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16 juillet 2012 1 16 /07 /juillet /2012 17:18
J’imagine que pour certains, pour peu que l’Histoire ne soit pas votre tasse de thé, ce qui suit sera longuet mais je vais quand même tenter de vous faire découvrir comment la petite histoire de l’humble piétaille que nous sommes, est indissociable de l’Histoire avec un grand H.
Et puis ce récit est aussi destiné à l’une de nos fans sur le blog : Nicole.
Cette histoire est la sienne autant que la nôtre, celle de sa mère et de ses fils.
 
L’actuelle Belgique se compose de 2 entités, la Flandre et la Wallonie.
carte.jpg
C’est un état récent à l’histoire complexe qui a subi comme tous les états européens de nombreuses invasions, celtes, romains, saxons … tous défilèrent jusqu’à ce qu’un semblant de stabilité s’installe.  
En 1354 l’actuelle province du Luxembourg en Wallonie, ne pas confondre avec l’actuel Grand Duché, fait partie du Saint Empire Germanique puis passe un temps sous la suzeraineté des Habsbourg. Charles Quint qui passait par là, l’annexe à ses possessions et à sa mort, elle revient à la branche espagnole des Habsbourg.
Ce n’est pas fini !
La France par le biais du traité des Pyrénées (1659) en récupère le sud mais l’appétit de Louis XIV est insatiable, il s’empare de la totalité de la province.
Cris et grincements de dents, les puissances européennes se mobilisent ; elle revient aux mains de la Maison d’Autriche en 1715 et est intégrée aux Pays-Bas Autrichiens jusqu’en 1795.
Né en 1732, on ne sait où ! Un certain Jean Longville fait son apparition dans le paysage luxembourgeois. En 1752 il tombe sous le charme d’une certaine Marie-Jeanne. Très probablement déserteur français, il fonde une dynastie qui va posséder son propre hameau connu et dûment répertorié par les documents officiels, sous le nom de hameau des Longueville, sur le territoire d’Herbeumont. Est-ce là, le supposé descendant du Grand Condé ?
Le mystère reste, et restera, entier à ce jour !
Ce Jean est notre aïeul. Par son mariage il prend donc la nationalité autrichienne que sa descendance conservera jusqu’en 1795, date à laquelle la France annexe cette province et lui donne le nom bucolique de Département des Forêts ! C'est vrai que le pays en est couvert!foret.JPG
Quitter la France pour redevenir français, c’est la tuile !
En 1815, patatras, Napoléon est battu à  Waterloo et la région (avec les autres territoires de la future Belgique) est rattachée aux Pays-Bas.
Jean Longville, mort en 1810, n’aura pas vécu assez longtemps pour devenir hollandais, il en sera de même pour son fils Gilles par contre le second Jean de cette lignée sera le premier belge.
Je sens que vous ramez !
Non ?
De révoltes en guerres larvées contre la Maison d’Orange, la province du Luxembourg reste « batave » mais à forte influence française. Dès 1815 la question linguistique commence à prendre de l’importance pour éclater en 1829 lorsque le roi (des Pays Bas) impose le néerlandais à l’ensemble du Pays soit disant indépendant. En 1830 un gouvernement provisoire dissident est constitué à Bruxelles mais l’Europe ne voit pas cette partition d’un bon œil. Les français, eux, sans se dégonfler, se verraient bien prendre la place des Hollandais comme tuteurs. Une nouvelle guerre est en marche, des tractations ont lieu à Londres, sous l’égide de Talleyrand. France et Angleterre envisagent de se partager la toute nouvelle Belgique.
Le 6 janvier 1931, c’est le refus net des « belges » et la menace d’un soulèvement qui incite les puissances européennes à accorder quelques mois plus tard l’indépendance à la Belgique, assortie d’un régime de neutralité. Un royaume est fondé qui échoit au prince allemand Léopold de Saxe Cobourg-Gotha. Il était hors de question d’en faire une République !
La Belgique se développe différemment selon les régions et malgré des tentatives pour aider au développement de la province du Luxembourg, elle reste un pays plutôt pauvre, à vocation agricole. Ce qui explique la forte immigration entre 1841 et 1891. Une immigration principalement en direction de l’Amérique mais aussi vers la France en ce qui concerne les Longville.
Dans les années 1860 le dénommé Claude Longville époux de Rosalie Dommage voit l’un de ses fils, Jules, ardoisier comme tous ses aïeux, partir faire fortune à Paris. Quelques années plus tard c’est l’un des neveux de Rosalie qui part pour New York sur le paquebot La Bretagne.
Si Jules n’a pas trouvé à Paris son Eldorado, lui fera fortune en devenant fabricant d’instruments de musique !
Comme quoi, il faut prendre au sérieux ce que nous disent nos parents, nous avons bien des cousins américains !
De nationalité belge, ce Jules est notre arrière grand-père. En 1868, il épouse à Paris une demoiselle Louise-Eléonore, de Meudon.
En 1871, en pleine Commune de Paris, dans le quartier du Marais nait notre Grand-père, Jules-Stanislas, troisième rejeton du couple. Jules n’a pas acquis la nationalité française et au décès de son épouse, ses fils étant quasiment tous « casés », il retourne sur les bords de la Semois. Nous ne savons pas où il est décédé ! En 1902, Jules-Stanislas devient français par son mariage en épousant à Meudon, encore et toujours, Louise-Emilia Deschamps.
Et voilà un Longville aux champs !
Leur fils unique Charles, notre père, vient au monde en 1903, un an plus tard il est orphelin. Jules, boulanger de son état est mort des suites d'un chaud et froid ! C'est sûr que la vie n’a pas laissé trop de temps à notre grand-père pour raconter l’histoire de sa famille à son fils et nous la transmettre mais finalement nous y sommes arrivées !
Voilà, notre dynastie a ses lettres de noblesse chez les petites gens : ardoisier, jardinier, sommelier, marchande des quatre saisons, blanchisseur, blanchisseuse, serrurier, chapelier, tapissier, ébéniste … ils ont tous retroussé leur manche et pas ménagé leur peine, cela nous va bien mieux que de descendre du Grand Condé, nous en sommes fières !
Monument-aux-morts-de-Herbeumont.JPG
A Herbeumont, il n'y a plus de descendants des Longville, la guerre de 39-45 a eu raison des derniers survivants, nous les avons juste retrouvés sur le monument aux morts. Croyez-nous, cela fait tout drôle que de voir son nom écrit là-dessus.
Longville-sur-m-aux-morts.JPG
Do et Frédo
 
