Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
15 mai 2018 2 15 /05 /mai /2018 17:22

Après la découverte de Prades, jolie petite ville médiévale qui vit naître le peintre Joan Miró, puis une halte moyennement satisfaisante à Caspe, agglomération sans trop de charme surplombant l’embalse du même nom sur le rio Ebro, lac artificiel surnommé la « mer d’Aragon », nous filons vers Teruel avec une certitude : nous reviendrons à Prades pour une découverte plus approfondie. La ville dispose d’un camping permanent où il est possible de louer des chalets. La région est sillonnée de sentiers de randonnées permettant de découvrir « les montagnes de Prades » dont nous avons eu un joli aperçu du haut de l’Abellera, un petit ermitage accroché à la paroi rocheuse. Du haut de ce promontoire, nous avons deviné la présence de petits villages pittoresques ; bref, voilà un terrain de découvertes peu éloigné de chez nous qui nous tend les bras… Alors pourquoi ne pas y revenir en hiver ? Affaire à suivre…

 

Mais revenons-en à l’Aragon ! Depuis Mequinenza, c’en est fini des « esteladas », des nœuds jaunes et des affiches réclamant la liberté des prisonniers politiques qui florissaient encore à la Granja d’Escarp, petite ville rurale où nous avons trouvé, toujours avec le même émoi, nos premières cigognes ; il est clair que nous ne sommes plus en Catalogne et que le problème des indépendantistes ne concerne pas trop les aragonais.

 

La province de Teruel est la plus petite des provinces composant la communauté autonome d’Aragon. Pour arriver là, nous avons traversé des paysages semi-désertiques, des gorges impressionnantes tapissées d’une végétation verdoyante, à l’image des oasis dans le désert.

Autour de Teruel, c’est le Colorado. Tout est rouge. Les arbres se font rares. La ville surgit au milieu de ce désert minéral de falaises, canyons et rochers tarabiscotées, hérissées de grands immeubles plutôt bien intégrés à ce décor de western.

 

Notre découverte des lieux commence par un contournement de la ville à la vitesse d’un supersonique pour ne pas perdre de vue la voiture d’une famille d’autochtones ayant entrepris de nous conduire à bon port, l’aire de stationnement pour camping-cars située près de la Guardia Civil. Pourtant, la circulation est limitée à 50 km/h, comme toujours en ville ; nous partons donc du principe qu’ils connaissent les lieux et savent qu’il n’y a pas de radar et nous appuyons sur le champignon. Nous apercevons au passage les tours et clochers de la vieille ville, construite à près de 900 mètres d’altitude, au confluent du Guadalaviar et du rio Turia.

Peuplée par les Ibères, puis par les romains, Teruel sera occupée pendant quatre siècles par les arabes, jusqu’à sa reconquête par le roi Alphonse II en 1171. Vestiges médiévaux et édifices mudéjares se côtoient avec bonheur dans cette cité vivante et pittoresque qui fut presque entièrement détruite par les troupes franquistes, entre le 9 janvier et le 22 février 1938.

 

La chance est avec nous ! Et il en sera ainsi pendant tout ce périple où nous avons décidé de nous laisser porter par la vie… Parvenus au parking destiné aux camping-cars, nous constatons qu’il n’y a plus de place. Etant à proximité d’un parc de sports, il y a surtout des voitures stationnées là, empiétant sur l’espace dédié aux véhicules de loisirs. Qu’à cela ne tienne, nous allons nous garer plus loin, le temps de déjeuner, avec l’intention de revenir voir après si des places se sont libérées. Ils ne vont pas faire du sport toute la journée ; il faudra bien qu’ils aillent manger !

Bien vu. Une heure plus tard, nous nous garons sans problème et nous nous élançons aussitôt à la découverte de la ville.

 

Finalement, nous ne sommes pas très loin de la vieille ville. Après avoir descendu une longue avenue bordée d’immeubles modernes, nous arrivons en vue des ponts qui s’élancent au dessus de la rivière pour accéder au « casco antiguo ». Plusieurs ponts franchissent le ravin : nous empruntons le viaduc ancien, ou viaducto Fernando Hué, une construction de 1929 aujourd’hui réservée aux piétons, un accès royal à la vielle ville, avec une première découverte la statue de l’Ange et du taureau.

