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9 janvier 2023 1 09 /01 /janvier /2023 16:45

Depuis que petites nous passions nos vacances en Provence, l’Abbaye de Montmajour n’a cessé de nous « parler » mais jamais encore nous n’avions pu la visiter. Elle émerge de la plaine du Rhône juste à la hauteur de Arles comme une sentinelle, sa Tour Pons de l’Orme projetant haut sa silhouette massive.

N’étant jamais à un détour près, nous ne pouvions rater l’occasion de découvrir enfin ce superbe édifice en partie ruiné, certes, mais fascinant. Une communauté de moines bénédictins se fixèrent en ces lieux, sur le Mont Majour, au Xe siècle. Là encore c’est une relique, appartenant à la vraie croix, qui allait offrir sa renommée à l’édifice. D’abord modeste, le monastère est en partie troglodytique, les vestiges sont encore très évocateurs et la chapelle Saint Pierre tout à fait charmante.

Le pouvoir spirituel de l’abbaye petit à petit s’étend jusqu’en Isère. Fortifiée pendant la guerre de 100 ans l’Abbaye connaît un nouvel essor quand l’Abbaye de Saint Germain des Près à Paris fonde une nouvelle congrégation au XVIIe siècle. La nouvelle « règle » en vigueur promeut les travaux intellectuels et initie des travaux de recherche scientifique. A Montmajour les moines lisent Molière, Cervantès, Diderot et d’Alembert !

Rien que cela !

L’Abbaye est agrandie mais son faste ne dure guère plus d’un siècle, Louis XVI ordonne son abandon puis la Révolution sonne sa fin. L’Abbaye est vendue comme Bien National et va servir de carrière de pierre !

Il a fallu attendre 1921 pour qu’elle soit classée monument historique.

Il faut avoir le jarret ferme pour cette visite, une grosse centaine de marches rien que pour la Tour Pons de l’Orme, sans compter toutes celles que l’on monte et descend à tout bout de champ. La visite commence par la crypte de la nouvelle abbatiale, crypte qui permet d’accéder au chevet de l’édifice.

Semi troglodytique, comme pour Saint Roman (voir l’un des articles précédents) tout le site est bien souvent implanté sur le socle rocheux, un socle qui a là aussi servi de cimetière. Les tombes ont été creusées un peu partout et l’on reconnaît les plus anciennes à ce que les emplacements des pieds et de la tête sont parfaitement matérialisés !

Le cloître a conservé sa majesté, certains des chapiteaux sont historiés, d’autres à motif végétal. A propos de végétal, nous sommes ressorties de cette visite, nanties, après une halte à la boutique, d’un livre de recettes intitulé « Manger ses mauvaises herbes ». Si jamais les temps deviennent durs, nous voilà parées.

Pas pressées de rentrer, notre dernière halte fut pour revoir Aigues-Mortes. La vieille ville est encore intacte entre ses murs, un petit bijou architectural que nous avons redécouvert à la lueur du couchant. Port d’où parti Saint-Louis pour les croisades, son ensablement valut à la ville d’être convertie en prison.

Une halte à la biscuiterie-confiserie « La cure gourmande », un petit coucou à St Louis et quatre tours en ville et nous regagnions définitivement notre sweet home !

Voilà ! à bientôt pour vous partager nos futures autres découvertes !

Dominique

 

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8 janvier 2023 7 08 /01 /janvier /2023 20:08

Barjac est le type de village qui tout de suite vous parle au cœur. Les parkings sont signalés, à proximité du centre village et gratuits. Le patrimoine architectural est superbe ce qui ne l’empêche pas d’être animé, les commerces ne l’ayant pas déserté.

Nous y avons même trouvé une quincaillerie exceptionnellement bien achalandée.

Marqué par les conflits entre protestants et catholiques, riche d’une nécropole de quinze dolmens, Barjac a un passé minier et soyeux !

Mais qu’est-ce donc ?

Il s’agit de l’industrie de la soie, la sériciculture ou éducation du ver à soie ! Née en Chine, la sériciculture nous est parvenu en Occident par deux moines grecs et bien que l’on associe généralement cette activité à la ville de Lyon, c’est dans les Cévennes et plus spécialement dans le Gard qu’au XIIIe siècle elle s’est développée. C’est également cette activité qui est à l’origine de l’essor du mûrier dans le sud de la France. Quand en 1850 une épidémie foudroyante les ravagea, il fut fait appel à Pasteur en résidence temporaire à Alès pour y remédier.

Vézenobres est lui aussi un superbe village, labellisé petite ville de caractère. Par contre côté parking, rien pour les « gros ». On se débrouille « a la buena de Dios ».