 
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14 juillet 2012 6 14 /07 /juillet /2012 19:21

Ceci pourrait vous intéresser pour peu que vous soyez curieux de connaître vos ascendants et ne sachiez comment opérer ? Certes, vous trouverez peut-être que nous nous racontons un peu (beaucoup) dans cette série d'articles sur notre séjour Wallon, mais il y a toujours des "trucs" à glaner de ci de là.  

De nos origines paternelles nous ne savions quasiment rien, juste quelques suppositions émises par notre père sur un mode badin …

Il semblerait que nous ayions des origines belges (ça fait toujours rire !) …

Je crois que nous avons de la famille en Amérique …

Nous pourrions descendre du Grand Condé ...

Là, vous allez rigoler et vous dire que nous nous la « pétons en grand ».

 

Partir à la recherche de nos ancêtres paternels équivalait donc à jouer les détectives. Par quel bout attaquer ?

La situation s’est débloquée lorsque nous avons décidé de réaliser notre gèno-sociogramme. Nous nous sommes rendues compte que d’infimes détails permettaient de réécrire un semblant d’histoire.

Etablir un génosociogramme est une entreprise exaltante. Pour chaque individu les motivations diffèrent.

Cela peut être une simple curiosité visant à se connaître mieux mais le plus souvent cela a un but curatif, par exemple pour mieux cerner le poids de la famille sur un individu, une fratrie.

Réalisé dans le cadre d’une psychothérapie, cela permet de découvrir des non-dits, volontaires ou non, des « cadavres dans le placard » ! De ces joyeusetés qui pourrissent la vie, que l’on ressent intuitivement sous forme de malaise sans pouvoir mettre le doigt sur ce qui fait mal. Une bonne illustration de cet état est le récit intitulé « Un secret » de Philippe Grimbert.

Réaliser un génosociogramme, c’est avant tout accorder une place de choix aux petits détails : les phrases assassines ou pontifiantes dont on vous rebat les oreilles, les maladies, accidents, divorces qui se répètent de génération en génération … C’est un travail d’archéologue, d’ethnologue.

