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4 novembre 2017 6 04 /11 /novembre /2017 16:39

S’il existe un lien entre Fontevraud et Ségur le château, c’est à n’en pas douter Richard Cœur de Lion, fils d’Aliénor d’Aquitaine et d’Henri II Plantagenêt, roi d’Angleterre. Une exposition lui est consacrée dans le chevet de l’église abbatiale: « Richard Cœur de Lion, Roi chevalier »

 

 C’est en 1101 que Robert d’Arbrissel, ancien prêtre du diocèse de Rennes, se retire sur une terre qui lui a été donnée et ne présente comme seul intérêt qu’une fontaine : la fontaine d’Evraud. Font d’Evraud… Fontevraud !

En cet endroit, Robert d’Arbrissel fondera quatre prieurés de femmes et un d’hommes, hors les murs. Aidés financièrement par les papes, les contes d’Anjou, devenus rois d’Angleterre – Aliénor d’Aquitaine a largement contribué à la splendeur de cette abbaye-, les prieurés se développent rapidement. Etant parti fonder d’autres monastères de par le monde, Robert d’Arbrissel, qui deviendra par la suite le chef d’un ordre prestigieux comptant 80 prieurés en 1789, confie la direction de l’abbaye à une abbesse. Les mères abbesses qui se succéderont par la suite, élues par l’ensemble des religieux, seront presque toujours issues de la haute noblesse et parfois de sang royal.

En 1792, suite à la révolution, la dernière abbesse est chassée des lieux, et douze ans plus tard, l’abbaye devient prison par décret napoléonien.

De fait, Fontevraud sera l’une des prisons les plus dures de France. Loi du silence, comme pour les religieuses, et mitard pour les récalcitrants. On y enfermera des hommes, des femmes et même des enfants, des résistants, des objecteurs de conscience, tous soumis à un régime impitoyable, le plus souvent sans rapport avec les délits commis. Avec Fontevraud, un nouveau statut est né : la prison-manufacture. On y tisse le chanvre, on y fabrique des chaises et des boutons de nacre. Dans son livre, « le miracle de la rose » (1946) Jean Genêt évoque les rudes conditions d’enfermement des prisonniers, bien qu’il ne s’agisse pas d’un témoignage personnel puisque l’auteur, ancien prisonnier, n’a jamais été incarcéré à Fontevraud.

De nouveaux bâtiments ont été construits pour accueillir les prisonniers, mais tout sera détruit après la fermeture du centre pénitentiaire, en 1963. Aussi ne vous attendez pas à trouver de nombreux vestiges de cette période noire. Une seule salle y est consacrée ; un mur entier, couvert de plaques commémoratives évoquant le nom des détenus et une sorte de parloir où l’on peut écouter des témoignages de prisonniers, mais aussi de surveillants et de villageois. Nous avons d’ailleurs été un peu sidérées de voir que la plupart des gardiens et des habitants du village évoquent cette période avec nostalgie. Aucun ne dit vraiment « c’était le bon temps », mais beaucoup semblent le penser ! Il faut dire que, qui dit gardiens, dit familles de gardiens, donc commerces, écoles, activité économique florissante, tout un monde qui s’est écroûlé à la fermeture du pénitencier. Ceci explique cela.

Il aura ensuite fallu attendre 1975 pour voir renaître l'abbaye et le village, avec la création d’un pôle culturel actif et innovant. Concerts, expositions, accueil des artistes en résidence et même aussi, aujourd’hui, un hôtel de luxe.

 

 Pour visiter l’abbaye, mieux vaut prévoir une longue plage horaire. Pour notre part, nous avons opté pour le circuit long : église, cloître, jardins, caves et dépendances, et nous avons passé deux bonnes heures dans les lieux.

L’architecture des bâtiments est imposante, sobre et… royale. La grande église abbatiale qui abrite les gisants d’Alienor d’Aquitaine, Henri II, Richard Cœur de Lion et Isabelle d’Angoulême, est majestueuse, les fresques de la salle capitulaire sont remarquables et le bâtiment des cuisines, coiffé d’un dôme en pierre hérissé de multiples cheminées, est assez déconcertant. La promenade dans les jardins est par ailleurs très plaisante.

