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29 janvier 2020 3 29 /01 /janvier /2020 18:08

C’est une jolie rando sans trop de prétention, sans doute classée moyenne, son dénivelé (non cumulé) n’étant que de 500 mètres, transformée aujourd’hui en sportive. Parties de Laroque des Albères nous avons atteint le Casot en passant comme souvent par les deux fontaines, celle des Simiots (les génies !) et de la Vernosa.

Ce n’est qu’à l’intersection de notre sentier avec celui menant au Pic de l’Aureille que les choses ont commencé à se compliquer et que nous avons eu la preuve que la végétation avait payé un lourd tribut à Gloria et aux chutes de neige qu’elle a générées.

Dans un premier temps nous n’avons eu qu’à louvoyer pour suivre le sentier par contre la piste atteinte, un peu en amont de la Vernosa, la randonnée a commencé à s’apparenter à un exercice digne des commandos.

Des arbres abattus en travers de la piste nous ont régulièrement obligées à nous contorsionner pour finalement atteindre le casot.

Ouf !

Nos 5 pins étaient saufs, notre matrice ressourçante avait tenu le coup mais une déception nous attendait, impossible de franchir le torrent, trop d’eau, de débit et même si nous avons envisagé le passer pieds nus, la peur de glisser nous a retenues !

Du coup, rebelote ! Le sandwich avalé nous avons retrouvé les obstacles péniblement franchis, dépassé la font de la Vernosa et gardé la piste jusqu’à retrouver l’itinéraire de l’aller en surplomb de Laroque. Dire qu’il y fut un temps où des voitures l’empruntaient pour redescendre de l’Ouillat, les contre-forts de la route sont encore visibles, la preuve par l'image (à droite).

Il faut l’avoir vécu pour le croire car sous peu même à pied ce sera impossible. Les pluies n’ayant rien arrangé, en moult endroits la piste était devenue torrent et quand les arbres ne nous ralentissaient pas, de nombreux « ne me quitte pas » se montraient plutôt collants !

Il nous a fallu plus d’une heure de plus pour boucler la rando mais 5 heures de bonheur au soleil, dans un environnement grandiose !

Do

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28 janvier 2020 2 28 /01 /janvier /2020 20:30

Hier c’était « opération » tourisme. Nous sommes parties traîner de l’autre côté des Pyrénées pour approfondir notre connaissance d’une région particulièrement riche, les alentours de La Bisbal. Le secteur regorge de villages tous plus beaux les uns que les autres et admirablement mis en valeur. C’est « léché », on sent le souci du détail, c’est propre et même si Gloria est passée par là (vous comprendrez l’allusion plus loin) ce n’est pas par une abondance de cochonneries qu’elle a signé son passage.

Nous avons commencé par ceux que nous ne connaissions pas, Monells en premier lieu. Dès l’arrivée nous avons été gâtées dans un « manège » un homme faisait travailler 3 chevaux, enfin travailler n’est pas approprié car les 4 se régalaient. Les chevaux n’avaient pas de mors, pas de licol, ils répondaient en toute liberté aux sollicitations s’octroyant de temps à autre une petite incartade. Rien à voir avec la soumission qui nous avait navrées à Vienne, la complicité entre l’humain et eux était évidente. Nous avons eu droit à un festival de croupades, pesades et même cabriole. Nous fûmes des spectatrices très sages mais notre enthousiasme en fin de démonstration a plu. Gracias señor !

Monells, traversé par le Rissec est en deux partie, le barri del Castell et le barri de la Riera dominé par l’église de Sant Genis ! Ah, ah !!

Doté d’une superbe place à arcades où l’on peut encore trouver una « mitgera », mesure officielle creusée dans une pierre, de nombreuses demeures des XVIe et XVIIe siècles, d’une rue à arcades remarquables ouvrant sur la plus vieille place du village, celle de l’oli, le village semble être dans « son jus » d’origine.

Il faut vraiment fouiller pour découvrir le travail remarquable de restauration relaté au fil de la visite sur les multiples panneaux explicatifs. Qu’attend on pour en doter tous nos villages ?!

A quelques kilomètres se trouve Palau Sator, un peu moins bien entretenu il recèle quelques points forts comme une curieux puits, entièrement maçonné et qui samedi dégorgeait l’eau à grands flots.

En Languedoc le terme de « circulade » lui serait accolé, une vois courant tout autour de l’ancienne motte castrale.

Peratallada fut ensuite notre troisième halte. Comme son nom l’indique il fut en partie taillé dans la roche, c’est particulièrement flagrant au niveau des fossés au pieds des murailles. Nous y avons retrouvé notre petite frise représentant Jésus et les apôtres qui, des années en arrière nous avait amusées.