Nous, notre but était de rééquilibrer notre arbre généalogique en redonnant à la branche paternelle un peu d’étoffe !

Jules-Longville.jpg

Nous avons commencé par la recherche d’actes en ligne, de nombreuses municipalités ont scanné leurs actes d’état civil et bien souvent mutualisé ces données que l’on peut consulter via le Net. Les paroisses, elles aussi s’y sont mises et il faut savoir que si l’on n’est pas pressé, les mairies se prêtent volontiers à ces recherches.

Notre recherche a commencé sur le site de la Mairie de Paris. Notre « paternel », comme il se nommait, y était né. Le site est très bien organisé mais fort touffu. Surfant au petit bonheur, de mariages en décès sans oublier les naissances, d’arrondissement en arrondissement, nous avons fini par pouvoir télécharger un acte de naissance qui nous a ouvert tout grand les portes de la connaissance. Nous venions de retrouver le grand-père Jules ! Après, cela nous a mis encore un certain temps pour trouver l’acte de mariage de ses parents et encore plus longtemps pour le déchiffrer, bonjour l’écriture ! Dire qu’à entendre nos grands-parents, les jeunes écrivent mal !

Nous disposions alors de sa date de naissance et des noms de ses père et mère mais d’où venait-il ? Mystère et « balle de golf ».

C’est là que le génosociogramme intervient. Un beau jour, Frédo s’est dit que les suppositions de notre père étaient peut être à prendre au sérieux d’autant qu’il avait tenu des propos similaires à notre sœur aînée et comme Internet est une superbe invention en tapant sur un site belge notre patronyme, d’entrée de jeu, elle a fait mouche. En un clic, sûre de son coup grâce aux renseignements glanés à Paris, elle nous a fait remonter jusqu’en 1732 !

De la famille en pagaille, des cousins encore vivants et même … des oncles et tantes en Amérique ! On cherche encore le Grand Condé … mais ça va venir ! Certes leurs professions, les actes de mariage étant de vrais romans où tout est inscrit, ne corroborent pas les affirmations paternelles, Jules était sommelier et Louise-Eléonore marchande de  quatre-saisons, mais peut-être se cachaient-ils ?!

Voilà donc un long préambule pour mettre à votre disposition, si cela vous intéresse, un formulaire de génosociogramme, et vous expliquer les raisons de notre dernier voyage en Wallonie, très exactement dans les Ardennes belges, à Herbeumont province du Luxembourg (qui est bien distincte du Duché) dans la vallée de la Semois.

Herbeumont.JPG

A suivre...

Do

 

 

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3 juillet 2012 2 03 /07 /juillet /2012 17:17

Cet article constitue le premier volet de notre dernier périple, intitulé pompeusement « Sur la trace de nos ancêtres ».

Des années durant nous avons régulièrement emprunté l’autoroute « du Sud » pour aller nous aérer les globules dans les Alpes. Contraintes de respecter les dates de congés scolaires, les inspecteurs sont « psychorigides », nous quittions toujours la foule vers Dijon où s’entassaient des touristes venues du Nord, de l’Est. Commençait alors un itinéraire à faire rêver les gourmets, ponctué de noms tous plus beaux les uns que les autres.

Cette année, nous avons remis nos traces dans nos anciennes marques mais ce fut encore plus grandiose parce que, redescendant vers le Sud, nous nous sommes fait la route dans son intégralité, suivant un bon moment le canal de Bourgogne.

canal.JPG

Canal de Bourgogne

 

Je ne résiste pas au plaisir de vous détailler le trajet, tout en vous encourageant vivement à prendre des notes.

Précision, je vous le détaille Nord-Sud, mais rien ne vous empêche de le prendre à l’envers et d’y ajouter d’autres haltes.

Pour nous cela a commencé avec « Gevrey-Chambertin » et tout de suite après « Clot de Vougeot ». Ensuite se fut le feu d’artifice, voyez plutôt :

« Vosne Romanée », « Nuits Saint-Georges », « Pommard », « Pouligny-Montraché », « Mercurey » …

Pour un peu, j’oubliais « Beaune » et « Meursault » où d’ailleurs nous avons fait une halte le temps de garnir la soute du fourgon de quelques bouteilles de Gevrey-Chambertin 2006 et le réfrigérateur de Jambon persillé et d’un délicieux jambonneau rôti …

Bacchus.JPG

Meursault

 

Une chose est sûre, cet itinéraire me ravit toujours autant et je ne peux même pas vous en préciser la raison car côté boisson je craque surtout pour le Rhum et ou le Muscat « pèt » (le Corse uniquement) !!!