Aliénor au côtés de son époux

Cependant, nous avons particulièrement apprécié les caves des abbesses, non pas pour le vin, mais pour une prestation artistique originale, la « crypte des effraies ».

L’artiste, Julien Salaud, lauréat 2015 de la fondation Ackerman-Fontevraud, à partir de clous répartis selon un plan déterminé et relié entre eux par des fils tendus, met en scène des chouettes (entre autres) d’un réalisme stupéfiant, sauvage et splendide.

On progresse à pas menus dans cet univers fascinant et un peu inquiétant, de magie et de ténèbres, subtilement mis en valeur par un éclairage minimal. Ambiance Halloween, mais de bon goût ; comme quoi, c’est possible !

Une petite vidéo à ne pas manquer ci-dessous !

 La crypte des effraies

Pour conclure, passant par la Touraine, une halte à l’abbaye royale de Fontevraud s’impose. La visite, souvent interactive n’y est jamais ennuyeuse et permet de revisiter une histoire de France trop oubliée. De France et d’Angleterre ! Frères ennemis, ennemis héréditaires ? Destins mêlés en tout cas.

Frédérique

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11 octobre 2017 3 11 /10 /octobre /2017 20:34
Il faisait quand même un peu frais lorsque nous avons pris la route ce matin, direction Tuchan au coeur des Corbières pour y retrouver nos amis Claude et Michelle, nos coéquipiers camping-caristes.
Notre but, l’ancienne église fortifiée Notre Dame de Faste nichée au coeur d’un ancien territoire minier jadis riche en fer, cuivre et même gisements d’azurite et de malachite sur le village de Montgaillard. C’est Vauban qui dès 1678 a lancé l’exploitation des gisements de houille sur le territoire de Ségure. Un hyper actif ce Vauban, présent même là où nous ne l’attendons pas, l’exploitation minière !, une exploitation qui a perduré jusqu’en 1945. Les puits sont aujourd’hui comblés mais les terrils miniers émergent encore des vignes rappelant ce passé si loin de la vocation agricole des Corbières que nous connaissons aujourd’hui.
Cette randonnée recèle plein de belles surprises à commencer par le château ruiné de Ségure ; de belles voûtes, des restes assez explicites permettant de se faire une petite idée de ce que fut le site où l’on accède par une haie de magnifiques cyprès donnant à la campagne un petit air toscan.
A ce stade de la randonnée, nous avions mangé notre pain blanc. Une forte montée au milieu des chênes verts, des yeuses et des arbousiers pour atteindre finalement Notre Dame de Faste perchée à l’aplomb d’un raidillon qu’il a bien fallu redescendre précautionneusement avec l’aide de notre chevalier servant, Claude pour ne pas le nommer.
Difficile de croire que Le Faste a des sautes d’humeur tellement dévastatrices, aujourd’hui et sans doute depuis un bon moment, son lit était désespérément vide. Pas de cascade mais de beaux chaos rocheux et tout autour un flamboiement d’ocres, de rouille dans les vignes.
Une bien belle rando en bonne compagnie qui nous a laissé un sentiment de légèreté après ce bain de nature revigorant. Do
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8 octobre 2017 7 08 /10 /octobre /2017 20:11

Perchée tout au sommet d’une colline le village de Notre Dame del Roure tient son nom de l’adorable chapelle qui le couronne. On y jouit d’un superbe panorama sur les Albères, les Monts du Vallespir, la plaine du Roussillon et même la Grande Bleue !

Nous y montons de temps à autre plus spécialement à l’automne, histoire de profiter d’un moment hors du temps et parfois de nous remplir les poches de châtaignes. Cette chapelle du début du XIIe siècle recèle des trésors mais la merveille des merveilles se cache derrière le retable. Dès l’arrivée la vieille porte du XVIe annonce la

couleur avec ses pentures typiques en fer du Canigou. Une légende raconte que jadis on trouva là sous un chêne vert, un roure en catalan, une image de la Vierge. Un pèlerinage a vu le jour en ces lieux et même si la statue originale a disparu à la révolution, Marie est toujours présente. Ce qui nous émerveille à chaque fois que nous montons est ce qui se cache derrière le retable. La première fois que nous y sommes venues, allez savoir pourquoi, nous avons avisé une porte dérobée à la droite du retable et ornant ce qui semblait être la sacristie, un décor de peintures murales du XIIe siècle exceptionnelles.

