une bonne partie de l’après-midi à sillonner le quartier historique de cette capitale de province, un peu déçus au début. Il faut dire que c’est dimanche et que les magasins sont fermés. Il y a forcément moins de vie qu’un autre jour de la semaine.

Buster Keaton
Buster Keaton

Il fait chaud; nous cherchons l'ombre. Nous admirons, ici et là, les oeuvres disséminées d'artistes locaux qui se sont exprimés pour le plaisir de nos yeux (en général) sur les murs de la ville....

Huesca, la plaza Mayor
Huesca, la plaza Mayor

Ce n’est que sur la fin de notre parcours urbain, que nous découvrons la belle plaza mayor et les rues du centre où tous les habitants de la ville semblent s’être donnés rendez-vous : les terrasses de cafés et restaurants ont été prises d’assaut. Les langues vont bon train ! Ambiance typiquement espagnole ; bonjour les décibels !

terrasses de restaurant prises d'assaut!

terrasses de restaurant prises d'assaut!

nid de cigognes en pleine ville
nid de cigognes en pleine ville

Finalement, Huesca est une ville sympathique, et cerise sur le gâteau, on peut y admirer de nombreux nids de cigognes, en plein centre ville, jusque sur les antennes de téléphonie mobile ! Elles ne craignent pas les radiofréquences, elles…

Nous revenons à nos véhicules pour gagner avec un jour d’avance le sympathique petit camping de Ayerbe, à une trentaine de kilomètres de là. Et comme il est tôt, sitôt installés, nous reprenons la route, tous les quatre à bord du Ptibus, pour partir à la découverte de l’impressionnant château de Loarre. Et Dieu merci, celui-là ne nous fera pas le coup de Montearagón !

le château de Loarre
le château de Loarre

Nous voilà à plus de 1000 mètres d’altitude au dessus de la plaine de Sotonera et un vent turbulent qui nous rappelle la tramontane refroidit l’atmosphère. Nous sortons les petites laines, sauf Claude qui a joué les optimistes et n’a rien emporté !

vue sur le donjon et la chapelle primitive
vue sur le donjon et la chapelle primitive

Véritable nid d’aigle, construit en 1020 sur des vestiges romains par Sancho El Mayor, roi de Pampelune, le château de Loarre est la forteresse romane la plus importante du Haut Aragon et d’Espagne. Il fut réaménagé un peu plus tard par Ramiro 1er, fondateur du royaume d’Aragon. Outre le monastère augustin San Pedro, la forteresse se compose d’un pavillon royal, d’une chapelle, d’une ancienne tour défensive dite « tour de la reine », d’une place d’armes, de dépendances et d’un donjon. Le mur d’enceinte flanquée de nombreuses tours défensives est particulièrement remarquable.

https://youtu.be/Dn70UJlZe0o

Après la visite du château, nous enchaînons celle de l’église paroissiale qui n’est pas dénuée d’intérêt. A cette heure un peu tardive, il règne une belle ambiance au village ; toute la population, bambins, jeunes, moins jeunes, personnes âgées et « minusvalids », est sur la place, au bistrot et autour des fontaines ; ça jacasse, ça s’interpelle, ça rigole… C’est chaud ! C’est chouette…

Nous rentrons au camping ravis de nos visites. De quoi nous faire oublier nos déconvenues matinales ! Ce soir, une petite fraîcheur nous oblige encore à manger tous les quatre à l’abri dans le Ptibus… Et dans c’est cas là, c’est le top : la corvée de vaisselle est assumée par Michèle et Claude ! Merciiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii

Fredo

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10 juillet 2016 7 10 /07 /juillet /2016 11:54
Citadelle maure aujourd'hui collégiale
Citadelle maure aujourd'hui collégiale

Ce matin le fourgon grognon est resté au camping, histoire de se refaire une santé et c’est avec le Ptibus que nous gagnons le point de départ de notre randonnée au cas où nous aurions les gambettes flageolantes ce soir. Autant se ménager.

Alquezar est une ancienne forteresse musulmane ; un temps sous le pouvoir des califes de Cordoue elle fut reconquise au XIe siècle par le fameux Sancho Ramirez dont je vous ai touché 2 mots à propos de la reprise de Graus (jour 2).

Schéma classique, une communauté chrétienne s’installa dans la citadelle mauresque qui abrite aujourd’hui une collégiale et un cloître.