 

En ce premier mai, la ville est très animée ; il ne fait pas trop chaud, mais beau et il y a foule dans les rues. Les gens musardent, se font plaisir et cela se voit. Nous aussi ; la bonne humeur est contagieuse.

plaza del Torico

Nous enchaînons les sites remarquables en suivant notre plan de découverte : la plaza del Torico, bordée de superbes maisons rococos,

maisons rococos sur la plaza del torico

la cathédrale Santa Maria, aux nombreux éléments mudéjares. Encore plus belle est la tour de l’église San Martin, avec ses motifs géométriques, ses entrelacs gracieux et ses incrustations de céramiques.

tour San Martin

 

La ville conserve aussi un superbe aqueduc du XVIème, également pont piétonnier sur  son étage inférieur, considéré comme une œuvre majeure du génie civile de la renaissance espagnole.

l'aqueduc

Une autre des constructions remarquables de la cité est le « perron de Teruel », « L’Escalita », un gigantesque escalier de style néo-mudejar inauguré en 1921, reliant la gare au quartier historique.

Le perron de Teruel

Il est orné de deux petites tours carrées de style mudéjar dans sa partie supérieure et d’une sculpture représentant les amants de Teruel, dont on peut découvrir l’histoire et la sépulture en visitant le mausolée du même nom, près de la cathédrale. La visite s’impose mais s’avère décevante, car un peu trop exploitée sur le plan touristique. L’histoire elle-même, ou la légende, ne vaut pas celle de Roméo et Juliette !

les amants de Teruel

 

 

Aux alentours de seize heures, après avoir déjà bien crapahuté, nous passons un long moment dans les salles du musée de la ville qui présente une exposition spéciale sur la bataille de Teruel. Dommage que tout soit en espagnol car même si l’on arrive à comprendre, la traduction de tous ces textes devient vite fastidieux. Sur plusieurs étages, ce musée gratuit (un détail qui mérite d’être signalé !) présente l’histoire de la ville, de l’antiquité à nos jours.

le musée de la ville

Un beau musée installé dans un ancien palais du XVIème siècle agrémenté d’une vaste terrasse offrant de remarquables vues sur les toits de la vieille ville.

vue sur la cathédrale

 

Nos pas nous ramènent sur la plaza del Torico et avant d’entamer notre retour vers nos maisons à roulettes, nous faisons halte à l’intérieur d’un de ses sympathiques cafés pour déguster un chocolat ; après l’effort, le réconfort. Et l’effort n’est pas des moindres car au final, à notre arrivée aux camions, nous aurons marché cinq heures !!! Et sans jamais trouver le temps long ; Teruel restera un des temps fort de notre voyage.

Fredo

 

Partager cet article
Repost0
12 mars 2018 1 12 /03 /mars /2018 19:46

Ce samedi ayant fait de cette phrase de Paulo Coelho « Si vous pensez que l’aventure est dangereuse, essayez la Routine, elle est mortelle ! » notre devise, nous sommes parties à l’aventure et avons franchi, pensez-donc, le Tech, la Têt et même l’Agly, pour aller nous balader sur les rives du Golfe Antique puisque tel est l’autre dénomination de l’Etang de Bages – Sigean !

Je le confesse je ne connaissais pas Sigean, même pas la Réserve mais aujourd’hui je suis nettement moins ignare et si vous le voulez je vais vous narrer ce que nous y avons découvert.

Au commencement il n’y avait donc pas d’étang mais la mer ! Des cordons sédimentaires se sont ensuite formés et ici comme à Canet, Leucate, Berre … les étangs sont apparus et avec eux les flamants !

Narbonne fut donc un port et Sigean était au bord de mer. Voilà pourquoi lors de notre balade, nous avons pu trouver d’antiques bites d’amarrage au Port Mahon là où la profondeur de l’eau n’excède guère le mètre.

 

A cette époque, nous sommes aux VII, VI eme siècles avant J.-C, les Elisyques vivaient en ces lieux. Peuple d’origine Ibère, ouvert aux influences Helléniques, Celtes (c’est fou ce que l’on voyageait alors, sans GPS qui plus est), l’implantation romaine lui fut fatale. Il faut dire qu’un peuple d’agriculteurs a qui l’on interdit de cultiver vigne et olivier n’a que peu de chance de survivre même s’il ne dédaigne pas la pêche !