Sur la partie basse du mur un drapé peint recouvre le mur. Les symboles des évangélistes y figurent en bonne place tandis que des scènes bibliques recouvrent la voûte de l’abside. Une pure splendeur !

Aujourd’hui nous y sommes remontées, pas l’ombre d’une châtaigne, une splendide lumière estivale mais là-haut la déception.

Fermée !

Avant de subir les nuisances d’un rallye de Porsches lancées à toute allure sur la petite départementale qui relie le village à Céret, c’est fou ce que l’on peut s’autoriser quand on a du fric et que l’on se la pète en grand, nous avons eu la chance cependant de faire une sympathique rencontre et d’apprendre que dorénavant il nous faudrait allez chercher la clé contre dépôt de sa carte d’identité pour profiter de la chapelle ! Trop de vols dont un calice ! Franchement !

Alors si cela vous a donné envie, vous savez ce qu’il vous reste à faire mais grimpez-y à pied, c’est mieux … pour la planète. Do

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18 mars 2017 6 18 /03 /mars /2017 08:10
Il y a quelque temps, tout à mon grand ménage y compris au sein de nos photographies, j’ai sélectionné les photos qui me parlaient le plus au coeur décidée à vous présenter au travers un petit film ce Pays Catalan que nous parcourons depuis 1968 !

 

Pays de cocagne, régal pour les yeux et l’âme, nous y avons nos coins de paradis.
La Balmette près des Bouillouses, l’Ermitage St Guillem de Combret en Vallespir, Prats Balaguer en Conflent, les Caranques de Laroque des Albères ... nous y accourons régulièrement pour nous y ressourcer, nous régaler le corps et l’esprit avec toujours la même émotion !
Si vous connaissez bien les Pyrénées Orientales, vous remarquerez que certains « intrus » se sont invités, Puilhaurens Lapradelle, Leucate, Bugarach … il aurait été dommage de rester confiner aux limites géographiques du département !
Pour le plaisir des yeux, nous vous offrons ce film illustré musicalement par Jordi Barre, Charles Trenet et de sardanes dont la Santa Espina, hymne des catalans ! Installez-vous confortablement, respirez, c'est si beau et bon !
Dominique et Frédérique
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24 février 2017 5 24 /02 /février /2017 17:58
Le territoire de Portel des Corbières fut longtemps nommé « Les Oubiels », en référence au terme occitan oubiel qui signifie agneau. Terre d’élevage de brebis et d’agneaux, donc, mais aussi terre plantée de chênes verts qui offrirent au village une autre source de revenus, le tanin. Obtenu pas broyage de l’écorce, le tanin permit l’implantation de nombreuses tanneries sur le village au cours des âges.
Fortement utilisées également pour la fabrication de charbon de bois, les forêts de chênes verts disparurent petit à petit favorisant l’apparition de la culture. Céréales, vignes, amandiers et oliviers amenèrent une nouvelle mutation économique à dominante viticole évidente.
Tous les circuits de randonnées se déroulent au milieu des vignes, des olivettes. Un air toscan, une luminosité exceptionnelle pour découvrir également un patrimoine architectural d’importance.
Les terres de Portel en ont vu de toutes les couleurs et l’on imagine sans difficulté ce que fut jadis ce village doté de nombreux châteaux, certes parfois très ruinés mais dont les vestiges témoignent de l'importance. Il fut même doté d'un tramway !
Traversées par l’antique via Domitia, nous en avons suivi un bon tronçon suite à une erreur d'aiguillage !, ces terres furent le théâtre de la sanglante Bataille de la Berre en 737 au cours de laquelle Charles Martel s’illustra une nouvelle fois repoussant l’expansion arabe. He oui, ce n’est pas en 732 que les arabes furent boutés hors de France, ni même lors de cette bataille d’ailleurs, mais en 759 lorsque Pépin le Bref libéra Narbonne ! Comme quoi marcher est une activité qui enrichit l’intellect.