Aquezar, plaza Major
Aquezar, plaza Major

Pour gagner notre point de départ nous traversons une partie du village encore frais et presque désert. L’architecture de la Plaza Major a la sobriété des bourgs de montagne. Minuscule, la place à arcades compte cependant au moins 2 cafés et s’ouvre sur une petite rue que nous tardons à remonter, une boulangerie, salon de thé dont la vitrine alléchante a retenu notre attention. Après m’être assurée qu’il faisait bien resto le midi nous gagnons notre point de départ. Un coup d’œil sur l’épicerie « fine » O Forno nous rappelle que ce soir nous aurons encore de quoi nous régaler !

On trouve en ce lieu (soi-disant) le « seul vrai Dobladillo d’Alquezar » et un chocolat noir à se pâmer.

Aragon-Navarre, jour 4

Le circuit des passerelles que nous allons emprunter ne vole pas son appellation, il y a des passages aériens en veux-tu en voilant.

A l'aplomb des falaises, Alquezar
A l'aplomb des falaises, Alquezar

Le village étant installé sur un éperon rocheux que le rio Vero a sculpté au fil des siècles, l’isolant du reste des plateaux, où que l’on dirige ses pas il faut monter et descendre, ou le contraire. En ce qui nous concerne nous descendons dans un étroit canyon qui se faufile entre des à pics vertigineux pour gagner le fond de la gorge aux eaux turquoises. Les marmites de géants sculptées par le courant ont donné naissance à de multiples baumes qu’occupent aujourd’hui les oiseaux.

Aragon-Navarre, jour 4

Si nous les femmes descendons avec précaution, ce n’est pas le cas de Claude qui ne s’est même pas fait accompagner par prudence. Il choit après une descente mal contrôlée d’un amas rocheux. Ses fées s’activent à ses côtés !

Même que j'ai la trouille
Même que j'ai la trouille

Parvenus au niveau de l’eau, nous goûtons un moment la beauté du spectacle puis empruntons avec détermination la suite du parcours qui devient aérien et ne me plaît guère.

Aragon-Navarre, jour 4

Du vide, de l’étroit et parfois des croisements délicats sans parler des sacs à dos qui occupent de l’espace !

Parvenus au terme des passerelles, un perchoir très aérien offre une vue imprenable sur le site, dommage que nous soyons au-dessus du néant.

Puentebanos
Puentebanos

Alquezar est maintenant à porter de mollets mais décidés à poursuivre notre exploration nous redescendons jusqu’aux rives du Rio Vero qu’un superbe pont en dos d’âne enjambe. Et dire qu’il fut longtemps la seule voie de passage possible !

Aragon-Navarre, jour 4

Le coin est frais et en longeant les berges nous tombons sur ce qui semble être un moulin et un repère d’art brut ! Nous pourrions nous éterniser si nous n’avions pas en tête d’autres projets qui nous incitent à regrimper gaillardement jusqu’au village.

Aragon-Navarre, jour 4

A l’Artica pas de cuisine moléculaire mais une spécialité de « tartines » succulentes que nous liquidons dans une atmosphère charmante. Le serveur est adorable, il faut dire que nous sommes enthousiastes ! Dobladillo pour chacun et petit jus serré, nous voilà partis pour notre seconde exploration, l’ermita de San Gregorio.

ermita San Grégorio
ermita San Grégorio

Il fait bon chaud maintenant et la végétation n’a plus rien de la luxuriance de ce matin. Passé l’aljibe, héritage typiquement mauresque et permettant l’arrosage au plus fort de l’été, celui de Kairouan me revient en mémoire, plus un poil de fraîcheur, mais qu’est-ce que c’est beau !

Passage couvert
Passage couvert

Nous terminons la journée encore fringants nous sans avoir visité la collégiale et son cloître, déambulés dans le lacis des ruelles et complété nos réserves en chocolat.

Do

Au fait, sous peu je vous donnerai la recette du Dobladillo ! A consommer sans modération puisqu'avec 2 gouttes d'essence de Citron chaque matin (cure de 7 à 21 jours) on déloge sans problème toutes les petites surcharges pondérales !!!