En fait je n’ai qu’une seule réponse à faire, cela doit remonter à une de mes précédentes incarnations !!!

Peut-être étais-je bourguignonne ou … œnologue ou … poivrotte à moins que ce soit les trois à la fois !

Do

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17 juin 2012 7 17 /06 /juin /2012 20:16

Vous avez sans doute compris que nous avions eu le coup de foudre pour un petit coin de montagne à la limite de l’Ariège et de l’Aude.

Vous ne serez pas surpris en apprenant que nous sommes reparties là-bas ce week-end.

C’était toujours aussi beau avec en prime le soleil qui nous avait fait grise mine samedi dernier.

Les balades superbes sont en général notre lot mais là, vraiment ce fut un moment magique, 6 heures de marche, 6 heures de bonheur !

bonshommes.JPG

La balade débute en descente, tout à fait ce que Vincent exècre et que nous apprécions modérément mais la piste qui se faufile dans une vallée de plus en plus resserrée est délicieusement ombragée.

1-copie-1.JPG

Nous en profitons sans réserve car sous le coup de midi ce ne sera plus la même chanson.

Une fois encore nous voici sur la trace des « Bonshommes » puisque le chemin que nous suivons file à Montségur en empruntant les gorges de La Frau.

gorges.JPG

Ces gorges sont spectaculaires et riches en découvertes de toutes sortes.

Déjà, le nom n’est pas banal. Etymologiquement, La « Frau » signifie fracture et dérive d’un terme catalan mais certains affirment que le mot vient d’effroi … les gorges de l’Effroi ! Il faut dire que le site est très spectaculaire avec ses surplombs de falaises de plus de 400 mètres, jadis le brigandage y était monnaie courante.

Autre point remarquable, ces gorges se trouve dans la Forêt Royale de Prades. Créées sous Louis XIV ces forêts avaient différentes raisons d’être ; le bois était utilisé pour alimenter les forges et à la construction de vaisseaux de guerre. Le vol de bois y était puni de mort et pour bien délimiter les périmètres de ces forêts, des fleurs de Lys ont été sculptées dans les roches sur leurs pourtours. Elles sont nombreuses sur notre trajet mais il est dommage de les avoir ainsi peinturlurées même si du coup elles sont plus visibles !

lys.JPG

Dernière particularité du site, il est entièrement classé en réserve biologique intégrale. La partie basse des gorges n’a pas subi d’interventions humaines depuis des temps immémoriaux et la partie haute depuis au moins 160 ans.

Grandes campanules et anémones bordent notre chemin au moment où celui-ci aborde les gorges, des troncs d’arbres abattus ont été colonisés par de nombreux végétaux opportunistes ; pour un peu on se croirait dans la forêt tropicale là où croissent les épiphytes !

campanules.JPG

Nous dévalons la pente en nous ménageant de nombreux arrêts, lever le nez pour apprécier la hauteur vertigineuse des falaises entre lesquelles nous nous faufilons et viser où poser le pied pour éviter la chute n’est pas compatible.

La sortie des gorges nous offre 700 mètres plus haut un point de vue imparable sur le Pas de l’Ours, notre but et point d’orgue de la rando.

300 mètres de descente avalés, nous tournons bride pour retourner sur Comus avant d’attaquer la seconde partie du trajet.

Croyez-le ou non,  la remontée est plus rapide que la descente, incroyable, non ?

Elle permet aussi de fouiller les alentours du regard et de tomber nez à nez avec la première martre de notre vie !

P1040595.JPG

Pause déjeuner et lorsque nous attaquons la grimpette du col de Boum, le goudron fond sous le soleil dans la traversée du village.

Le sentier Cathare, que nous suivons maintenant, est ombragé de grands sapins et c’est l’une des raisons de notre coup de cœur pour cette région, nous pourrions être tout aussi bien en Bavière, en Suisse ou dans les Vosges.

Nous sommes Ici et Maintenant mais aussi Ici et Ailleurs en même temps.