 

Le fleuron architectural de Portel est sans conteste Notre Dame des Oubiels ou Notre Dame des agneaux ! Située sur un ancien site païen, un classique !, elle succéda à la fin du XIIIe siècle à une autre chapelle, sous l’impulsion de Charles II le Boiteux.
Pour le moins curieux les qualificatifs dont les rois ont été affublés par le passé : Le Gros, Le Chauve, Le Hardi, Le Fainéant … il y eut même un « Le Posthume » ! Qu’en serait-il si l’on adaptait cette mode à nos politiques ? Sans doute serait-il difficile de diversifier les « titres » étant donné que beaucoup d’entre eux flirtent avec le banditisme ! Le Truand, le Voleur, le Menteur !
Pour en revenir à nos « oubiels » la chapelle est dotée d’une superbe oliveraie plantée dans ce qui fut l’ancien cimetière, un lieu magique.

 

Si l’occasion vous en est offerte ne manquez donc pas de venir faire un tour dans le coin. Il y a des randonnées pour tous les goûts et encore d’autres découvertes à faire, comme Terra Vinea !
Le site de Portel fut jadis occupé par un lac où s’accumulèrent les sédiments en quantité remarquable. Un Tsunami le recouvrit apportant lui aussi sa contribution puis tout ceci fut soulevé, plissé lors des grands chambardements liés aux différents plissements terrestres. C’est alors que d’importants gisements de gypse furent remontés à la surface. Exploités à l’air libre puis en galeries souterraines jusqu’à la fin du XXe siècle, en 1991 les plâtrières furent cédées pour le franc symbolique par la société Lafarge aux caves Rocbère.
Un site touristique a vu le jour offrant de nombreuses animations : reconstitution de l’exploitation souterraine du gypse, 800 mètres de galeries occupés par des chais ... Rien ne vous empêche donc de combiner marche et dégustation en tout genre. Le village compte quelques restaurants sympas et Terra Vinea propose à la dégustation ses vins et des menus à des prix tout à fait raisonnables.
Do
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12 février 2017 7 12 /02 /février /2017 18:17

Je suppose que vous savez tous qui est Sissi. Il est quasiment impossible que vous n’ayez jamais vu les films de Ernst Marischka, « Sissi », « Sissi impératrice » et « Sissi face à son destin ». Ce sont les incontournables, les inévitables de la télévision, rediffusés chaque année aux alentours de Noël, permettant ainsi à toutes les générations de découvrir le mythe « Sissi », un peu comme celui de Zorro, rediffusé en boucle sur FR3 depuis 2008 (source Wikipédia ; personnellement, j’ai l’impression que ça dure depuis plus longtemps. Compte tenu du fait qu’il y a 78 épisodes, ça veut dire que tous les ans et demi environ, on recommence ! Si ce n’est pas se moquer du monde, ça…) Mais revenons à nos moutons…

Donc, tout le monde connaît Sissi. Ou croit la connaître. Car en réalité, la vraie Sissi est assez éloignée du personnage idyllique incarné par Romy Schneider.

Elisabeth, Amélie, Eugénie de Wittelsbach, dite Sissi, ou Sisi, selon la graphie autrichienne, est née le 24 décembre 1867, au royaume de Bavière. Fait remarquable, à sa naissance, elle possédait déjà une dent, comme Napoléon 1er et Louis XIV (et d’autres peut-être). Est-ce le signe d’un destin remarquable ?

Favorite de son père, le duc Maximilien de Bavière, c’est une enfant vivante et gaie, aimant la nature, les animaux, la musique et la poésie.

Elle n’a que quinze ans lorsqu’elle est remarquée par son cousin, l’empereur François-Joseph 1er d’Autriche, qui bouleverse pour elle tous les projets de sa mère, l’archiduchesse Sophie. Le mariage est célébré le 24 avril 1854 à Vienne. Elisabeth n’a pas 16 ans lorsqu’elle devient impératrice d’Autriche.

Les films de Ernst Marishka sont assez fidèles à cette première partie de l’histoire. Elevée très librement à Münich et au château de Possenhofen, en Bavière, Sissi n’est absolument pas préparée à la vie de la cour et au protocole très strict qui l’attend. S’il est certain que l’empereur l’a follement aimé (« vous ne pouvez savoir à quel point j’ai aimé cette femme », confiera-t-il en apprenant la mort de l’impératrice), l’amour de Sissi pour son époux est rapidement mis à l’épreuve par les impératifs de la fonction. « Le mariage est une institution absurde; enfant de 15 ans, j'ai été vendue, j'ai dû prononcer un serment que je ne pouvais ni comprendre, ni renier… » écrira-t-elle à sa fille Marie-Valérie, beaucoup plus tard.