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9 juillet 2016 6 09 /07 /juillet /2016 07:06

Nous commençons cette troisième journée par une petite balade à pieds au départ du camping, le long du rio Cinca jusqu’au village le plus proche, Labuerda.

cheminée typique
cheminée typique

S’il n’a rien d’extraordinaire, la balade est plaisante et, nous pouvons y admirer un certain nombre de cheminées aragonaises typiques.

De retour après cette petite mise en jambes, nous retrouvons nos fourgons pour gagner Ainsa. Ainsa fut la capitale de l’ancien royaume de Sobrarbe, uni au royaume d’Aragon au XIème siècle ; la ville conserve la presque totalité de ses remparts.

Ainsa, vue de la citadelle

Ainsa, vue de la citadelle

Nous nous garons sans trop de problème dans le centre de la ville basse et partons à la découverte de la ville haute : très belle unité architecturale de type médiéval, vieilles rues pavées, belle collégiale Santa Maria de style roman du XIème siècle dont la tour-clocher domine la ville. On peut y visiter la crypte et le cloître triangulaire, d’époque plus récente et d’une grande austérité. Nous flânons longuement dans la citadelle, après avoir admiré la vaste plaza mayor à arcades un peu trop envahie de voitures à notre goût.

Ainsa, la plaza mayor

Ainsa, la plaza mayor

C'est par là...
C'est par là...

L’actuelle citadelle est presque aussi grande que le reste du village. Elle abrite le centre d’interprétation de la faune pyrénéenne que nous ne visiterons pas, nous contentant d’un tour sur les remparts et d’une petite balade hors les murs, à travers champs, dans une ambiance quasi-bavaroise, jusqu’à la « Cruz de Sobrarbe », croix couverte érigée en mémoire de la bataille contre les maures.

Cruz de Sobrarbe

Cruz de Sobrarbe

heurtoir
heurtoir

A Ainsa, la culture populaire perdure à travers certains éléments décoratifs, dont la symbolique s’est parfois altérée. Ainsi, outre les traditionnelles cheminées aragonaises, on peut admirer sur la plupart des portes des maisons de superbes heurtoirs, souvent en forme d’animal : le poisson, signe de reconnaissance des premiers chrétiens, le reptile, auquel on attribuait des pouvoirs magiques.

heurtoir
heurtoir

D’autres, en forme d’anneaux, ont un caractère typiquement oriental ; de forme phallique, ils symbolisent la fécondité.

Notre visite terminée, nous redescendons récupérer les fourgons pour remonter manger sur le grand parking derrière la citadelle, pas encore payant à cette saison ( nous ne savions pas qu’il y avait un restaurant à ne pas manquer, le Callizo, où l’on peut manger un mélange de cuisine moléculaire et de saveurs du terroir, pour un prix très abordable ; merci, Jean Luc, de nous l’avoir dit après !!!) , avant de repartir pour de nouvelles découvertes.

C’est en début d’après-midi, donc, que nous revenons sur nos pas jusqu’au défilé d’Entremont, pour nous engager plein ouest, sur une petite route étroite qui va nous permettre de rallier la vallée du rio Vero et notre étape du soir : Alquezar.

Olson
Olson

Nous effectuons un parcours sinueux, dans un relief aride, rocailleux et accidenté, entrecoupé de profonds canyons. Les cultures occupent le fonds des vallons comme dans les oasis africains. Nous ouvrons la route, ravies de ne rencontrer personne en sens inverse. Nous ne nous arrêtons pas au premier village, Javiere, nous réservant pour Olson, hameau typique, perché au sommet d’une butte rocheuse, dominé par l’impressionnante silhouette de son église.

les parapluies d'Olson
les parapluies d'Olson

La route d’accès étant encore plus étroite et la possibilité de faire demi-tour très incertaine, nous décidons de nous garer en bas et de gagner le village à pieds. Le ciel, menaçant jusqu’alors, nous fait cadeau de quelques gouttes et c’est sous les parapluies que nous effectuons l’aller-retour, admirant au retour la prestation de plusieurs chiens de troupeaux rassemblant leurs brebis. Elles ont le pied très sur les rochers, les bougresses ! De vrais chamois…

https://youtu.be/ajfDXtKAyy0

Les élevages ovins sont nombreux dans la région et, ayant repris nos véhicules, nous n’avons pas fait cent mètres que nous nous retrouvons coincés au pas derrière un troupeau. C’est l’occasion rêvée de faire la causette avec un automobiliste charmant, garé en sens inverse pour nous laisser passer. Il y a dans son sourire et les quelques mots échangés toute la gentillesse du peuple aragonais… Une rencontre de quelques minutes seulement qui nous transporte de bonheur ! Derrière nous, Michèle et Claude se doutent-ils que nous avons failli suivre ce sympathique aragonais ? Olé !