Au col de la Gargante, nous touchons au but mais la rampe devient dure sous le soleil de plomb.

Qu’importe ! Nous sommes tendues vers notre but, le Pas de l’Ours.

Et subitement nous y sommes.

Devant nous … MONTSEGUR !

montsegur.JPG

A nous pieds, les Gorges de La Frau !

Il n’y a pas de mots pour décrire ce moment.

Nous nous abandonnons à un moment de contemplation avant de nous décider à rejoindre le Ptibus à Comus, de vilains petits nuages noirs commencent à se regrouper à l’horizon.

L’arrivée au village est glorieuse et Virgile en profite pour s’offrir quelques longueurs dans l’une des nombreuses fontaines.

Ces fontaines sont incroyablement longues, elles présentent toutes 2 ou 3 modules rectangulaires. Ce sont en fait des abreuvoirs et il n’y a pas un grand effort à fournir pour imaginer les vaches s’y désaltérer.

Nous regagnons notre point de départ pour filer au bistrot et rêver à notre prochain séjour dans ce petit paradis.

 

Do

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

oir Normal, elles étaient conçues pour abreuver les bovins

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11 juin 2012 1 11 /06 /juin /2012 06:35

On dirait qu’on se ferait adopter par les gabatxes !!!

C’est vrai, c’est fou ce que nous passons comme temps dans l’Aude en ce moment… Il fut un temps où, passé la Têt, nous nous sentions perdues. Au nord, quoi… (avec trois accents circonflexes, comme dans les ch’tis) Mais depuis quelques temps, tout change. Nous explorons les terres cathares avec un plaisir toujours renouvelé.

Après les châteaux de Peyrepertuse et Quéribus avec Charles, Villerouge Termenes et Lagrasse avec Claudie, quelques randos du côté de Bugarach et Padern, la découverte du château de Termes en plein cagnard la semaine dernière, vendredi, vers seize heures, nous avons mis le cap vers le pays de Sault à bord du P’tibus.

Pour ceux qui ne connaissent pas le pays de Sault, c’est très simple… D’abord, il faut gagner Quillan, ce que nous avons fait par Millas, le col de la bataille, St Paul de Fenouillet et le défilé de Pierrelys. La routine ; on connaît la route par cœur. A Quillan, bifurquez à gauche, en direction de Foix et grimpez jusqu’au col du Portel par la D 117, pour attraper la route qui mène à la station de ski de Camurac, direction Ax les termes.

On s’élève rapidement pour atteindre par quelques virages bien serrés le plateau de Sault, à plus de mille mètres d’altitude.

Les premières impressions sont très agréables, en dépit d’un temps maussade. D’abord en ce qui concerne la route… Cool : rien à voir avec la montée du Conflent hyper fréquentée et les trop nombreux fêlés du volant que l’on y croise… Passé l’embranchement vers Camurac, Espezel et Belcaire, plus un rat ! Le top. Nous atteignons après deux heures quinze de route tranquille notre objectif : le petit village de Camurac et son camping bien nommé « les sapins », désert ! L’accueil y est agréable, agrémenté d’un fort accent flamand… Hé oui, comme beaucoup de campings où nous avons fait halte dans l’Hérault, les propriétaires sont hollandais. Pas fous, ils savent les trouver, les bons coins.

Nous nous installons sous les sapins et partons nous dégourdir les « papattes » en direction de la station de ski basse… L’ambiance est rurale, bucolique à souhait.

Il pleut, mais on commence à en avoir l’habitude et cela ne gâche pas notre plaisir. Nous commençons à tirer des plans sur la comète… Nous viendrions bien faire du ski de fond ou de la raquette, l'hiver prochain, dans cette petite station sans prétention !

On s’en doute, la soirée et la nuit seront calmes… Nous ne serons pas dérangées par les voisins (juste un fourgon occupé par des belges un peu bizarres…).

Le lendemain, rando ! C’est pour ça qu’on est là !