Au Sissi Museum... La vraie Sissi!

Sissi est rebelle et refuse l’étiquette, les contraintes, l’autoritarisme dont fait preuve sa belle-mère pour tenter de la formater, de la faire entrer dans le moule. Jamais elle ne se soumettra et c’est bien ce qui fascine en elle.

Sissi fuit la cour, Vienne et ses obligations. Elle se rend impopulaire et les viennois ne l’aiment pas beaucoup. Ils ne la comprennent pas.

La vie ne l’épargne pas ; les deuils non plus : sa première fille, Sophie, à l’âge de deux ans, son fils unique, Rodolphe, à Mayerling, son cousin bien aimé, Ludwig, et bien d’autres proches… Soit dit en passant, c’est incroyable ce que cette famille a pu inspirer les cinéastes (outre les « Sissi », il y a eu aussi « Mayerling » relatant la fin dramatique de Rodolphe et de sa malheureuse maîtresse, Marie Vetsera, et « le crépuscule des Dieux », contant le tragique destin de Louis II de Bavière). Ah ! Si les Habsburg n’avaient pas existé !

Sissi déprime et tombe gravement malade à plusieurs reprises, allant jusqu’à devoir s’exiler temporairement sous des cieux plus cléments pour recouvrer la santé : Madère, Corfou… Elle ne reparait plus que rarement à la cour. Sissi a la bougeotte, le goût du voyage et de l’ailleurs… Elle confie un jour à son fils que si elle devait s’établir au même endroit pour le restant de ses jours, « le séjour dans un paradis même lui paraîtrait l’enfer ». Elle ne revient à Vienne qu’épisodiquement, lui préférant Gödöllö, en Hongrie, pays où elle est adulée. Un amour qu’elle lui rend bien !

La visite des appartements de Sissi dans la Hofburg, au centre de Vienne, puis à Schönbrunn, illustrent bien le quotidien du couple impérial, la distance imposée entre eux par l’impératrice et l’amour incondonditionnel de son époux, prêt à tout pour la satisfaire. Sissi consacrait beaucoup de temps à sa beauté légendaire et à sa taille de guêpe ! Elle passait chaque jour deux à trois heures à faire peigner son abondante chevelure ; outre l’équitation où elle excellait, elle s’astreignait quotidiennement à des heures de gymnastiques pour entretenir sa musculature. Sa chambre était partiellement aménagée en salle de sport avec agrès, anneaux et barres parallèles. Elle a par ailleurs été la première à faire installer une salle de bain avec baignoire telle que nous les connaissons aujourd’hui.

Au Sissi Museum... La vraie Sissi!

Sissi cultivait sa beauté et sa minceur, comme une antidote au protocole impérial, tout en taquinant la muse : tout au long de sa vie, l’impératrice a produit de nombreux poèmes enflammés. Mais elle était aussi extrêmement cultivée et parlait de nombreuses langues, comme le grec ancien et moderne, l’anglais, le français, et bien sûr, en tant que reine de Hongrie, le hongrois.

On l’a dite anorexique, neurasthénique… Sissi donne surtout le sentiment de ne pas avoir été faite pour cette vie-là et d’avoir tout mis en œuvre pour sauvegarder sa propre authenticité et vivre selon ses aspirations profondes en dépit de l’hostilité générale à son encontre.

Le 10 septembre 1898, alors qu’elle séjourne sous le nom de comtesse de Hohenens à l’hôtel Beaurivage, à Genève, le voyage se termine tragiquement. Sissi est poignardée par un anarchiste italien qui n’avait d’autre idée en tête que de supprimer une tête couronnée, un acte d’éclat censé le consacrer pour la postérité. Son objectif est le duc d’Orléans, mais celui-ci ayant modifié son emploi du temps, il change de cible au dernier moment et se rabat sur la soi-disante comtesse. Le coup est si rapide, si précis, que Sissi ne réalise pas ce qui vient de se passer. Elle pense avoir reçu un coup de poing ; elle vacille et se redresse, parvenant même à monter à bord d’un bateau qui l’attend et ne tarde pas à appareiller, pour faire demi-tour lorsqu’elle perd brusquement connaissance et que sa dame de compagnie révèle sa véritable identité. De retour à l’hôtel, on découvre la blessure, infime, et pourtant meurtrière. Sissi a été touchée en plein cœur et s’éteint peu de temps après.