Nous poursuivons notre route toujours aussi étroite, jusqu’à retrouver celle, plus large, qui relie Arcuza à Alquezar. Les paysages sont époustouflants : virages, précipices, gorges profondes du rio Vero. Un parking s’offre à nous au col de San Caprasio : arrêt photos obligatoire !

Aragon Navarre, jour 3

Oui, mais voilà, au moment de repartir, le fourgon de Claude et Michèle ne veut plus rien savoir ! Apparemment, ce n’est pas la première fois qu’il fait ce genre de caprices ; il refuse de démarrer s’il a trop chaud. Qu’à cela ne tienne ! Nous improvisons une petite marche jusqu’au rio Vero, le temps qu’il refroidisse… Bonne descente… Et bonne remontée ! On sue un peu, mais qu’est-ce que c’est beau ! Et au retour, ouf, ça redémarre ! La fin du parcours, sinueuse à souhait, est particulièrement grandiose avec l’enchaînement de deux ponts enjambant les gorges encaissées du rio Vero, « Las Gargantas ».

Nous parvenons enfin au camping d’Alquezar et sitôt installés, nous faisons une petite marche de reconnaissance jusqu’au village… Encore un endroit magnifique, mais ça, c’est pour demain !!!

Fredo

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8 juillet 2016 5 08 /07 /juillet /2016 12:14
Graus
Graus

Avant de quitter Graus que nous avons parcouru à la fraîche la veille nous partons à la découverte de cette petite ville qui recèle une merveille, sa Plaza major, entièrement fermée par des maisons aux façades peintes. Une harmonie d’ocres, des portes à blasons font de cette place cernée d’arcades un lieu très convivial d’où les voitures ont été bannies. Ancienne capitale de la Ribagorza, région qui tire son nom de la rivière qui la traverse, Graus fut une forteresse musulmane avant d’être reconquise en 1083 par Sancho Ramirez. Les chrétiens y construisirent, pour afficher sans équivoque leur suprématie, une basilique à l’aplomb de falaises vertigineuses que nous avons vaillamment gravi afin de jouir d’un exceptionnel panorama.

Si la petite ville est éminemment vivante, nous n’y rencontrons aucun touriste, ce qui n’est pas pour nous déplaire !

Revenus au camping, nous récupérons les fourgons que nous lançons à l’assaut d’une petite route de montagne, le Ptibus en tête. Nous traversons de superbes villages, Panillo, Pano pour gagner notre première halte, le temple bouddhique de Dag Shang Ka Gyu.

Méditation à Dag Shang Ka Gyu.
Méditation à Dag Shang Ka Gyu.

Nous déambulons un bon moment dans cet espace intemporel très haut en couleurs. C’est fou ce que c’est kitch, je suis toujours étonnée par les associations de couleurs ! Chacun pour soi, nous tournons autour des stupas tout en faisant pivoter les moulins à prières laissant à l’Univers le soin de donner vie à nos espoirs, avant de regagner nos palaces à roulettes.

Repartis à l’assaut de la montagne, nous surplombons soudainement l’embalse de Grado d’un vert émeraude confondant avant d’entreprendre une descente assez raide sur le défilé d’Entremon.

Le rio Cinca entre les embalses de Grado et de Médiano
Le rio Cinca entre les embalses de Grado et de Médiano

Lorsque nous franchissons le pont qui dévoile un court instant la gorge que le rio Cinca a tracée, je me félicite intérieurement de l’absence de parking. Un chemin de randonnée se faufile dans ce défilé qui rejoint l'embalse de Médiano. Certes le parcours est bref, 1,5 kilomètres, mais taillé dans la roche, il est présenté comme étroit et sans garde-fous !

Une halte dégustation de cerises à Ligüerre de Cinca, village superbement restauré en surplomb du lac de Grado, les arbres sont à disposition, il est juste demandé de penser aux copains et nous arrivons à Samitier pour une première rando.