Autrement rien à dire de plus mis à part que c’est absolument exquis, les maisons, la place à arcades, les lacis de ruelles, tout à un charme fou et le petit jus à 1€ devant le château nous a laissées babas !

Avant de gagné le bord de mer pour une petite balade aux allures grecques entre Sa Tuna et Aiguafreda, nous avons fait halte à Pals.

Le nom Pals vient de Palus, terrain marécageux, et si les marécages ont été asséchés par le passé, ce samedi le Ter grossi par les pluies torrentielles qui ont accompagnées Gloria avait anéanti des années de labeur.

D’un pas vaillant nous avons gagné le « Pedro », point de vue sur le paseo archeologico qui enserre les anciennes murailles. Eglise paroissiale ouverte !!! tombes médiévales et wisigothiques creusées à même la roche, ici le niveau « zéro » des archéologues affleure partout, ce village se déguste !

Très enthousiastes nous avons gagné le bord de mer, aux allures de Grèce à Sa Tuna, un régal !

Et comme il faut bien que je me raccroche au titre de cet article, aujourd’hui nous sommes passé de l’enchantement d’hier à la colère !

Ayant fréquemment l'habitude de rayonner autour de St Genis des fontaines, nous avons aujourd'hui rallié Villelongue dels par la traverse de Villelongue et le cami de les close, sidérés par la désolation des lieux. Un nombre incalculable de déchets jonchent à ce jour les bassins d'orage mais aussi les terrains agricoles en friche de l'autre côté de la voie, sans parler du terrain qui a été "démaquisé" en prolongement des bassins d'orage (même si le terme n'est pas local je pense que vous comprendrez ce que je veux dire) et qui a dû servir de décharge auparavant si l'on considère le nombre de débris que les débroussailleuses ont déchiqueté. Il faut attendre d'entrer dans le village pour retrouver des lieux corrects !
Je sais d'avance ce que vous allez pouvoir peut-être (d'autres me l'ont avancé comme arguments) me répondre, Gloria est passée par là mais je ne suis pas d'accord parce que les morceaux de polystyrène, les gravats émanant des chantiers sur les lotissements voisins, les sacs de ciment vides s'ils étaient correctement entreposés ne devraient pas se répandre partout. C'est quand même le fruit d'un laisser aller inquiétant. Comment peut-on parler de préserver l'environnement si l'on ne commence pas par le B.A BA. Qu'ont à faire toutes ces cannettes vides, bouteilles partout !

Depuis que les travaux sur les nouveaux lotissements ont commencé, nous ne venions plus que très peu préférant arriver par Laroque pour aller jusqu'au Vilar au départ de St Genis, trop triste de voir ce qu'est devenu cet endroit, c'était un coup d'essai. Franchement cela ne donne pas envie de recommencer et fait peine. Nous connaissons le village depuis 1968, nous y avons résidé des années, là nous le voyons dans un triste état du fait de la négligence humaine, je n'ai rien contre l'extension des villages, chacun à le droit de vivre là où il le veut mais cela ne devrait pas se faire au détriment de la Nature.
En tout cas, Saint Genis est diablement plus propre que Villelongue !

Do

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16 janvier 2020 4 16 /01 /janvier /2020 17:50

Au-dessus de Villefranche de Conflent,

face au fort Libéria une construction est implantée face à la cité fortifiée, une redoute qui fut notre première occasion pour découvrir la bergerie romane du plateau des Ambullats.

Dès le départ de Corneilla de Conflent, à la hauteur de l’église, superbe édifice toujours fermé dont il ne reste du cloître qu’une seule arcature de marbre rose un sentier démarre en descente avant d’attaquer sec une sacrée grimpette. Là aussi de nombreuses cabanes émaillent la montée.

La première nous permet de faire une petite halte face à un superbe panorama. Comme beaucoup elle est en assez mauvais état mais il faut dire que régulièrement des randonneurs indélicats retirent des pierres de la couverture pour s’en faire des sièges de fortune. Hier il nous a fallu un certain temps pour arriver à les remettre, maladroitement certes, en place .

Un ancien cortal marque le début d’un plateau où poussent entre autre de petits chênes dont des chênes truffiers ! Si, si, même qu’un « ayant-droit » nous en a fait découvrir ! Ayant-droit car venu en quad par la piste que nous empruntons pour le retour afin de profiter en compagnie d’un troupeau de vaches grisesdu panorama qui offre une vue à 360° sur tout le département.