A quelques encablures à l’ouest de la ville, au Pech Maho se trouve donc les vestiges de l’antique Sigean. Comptoir commercial fortifié dont il reste quelques vestiges susceptibles de faire rêver, cet oppidum domine encore le Golfe antique et si aujourd’hui il ne fait plus guère parler de lui (la Réserve lui a ravi la célébrité), en son temps, c’est à dire celui d’Hérodote, il jouissait d’une certaine notoriété.

Nettement plus connus, les salins de Bages, Peyriac offrent également un bel espace de balades pour qui aime déambuler le nez au vent, alors si le coeur vous en dit rendez-vous à Sigean. A partir de l’Ancienne cave viticole (plutôt décatie mais c’est le cas de beaucoup) tout un choix d’itinéraires admirablement balisés vous permettront de découvrir un paysage haut en couleurs. Cabanes de Sigean, Port Mahon, il est possible de tout combiner et si vous vous équipez d’une carte IGN il vous sera possible en prime d’allonger la virée avec une découverte de Sigean grâce à de multiples panneaux et de pousser jusqu’à l’oppidum.

Bonnes balades donc puisque les jours rallongent et que le soleil brille !

Do

Partager cet article
Repost0
21 janvier 2018 7 21 /01 /janvier /2018 19:53

Chaque année le 3e dimanche de Janvier se tient dans le petit village d’Espolla la fête de l’olive et de l’olivier. En bonne compagnie, nous sommes allées prendre un bon bain de foule pour découvrir cette manifestation très prisée, à juste titre. Comme nous avions pu déjà le constater à la Fira de l’Avet (fête du sapin d’Espinelves) les catalans ont vraiment le chic pour tout organiser, parking GRATUIT et personnel pour vous indiquer les emplacements disponibles (les seuls contrevenants à se garer n’importe où ayant été des français !), manifestations festives en tout genre, le tout dans une atmosphère bon enfant.

Nous n’avons pas boudé les dégustations d’huile et d’olives et j’avoue être nettement plus à mon affaire en dégustant une huile d’olive qu’en goûtant un vin, même si nous avons un arrière grand-père sommelier. Ainsi je peux affirmer que ma préférence va de loin aux huiles un peu poivrées (souvent les plus jeunes) qui restent bien en bouche. Ravitaillés en Miel par la même occasion et nantis de belles miches toutes chaudes sorties du four nous avons quitté le village sans assister au concours de lancement de noyaux d’olives même si j’aurais bien aimé voir ce que cela donne et pourquoi pas, participer mais nous commencions à saturer tant la foule était dense.

Pourtant même si la conjoncture est particulière, que le jaune (couleur interdite par le gouvernement espagnol) a quelque peu envahi le village comme partout en Catalogne pour rappeler que des hommes sont actuellement emprisonnés pour leurs idées, une atmosphère calme et joyeuse régnait à Espolla.

Si vous avez l’occasion de passer par là n’hésitez pas. De toute façon en toute saison le village est sympathique, quelques belles bâtisses, une campagne attirante, de jolies randos et en prime une coopérative agricole qui propose toute l’année de l’huile d’olive et des vins de qualité !

Nos estomacs se rappelant à nous nous avons gagné El Port de la Selva pour retrouver le bord de mer dans une ambiance de plus en plus tempétueuse et après avoir joué les zadistes le temps d’un pique-nique, affronté les

éléments déchaînés nous avons regagné nos pénates dans un flamboiement de couleurs safranées ! Une merveille de la Nature !

Do

Partager cet article
Repost0
14 janvier 2018 7 14 /01 /janvier /2018 20:49

Juste pour le plaisir des yeux et pour vous donner l’envie de vous offrir une belle randonnée, pentue juste ce qu’il faut. La balade démarre d’Olette sur la Nationale 116 juste avant qu’elle n’entame, si tout va bien, sa grimpette vers la Cerdagne et le Capcir !

Le parcours est parfaitement indiqué, il suffit de suivre le fléchage «Les chemins de l’Histoire », par contre cela démarre très raide. C’est toutefois une bonne mise en jambe et cela laisse le temps d’apprécier l’ingéniosité et la maîtrise des bâtisseurs qui ont conçu ce mini aqueduc d’une seule arche, mais quelle arche !, pour permettre le passage d’un canal d’irrigation dont on suit fort bien le tracé et qui jadis desservait les jardins d’Olette.