A sa mort, sa dernière fille, Marie Valérie, sa préférée, née en Hongrie et la seule enfant qu’elle ait pu élever elle-même, dira que sa mère est morte comme elle l’avait souhaité ; vite, et sans souffrir. Un peu comme si Sissi avait donné rendez-vous à son meurtrier pour l’aider à quitter une vie qui, depuis son mariage, ne fait que lui peser.

Sissi, la rebelle, l’insoumise, est enfin libre.

Frédérique

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2 janvier 2017 1 02 /01 /janvier /2017 19:43

Faisant face au Canigou, perché sur une colline à deux pas d’un torrent se trouve un de nos coins de rêve, la chapelle St Jacques de Calahons.

 

 

 

 

Nous y montons au départ de Catllar (prononcer Calla) par un chemin à la déclivité assez ébouriffante au démarrage. Jadis cami ramader (chemin de transhumance), il est encore par endroits pavé et conserve ses hauts murs qui délimitent des parcelles aujourd’hui envahies de cistes, de lentisques pistachier, d’oliviers et de très vieux chênes !

Un paysage magique qui recèle d’autres trésors, de magnifiques cabanes de pierres sèches. Leur taille est variée ; parfois adossées à des clapiers (amas de pierres arrachées à la terre pour pouvoir la cultiver) elles ont souvent été très opportunément coincées entre de gros blocs de pierres. Nous ne les avons pas toutes découvertes mais à chaque fois que nous y montons il en est une où nous faisons halte avec émotion.

Ombragée de chênes, d’une facture admirable avec comme un renfort qui en protège l’arrière et double l’épaisseur des murs, cette cabane abrite l’urne funéraire

d’un certain Robert !

Le Roussillon, pardon le Pays catalan, est riche en cabanes de toutes sortes mais sur Catllar la concentration est impressionnante.

En suivant le sentier des cabanes et en multipliant les allers et retours d’une cabane à l’autre, on finit par arriver à la chapelle où vit encore un ermite !

Le site fut occupé dès la préhistoire, dolmens et menhirs à ce qu’il paraît témoignent de cette occupation et le matériel archéologique trouvé permet d’affirmer que dès 3500 avant J.-C des hommes vivaient là.En 968 l’église accorda la possession de ces terres à ce qui est aujourd’hui le village de Catllar. Casalono, Chasalons, Calaons, le nom a évolué mais l’esprit est resté.

Seul un reste de murailles témoigne qu’un village s’est implanté au lieu dit Els Casals, non loin du torrent à quelques encablures de la chapelle. Plusieurs fois ruinée, reconstruite, on ne peut être étonné que cette chapelle, prieuré au XIVe siècle et doté de son propre cimetière, soit consacrée à St Jacques. Celui qui est maintenant le St Patron des pèlerins a plusieurs casquettes à son actif. Protégeant des démons qui se cachent au fond des eaux et ayant vocation à retenir l’orage sur les hauteurs, on ne peut s’étonner que la chapelle lui soit dédiée de longue date. Le torrent est à deux pas et elle surplombe le plaine de Prades, la vallée de la Castellane, le Canigou et j’en passe !

De St Jacques il est possible de rallier Catllar en gagnant le village qui s’enorgueillit d’être le plus ensoleillé de France, Eus ! Quittant St Jacques, le sentier file presque à l’horizontal le long d’un ravin.

 

Il offre de beaux points de vue sur la chapelle dont le toit interpelle et n’est pas sans rappeler celui des chapelles grecques et plonge vers la plaine à la hauteur d’un oratoire doté d’une délicieuse vierge à l’enfant.

Voilà vraiment une très belle balade à compléter par un arrêt dans la chapelle très ressourçant. A n’en pas douter ce lieu a une âme, celle de l’ermite évidemment mais pas seulement.