Embalse de Médiano
Embalse de Médiano

Courte, 2 bonnes heures, elle est néanmoins sportive et nous mène à un complexe militaro-religieux tout en haut d’un promontoire vertigineux qui surplombe le fameux défilé de tout à l’heure et l’embalse de Médiano ! L’église San Emeterio et Celedonio date du XIe siècle, construite sous Ramiro I, premier roi d’Aragon, il faut la traverser, ce fut toujours les cas vu l’exiguïté du site, pour accéder au château dont il ne reste qu’une tour.

Claude sur la tour Atalaya
Claude sur la tour Atalaya

Je suis comme Virgile qui transpirait des « patounes » lorsqu’une situation le stressait, c’est mon cas et je glisse dans mes godillots de rando ! C’est raide et plus encore. Claude me donne mal au cœur à le voir perché tout en haut sur la tour Atalaya !

Clocher englouti de Médiano
Clocher englouti de Médiano

Un bref coup d’œil sur le clocher englouti de Médiano et nous redescendons au village après une petite halte à l’ermitage Santa Waldesca.

Santa Waldesca
Santa Waldesca

Une fois encore nous notons que les monuments, même en pleine nature, sont remarquablement entretenus, ouverts gracieusement à la visite et riches en informations ! Cela nous change agréablement de tous ces châteaux, églises et chapelles dont les dépliants nous promettent monts et merveilles mais qui sont systématiquement fermés. De retour au village, nous récupérons les camions et quittons à regret cet endroit où les villageois nous ont réservé un accueil chaleureux. Après nous avoir obligeamment fait stationner dans leur cour, nous avions eu droit à des explications enthousiastes sur le site que nous nous apprêtions à découvrir.

La  Peña Montanesa
La Peña Montanesa

Quelques tours de roues plus tard nous arrivons sur Ainsa. Après avoir traversé un paysage stupéfiant, les eaux vertes de l’embalse de Médiano s’insinuent partout dans de petites vallées torrentielles pelées et ravinées qui font penser à la peau fripée des vieux éléphants, nous buttons sur les contreforts pyrénéens.

Un plouf frisquet en ce qui nous concerne, Claude et Michèle sont moins aquatiques que nous, et nous mettons au point l’itinéraire du jour à venir au pied de l’impressionnante Peña de la Montanesa (2200m) aux allures de Vercors.

Une précision au cas où vous seriez tenté de mettre vos pas dans les nôtres et ou vous auriez déjà goutté aux charmes des routes du Vercors, même étroites, vertigineuses les routes aragonaises empruntées ne nous ont jamais filé la trouille !

A bientôt !

Do

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7 juillet 2016 4 07 /07 /juillet /2016 15:56

Mercredi 15 juin

Pour ce premier jour de voyage, nous avons décidé de partir chacun de son côté et de retrouver notre binôme à Graüs, première étape du parcours, d’autant que nos coéquipiers partent de plus loin que nous (Lapalme, dans l’Aude) et ont pas mal de choses à faire avant de pouvoir décoller ! C’est donc persuadées d’avoir plein de temps devant nous et d’arriver de toute façon les premières à l’étape que nous prenons la route. Nous allons musarder !

Nous passons la frontière au Perthus et filons vers Girona par la nationale, avant de bifurquer à droite vers l’intérieur des terres en empruntant l’«autovia » gratuite qui mène à Vich, Manresa et Lérida.

Entre Girona et Vich, les paysages sont superbes et invitent à la flânerie ; mais ce sera pour une autre fois. Cette région de Catalogne est riche et mérite que l’on s’y attarde vraiment. Du côté de Manresa, alors que le paysage se fait plus aride, ce sont au loin les aiguilles de la sierra de Montserrat qui nous fascinent. Mais là aussi, il faudra remettre à plus tard. Quel bonheur de constater que nous avons encore plein de belles choses à découvrir !

C’est assez rapidement que nous parvenons au contournement de Lérida pour nous diriger avec détermination vers notre première halte en Aragon, province de Huesca, Benabarre (rien à voir avec le chanteur!).

castillo de Benabarre
castillo de Benabarre

Le village est perché, surmonté par une impressionnante forteresse. Il fait un peu frisquet et le ciel est gris, vaguement menaçant. Nous nous garons sans problème dans le village et nous nous dégourdissons les jambes dans les vieilles ruelles, avant de monter jusqu’au castillo, ancien château des comtes de Ribagorza, dont l’entrée est gratuite. Il s’agit d’une construction d’origine musulmane conquise par Ramiro Ier au début du XIème siècle, et démantelée en 1596 par le roi Felipe II.

sur la forteresse
sur la forteresse

Nous prenons le temps de déambuler sur le site, jouissant d’un vaste panorama sur les collines à l’entour, avant de reprendre la route.