1 

Nous nous garons à l’entrée de Camurac et filons, de fontaine en fontaine, toutes plus belles les unes que les autres, vers le cimetière (non, pas pour traquer les orbes ; il n’y a pas que ça dans la vie). Le village occupe un vaste plateau à vocation agricole. On aperçoit au loin d’autres villages où nous devons passer plus tard, et surtout Montaillou, surmonté par un donjon ruiné. 2.JPGPour le reste du paysage, c’est encore un peu bouché. Mais qu’est-ce qu’on se sent bien ! Au cimetière, nous attaquons la grimpette dans les sapins… Rien d’exceptionnel… Que du plaisir. Le moment fort, après avoir passé deux cols et être redescendues à travers la forêt, c’est la traversée de la plaine du Boum, vaste plateau encadré de petit sommets bonenfants… Aujourd’hui, les troupeaux de vaches et de brebis y paissent en toute tranquillité. Autrefois, on y cultivait les céréales et les pommes de terre. 3.JPGC’est chouette !

Après avoir croisé un troupeau de randonneurs (comme quoi les renseignements sont faux : il n’y a pas que des ovins et des bovins dans le coin) nous gagnons le village de Comus, en franchissant d’un pas allègre le col du Boum. Enfin allègre, oui et non. Do souffre d’une épine calcanéenne pour laquelle elle a consulté l’ostéopathe la veille et commence à se dire que cinq heures de rando, c’est peut-être un peu beaucoup, même si le soin semble avoir été efficace. Soyons raisonnables, donc… Nous révisons notre programme et décidons de rentrer directement à Camurac après avoir visité Comus…

Tandis que nous nous restaurons au col de Boum, le plafond se lève et nous apercevons entre les nuages qui s’attardent quelques sommets encore bien enneigés. Pas loin… C’est vrai que Comus et à la limite de l’Ariège… Pas de doute, là bas, c’est du sérieux ! Si seulement la tramontane pouvait souffler un peu pour nettoyer tout ça…

4.JPGComus est tout aussi sympathique que Camurac… Peut-être même plus. On y trouve un camping avec des yourtes ; location possibles en hiver… Voilà quelque chose de séduisant. A retenir ! … Et puis il semblerait qu’il y ait là aussi pas mal de randonnées à faire : les gorges de la Frau, entre autre… Je pense que nous vous en reparlerons !

Le retour sur Camurac par une petite route qui serpente au milieu des colzas n’est pas trop long mais ce n’est jamais très agréable de marcher sur le goudron. C’est donc avec une certaine satisfaction que nous retrouvons notre home à roulettes après trois heures et demi de balade…

Comme il est tôt, nous décidons d’aller visiter Montaillou qui nous nargue au loin… Cinq minutes de route et nous y sommes. Un bâtiment ouvert à l’entrée du village diffuse une vidéo sur l’histoire de ce petit village ariégeois qui connut un riche passé car la tour en ruines qui le domine n’est rien d’autre que le vestige d’un château cathare. On n’y échappe pas ! Epine calcanéenne ou pas, nous y grimpons et nous y connaîtrons un moment de pur bonheur, pieds nus dans l’herbe tendre, dominant la plaine et ses villages, Camurac, Comus, Prades… Virgile s’éclate !5.JPG

Et tiens ! La station haute de Camurac s’est bien dégagée… On aperçoit ses petits chalets dressés sur la crête à 1800 mètres d’altitude. Si on y allait ?

C’est là que nous finissons, notre grimpette récompensée par un superbe spectacle : enfin les nuages sont partis et le pic du St Barthélemy dresse fièrement son sommet pyramidal piqueté de névés vers l’azur. Merci !

6.JPG

Nous quittons le pays de Sault pour aujourd’hui… Mais nous y reviendrons ! D’abord nous n’avons pas visité Prades, ni Belcaire, ni Espezel… Et plein d’autres randos nous attendent dans cette région sympathique, préservée et beaucoup moins envahie que nos Pyrénées Catalanes (que j’adore !). Et d’ailleurs, s’il vous plaît, n’en parlez pas trop… Fredo.

 

 

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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 20:16

Nous ne pouvions choisir de meilleure condition météo pour mettre le cap sur les Gorges du Tarn. Pluie diluvienne, vent, un de nos pépins ne s’en est pas remis, brouillard … une ambiance hitchcockienne du haut du Point Sublime. Cerise sur le gâteau, il n’y avait quasiment pas de touristes.