Pour filer vers la Redoute nous longeons les vestiges d’une ancienne carrière de Talc que jouxte une mine de manganèse désaffectée et là, tout près, se trouve la bergerie romane. Personnellement, si c’est une bergerie, je suis la reine d’Angleterre.

Sans doute a t’elle abrité (ou abrite encore) des moutons, sans doute a t’elle été une fromagerie mais je suis prête à parier que ce ne fut jamais sa vocation initiale. Sa datation reste inconnue mais personne n’a encore pu expliquer la présence d’outils préhistoriques retrouvés sur son toit. 9 mètres de long pour 4 de large, un appareillage intérieur aux petits oignons, une structure qui s’apparente plus à celle d’un édifice religieux et une voûte qui ressemble à s’y méprendre à celle que l’on trouvait dès 5000 avant JC dans de nombreux édifices. A coup sûr ceux qui ont bâti ce chef d’œuvre n’étaient pas des néophytes. Une nef centrale, des niches latérales et une voûte en encorbellement qui n’est pas sans rappeler celles que l’on a pu découvrir dans de nombreux bâtiments antiques : Ugarit en Syrie, Maeshowe en Ecosse (Orcades), Mycènes en Grèce … Une merveille !

Depuis notre première découverte nous y revenons régulièrement, nous y avons même passé un Noël super avec nos amis Pignon. Ce mardi nous y sommes retournées mais la magie avait quelque peu déserté les lieux, des indélicats y ont entreposé leur « cochonnerie » !

Cette bergerie n’est pas un exemplaire unique, au-dessus de Taurinya, se trouve le hameau pastoral de Llassères

que l’on atteint après s’être avalé un dénivelé de 1000 mètres mais quel bonheur ! Un vrai village de cabanes toutes plus belles les unes que les autres dont celle que l’on nomme l’Orry Cathédrale et croyez moi, ou pas, ce terme n’est pas usurpé, là ce n’est certainement pas une bergerie !

Nous avons dû nous livrer à un vrai jeu de piste avant de la découvrir, 3 fois nous y sommes montées dont une fois avec le verglas et une autre dans le brouillard, en vain. Ce n’est qu’à la quatrième fois que nous l’avons trouvée ! Elle se mérite mais nous comptons bien y retourner sous peu.

Mais si Llassères est difficile à atteindre, Corneilla devrait vous plaire ! Do

 

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14 janvier 2020 2 14 /01 /janvier /2020 18:33

Si nous innovons en matière de circuits de randonnées il y a aussi les incontournables, ceux que nous remettons à notre programme jusqu'à deux fois l'an.

Parce que nous aimons particulièrement, parce qu'en fonction de la saison tout y est différent mais aussi parce que nous savons pertinemment que nous allons y découvrir de nouvelles beautés. Le circuit dit des cabanes au départ de Catllar en fait partie.

Les "cabanes" appelées selon les régions bories, capitelles, orries ... sont omniprésentes en Pays Catalan que ce soit dans les Albères, en Vallespir, en Fenouillèdes, dans les Garrotxes ou sur les flans du Canigou.
Si vous avez envie d'en savoir un peu plus voici deux articles de notre blog qui pourraient vous intéresser.

http://histo-arts.de.brebis.over- blog.com/2015/02/bergeries-catalanes.html

http://histo-arts.de.brebis.over-blog.com/article-llasseres-121502078.html

Aujourd'hui je vais donc vous parler de celles de Catllar où nous étions mardi dernier et sous peu je vous narrerai la rando d'aujourd'hui à Corneilla de Conflent. 

Pour les découvrir il faut déjà trouver où se garer, le top est de réussir à stationner au départ de la rando c'est à dire sur le petit parking, dans le tournant, à la sortie du village, sur la route qui mène à Eus. Le départ est là, tout de suite, vous ne pouvez pas le louper, il emprunte la petite route très, très pentue qui démarre à gauche. Si vous ne trouvez pas à vous y garer, une seule solution, le parking à l'entrée du village en arrivant de Prades et avant de traverser la Castellane. Cela vous donnera l'occasion de découvrir le village et sa belle église. En visant toujours plus haut et en tirant toujours à droite vous retrouverez la route qui file sur Eus et donc le départ.

Ensuite il n'y a plus qu'à grimper.

Lorsque la petite route s'arrête, à l'intersection de sentiers, il convient de suivre celui de droite, le plus pentu pendant une bonne bonne demie heure pour arriver enfin sur le plat (cela ne dure pas). A ce stade le mieux est de suivre le fléchage menant à Saint Jacques de Calahons.