Ancien oppidum, Vézénobres se trouve au carrefour des Cévennes et de la Provence et fut habité au fil du temps par des Ligures, des Celtes, des Volces et des Romains. Une voie romaine axe de pèlerinage et de commerce relie le littoral méditerranéen à la France du nord : le Chemin de Régordane. Empruntée par César pour traverser les Cévennes, l'itinéraire, long de 240 km, relie le Puy-en-Velay à St Gilles du Gard. Cette voie est encore d'actualité grâce à sa reconnaissance en itinéraire de Grande Randonnée (GR700).

Le village a connu une grande prospérité du XIème au XIIIème siècle et a conservé un superbe ensemble architectural. Sériciculture, viticulture ont également généré des demeures de qualité, inspirées des villes proches, ainsi que des mas fastueux en périphérie.

Vézénobres fut célèbre pour sa production de figues sèches et aujourd’hui le village accueille un verger-conservatoire du figuier : un millier d'arbres représentant plus de 100 variétés différentes ont été plantés en 2000, 2004 et 2006 sous l'égide du Conservatoire Botanique National situé sur l'île de Porquerolles.

Cinq portes fortifiées contrôlaient les entrées et sorties du village, seule la porte de Sabran subsiste surmontée d'un clocher et de l'horloge.

Les châteaux encore debout ne se visitent pas, reste la possibilité d’admirer le seul pan de mur encore debout du château médiéval mais ce n’est pas grave car le village est vraiment magnifique. Le souci du détail et puis évidemment des commerces et restaurants ouverts rendent la visite charmante.

En décembre il semble, je n’ai pas vérifié, que la coutume veuille que chacun installe une crèche devant son pas de porte, sur un appui de fenêtre, une place même près de la Mairie !!!! et personne ne s’en offusque. Les habitants rivalisent de créativité, il y a de l’émulation dans l’air, c’est chouette et invite à ne pas oublier la moindre impasse pour ne rien perdre du plaisir de la découverte.

C’est rassurant somme toute en cette période de « chasse aux sorcières ». Je vais peut-être encore déplaire mais après tout la crèche fait partie de notre culture chrétienne ! En quoi devrait-on renoncer à ce qui fait un de nos particularismes. Personnellement nous avons quand même pas mal voyagé et c’est tout naturellement que nous nous conformions aux coutumes locales et si quelque chose ne me convenait pas, je passais mon chemin.

Dominique

 

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7 janvier 2023 6 07 /01 /janvier /2023 16:05

Bonus

Juste quelques photos pour vous donner une idée de ce que fut le travail de reconstitution de la grotte. Cela nous a fait penser à notre visite des coulisses de la reconstitution des temples d’Abu Simbel à Assouan en Egypte.

 

 

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6 janvier 2023 5 06 /01 /janvier /2023 20:31

L’aménagement de Chauvet 2 est parfaitement pensé pour permettre aux visiteurs d’appréhender la richesse de ce site. Des ateliers temporaires à destination des enfants mais aussi pour les adultes qui osent se lâcher !!! un pôle plus didactique, la Galerie de l’Aurignacien, nous sont proposés.

N'oublions pas ce qui pour nous a été un vrai régal, un spectacle immersif à 360° intitulé « Animal ».

 

Rendues à notre XXIe siècle par notre guide, une jeune femme épatante qui sait fort bien partager ses connaissances, nous avons filé dès la sortie de la grotte jusqu’à celle dite « grotte atelier » au pôle pédagogique. A peine arrivées, armée de mon charbon de bois je m’apprêtais à aller orner un petit pan de cette reconstitution quand j’ai été stoppée net dans mon élan par une jeune femme ayant en charge l’animation. Instructions reçues 5/5, nous nous sommes livrées avec bonheur à nos activités graphiques et avons d’ailleurs été chaudement félicitées pour nos prestations.

Nous avons devisé avec cette jeune animatrice un bon moment toutes heureuses de voir qu’il y avait encore des (jeunes) passionnés par tout ce qui touche à l’Histoire, la culture, comme notre guide d’ailleurs. Certains de vous vont peut-être bondir à ces propos pourtant je ne suis pas seule à poser ce constat. Ayant révélé notre ex-profession elle nous a confirmé ce que nous avions déjà constaté, à savoir que les enfants étaient de plus en plus malhabiles avec l’outil scripteur et avaient bien des difficultés à se concentrer sur tout support autre que le téléphone portable ou une tablette ! Lorsque l’on sait que le fait d’écrire (à la main) a une incidence bénéfique sur la construction des réseaux neuronaux et la mise en place d’une pensée organisée (et quelque soit notre âge) il y a de quoi s’inquiéter (si l’on est complotiste évidemment).