Canal d'Olette

Cet ancien chemin reliant Evol à Olette offre un parcours en corniche et dévoile de belles vues sur le village perché d’Oreilla mais pas que !!! Toute la balade est magique et que ce soit à Oreilla, car le chemin y passe, ou Olette tout est prévu pour accueillir le randonneur dans les meilleurs conditions. Des tables de pique-nique sous abri nous ont maintes fois accueillies notamment lors de randos sous la neige.

Evol

Evol qui figure au nombre des plus beaux villages de France ne vole pas son qualificatif. L’habitat montagnard tout en schiste est admirable et l’église du XIe siècle vaut assurément le détour tout comme il serait impardonnable de zapper la chapelle Ste Etienne vraisemblablement contemporaine. Le château d’Olette, bien que cis à Evol, aujourd’hui en partie restauré s’atteint en rattrapant la piste du col de Portos à partir de la chapelle. Construit au XIIe, son histoire est complexe et le rattache au château d’Usson, citadelle cathare, dans l’Aude. Les vestiges sont parlants et le panorama grandiose.

Château et chapelle St Etienne

La balade continue en direction du village d’Oreilla après un crochet par le hameau de Thuir d’Evol d’où part une autre randonnée : « Le Cami ramader » un sentier traditionnellement emprunté pour la transhumance mais aussi par les carriers qui ont exploité pendant des siècles le schiste et qui est la voie de choix pour gagner les Etangs de Nohèdes.

Le sentier qui grimpe vaillamment jusqu’à Oreilla, notre point culminant, offre de multiples points de vue sur le Canigou et tout autant de raisons de faire des pauses dans un feu d'artifice de lumière.

Oreilla, tout petit village, s’enorgueillit d’un bien triste bilan, le plus grand pourcentage de disparus pendant la guerre de 14 - 18.

Le reste de la randonnée se fait en descente et passe par la tour de défense d’Olette à moins que ce soit d’Oreilla, perchée sur un promontoire enserré par pas moins de 3 cours d’eau, la rivière d’Evol, le Cabrils et La Têt.

Tour d'Olette

La boucle se boucle en regagnant le point de départ par le haut d’Olette, le meilleur moyen pour échapper aux gaz d’échappement de la 116. 

Do

Partager cet article
Repost0
5 janvier 2018 5 05 /01 /janvier /2018 18:13

Premier de l’An, nous retrouvons nos amis Claude et Michelle accompagnés de leur petit fils !

Y’a de la joie dans l’air !

Ado, certes, très féru de nouvelles technologies, bien implanté dans son époque mais contrairement à beaucoup de ces « paires », nous ne sommes pas regardés comme des fossiles vivants ! Nous échangeons, partageons des idées, débattons et enfilons le dénivelé sans états d’âme. On ne voit pas vraiment passer le temps.

Ayant mis le cap sur notre ermitage préféré, Saint Guilhem de Combret pour leur faire découvrir notre coin de paradis, nous démarrons la randonnée avec la plus belle des rencontres. Notre jeune a repéré dans le sous-bois une certaine agitation et ce qu’il a d’abord pris pour une biche va se révéler être un groupe de 3 isards. "Elle est pas belle la Vie ?" Merci !

Pétrifiés, nous observons un grand silence le temps de les laisser traverser la piste et continuer sans se presser leur chemin. L’ermitage dont nous avons enfin découvert l’intérieur cet été et que nous vous avons déjà présenté un certain nombre de fois se dresse dans toute sa splendeur sur fond de neige et nous accueille le temps du repas. Si l'histoire du site vous intéresse, clic !

http://www.longville-dofredo.com/2016/09/st-guillem-de-combret.html

Notre salle à manger, dont on ne compte plus les étoiles, s’ouvre sur les monts du Vallespir et la plaine de l’Empurdan et si elle invite à paresser en plein soleil, nous levons le camp non sans avoir respecté la tradition et fait retentir la cloche de l’ermitage.

Ayant rattrapé la piste ascendante qui mène à la Fontaine du Brigadier le point de vue sur l’ermitage est magnifique.

Le point culminant en est le Pla de la Fage où nous attend une magnifique bergerie du XVIe siècle que les ans ont malmenée mais qui a encore de beaux restes !