Nous sommes tout près de Graüs, où nous avons décidé de passer la première nuit, et nous avons largement le temps d’un petit détour avant l’arrivée de nos amis. C’est, du moins, ce que nous pensons…

Nous nous engageons donc plein nord, sur une petite route en direction de Laguarres, puis Satanova, pour partir à la découverte du village de Roda de Isabeňa.

Entre Benabarre et Laguarès, la route est non seulement étroite, mais encore sinueuse et escarpée ; la descente sur Laguarès, tout en virages serrés, est impressionnante. Passé ce village, nous nous engageons dans une vallée assez large occupée par un vaste torrent de montagne, le rio Isabeňa. Un paysage qui nous rappelle un peu la haute vallée du Verdon, le soleil et la chaleur en moins…

roda de Isabena
roda de Isabena

Roda de Isabeňa peut se vanter d’être la plus petite localité d’Espagne à posséder une cathédrale. Détruite au Xème siècle, reconstruite entre 1053 et 1067, elle fut complétée tout au long du XIIème siècle. Pas de chance pour nous, elle n’ouvre ses portes qu’à 16 heures et il n’est pas question d’attendre, mais rien que l’extérieur de l’édifice vaut le détour, d’autant que le cloître reste accessible, l’ancien réfectoire ayant été aménagé en auberge. C’est un bel endroit, généreusement fleuri, comme la plupart des habitations du village, qui présentent par ailleurs une belle unité de construction.

le cloitre
le cloitre

Nous flânons longuement dans les ruelles, poussons notre découverte jusqu’à un petit sanctuaire situé à l’extérieur du village, en surplomb du rio.

le sanctuaire

le sanctuaire

le pont médiéval de Roda de Isabena
le pont médiéval de Roda de Isabena

Notre visite terminée, nous nous décidons à gagner Graüs directement, mais non sans un dernier arrêt pour aller admirer le superbe pont médiéval qui enjambe d’une seule arche le rio Isabeňa. Le chemin d’accès est peu adapté à nos chaussures « bateau »… Raide et caillouteux en diable, nous y allons avec prudence ! (Prudence et Précaution ne sont jamais très loin, heureusement !) Mais le spectacle est à la hauteur (quoique pas tout à fait aussi impressionnant que celui des gorges de St Aniol, du côté de Besalù, en Catalogne).

Cette fois, nous filons vers Graüs. Nous traversons la petite ville en direction du camping, signalons à la direction en nous inscrivant que nous attendons des amis… Pas de problème ! Nous nous installons où nous voulons et nous leur réservons la place !

Nous n’avons juste pas pensé un instant qu’ils auraient pu nous devancer ! Et pourtant, nous ne tardons pas à repérer leur camion. Ils ont même installé à notre intention leur table sur l’emplacement voisin avant de partir se balader en ville.

Voilà, sûre de notre fait, nous avons rejoué la fable du lièvre et de la tortue !

Claude et Michèle sont là ; le tandem est près à fonctionner. A nous, l’Aragon !

A suivre...

Fredo

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6 juillet 2016 3 06 /07 /juillet /2016 16:22

15 juin 2016, nous filons plein sud, en ce qui nous concerne il n’y a pas trente six possibilités, cap sur l’Espagne pour rallier … la Bretagne aux environs du 30 juin !

Tous les chemins ne mènent ils pas à Rome ?

Cet itinéraire s’est imposé alors que l’approvisionnement des pompes à essence était devenu aléatoire, compromettant nos désirs d’évasion en France.

Quitte à randonner autant donc découvrir en prime des horizons inconnus !

Nous nous sommes en conséquence mitonnées un itinéraire aux petits oignons sensé nous mener jusqu’à Pampelune. Notre circuit ayant séduit un couple d’amis, nous nous sommes lancés à 2 fourgons sur les routes aragonaises.