Nous avons ensuite terminé notre découverte avec un moment dès plus réjouissant. Après avoir pénétré dans une immense salle aux murs recouverts de copies de toiles de maîtres, Le Douanier Rousseau, Dali, Léonard de Vinci et bien d’autres, des reproductions des peintures et gravures de la grotte, des estampes japonaises… nous nous nous sommes retrouvées immergées dans un spectacle au sein duquel chacun déambule à son gré. Il m’a fallu un petit instant avant de réaliser que les tableaux s’animaient, que les animaux mis en scène se baladaient d’un tableau à l’autre jusqu’à ce que tout se délite et que passé, présent et futur se mêle.

Au moment où un mammouth m’a doublée dans ma déambulation, je me suis sentie happée par le film, surprise de chercher à lui emboîter le pas. Fascinant !

Si le cœur vous en dit, juste un petit clic pour découvrir le petit film que nous avons réalisé : https://youtu.be/FPJTtDJs9dM

Alors ?! Tenté par l’expérience ?

Par contre le village de Vallon Pont d’Arc en décembre est absolument sinistre et ne mérite pas de s’y arrêter. On voit bien les dégâts générés par le tourisme quand les élus oublient que la vie ne se résume pas aux périodes estivales. Mis à part un boucher-charcutier dans le cœur du village, pas de boutique ouverte, rien que des rideaux de fer de commerces éphémères baissés ! Boulangerie, pharmacie, supérette ont été déplacées en périphérie à proximité des grands parkings. Le village est mort et même en cette saison les moins vaillants doivent avoir recours à la voiture pour se ravitailler ! Lamentable.

Quant à l’aire de camping-cars, elle nous a fait fuir mais c’était un mal pour un bien. A quelques kilomètres le village de Sampzom nous a accueillies. Rien que nous toutes seules en pleine Nature !

Dominique

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5 janvier 2023 4 05 /01 /janvier /2023 16:10

Le 18 décembre 1994 trois spéléologues, deux hommes et une femme, explorent les environs du célèbre Pont d’Arc sur l’Ardèche.

A cet endroit une falaise décrit un arc de cercle et tout un fouillis végétal s’étend à ses pieds.

Bien évidemment ils savent très bien que ces lieux furent très « visités » par nos ancêtres, la région est trouée comme un gruyère et les vestiges abondent. Un coulis d’air émanant d’une faille dans la paroi rocheuse les alertent soudainement, ce courant d’air est à coup sûr le signe qui ne trompe pas et ils vont faire ce que jamais au grand jamais je ne me serais risquer à faire, se faufiler dans un étroit boyau rocheux jusqu’à émerger dans une cavité permettant de se redresser. La suite tout le monde la connaît…

La grotte Chauvet, du nom d’un des trois spéléologues, aujourd’hui elle serait baptisée sans doute du nom de Eliette Brunel, au nom de la parité très en vogue, ne sera jamais ouverte au public. L’expérience de Lascaux a été assimilée, une reproduction permettra au public de découvrir ce site inscrit aujourd’hui au patrimoine de l’Humanité.

Nous n’en sommes pas à notre première grotte ornée, Lascaux, Altamira en Espagne, Pech Merle (ce n’est pas une reproduction) tout comme les abris peints des environs d’Albarracin (province de Teruel en Espagne) nous ont déjà régalées de leurs trésors, mais là franchement c’est émouvant et confondant tant le graphisme est « moderne ».

La grotte ne fut jamais un lieu de résidence, les « artistes » y venaient uniquement pour y exercer leur art et franchement c’est un sacré témoignage. Outre que nous pouvons ainsi connaître la faune locale de l’époque et donc en déduire la flore, il est possible de deviner leur régime alimentaire et à de nombreux détails la nature de leurs vêtements, leur mode de vie. Nous pouvons aussi nous interroger sur leur spiritualité car, outre certains vestiges troublants, qu’est-ce qui pouvait bien pousser ces humains à venir dans le noir presque total, les torches et lampes à graisse ne sont guère aveuglantes, couvrir des pans entiers de roches de bisons, chevaux, rhinocéros, ours, mammouths, lions… il y a même un hibou !?

La maîtrise de leur art a de quoi rendre jaloux n’importe quel artiste connu, aussi bien peintre que graveur. Il y a 36 000 ans, ils ont peint à l’ocre rouge, tracé au charbon de bois ou au doigt toute une faune aujourd’hui disparu, maîtrisant l’art de rendre le mouvement, l’estompe, la perspective… et ce dans l’obscurité ! J’insiste.

La fresque des lions qui clôt la visite est un pur chef d’œuvre. Une petite centaine d’animaux cavalcadent sous nos yeux.