Point-sublime--2-.JPG

Nous ne serions trop vous conseiller d’attendre un bon épisode cévenol pour tenter l’expérience, en plus si vous ne disposez que de peu de temps, c’est épatant pour pulvériser son timing et remonter plus vite que prévu le cours du Tarn. Vous éviterez aussi les risques de chute toujours possibles sur ces terrains calcaire et escarpés. Rassurez-vous, il vous restera les villages, comme Saint Chély du Tarn. Petite route accrochée à flanc de falaise, pont à voie unique et virage à angle droit, pour atteindre un village de poupée avec une adorable chapelle nichée sous une falaise.

Il y a aussi Sainte-Enimie et ses calades de pierre, pas mal non plus mais un conseil, prenez avant de partir un rendez-vous avec votre ostéopathe préféré, au cas ou, comme Frédo vous finiriez la visite sur le postérieur.

Dernier conseil, n’oubliez pas que les Gorges du Tarn ne commençant pas à Aguessac pour s’arrêter à Ispagnac, pour remonter le cours du Tarn jusqu’à la source, à Pont de Montvert, il vous faudra compter sur au moins 2 jours de pluie.

Pont-de-Montvert-et-Tour-de-l-Horloge--2-.JPG

 

Arrivez à ce point du voyage, vous n’échapperez pas à une page d’histoire car c’est dans ce bourg minuscule qu’est née la guerre des camisards suite aux persécutions dont furent victimes les protestants.

Savez-vous que l’inhumation dans les cimetières catholiques (terre consacrée) leur était interdite jusqu’au XIXe siècle, époque à laquelle les cimetières communaux ont vu le jour et qu’encore de nos jours les inhumations séparées perdurent de nos jours dans les hameaux ?

Pont de Montvert est un village sympathique, situé au confluent de 3 cours d’eau ce qui lui valu d’être maintes fois inondé. Un circuit de découverte permet d’en faire la visite, l’Office du tourisme en édite un, téléchargeable en ligne. Hors circuit, la visite de la boulangerie est incontournable pour s’offrir de délicieux fondants à la châtaigne maison. Une merveille dont nous devons la découverte à notre mentor en matière de randonnée, Gilbert Jullien.

Allez faire un tour sur son blog !

Enfin pour clore en beauté ce deuxième jour de pluie, vous gagnerez Le Puy en Velay par les Monts de Margeride. Noyés dans le brouillard et brillants de pluie, c’est d’un romantisme échevelé.

Croix-de-Piccata-Mont-Mezenc--1-.JPG

Arrivés à ce stade du voyage, l’embellie météorologique est quand même souhaitable. Vous passerez à coup sûr de bons moments à visiter la ville tout en montées et descentes et si les occasions de haltes sont nombreuses : dentelles, bijoux en grenat, spécialités culinaires ... et les terrasses de café et restaurants accueillantes, c’est très mal « pavotté » et ça glisse !

Le-Puy-en-Velay-architecture-civile-Le-Plo.JPG

 Le site du Puy a été modelé à une époque où tous les volcans du coin  pétaradaient à qui mieux mieux…

Il en est resté de 4 pitons volcaniques, en comptant celui qui jouxte la ville. Des monuments en occupent les sommets. La merveille des merveilles est à nos yeux la chapelle Saint Michel d’Aiguilhe mais c’est là une vision personnelle. La chapelle édifié en 961 occupe le sommet d’un piton volcanique de 82 mètres de haut, construite en pierre volcanique polychrome, elle possède encore des fresques murales de grande beauté. Passage obligé de tout temps pour les pèlerins de Compostelle, l’ascension est spectaculaire, glissante et jalonnée d’anciens oratoires creusés dans la lave.

St-Michel-d-Aiguilhes-de-nuit--1-.JPG

 Ps. avez-vous repéré l'orbes en haut de l'aiguille, juste sous la chapelle !

En quittant le Puy une halte s’impose au pays des Sucs, le Mont Gerbier de Jonc en est un. En fait c’est ainsi que l’on nomme ces anciens volcans érodés et dont il ne subsiste que la cheminée de lave refroidie. Ces sucs ne sont pas les seules curiosités liées au volcanisme. Des cratères d’explosion, des maars, sont aujourd’hui occupés par de beaux lacs comme celui d’Issarlès. Ici les volcans ont sculpté la terre et tous les types de volcans sont représentés, péléen, strombolien. Une chose est sûr, si le plafond est bas, c’est encore mieux et vous aurez peut-être la chance comme nous d’accéder au sommet avec la mer de nuages à vos pieds !