L'ermitage est habité et se poser dans la chapelle est très ressourçant. Nous ne manquons pas de nous y arrêter pour y méditer un moment, souvent en musique si nous avons la chance d'y trouver l'ermite est en prière.

Parvenu à Saint Jacques une foule de possibilités se présente aux randonneurs car le coin est truffé de merveilles, cabanes, dolmens. En général nous revenons par le ravin de St Jacques qui démarre à gauche à la hauteur de l'ermitage. Mais le mieux est encore de vous équiper d'un GPS car tout y est recensé et cela vous évitera de vous égarer notamment en vous faufilant au milieu des genévriers, chênes verts, oléastres, cistes ou genets.

Pourquoi ne pas télécharger sur votre téléphone l'application MAPS ME ? Depuis qu'un ami nous a donné le tuyau, nous ne pouvons que nous en louer d'autant qu'en prime pas besoin d'être connecté, même en mode avion ça marche, il faut juste télécharger au préalable les cartes qui nous intéressent !

Enfin pas de panique avec le Canigou comme repère impossible de se perdre toutes les conditions sont réunies pour vous permettre de découvrir de multiples fois ce petit coin de paradis. Et le terme est si juste que l'une de ces cabanes est devenue la dernière demeure terrestre d'un certain Robert Gueyne.

Son urne repose dans l'une des plus belles cabanes qui soit, nous le saluons régulièrement. La construction est complexe, si la partie arrière est arrondie, la façade présente des angles bien marqués quant à la voûte c'est une pure merveille.

Les constructeurs de ces cabanes ne disposaient pas des outils actuels mais maîtrisaient avec maestria leur art qui s'exprime même aux niveaux des murs de soutènement des terrasses qu'ils ont façonné un peu partout ou des multiples canaux dont certains aménagements ont subsistés !

En chemin de nombreux panneaux indiquent les cabanes à découvrir, à vous d'oser vous aventurer.

Quant au retour laissez vous porter, tous les chemins, ce sont souvent d'antiques "camis ramader" mènent à Catllar de toutes façons !

A demain !

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30 novembre 2019 6 30 /11 /novembre /2019 19:49

Une rando dans les Albères au départ de Laroque jusqu’à la Balma del Moro (dolmen) comme prétexte à ce cri du coeur.

Marcher, j’adore ! Partout même en ville, à plat mais surtout quand ça monte et que le sentier, voire la route, se faufile, serpente.

J’aime lorsque l’on ne peut pas voir loin, lorsque le regard bute sur un lointain, proche ! Incapacité de se projeter, possibilité d’imaginer, de rêver. Pas de monotonie, l’esprit toujours en alerte. Cela crée une sorte de déséquilibre et le déséquilibre c’est le mouvement. Même quand le chemin est caillouteux et ici c’est plus que courant, marcher les yeux le plus souvent rivés au sol ne me pèse pas. Il y a toujours quelque chose à voir, un bousier aventureux à sauver, quelques champignons, des empreintes, une crotte suspecte, une jolie pierre.

La vie est là, elle dépose sa marque !

Mais ce que j’aime particulièrement c’est grimper, un plaisir. Je sens mon corps vivre et si je crie intérieurement parfois « j’en ai marre », ce n’est pas grave, je sais que je continuerai. Le plus dur est le coup d’envoi après vaille que vaille le plaisir est là et j’en profite pour lâcher prise.

Vivre l’instant présent en grimpant.

Marcher est une méditation, c’est la Liberté. Si nous partons toujours avec un but tout peut changer, une croisée de chemins et hop ! Marcher c’est aussi le plaisir de la rencontre et le plus souvent sur le chemin du retour, l’occasion de recharger ses batteries avant d’attaquer ragaillardies la dernière longueur.

Marcher c’est aussi la certitude d’avoir avec moi le strict nécessaire mais l’essentiel pour faire face. Une cape de pluie ultra légère conçue pour tenir lieu de toile de tente, de quoi faire du feu, parer à une chute, une crise d’angoisse (ça arrive), carte IGN et ravitaillement et si le départ de Virgile m’a laissée orpheline et dans l’insécurité (son instinct nous a souvent protégées), nous sommes deux à faire face et à marcher gaillardement sur les chemins de la vie !

Marcher, une philosophie !

Evidemment nous avons la chance de pouvoir le faire, soit !

Mais on s’en donne aussi la peine, parfois nous claudiquons quand les genoux flageolent, le tendon d’Achille est ramollo mais poc à poc on s’y recolle.