 

La reconstitution de la grotte originale se situe sur un plateau calcaire dominant l’Ardèche et l’Ibie et a été orchestrée par les spécialistes de Lascaux passés maître en la matière (ils ont œuvré à Altamira). Installée au sein d’un espace boisé entièrement dédié à la découverte de l’histoire de ce lieu hors norme, différents points d’intérêt installés au milieu de la végétation nous révèlent la naissance de cette grotte dont la gestation fut quand même très mouvementée.

Juste une anecdote, mais de taille pour comprendre !

Il y a 5,6 millions d’années, un accident géologique majeur entraîne la surélévation du détroit de Gibraltar, la Méditerranée se ferme et se vide quasiment de toute son eau en 1500 ans. Encore aujourd’hui l’apport hydrique des fleuves ne peut compenser l’évaporation de ses flots d’où le fait qu’elle soit salée et cela s’accentue.

Les fleuves et rivières qui dépendent du bassin versant de la Méditerranée se mettent à creuser leurs lits, c’est le cas de l’Ardèche. La grotte qui nous intéresse et qui était ennoyée se vide.

300 000 ans plus tard, rebelote, la terre tremble sur Gibraltar et un passage se ré-ouvre, l’Atlantique déverse ses flots à raison de 100 millions de mètres cubes par heure. La Méditerranée se remplit en quelques mois seulement et dépasse même son niveau initial. Les cours d’eau cessent de creuser et la grotte est de nouveau noyée, la mer occupe une partie de la vallée du Rhône.

Mais notre Terre est vivante, nous l’oublions souvent, la collision des plaques tectoniques africaine et européenne en provoquant la surélévation des massifs Alpin et Pyrénéen, occasionne une reprise de l’érosion des fleuves et la mise hors d’eau définitive de la grotte qui après plusieurs périodes glaciaires acquiert l’aspect que nous lui connaissons aujourd’hui à quelques stalactites et stalagmites près.

Voici déjà comme mise en bouche quelques photos pour vous présenter ces sublimes gravures et peintures. Toutes les photos présentées sont celles du photographe Patrick Aventurier et téléchargeables sur le site !

La suite pour demain mais une question auparavant, juste pour savoir qui a le courage de lire un article jusqu’au bout : « qu’est-il arrivé à la Méditerranée aux temps géologiques ? Si vous n'arrivez pas à laisser de commentaire, vous pouvez répondre par mail voir SMS !

Dominique

 

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2 avril 2022 6 02 /04 /avril /2022 17:44

Une vie de château

Nous devons en convenir, nous avons failli ! Si nous avons bénéficié d'un belle semaine de soleil généreux durant tout notre périple au pays de Cro-Magnon, nous n'avons pas rapporté le soleil avec nous ! Tant pis, c'est bien pour la Nature, les jardins et cela me laisse le temps de vous conter ce que fut notre vie de château.

Si j'y réfléchis bien, même si j'aime bouger, voyager, la dimension de découverte que nous privilégions auparavant n'est plus une priorité.

La priorité des priorités est la Liberté.

Liberté de vivre ce que nous avons à vivre comme cela nous chante, en faisant fi du catastrophisme ambiant parfaitement alimenté par les différents pouvoirs en place à tous les échelons de la société. Nous nous arrêtons plus que dans des lieux où la Nature règne en maître, là où elle n'est pas bafouée. Exit donc les campings (qui n'ont plus de camping que le nom) où la démesure est à l’œuvre. Des places de villages, des agriculteurs, viticulteurs, éleveurs, nous accueillent. Nous n'avons besoin que d'un peu d'eau, 30 litres maxi par jour, et pour ce qui est de l'énergie nous sommes parfaitement autonomes !

Notre seul luxe fut pour cette seconde virée de l'année, une orgie de visites culturelles. Depuis le temps qu'elles nous étaient interdites, nous nous sommes montrées boulimiques. Trois châteaux coup sur coup, la (re)découverte de Lascaux mais dans sa quatrième mouture, le tout entrecoupé de randos dont une très culturelle sur les bords de la Vézère qui nous a permis en un saut vertigineux de passer du Moustérien au Magdalénien soit de 350 000 ans à 14 000 ans avant JC !

Pas mal, non ?

Notre première visite fut pour le superbe village de Beynac et, enfin, la découverte de son château. Enfin parce que jusqu'à présent nous avions toujours fait chou blanc pour le visiter. Là, miracle, nous nous y sommes régalées et même les rues du village recélaient de belles curiosités.

Brièvement je vous dirai que la première mention d'un château en ces lieux remonte au XIe siècle mais que c'est un siècle plus tard qu'il a commencé à ressembler à ce que nous en voyons de nos jours.