"Nef" de 30 m pour la bergerie du Pla de la Fage

Nous vous en avions déjà parlé et si ces remarquables édifices vous intéressent en un petit clic vous en saurez un peu plus.

http://www.longville-dofredo.com/2015/02/bergeries-catalanes.html

Depuis que nous avons quitté St Guilhem la neige a fait son apparition. La piste dite de la Pinousette, ça fait coquin, nous offre par endroits de magnifiques portions enneigées et un joyeux délire nous gagne après que Michelle ait ouvert le feu la première sur Léo. S’en suivent 2 heures de marche ponctuées de jets de boules de neige, de cavalcade, de glissades et de cris.

Chacun en prend pour son grade et nul doute que pareille agitation à la montée n’aurait pas favorisé notre rencontre avec les isards !

Nous jetons un œil sur le refuge fermé à clé, le comble pour un refuge ! et la Fontaine du Brigadier désertée en ce jour par les chasseurs et regagnons le Col de la Roue pour retrouver notre voiture dans laquelle nous avions malencontreusement oublié notre Tourón Yema, une des petites douceurs prévues pour agrémenter notre pique-nique.

Touron Yema tostada

Do

 

Partager cet article
Repost0
27 décembre 2017 3 27 /12 /décembre /2017 18:35

Ambullas, Embouilla, En Bullas, Ambullat … cela ressemble à une déclinaison latines et pourtant rien de tout cela ! Il s’agit juste d’un haut plateau que surplombe le Canigou, enserré de modestes sommets ne dépassant guère les 800 mètres mais offrant pour certains un panorama décoiffant !

Les noms propres n’ayant pas d’orthographe, pour ma part j’ai coutume de dire Ambullat !

Lisant un site ami à la recherche de précisions concernant une des merveilles que nous avons coutume de fréquenter lors de cette randonnée, j’ai découvert que cette région était riche d’un réseau souterrain de quelques 25 kilomètres. Certes cela ne devrait pas m’étonner compte tenu de la présence toute proche des Canalettes et d’autres grottes ayant livré un matériel archéologique exceptionnel ! Nous en détecterons une d’ailleurs en cours de balade.

Parcouru par l’antique chemin qui monte du regroupement de villages Ria-Sirach, le plateau permet de rejoindre aussi bien la vallée de la Têt que celles du Cady ou de la Llitéra. Les points de départ sont donc multiples mais quant à nous c’est toujours de Corneilla de Conflent que nous partons, ne serait-ce que pour admirer à chaque fois les magnifiques ouvertures de l’abside de l’Église Sainte Marie.

Ancienne capitale d’été des comtes de Cerdagne, Corneilla possédait un château aujourd’hui ruiné et selon le vœu d’un de ses protecteurs un prieuré. Une communauté de chanoines, des augustins, à l’origine de ce magnifique édifice entièrement classé dont il ne reste que quelques arcades témoignant de l’existence du prieuré, s’installa ici pendant environ 700 ans. Le village mérite vraiment une visite de préférence avant le départ lorsque les gambettes sont encore vaillantes.

Je ne pourrais chiffrer le temps de cette randonnée qui nous a pris en ce jour de Noël 6 heures en comptant la pause pique-nique que nous avons agrémentée d’un joli feu de camp ! Un grand moment de joie !

Bergerie romane

Le premier arrêt fut pour la somptueuse bergerie romane d’Ambullat. Antérieure au Xième siècle semble t’il c’est une merveille d’architecture qui n’est pas sans rappeler celle des monuments mycéniens en Grèce. Elle présente toutes les caractéristiques d’un édifice religieux, ce que certains évoquent d’ailleurs. 9 mètres de long, 4 de large et 3 de haut, la voûte en encorbellement est constituée de larges dalles qui couvrent la nef monumentale qui a servi en effet de bergerie mais aussi de garnison.

Avant de poursuivre la balade vers la Redoute notre seconde halte, un petit détour s’est imposé pile poil en surplomb de la vallée du Cady offrant une vision de rêve sur Villefranche de Conflent, Notre Dame de Vie, le Fort Libéria et l’ancien village ruiné de St Étienne de Campille dont la chapelle toute perchée comme un nid d’aigle nous a déjà accueillis plusieurs fois.