Do

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27 novembre 2019 3 27 /11 /novembre /2019 16:09

Nous avons rechaussé les godillots, repris le sac à dos et renoué avec les belles randos. 6 heures dans nos Albères de « fontane » en « fontane », de « collada » en col dans un décor d’automne somptueux sous la tutelle bienveillante du Canigou !

De Montesquieu nous avons gagné en empruntant un petit bout du sentier botanique les jardins de Marty Fort. Dès le XIe siècle la gestion de l’eau a été une priorité et des canaux d’irrigation, des bassins ont été aménagés afin de permettre l’irrigation de parcelles destinées à la culture, aux pâturages (les devèses, nous connaissons enfin aujourd’hui la signification de ce mot !), parcelles délimitées et soutenues par d’imposants murs de pierres sèches. Le dernier usager, habitant de Montesquieu, ayant pris soin de ses jardins fut Marty Fort, l’espace lui est aujourd’hui dédié.

A partir de là c’est la grimpette qui prédomine, alternant pistes, parfois défoncées, chemins de chèvre glissants d’humidité et

une superbe sente très pentue par moments se faufilant en crête pour nous mener non loin du Col de l’Espinasse.

Site stratégique avec les cols de Llinas, Taula, La Branca et La Cortalette pendant la guerre franco-espagnole (1793 – 1796) une batterie de canons fut installée là comme aux autres cols. Pas besoin de discours, en débouchant à l’extrémité de la plate-forme le panorama qui s’offre à nous parle de lui-même.

Décoiffant, la vue sur l’Espagne porte jusqu’au mirador des volcans de Garrotxe, tous les monts du Vallespir, le Canigou, le Costabonne se laisse admirer !

Fin du XIXe un casot dit du soldat fut érigé, à la fois réserve à vivres et accueil des blessés, il fait aujourd’hui office de refuge.

C’est donc dans cette superbe salle à manger que nous avons fait halte, dégustant par avance cette pause bien méritée qu’un groupe de motards est venu troubler. Ne peuvent ils profiter de la montagne autrement que sur ces engins pétaradants qui en plus dégradent les sols !

Alors que de plus en plus les véhicules thermiques sont diabolisés, que l’on parle d’en restreindre l’usage*, ne pourrait-on au moins les interdire en montagne, partout où la nature reste encore sauvage. Ils sont repartis tout aussi bruyamment qu’à l’arrivée projetant autour d’eux pierres et graviers que les récentes pluies avaient déposés dans les ornières de la piste. Idem pour les chasseurs dont on retrouve les 4/4 en tout lieu, d’ailleurs c’est en repérant un de leurs affûts que nous avons compris que l’infernale grimpette allait bientôt se terminer, la piste ne pouvait qu’être à proximité ! Gagné !

Ligne de crête empruntée

 

La descente finalement plus longue que prévu et plus éprouvante que la montée nous a permis de découvrir d’autres vestiges militaires et de perfectionner nos connaissances en botanique sur le dernier tronçon du parcours.

Do

* petite aparté à l’intention de Nicolas Hulot qui m’escagasse de plus en plus, c’est bien joli de vouloir nous faire abandonner notre voiture pour les transports en commun, encore faudrait-il ne pas mettre la charrue avant les bœufs et faire en sorte que le réseau soit partout déployé équitablement !

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26 février 2019 2 26 /02 /février /2019 18:20

Hier, c’est du côté de Fleury d’Aude que nous avons randonné, à la découverte d’une curiosité géologique nichée au cœur du massif de la Clape. Le gouffre de l’œil doux est une superbe « cénote », - un effondrement du sol karstique-, qui attire en permanence de nombreux visiteurs. Son nom occitan est un peu redondant : « Uèlh Dotz », Uèhl signifiant l’ouverture de la source, et Dotz, la source elle-même. Rien à voir avec le nom français, donc.

Le gouffre, vu du haut

 

En réalité, si nous avons bien trouvé le site, notre randonnée aura été un peu ratée, pour cause de « topo pas top » ! En effet, n’ayant pu remettre la main sur la randonnée éditée par l’Indépendant il y a déjà quelques temps, j’avais tiré vite fait le topoguide du site « visorando », en général plutôt satisfaisant. Malheureusement, nous avons mal commencé en nous trompant de parking, les indications n’étant données qu’en coordonnées GPS… que nous n’avons pas ! Nous nous sommes donc retrouvées sur le parking de l’Œil Doux, incapables de faire le lien avec la carte du topo, puisque nous n’étions pas au bon endroit !!! J’espère que vous me suivez…

Après avoir erré lamentablement durant de longues minutes sur le parking, persuadées que le gouffre était sur notre droite, nous avons finalement trouvé les indications locales qui nous envoyaient vers la gauche. Il nous a alors suffi de remonter le sentier caillouteux sous un soleil étonnamment chaud pour un 24 février, pour arriver, huit cents mètres plus loin, en surplomb du gouffre…. Vertigineux !