Un peu paradis des courants d'air, bien que meublé, "spartiatement", on ne s'éterniserait pas sur les coussièges même si le panorama sur la Dordogne est décoiffant.

Décoiffées nous le fûmes suffisamment sur les terrasses de toute façon. Simon de Montfort s'emparera du château au moment de la croisade contre les albigeois, les cathares donc, Richard Coeur de Lion y a résidé autant dire que ce château a eu par le passé un rôle non négligeable à jouer. Mais n'ayez crainte je ne vais pas vous imposer un cours d'histoire !

Notre second château sera pour demain avec la rencontre d'une "belle et grande dame" ! A demain ! Dominique

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17 février 2022 4 17 /02 /février /2022 20:14

Depuis que nous déambulons entre Vaucluse, Luberon et Alpes de Haute Provence nous n'arrêtons pas de grimper ! Il n'y a bien que notre époque moderne a ne rien avoir compris et pour construire en plaine quand ce n'est pas carrément dans le lit des cours d'eau !

Saint Saturnin lès Apt ne fait pas exception et même si de l'ancien village il ne reste pas grand chose, le site, les vestiges ont une sacrée allure .

Le premier village fut construit sur le rocher qui surplombe toute la région. Une arrête rocheuse pas bien large qui accueillit le premier castrum vers 950 et dont le donjon et la chapelle sont les vestiges emblématiques. Des extensions successives il subsiste des pans de remparts à l'appareillage en arrête de poisson, des portes fortifiées et quelques tours.

La visite est sympa mais le manque d'affichage laisse la place aux suppositions à défaut de certitudes notamment en ce qui concerne la curieuse facture du barrage que nous découvrons en amorçant le retour vers le village actuel.

Ce n'est qu'à notre retour que nous aurons la confirmation que deux barrages furent construits au même endroit, le premier trop petit et assez peu fiable fut noyé par le second !

Mais la vedette à Saint Saturnin n'a rien à voir avec le patrimoine bâti ! Elle se nomme Joseph Talon et n'est pas le "papa d'Achille" ... Talon !

Joseph Talon est l'inventeur de la trufficulture. Né en 1755 il conserva jusqu’en 1810 son secret jalousement gardé tout au long de la période révolutionnaire.

Fin de l'épisode culturel et retour dans la vraie vie pour découvrir un village sympa et plein de vie avec des cafés, des boutiques où l'on vit comme avant mais chut !!! je n'en dirai pas plus, je ne mettrai même pas de photos. Des instants de bonheur, de partage aussi où nous nous sommes ravitaillées en produits de première nécessité, miel de lavande, petits fromages de chèvre, tapenade et Huile Essentielle de Lavandin !

Nous avons refait le monde, c'était bien !

Requinquées nous avons cherché un lieu à peu près plat où nous restaurer, qu'il est dur de stationner confortablement dans tous ces villages perchés !

De village en rando nous avons terminé notre séjour par une superbe balade, pas bien longue mais qui nous a permis de découvrir un site haut en énergie bien que complètement ruiné, Vière.

De St Michel de l'Observatoire à St Étienne des Orgues la route sinue au milieu d'un plateau semé de collines avec postée en sentinelle une haute ruine. Au bord de mer elle jouerait le rôle d'amer, ces points élevés naturels ou construits par l'homme pour permettre aux marins de se repérer. Nous n'étions pas en mer et c'est pourtant ce qui s'est passé !

Garées à Ongles, nanties de quelques renseignement glanés dans un bistrot, nous nous sommes élevées progressivement pour découvrir le village ruiné.

J'avais un peu peur de me retrouver dans un village martyre comme cela nous est déjà arrivées. J'ai gardé un souvenir poignant d'Oradour, de Vassieux en Vercors. Quant au malaise ressenti en arrivant au cours d'une rando à Valchevrière, toujours dans le Vercors, village brûlé par les allemands, il a mis pas mal de temps à s'estomper d'autant que nous n'étions pas revenues seules ! Lourd !

Ici, rien de tout cela, la nature omniprésente dégage une énergie "frétillante", je ne vois pas mieux comme qualificatif. C'est lumineux, planté essentiellement en chênes, de splendides "sujets" (comme cela se dit) et la vue porte loin.

Vière fut abandonné au milieu du XIXe siècle mais connu auparavant une vie mouvementée. Son histoire remonte à l'Antiquité mais ce n'est qu'au XIe siècle qu’apparaît la première urbanisation avec l'édification de l'église et d'un château. Aux XIIe et XIIIe siècles, un premier puis un second rangs de remparts ceignent la ville.