Notre Dame de Vie

Complétant le système défensif de Villefranche, afin de parer à d’éventuelles attaques venues du Sud, une fortification couronne l’un des sommets qui surplombent le plateau. Une place d’armes circulaire s’ouvre sur quelques galeries qui n’ont certainement pas abrité une grande garnison. Un chemin de ronde cerne la Redoute offrant l’un des panoramas les plus somptueux qu’il soit sur le Canigou.

Cette Redoute n’a pas de datation précise, Vauban y a t’il sévi, mystère ? Une chose est sûre vers 1795 elle participait à la défense de Villefranche dans la guerre qui opposa la France et l’Espagne.

Pour quitter cette construction, deux options, une descente par un chemin en lacets emprunté par l’artillerie légère de l’époque que tiraient mulets et chevaux (à la bonne tienne) ou la piste qui dessert la Font de la Perdiu, magnifique ouvrage voûté auquel on accède par une volée de marches et ramène au plateau tout piqueté de bornes blanches plutôt énigmatiques !

Comme tous les chemins mènent à Rome ces deux itinéraires ramènent aux anciennes mines que l’on trouve sur ce plateau et permettent de rattraper l’itinéraire du départ à la hauteur d’une carrière de Talc.

C’est quand même avec 5 bonnes heures de marche que nous avons retrouvé la voiture et dégusté notre deuxième part de bûche de la journée avec un petit coup de « Muscat Pet » (Muscat pétillant) de Corse avant de reprendre la route à la nuit tombante.

Un beau Noël placé sous le signe de la perfection, Amitié, Soleil, Nature … où les découvertes archéologiques étaient même au rendez-vous ! 

Joint torique antique

C’est sûr nous allons recommencer.

Do

 

 

Partager cet article
Repost0
19 décembre 2017 2 19 /12 /décembre /2017 18:19

Si une petite rando pour s’entretenir le moral en s’en mettant plein les « mirettes » vous tente voilà qui devrait vous plaire.

De Perpignan gagnez Villefranche de Conflent et un peu avant Olette virez à droite cap sur Jujols. Certes la route d’accès est par endroit plutôt étroite et assez peu protégée mais la visibilité est bonne et ce qui vous attend là-haut vaut bien quelques petits battements de cœur !

L’église du XIIe siècle est superbement située, quant au village que nous avons connu quasiment abandonné dans les années 70, il revit petit à petit et ne compte aucune « verrue » architecturale, ce qui vaut la peine d’être souligné.

Au départ de l’église de nombreux itinéraires de randonnée permettent un peu toutes les combinaisons. Je vous livre aujourd’hui celle que nous préférons car une fois le but atteint un panorama très étoilé s’offre au randonneur !

Du village gagnez la fontaine de la Sainte famille et poursuivez sur le même chemin à flanc de vallée en ne manquant pas de repérer la chèvrerie du village.

Franchissez 2 lits de torrents, attrapez le sentier qui file à gauche et entamez une rude grimpette. La descente sera plus périlleuse, les nombreux glands la transforme souvent en tapis roulant. En atteignant la piste qui grimpe de Joncet, virez à gauche et au sortir de la seconde épingle prendre le petit chemin qui grimpe discrètement sur la droite.

Petit à petit le panorama se dévoile jusqu’à atteindre le sublime en arrivant à notre cortal ! Le cortal Drapé vous offrira l’occasion de pique-niquer face au seigneur de la montagne, le Canigou dans toute sa majesté, sous le regard vigilant des rapaces.

Si vous avez pris la précaution de prendre une carte IGN, les chemins pour regagner Jujols ne manquent pas, vous pouvez même pousser encore plus haut jusqu’au refuge de Roquefumade ou redescendre comme vous êtes monté et faire un crochet jusqu’au hameau de Flassa doté lui aussi d’une superbe église !

Que du bonheur !

Do

Partager cet article
Repost0
25 novembre 2017 6 25 /11 /novembre /2017 20:41

Aujourd’hui nous avons quitté les PO pour l’Aude voisine et partir à la découverte d’un ouvrage d’art, le canal de jonction de Saleilles d’Aude, en compagnie de nos amis Claude et Michelle !

Ce canal, de près de 250 ans, trait d’union entre le canal de la Robine et le canal du Midi constitue malgré ses 8 petits kilomètres le maillon indispensable pour que le canal des 2 mers devienne une réalité.