La présence de quelque chose de plus grand, qui nous accueille, nous comprend est vraiment très prégnante. Et même si vous ne voyez personne, elle est peuplée de petits bruits, de frottements que rien de cartésien n’explique !

Il y a toujours quelque chose de nouveau à découvrir là, miel, tisanes confectionnés par l’ermite ou à l’entrée dans un petit panier, de petits textes avec des pensées à méditer. Chacun prend la première qui s’offre à lui, c’est le « hasard » qui nous parle !

« Ne vous inquiétez pas du lendemain, demain s’inquiétera de lui-même. A chaque jour suffit sa peine. »

Incroyable comme il fait bien les choses.

Enfin si vous êtes très matérialiste, un coin pique-nique avec fontaine, barbecue et tables vous attend !

Cool !

Do

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20 décembre 2016 2 20 /12 /décembre /2016 20:48
Au confins de la plaine d’Ampurdan, là où elle vient buter sur les premières hauteurs de la Costa Brava se trouvent quelques villages « archi » bondés l’été, quasiment déserts en ce mois de décembre, des endroits paradisiaques pour qui aime la nature.
Samedi dernier, la Méditerranée faisait son show, ardoise sous un ciel plombé, émeraude quand le bleu a envahi tout le ciel !

 

Le GR 92 suit la ligne de cote, rustique sur certains tronçons, sophistiqué à d’autres.
Nous l’avons suivi sur quelques kilomètres dans un paysage de carte postale.

 

 
Parties du village de Calella de Palafrugell nous avons gagné le phare de San Sébastia. Les villages sont attachants, pittoresques et s’il ne recèle que peu de sites majeurs à visiter, il n’y a aucune raison de se priver d’y faire halte, juste pour le plaisir des yeux.

 

Nous étions déjà venues notamment en été pour y écouter des habaneras (genre musical, né à Palafrugell sous l’impulsion de pêcheurs catalans).
Si la balade est assez cool jusqu’à Llafranc la grimpette est rude jusqu’au phare de San Sebastia, l’un des plus puissants d’Espagne, perché à presque 200 mètres au-dessus du niveau de la mer.

 

A ses côtés, une tour du XVe siècle monte la garde. Il paraît que du haut de sa terrasse le panorama est décoiffant ! Sans doute !
Il est quand même très dommage que la vue soit gâchée par un pylône garni d’un nombre invraisemblable d’antennes. Electro sensible, s’abstenir !
Cette balade s’est révélée contre toute attente, culturelle, nous ignorions complètement l’existence de fouilles archéologiques qui ont permis de ressusciter un antique village ibérique.

 

Daté avec précision du VI e et Ve siècles avant Jésus Christ, le village a livré les vestiges d’un habitat rural simple, un important matériel qui a permis de reconstituer la vie à cette époque. Cultivateurs, pêcheurs, la population entassait les réserves de la communauté dans des silos dont on découvre encore les traces.
Au Ie siècle avant J.-C., les romains bien implantés en Ampurdan, ont mis a mal ce village dont les vestiges petit à petit ont disparu sous les terres cultivées.

 

Un autre habitat a vu le jour dont il reste un ancien ermitage du XIXe siècle et un oratoire dédié à San Baldari, perchés au sommet d’un promontoire vertigineux.
Alors si le cœur vous en dit, ne vous privez pas de mettre vos pas dans les nôtres.
Par contre je vous déconseille les restos, la proximité des antennes est vraiment très déplaisantes et sans doute néfaste !
Mais je me doute bien que peu d’entre vous me prendront au sérieux !
Comme avant goût, un dernier cliché.
 
 
 
Et ce petit film !
Do
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3 décembre 2016 6 03 /12 /décembre /2016 20:53
Se balader en Catalogne est vraiment dépaysant.
Il y a une petite semaine le blanc bleu des Cyclades nous était offert, la Grèce en quelque sorte.