La ville fut maintes fois reconstruite même après l'épisode des guerres de religion où elle fut complètement rasée. Petit à petit elle déborda de ses murs, les remparts servirent de carrière de pierre, la colline se couvrit d'olivettes.

C'est l'absence d'eau qui, plus que l’exiguïté des rues et l'éloignement des terres de culture a signé la désertification du village qui s'est déplacé près d'une fontaine permanente, là où se trouve le village de Ongles aujourd'hui.

Nous nous sommes régalées de grand air, de lumière au cours de cette visite, goûtant également le plaisir d'une découverte culturelle sans contrainte, sans pass quoi !

Une chose est sûre, notre retour en Haute Provence est d'ors et déjà programmé, il nous reste pas mal de découvertes à faire et ce n'est qu'à un plein de gasoil de chez nous, aller-retour !

A bientôt pour d'autres découvertes, sous d'autres cieux dans un premier temps !

Dominique

 

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15 février 2022 2 15 /02 /février /2022 20:08

Notre seconde halte provençale nous a permis de découvrir, d'un petit saut de puce depuis Fontaine de Vaucluse, notre premier village perché, Goult ! Le fourgon installé, au "pifomètre" nous quittons la route principale quand même trop fréquentée à notre goût, sans faire de jeu de mots, pour crapahuter au sein d'un fouillis végétal de pins, yeuses et chênes verts. Le chemin serpente, grimpe dur et nous mène direct à la Croix de la Roche Redon.

Juste ce qu'il nous fallait ! Jérusalem n'est plus qu'à 500 mètres... si l'on en croit le panneau de rando.

Il s'agit en fait du plus ancien moulin de Goult figurant depuis 1750 au cadastre.

Il fonctionna jusqu’à la fin du XIXème siècle puis après la seconde guerre mondiale reprit vie en accueillant l’Institut Géographique National pendant environ 50 ans.
La balade se poursuit sur un charmant sentier encadré de murs de pierre sèche quand nous apercevons un superbe borie. Borie, orry, cabane, cazelle, chaque région a son appellation. Coup de chance encore une fois, nous sommes arrivées pile poil au conservatoire de la pierre sèche, un espace didactique ouvert librement à la visite. L'équivalent du village des Bories près de Gordes, mais gratuit... et donc sans "pass". De restanque en borie nous déambulons au milieu des oliviers.

Le site paysager restauré est exceptionnel et occupe un amphithéâtre naturel, protégé du mistral et des fortes gelées. Jadis la production agricole issue de ces lieux venait en appoint à celles des terres cultivées de la plaine, plus fertiles, mais inondables. Ce site témoigne de l’emploi optimal de la pierre sèche : clapiers, bories, murets, escaliers volants, citernes, abris à ruches…

Après une halte au moulin de Jérusalem, nous investissons le village encore lové dans ses remparts. L'ambiance est sympa et de nombreux détails laisse entrevoir son passé médiéval encore très vivace.

Nous déambulons un bon moment en suivant le parcours de découverte jusqu'à renoncer à découvrir la fontaine-lavoir, l'eau y coule peut-être depuis des lustres, il n'empêche que descendre encore un coup pour remonter, merci bien !

Nous zappons aussi Notre Dame des Lumières et son sanctuaire mariale et retrouvons notre halte où c'est le grand bazar, un tractopelle assure l'animation devant des camping-caristes médusés qui le regardent niveler le sol !!! Curieux quand même cette fascination chez des adultes. Nous n'y trainerons pas.

Notre second village perché nous attend et si nous ne connaissions pas Goult, nous avons hâte de retrouver Banon ! A peine arrivées nous filons dare dare vers "Le Bleuet".

Banon est peut-être célèbre pour ses petits fromages de chèvre et ses "brindilles", entendez par là de la saucisse sèche "fifine" nature ou parfumée au fromage... de Banon justement, mais en qui nous concerne c'est sa célébrissime librairie qui nous attend.

Le Bleuet est à l'origine une modeste papeterie faisant office de bazar rachetée par un certain Joël Gatefossé et transformé par ses soins en temple de la Littérature. Il confectionna lui-même les rayonnages sur plus de 800m2.

Lorsque nous l'avons visitée la toute première fois nous avions pu constaté que sa réputation n'était pas usurpée, il était possible de trouver n'importe quel ouvrage, mieux qu'Amazon ! Je cherchais à l'époque "le récit d'un pélerin russe" et j'avais fait chou blanc partout ! A peine rentrée au Bleuet je m'enquerrais du livre et quelques minutes plus tard il était mien. Pourtant le Bleut a failli disparaître, le projet de vente en ligne peut-être un peu trop ambitieux fit craindre pour ses jours. Depuis il a été racheté et sauvé. Ouvert sept jours sur sept, toute l'année, toute une équipe de passionnés y attend le lecteur. Point fort, la vente en ligne est opérationnelle, alors petit coup de pub, oubliez Amazon et acheté sur le site http://www.lebleuet.fr/

Cela ne peut que les aider et priver Amazon de quelques royalties est une bonne chose, un acte militant.