A nos pieds, flanqué de hautes falaises de calcaire, miroite un petit lac aux eaux vertes, tout rond. C’est magnifique.

L’Œil Doux n’a pas très bonne réputation, mais ce n’est pas vraiment de sa faute. Les baignades y sont interdites, car dangereuses, ce qui n’empêche évidemment pas tout le monde de contrevenir, et par là-même, de s’attirer des ennuis. On y dénombre donc de nombreuses noyades, souvent pour cause d’hydrocution, et quelques faits divers macabres s’y sont déroulés. Mais bon, aujourd’hui, nous ne bouderons pas notre plaisir et il semblerait que les nombreux visiteurs ne se soucient pas plus que nous de ce fâcheux passé ! Les gens sont décontractés, souriants, admiratifs, enthousiastes… Que du bonheur !

Une chose est sûre, mieux vaut être bien chaussé pour arpenter le terrain instable, sillonné de nombreuses failles parfois très profondes. Nous pique-niquons sur la falaise, au milieu des cistes, yeuses, romarin et des lentisques pistachier avant de poursuivre notre découverte. La descente au bord de l’eau n’est pas des plus aisées, mais le détour en vaut tout de même la peine, pour jouir d’un point de vue différent sur le lac et ses falaises.

 

Au final, nous aurons tout de même marché un peu, mais pas autant que nous l’avions prévu. Cependant, nous avons bien profité du spectacle et de cette belle journée ensoleillée, c’est le principal !

Alors, si vous voulez découvrir cet endroit, il suffit de gagner Fleury d’Aude, au nord de Narbonne, et de filer par la D1118 en direction de Saint Pierre la mer, jusqu’au parking de l’Oustalet. Mais rappelez-vous, même s’il fait chaud, pas de baignade, ça peut coûter cher !!!

Frédérique

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20 février 2019 3 20 /02 /février /2019 15:58

Les Aiguamolls d'Ampurda… Vous connaissez? Coincée entre la Muga et le Fluvia, au Sud de Roses (à une cinquantaine de kilomètres de Perpignan, une vingtaine de Figueres), cette vaste zone humide, devenue réserve naturelle protégée, offre aux visiteurs la possibilité de découvrir au fil de sentiers bien aménagés et d'observatoires judicieusement situés les richesses de la faune et de la flore locale.

Nous vous en avons déjà parlé car c'est une de nos destinations préférées en Catalogne sud. Pourquoi? Parce qu'on peut y voir des cigognes! Et nous, descendantes d'alsaciens, les cigognes sont nos oiseaux fétiches.

 

Alors, très régulièrement, nous allons leur rendre visite.

Mais nous ne sommes pas racistes et les autres occupants des lieux font également notre bonheur: ainsi, hier, foulques, poules d'eau, colverts et autres canards, flamants (pas vraiment roses), hérons, aigrettes, cormorans, grèbes, et vanneaux ont fait notre bonheur durant trois bonnes heures de découverte…

cormorans
un arbre à cormorans!
Flamants
héron
grêbe

Je dois en oublier, mais ils me pardonneront. Plus tard, arriveront les échasses blanches, des cigognes en transit (elles n'étaient pas encore très nombreuses hier) et autres migrateurs. On y fait parfois des rencontres étonnantes et rares; un jour, par exemple, un ibis rouge solitaire flânait sur les lieux! Dans un autre genre, il nous est arrivé d'y rencontrer des daims et des sangliers. Des chevaux camarguais occupent également les lieux à la belle saison. Mais hier, il y avait encore trop d'eau pour eux. Dommage pour nous. Si ce lieu vous intéresse, cliquez sur le lien ci dessous pour plus de renseignements:

https://www.cbrava.com/fr/magazine/aiguamolls-de-lemporda-reserve-naturelle/

Si vous y allez, n'oubliez pas l'appareil photo, les jumelles et le pique-nique! Si le temps le permet, vous serez heureux de faire une petite halte sur la plage, avec une vue imprenable sur le Cap de Creus.

Une prière, cependant: n'oubliez pas de signaler aux enfants susceptibles de vous accompagner que pour profiter pleinement du spectacle offert pas une nature généreuse, le silence est recommandé! Respectez les lieux et la signalisation (chiens en laisse! C'est déjà une chance qu'ils soient acceptés, alors si nous voulons que cela dure, obéissons! Ce n'est pas si difficile...) pour que le plaisir reste intact au fil des ans.