Canal Royal rebaptisé Canal du midi après la Révolution

Française, l’ingénieur Pierre Paul Riquet en est le concepteur. De nombreux ouvrages d’art ponctuent le parcours, le tunnel de Malpas, une foule d’écluses et de « rigoles » (petits canaux) mais un seul réservoir, le Lac de Saint Ferréol qui en assure l’approvisionnement en eau.

Les travaux autorisés par Colbert demandèrent une mise en œuvre importante pendant 15 ans, néanmoins des difficultés surgirent rapidement liées notamment à l’ensablement du canal du fait des apports d’alluvions massifs au moment des fortes pluies d’automne et de printemps.

Pont Canal et Porte Minervoise

Ce fut l’incontournable Vauban qui abandonnant ces chères fortifications remédia à la situation, on lui doit aussi le Pont Canal qui enjambe la Cesse au lieu dit « La porte Minervoise ». Construit en 1 an ce pont a résisté aux multiples crues de la Cesse qui à plusieurs reprises l’ont en partie submergé.

Canal de jonction de Saleilles d'Aude

Au cours de notre balade nous avons croisé 2 randonneuses sympathiques férues d’Histoire. C’est ainsi que nous avons appris que 100 après la création du Canal du Midi, sous l’impulsion de l’archevêque de Narbonne Arthur Dillon débutèrent enfin les travaux de creusement du canal de jonction de Saleilles d’Aude. 7 écluses, des pins séculaires en bordent le cours qui rejoint le lit du fleuve Aude que les péniches empruntent sur 800 mètres. Pas de chemin de halage sur ce parcours, il fut un temps où un filin aidait au tractage des bateaux. C’est ensuite le canal de la Robine, Port La Nouvelle et la Méditerranée !

Le canal du Midi s’arrête à Toulouse où ses eaux se mêlent à celle du Canal de la Garonne. C’est ainsi que les eaux des 2 mers se mêlent à bordeaux !

Si cette découverte vous intéresse c’est simple il faut juste un certain sens de l’orientation car le fléchage est assez indigent et cerise sur le gâteau dès le début du parcours un magnifique tas de gravats bouchent le chemin ! Hasard ou dissuasion ?

En cliquant sur le lien suivant : http://narbonne-randonnée-montagne.clubeo.com/  vous arriverez à récupérer l’essentiel pour réaliser cette balade sympa. Suggestion ! Si pour pique-niquer la maison de la Porte Minervoise est pas mal, pousser jusqu’à la jonction du Canal du Midi et du Canal de Saleilles d’Aude où tout est prêt pour accueillir le « baladeur » est vraiment top !

Do

 

Partager cet article
Repost0
17 novembre 2017 5 17 /11 /novembre /2017 18:42

Toutes les teintes des rayons sacrés se sont conjuguées pour enchanter notre âme lors de cette randonnée qui nous a menées du tout petit village de la Llau en Vallespir à l’ermitage de St Guilhem de Combret puis au Col De Baxo !

Nous montons régulièrement nous ressourcer en ces lieux adossés au flan du Canigou. Aujourd’hui pas un souffle de vent, un grand soleil et tout au loin la plaine de l’Empurdan noyée de soleil.

Que du bonheur pendant 4 bonnes heures, nous avons pris notre temps notamment en nous donnant le temps de déambuler dans mon tableau !

Si vous êtes tenté de suivre nos traces, facile ! Pas besoin de GPS, cap sur Prats de Mollo, au village du Tech à droite à la sortie du village direction la Llau. Ensuite s’est fléché. Vous pouvez aussi vous joindre à nous le jour où nous y remontrons. Cela ne saurait tarder, une fois par saison est une bonne fréquence et si c’est en été peut-être pourrons nous vous faire découvrir l’intérieur de la chapelle !

A un de ces jours peut-être !

Do

Partager cet article
Repost0
4 novembre 2017 6 04 /11 /novembre /2017 20:42

Commençons par quelques précisions. Les phosphatières sont des puits desquels a été extrait au XIXe siècle un minerai contenant du phosphore qui se présentait sous forme de nodules phosphatés ou phosphorites, une roche sédimentaire compacte.

Le Cloup est un terme de géologie désignant une dépression. Prononcez cloupe!