Nous en sommes ressorties considérablement alourdies des ouvrages que nous convoitions avant de poursuivre notre balade au sein de ce joli village médiéval que l'on aborde en franchissant une remarquable porte fortifiée et bien évidemment nos pas nous ont menées tout en haut du haut village, là où jadis se dressait un ancien castrum. Le cœur en fête nous y avons apposé notre signature, un cœur qui n'avait de pierre que le matériel.

Une dernière trouvaille nous a réjouies et pourrait donner des idées à certains. Derrière des volets clos d'une belle bâtisse une surprise attend les curieux. Un visage stylisé, peint sur un volet percés de 2 trous pour les yeux et sur l'autre battant une trappe. Curieuse, j'ai soulevé la trappe et déniché un interrupteur électrique.

Que la lumière soit et la Lumière fut.

Par les trous des yeux des visages grotesques appartenant à d’étranges créatures me regardaient. Ces marionnettes géantes sont les nouveaux résidents de l'Ancien Hôtel Dieu de Banon !

A demain... ou après demain ! Dominique

 

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13 février 2022 7 13 /02 /février /2022 20:21

Nous revoilà de retour après une escapade provençale d'une petite semaine ! Certes cela peut sembler modeste, rien à voir avec les destinations lointaines que certains affectionnent, mais outre le fait que nous n'avions qu'une envie, baguenauder avec notre Ptibus, c'est notre manière d'afficher notre détermination à ne pas se laisser enfermer !

Enfermées par nos propres peurs...

Et si ?! car avec des "si" comme dit une maxime populaire, avec des si on mettrait Paris en bouteille !

Et si il était difficile de revenir ? Après tout depuis deux ans nous en voyons tellement de toutes les couleurs, spectre de pénuries en tout genre, reconfinement inattendu, que sais-je. Sans compter qu'à cette époque de l'année la météo n'est pas forcément clémente.

Alors pour en finir avec nos propres limitations, une seule solution, aller de l'avant, ne plus se mettre de limite et vivre ce que nous avons envie de vivre.

Nous avons donc commencé notre périple à la Fontaine de Vaucluse, un lieu magique et chargé d'histoire.

Le village de Fontaine de Vaucluse est bien évidemment connu pour abriter la célèbre fontaine qui est en fait la plus importante résurgence d'Europe. Première source de France, c'est en ces lieux que les eaux drainées par les contre-forts du Mont Ventoux, des Monts du Vaucluse et de la Montagne de Lure, après avoir infiltré les sols calcaires, rejaillissent pour donner naissance à la Sorgue !

Le mystère de la Source n'a pas vraiment été élucidé car si le débit tumultueux s'explique parfaitement en Automne ou au Printemps, il est toujours aussi difficile de comprendre que l'écoulement perdure en période de sécheresse.

Nous connaissons ce site depuis notre enfance où pour notre première venue, en plein été, nous avions pu découvrir la source au "mieux de sa forme". Si l'eau jaillissait et débordait de son bassin avec pétulance, en ce mois de février 2022, RIEN !

Un gouffre insondable ne laissant rien voir, un lit de torrent rocheux à sec et puis tout à coup, quelques centaines de mètres plus bas, de l'eau jaillissant en de multiples endroits pour donner naissance à un cours d'eau frétillant aux eaux d'émeraude ! Superbe.

L'eau, présente partout ensuite, a permis l'émergence d'industries spécifiques, moulins à papier et verreries.

Mais il n'y a pas que le gouffre et sa source, le village, niché au creux de falaises vertigineuses, possède un riche patrimoine architectural remontant au néolithique.

Les époques romaine, médiévale ont laissé leur empreinte et nous nous sommes régalées à découvrir le château des évêques de Cavaillon datant du XIIe siècle.

Perché sur une arrête rocheuse d'où la vue sur le village et le gouffre est époustouflante nous l'avons atteint au terme d'une grimpette, plutôt de l'escalade, maîtrisée de manière peu élégante à la manière des quadrupèdes par endroits !

Le principal étant l'efficacité, nous ne nous sommes pas privées !

Autre moment fort, pour moi en tout cas, la traversée de l’Aqueduc de Galas qui achemine les eaux du canal de Carpentras en enjambant à quelques 30 mètres de hauteur le cours de la Sorgue.