 

Poste d'observation

Allez, allez-y, ouvre grand les yeux et les oreilles, respirez… Merci, la vie!

Frédérique

 

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20 janvier 2019 7 20 /01 /janvier /2019 18:46

Besoin de soleil et de légèreté ?

Nous avons ce qu’il vous faut. Une jolie randonnée qui partant de Laroque des Albères vous mènera jusqu’au prieuré Santa Maria del Vilar de Villelongue dels monts.

Le retour peut se faire au choix en suivant la départementale qui relie ces deux villages ou bien en empruntant une piste forestière qui de Villelongue et par les Mas Catalans revient sur Laroque en faisant un joli détour par l’ancien site de St Laurent de Galicie et Roca Vella. En gros 5 heures de marche avec les arrêts et un bon dénivelé qui est assez « casse-gueule » en descente. Les VTT l’empruntent et détériorent notablement le chemin quand ils ne le coupent pas. Nous nous sommes même égarées un temps, le chemin était obstrué par des branchages visant à sécuriser leur descente en la détournant du tracé initial !

Pas vraiment sympa quand on sait que des itinéraires réservés existent et que si par malheur vous les empruntez et croisez des cyclistes, ils ne seront pas tendres avec vous. Mais cela est une habitude, le piéton a toujours tord face aux vélos, voitures ou motos !

De Laroque jusqu’à la fontaine des Simiots même si cela monte, c’est plutôt cool, cela se complique un peu dès lors que l’on quitte la piste qui redescend sur les Mas Catalans mais la nature est sublime.

Quasiment tout le trajet se fait au milieu des chênes verts voir chênes liège. La descente par contre est longue et lente, des bâtons auraient été bienvenus mais l’idée ne nous avait pas effleurées. A regarder où l’on met les pieds on finit par douter d’arriver un jour tant et si bien que lorsque le prieuré apparaît nous en sommes tout surpris.

Ce prieuré qui abrite de nouveau une communauté monastique est un pur joyau et ne doit sa renaissance qu’à une passionnée. Pendant de longues années, nous résidions à Villelongue, le site fut le but de nos promenades vespérales. Ouvert à tous les vents nous déambulions entre les murs de ce qui nous semblait être une simple chapelle ruinée, nous avions bien remarqué un soubassement en pierres scrupuleusement agencées mais les ronciers qui occupaient les lieux étaient assez dissuasifs. Heureusement en 1993, Lucette Triadou, aveyronnaise, vivant depuis peu sur Villelongue fut un peu plus hardie que nous. Intriguée par ce soubassement elle dégagea les lieux à la serpe. Ce qu’elle a découvert alors l’a confortée dans sa première impression, il y avait eu ici autre chose qu’une simple chapelle ! La mairie ne lui fournissant aucune explication satisfaisante, à les en croire ce n’est qu’une simple carrière de pierres, elle réussit à retrouver le propriétaire et à lui racheter le terrain. De ce jour, madame Triadou va mettre tout son coeur dans le sauvetage des lieux entraînant petit à petit un joli monde à sa suite. Nombreux sont ceux qui ont participé au sauvetage offrant temps de travail, savoir faire et fonds pour permettre au prieuré de revivre.

Une église pré romane existait déjà en l’An Mil en ces lieux mais ce n’est pas tout ! Les fouilles effectuées au cours de plusieurs campagnes ont permis de retrouver des vestiges d’un édifice païen, un nympheum et la source qui y était associée.

Nympheum

La première communauté monastique voit le jour à cette époque et une nouvelle église est construite à proximité sous le vocable de Santa Maria ! Petit à petit les moines dotent les lieux de bâtiments permettant de recevoir les pèlerins. Salle d’accueil, cuisines, cellules, greniers … le monastère jouit d’un certaine renommée et en 1535 ils quittent les lieux pour Llado dans le Haut Ampurdan. Petit rappel, le Traité des Pyrénées n’avait pas été signé, nous n’étions pas en France !

Abandonné, le monastère périclite et lorsque en 1802 les augustins reviennent sur les lieux, ils revendent les bâtiments pour usage agricole ! Ecurie, bergerie, les gravats comblent la salle d’accueil et le tout est définitivement abandonné en 1942 !