 

El Port de la Selva

 

 

 

Aujourd’hui relief impressionnant, grandes sapinières, routes en lacets tout concourait à créer l’illusion, un tonitruant « Hallo » teutonique ne nous aurait même pas surprises.
Sans doute connaissez vous le littoral catalan, mais il y a des chances pour que vous ignoriez tout du village d’Espinelves.
Situé entre la Sierra de Vieilles et celle de Montseny où les sommets affleurent les 1800 mètres, le village d’Espinelves est entouré de bois touffu et perché à flanc de coteaux. La région est riche en eaux thermales mais contrairement à Sant Hilari Sacalm et Santa Colomer de Farners qui ont tout misé sur le thermalisme, Espinelves est devenu célèbre grâce aux sapins.
Depuis 36 ans, chaque année, les deux premières semaines de Décembre voient les visiteurs affluer dans le village afin d’y trouver le sapin de leurs rêves lors de la Fira de l’Avet !
La fête du sapin !

 

 

Habitations du XVIIe et XVIIIe siècles, église du XIe, le village est typiquement montagnard et bien qu’isolé de tout, comme nous l’avions constaté en Aragon, les commerces ne l’ont pas déserté. La monnaie locale y est même bien établie.

 

 

Alors, si le cœur vous en dit, pas la peine d’attendre l’an prochain, il vous reste encore jusqu’au 11 décembre pour découvrir Espinelves, y acheter votre sapin et une foule d’autres choses encore.
Outre les éléments de décors traditionnels dont le Tio de Nadal, l’incontournable Poinsettia, vous y trouverez sans nul doute une foule de petits cadeaux et ne manquerez pas d’apprécier la gastronomie locale.
Coca, Coca reixada, Carquinyolis, Botifaras, « Formatge » sous toutes ses formes, Miel à foison et je ne sais plus quoi encore, je ne vous promets que du bonheur.
Il y a même un superbe pessebre entièrement réalisé en liège.
 
Cerise sur le gâteau, c’est hyper bien organisé, pas de stress pour stationner et on vous remet même un petit souvenir en réglant votre stationnement.

 

 

Sympa comme petite attention !
Do
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10 novembre 2016 4 10 /11 /novembre /2016 17:44
Ayant enfin trouvé des compagnons de rando, et même plus encore, qui nous collent à la peau ! même rythme, mêmes goûts, et pas que pour la nature, chacun à notre tour nous nous concoctons une virée. Hier Claude et Michèle nous ont fait découvrir les rives de l’étang de Salses où nous n’avions jamais été nous balader !
Il faut dire que c’est presque l’étranger, au nord du Tech, au nord de la Têt et même au nord de l’Agly ! Nous avions quand même des excuses.
Toute la balade se déroule entre phragmites, ces roseaux qui abritent toute une faune très discrète et vergers où quelques délicieuses figues noires s’offraient encore aux promeneurs que nous sommes.
Le circuit longe l’étang colonisé de longue date par des flamants roses très bavards notamment à la hauteur de l’anse de la Roquette, à proximité d’un village de baraques présenté comme un lieu préservé dans un environnement classé Zone Natura 2000 !
C’est ce qui est écrit même si dans la réalité, cela semble poser problème.

 

 

Dans ma tête je me régalais déjà à l’idée de découvrir un village comme celui des pêcheurs de l’étang de Canet ! Déception !

 

 

Il y a peut-être de beaux panneaux d’informations, des obligations environnementales, on peine à y croire, ça fait même doucement rigoler.

 

 

 

Vu l’état de délabrement de certaines cabanes, il est peu probable qu’elles soient dotées de toilettes sèches sauf si ce terme désigne les lieux d’aisance découverts derrière les haies de Cyprès ?!

 

 

L’obligation d’utiliser des matériaux nobles semble avoir été zappée ou alors il faudrait se mettre d’accord sur ce que recouvrent les termes employés !

 

 

 

Enfin restons positif et préférons penser que le travail de nettoyage, annoncé sur l’affichage, intervenant une fois l’an nous sommes à la veille de ce grand jour !

 

Dommage et un peu triste car le site aurait tout pour charmer les yeux.

 

 

Espérons que d’ici quelque temps, ce village de baraques aura été relooké et que la restauration sera de la même qualité que celle de la chapelle Sainte Cécile du hameau de Garrieux, en bordure de l’étang. Chapeau et oublié du même coup la déconvenue des baraques, c'était quand même une chouette sortie !
Nous avons terminé notre boucle affrontant une tramontane déchaînée mais très motivés à l’idée du délicieux repas que Michèle nous avait concocté. Le lapin aux pruneaux, rien de tel pour récupérer après l’effort ! Do

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