Anso
Anso

Si longtemps l’Espagne fut une de nos destinations privilégiées l’été, depuis que nous résidons dans le sud, nous nous contentons de virée en Catalogne, après tout, nous sommes plus près de Barcelone que de Montpellier ! Nous nous apprêtions donc, le fourgon plein à raz bord, à affronter l’inconnu !

Je parle volontairement d’inconnu car lorsque l’on écoute les commentaires de bien des personnes sur l’Espagne, c’est toujours vaguement désobligeant, condescendant. Pas vraiment le tiers monde mais quand même !!! Est-ce tellement mieux chez nous ?!

Certains scandales sanitaires, vieux comme mes robes, ont la peau dure.

Et bien nous revenons de cette virée aragonaise enthousiastes et prêtes à repartir !

Nous avons été séduites par une douceur de vivre bon enfant, des villes et villages qui ne connaissent pas le syndrome de la rousquille (cf article de notre blog). Nous avons trouvé partout au moins une épicerie proposant un peu de tout et de tout un peu, une boulangerie et bien souvent une boucherie.

Chaque village a son « albergue » faisant aussi office de club des anciens et en ce qui concerne les petites villes nous n’avons pas trouvé trace de ces centres commerciaux excentrés tous conçus sur le même modèle et qui laissent le coeur des villes exsangue.

Autre surprise, il y a presque partout des centres de santé, des pharmacies restées à échelle humaine et je peux témoigner que si elles n’ont rien des supermarchés que l’on connaît chez nous, on y trouve ce que l’on cherche !

Tout ceci fait que les villes et villages sont vivants et mis à part aux heures de cagnard où seuls les touristes s’agitent, il y a toujours quelqu’un avec qui faire la causette car, cerise sur le gâteau, ils parlent Castillan et donc nous nous comprenons !

Car si en ce qui nous concerne nous n’avons jamais eu à souffrir d’un quelconque rejet lorsque nous nous adressions à un catalan en castillan par contre pas question de surprendre une conversation, nous y entendons couic, le catalan ayant supplanté partout le Castillan, même en ce qui concerne l'affichage routier.

A ce propos, nous venons de sauter le pas et nous allons nous mettre au catalan, mais ce sera l’objet d’un prochain article !

Los mallos de Riglos
Los mallos de Riglos

Enfin dernier point particulièrement apprécié, le circuit routier d’excellente qualité, c’est d’ailleurs à ce détail que nous avons réalisé que nous étions de retour sur le sol natal ! État d’urgence ou pas, nous avions passé la frontière incognito, pas de douanier ou de poulet, même pas un panneau routier indiquant que nous avions quitté l’Espagne mais des trous comme sur notre bon vieux chemin de la scierie.

Pour clore cet article de présentation, après le volet social, un peu de culturel.

La Navarre et l’Aragon offrent des paysages d’une grande diversité, d’une beauté époustouflante. Une chaîne de montagnes datant du plissement alpin, je ne vous apprendrais pas qu’il s’agit des Pyrénées, un bassin fluvial celui de l’Ebre et entre les deux des zones de plateaux arides, des plissements complexes qui ayant donné naissance à des paysages surprenants. C’est sans transition l’Anatolie et plus particulièrement la Cappadoce, les Météores, le Far West ou les steppes de l’Asie Centrale, les forêts vosgiennes ou les canyons du Verdon ou du Tarn !

Alquezar
Alquezar

Côté historique il est évident que l’occupation arabe a fortement marqué l’architecture, beaucoup de briquettes crues ou cuites (sauf en montagne où la pierre trouvée sur place a été utilisée). L’habitat, très imbriqué à la manière des casbahs a donné naissance à des dédales de ruelles, toutes reliées entre elles par des courettes ou des porches couverts, notamment dans les anciennes juderias, le Call en catalan, le ghetto de sinistre consonance.

La gestion de l’eau, avec des bassins et canaux n’est pas non plus sans rappeler ce que nous avions découvert en Tunisie ou au Maroc.

Enfin, dernier petit aperçu historique, l’Aragon dont Saragosse est la capitale de l’anarchisme est une région à la très forte identité politique, pour notre première soirée, nous avons assisté à une réunion publique et très informelle de « Podemos » sur la Plaza Major de Graus !

A très bientôt donc pour un journal de voyage qui, nous l’espérons vous donnera envie de mettre vos pas dans les nôtres. Do

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