Les phosphatières du Cloup d’Aural, comme toutes les autres phosphatières, se présentent aujourd’hui comme des gouffres vertigineux à la végétation luxuriante où la température est fraîche en permanence, 15° !

C’est en 1999 que nous avions découvert notre première phosphatière sauf que celle-ci était, comme nombre d’entre elles alors, une décharge. Aujourd’hui, sans doute en reste-t-il mais un énorme travail a été fait pour les assainir et en éliminer les substances toxiques.

L’histoire commence en 1865 lorsque Jean-André Poumarède natif de Réalville, interpellé par la luxuriance de certaines cultures en divers endroits du Causse, initie les premières recherches et lance l’exploitation des phosphatières. Du jour au lendemain l’économie de la région s’en trouva chamboulée, l’opulence « menaçait » jusqu’à ce que de nouveaux gisements, plus riches et aisément exploitables, soient découverts en Floride, au Maroc. En 1887, 17 ans après le début de l’exploitation, celle-ci périclitait. Le Causse retombait dans l’anonymat et pire encore !

Wagonnets Décauville

Les meilleurs terres ayant disparu lors de l’exploitation des phosphatières, le phylloxéra s’attaqua aux vignes anéantissant les derniers espoirs de survie des Quercynois qui s’expatrièrent massivement outre Atlantique.

Remontons loin dans le temps !

Il y a 170 millions d’années le Quercy avait des airs de Bahamas, la roche calcaire, riche du phosphate lié à la décomposition des matières organiques des causses du Quercy, était entrain de prendre forme. 100 millions d’années plus tard la mer se retirait, l’érosion modelait les roches et des failles commençaient à entamer le relief. Grottes et gouffres ainsi formés, petit à petit se remplirent d’argile de surface, des cadavres des nombreux animaux qui hantaient les lieux jusqu’à combler ces phosphatières que nous découvrons aujourd’hui. Pendant ces millions d’années le climat ne cessa de se modifier, valse des espèces animales, végétales, chaud, sec, humide, froid …

Tout au fond de la phosphatière

Les phosphatières aujourd’hui ont été vidées de leurs nodules mais elles n’en finissent pas de livrer leurs secrets aux scientifiques qui ont un terrain de choix pour décrypter les scénarios possibles en matière de réchauffement climatique, aux paléontologues qui peuvent aujourd’hui remettre dans leur contexte des animaux dont on n’ignorait tout à des époques où la petite « Lucy » n’avait pas encore pointé le bout de son nez. 

Ce qu'il reste du Périssodactyle

Et même si beaucoup de fossiles ont disparu lors de l’extraction du phosphate étant donné leur fort taux de minerai, les campagnes de fouilles se succèdent apportant à chaque fois un peu plus de précision sur ce qu’était notre Terre à cette époque, les phosphatières présentant la particularité de renfermer une faune homogène à des époques précises.

Le Cloup d’Aural à Bach est une superbe visite que nous avons eu bien du mal à réaliser. Pas facile de se trouver là aux heures de visites 15 h et 16h30 lorsque l’on réside à 3 bonnes heures de route ou que l’on est en transit entre 2 destinations !

Outre la visite guidée passionnante d’une bonne heure et

Petit Lémurien

demie, des circuits à découvrir présentent la faune et la flore actuelles du Causse, l’exploitation minière telle qu’elle fut et pour les jeunes et moins jeunes un jeu de piste consistant à retrouver les silhouettes des animaux disparus à partir d’indices collectés sur des panneaux mais aussi lors de la visite guidée. Évidemment un tri a été opéré parmi les quelques 600 espèces retrouvées à Bach mais c’est l’occasion d’un bain de nature au milieu des genévriers, érables de Montpellier, chênes de toute nature tout chevelus de lichen. Do

 

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Hist' toiles
  • : Nous sommes deux soeurs... L'une peint, l'autre écrit. Nous avons envie de partager nos vécus, nos ressentis, nos expériences; de témoigner... Nous aimons par dessus tout la nature, notre plus grande source d'énergie... Sur ce blog, nous vous présenterons des peintures, des livres, mais aussi des photos de nos voyages, de nos randonnées, des récits... Nous tenterons enfin de vous entraîner dans la grande aventure de notre vie: notre cheminement spirituel vers l'Amour et la Lumière.
  • Contact

Recherche