Autant dire que pour qui découvre aujourd’hui le prieuré il est bien difficile d’imaginer l’état qui était le sien au début de sa redécouverte. Outre les travaux de restauration il faut voir cette renaissance comme un gigantesque travail de filature car au fil des siècle nombreux sont ceux qui ont dépouillé le Prieuré de ces trésors architecturaux. Le jeu de piste a mené Lucette Triadou à Paris puis en Grande Bretagne quand le démembrement d’une galerie construite à partir d’éléments architecturaux provenant du Vilar et réimplantés dans un hôtel particulier s’imposa, la ville de Paris ne souhaitant pas la conserver. Les Etats Unis quant eux possèdent toujours le tympan de la porte de l’Église et d’autres ouvrages et comme pour le Cloître de Saint Genis, ils n’ont rien restitué tout juste ont ils concédé des copies !

Toujours est-il que petit à petit le Vilar a retrouvé sa superbe et que de nombreux éléments architecturaux ont pu être reconstruits à l’identique notamment grâce à des croquis que Violet Le Duc avait effectué sur les lieux déjà ruinés. Nous avons eu la chance de découvrir les fresques de l’Abside en avant première. A l’époque le chantier était aisément accessible et madame Triadou prenait plaisir à partager ses coups de coeur !

Si vous ne vous y avez jamais fait halte ne vous privez pas du bonheur de le découvrir. Si chaque été des concerts y ont lieu ainsi que des expositions, il a retrouvé sa vocation religieuse et des moniales appartenant à une communauté monacale orthodoxe en assurent la visite.

Evidemment si cette rando vous plait renseignez vous sur les horaires de visite et prévoyez une bonne journée de balade car le retour par St Laurent de Galicie est pas mal non plus. Je vous ferai grâce des détails mais pour en savoir plus voici le lien vers un précédent article sur les chapelles oubliées des Albères http://www.longville-dofredo.com/article-les-chapelles-oubliees-125461324.html

Bonne balade ! Nous, nous nous sommes régalées et les mimosas nous ont même fait leur show !

Do

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27 novembre 2018 2 27 /11 /novembre /2018 21:24

Petite rando néanmoins physique qui au départ de Sorède nous mène au site du château d’Ultréra en une petite heure tout en grimpette et par un sentier de plus en plus raviné et caillouteux.

La chapelle et l’ermitage furent construits au XVIIe siècle sur un ancien sanctuaire grosso modo au moment de la destruction du château d’Ultréra qui le surplombe. Perché au sommet d’un piton escarpé cet ancien château fort a vraisemblablement une origine remontant à l’époque romaine même si l’ensemble des vestiges appartient à la période mérovingienne.

Les guerres qui opposèrent la France et l’Espagne lui donnèrent sa raison d’être jusqu’à la signature du traité des Pyrénées. C’est à cette époque que le château et l’ancienne chapelle furent démantelés à la demande de la famille seigneuriale de Vilaplane de Sorède. C’était sans compter sur le frère de Dame Jeanne, François, chanoine de Elne qui décida de bâtir l’ermitage en réemployant divers éléments de la chapelle précédente dont le portail est l’un des fleurons.

L’ermitage a souffert au cours du dernier incendie qui a ravagé les Albères dans les années 2000, mais aujourd’hui restaurés, les bâtiments et œuvres d’art ont retrouvé leur beauté. C’est toujours une grande joie de grimper là-haut.

Parties sur le coup de midi, nous avons cette fois pas mal souffert. Trop couvertes ou plus assez selon que nous passions d’un versant à l’autre, du soleil à l’ombre, le regard rivé aux bouts de pieds pour conserver l’équilibre, les dernières pluies ayant passablement dégradé les chemins, dans les derniers instants le manque de carburant a commencé à se faire sentir. La faim nous tenaillait et bien qu’ayant inspecté en vain les environs, quelques casots récemment restaurés, nous gardions néanmoins l’espoir de trouver un endroit ensoleillé et ou abrité de la Tramontane pour avaler notre casse-croûte du haut de ce royal perchoir.

Et la vie nous a offert le must.

Le gardien de l’ermitage placé sur notre route, après nous avoir accompagnées jusqu’au sanctuaire, nous a ouvert une petite salle, le chauffage, avant de nous laisser à notre pause déjeuner toute la plaine roussillonnaise à nos pieds !

Un pique-nique très confortable, comme cela nous arrive rarement !

Merci la vie !

Et n’en déplaise aux pessimistes, je maintiens que lorsque l’on est persuadé que le meilleur est possible, il se manifeste ! Cet épisode n’est pas évidemment l’exemple le plus probant, le sujet du jour étant léger, mais je peux vous assurer qu’il ne se passe pas un jour sans que cela se vérifie !

Do

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