Inclus dans un parcours de randonnée il m'a fallu vraiment déconnecter le Mental pour franchir ses 159 mètres. Le vide d'un côté, l'eau du canal de l'autre, dur lorsque l'on souffre du vertige !

Autres particularités de Fontaine de Vaucluse ses hommes célèbres. Nous avons découvert l'existence du premier en visitant l'église du village, St Véran !

Je vous rassure toute de suite, Olivier Véran n'a pas été canonisé. Celui qui nous occupe, outre le fait qu'il fut un grand évangélisateur, est connu pour avoir terrassé la Couloubre, un monstre qui terrorisait la région !

La seconde célébrité du village est Pétrarque ! Poète, philosophe italien du XIVe siècle, Francesco Pétrarque fit de Fontaine de Vaucluse son havre de Paix y revenant pour s'y ressourcer quand le sort lui était contraire. Est-ce sa passion pour une certaine Laure, morte de la Peste en 1348, qui inspira nos grands poètes romantiques ? toujours est-il que Lamartine, Chateaubriand, Stendhal, George Sand firent du village un lieu de pélerinage littéraire !

Autres centres d'intérêt, le village des arts et le Musée Jean Garcin qui retrace la vie des vauclusiens de 1939 à 1945. Seul bémol à cette exposition sans doute intéressante, bien que portant le nom de "L'appel de la Liberté", il n'est visitable qu'avec le "pass sanitaire" ou vaccinal, peut-être !

Une jolie halte, en tout cas avec encore d'innombrables découvertes à faire, ne serait-ce que le Mur de la Peste ! Long de 27 kilomètres, il fut édifié pour protéger le Comtat Venaissin de l'épidémie de peste qui ravagea une partie de la Provence au XVIIIe siècle. C'est peut-être l'esprit qui a présidé à la construction de ce mur qui inspire un certain candidat à la présidentielle !

A propos de ce mur, si vous ne l'avez jamais lu, je ne saurais trop vous conseiller le roman d'André Brink intitulé "Le mur de la peste" et bien que l'action se soit déplacée de l'Afrique du Sud à la Provence, l’apartheid y est toujours à l'honneur. Très actuel donc, ce roman !

Les photos seront pour demain ! lorsque vous aurez tout lu !

Dominique

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6 août 2021 5 06 /08 /août /2021 19:55

Encore une balade ! Cela vous tente ?

Des bouchons pour entrer dans la petite ville du Mont Dore, personnellement je n’avais encore jamais vu cela, des ralentissements, oui, mais au touche-touche comme ce fut le cas ce matin là, jamais même si nous aurions pu nous y attendre compte tenu de l’affluence sur les rives des lacs Chambon et d’Aydat. Heureusement pour nous l’immense majorité des véhicules se dirigeait vers le téléphérique du Puy de Sancy. Savez vous que c’est sur les flans du Sancy que deux cours d’eau, la Dore et la Dogne mêlent leurs eaux pour donner naissance à l’une des plus belles rivières de France, la Dordogne ?

Presque seules à gagner le « salon du Capucin », un curieux nom pour un resto apparemment fort réputé, nous avons vite repéré le départ de la balade. Précision, le Capucin est en fait le nom d’un volcan qui surplombe le Mont Dore, c’est aussi un site d’escalade où, Dieu merci, ne se cachait pas notre œuvre d’art du jour.

L’installation, « Un arbre m’a dit », puisque l’humanité semble ne pas réussir à se hisser à la hauteur de l’Arbre, propose que l’Arbre se penche sur l’humanité. Un renversement de ce monde qui marche sur la tête.

L’Arbre se met à hauteur d’homme et grâce à un système optique, le paysage environnant apparaît la tête en bas.

De là à imaginer une prise de conscience de notre monde sur ce que nous faisons subir au monde végétal, il n’y a qu’un pas ... que je ne franchirai pas !

Le chemin du retour au milieu des sapins majestueux nous a offert un cadeau royal, un énorme tapis de Millepertuis ! Nous avons sorti chacune nos sacs de cueilleuses, prélevé sur chaque sommité quelques fleurs et en deux temps trois mouvements, la cueillette impressionnante est venue compléter celle des jours précédents. Pas d’huile solarisée cette année, les réserves ont été à peine entamées, mais quelques tisanes en perspective en cas de coups de froid cet hiver.

Evidemment ce ne fut pas la seule balade du jour, une vrai rando fut le point d’orgue de ce séjour montagnard. Des vaches curieuses, toujours du Millepertuis, beaucoup de soleil et le lac Chauvet nettement moins bucolique que le Lac Pavin que nous avons boycotté cette fois, trop de monde pour jouir de ce site enchanteur !

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