 Croix-de-Piccata-Mont-Mezenc--17-.JPG

Bon, voilà, si maintenant vous en avez soupé de la pluie vous nous imiterez et gagnerez l’Ardèche pour retrouvez sur ses rives la chaleur, la Lumière …

 Balazuc--9-.JPG

Bon et beau voyage d’autant que, à défaut de soleil, question gastronomie, il y a quelques petits plats sympas.

Do

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7 mai 2012 1 07 /05 /mai /2012 16:43

Entre Nohèdes et nous, c’est une longue histoire… Elle a commencé en 1971, lors d’un de nos premiers séjours dans les Pyrénées Orientales. Cette année là, nous campions à Millas avec un oncle et une tante et nous n’avions eu de cesse, Do et moi, de les convaincre de nous emmener jusqu’à Nohèdes. La réputation des étangs était arrivée jusqu’à nous. Cela n’avait pas été facile mais ils avaient fini par accepter !!!

Enfin, nous découvrions ce petit village perdu dans le massif du Madres, tout au bout d’une petite route en lacets, accrochée au flanc de la montagne. Nous étions persuadées que les étangs étaient à deux pas… Impressionnante, la route ! Notre tante a fait tout le voyage tétanisée, la main crispée sur la poignée de portière ; elle regrettait sûrement d’avoir cédé ! Pour couronner le tout, un bel orage nous accueillait à l’arrivée ; nous nous sommes réfugiés à la mairie et nous avons appris que sous nos pieds, reposaient dans une chapelle ardente improvisée, les victimes d’un accident d’autocar survenu la veille, à quelques mètres du village ! L’orage passé, nous avons aussitôt pris le chemin du retour. La découverte des étangs de Nohèdes était remise à plus tard !

Nous y sommes retournées plusieurs fois ensuite avec Jeannine… Le « Gorg Estelat » se mérite !!! Et c’est en rusant, en passant par Olette et Evol, à partir du col de Portos que nous y sommes enfin parvenues, à la troisième tentative. Nous y retournerons, ça vaut le coup !

Ce samedi, nous avons été plus modestes, météo oblige : destination Nohèdes, pour une petite boucle de 2h30, autour du village, afin d’éviter les orages promis en fin de journée. Petite, mais pleine de surprises ! Tout s'est passé comme dans ces livres pour enfants ou un premier personnage en rencontre un deuxième et les deux poursuivent leur chemin jusqu'à croiser la route d'un troisième qui se joint à eux... Puis les trois en trouvent un quatrième et ainsi de suite (Chers collègues enseignants, aurez-vous reconnu "Roule Galette", "le petit bonhomme de pain d'épice", "Poucet, le poussin"... ? J'en passe, et des meilleurs! ) Généralement, cela se termine plutôt mal. Tout le monde sait que la galette et le petit bonhomme en question se font manger par le plus rusé... Nous avons donc échappé au pire.  

 Parties avec un chien, le notre, nous sommes revenues avec deux. Une chienne nous a prises en amitié au moment du départ, comme cela nous arrive souvent, et nous a accompagnées tout au long de la balade. Un peu plus loin, c’est un cheval qui nous barrait le chemin et a aussitôt entrepris de nous suivre un moment… La situation devenait comique. Nohedes-Urbanya--9-.JPGAprès une petite halte pique-nique en surplomb du paisible village d’Urbanya, un jeune taureau est arrivé bondissant à notre rencontre… Après quelques grondements, la chienne l’a fait détaler… Certes, ce n’est pas une façon de se conduire quand on est bien élevé, mais nous ne l’avons pas vraiment regretté ! Et voilà que redescendant vers Nohèdes "tranquillou", appréciant pleinement la beauté du décor et la paix du moment sur notre sente caillouteuse cheminant à flanc de coteau, nous nous sommes rendues compte que nous allions traverser un important troupeau de chèvres gardées par deux patous !!! Nous étions encore assez loin lorsqu’ils se sont mis à aboyer en se dirigeant vers nous. Nous n’aimons pas du tout, du tout ça !

Nohedes-Urbanya--23-.JPGDo a chargé Virgile sur ses épaules comme l’agneau du berger et Inch’Allah ! Les chiens n’y ont vu que du feu… DSCN6135.JPG

Et voilà que le troupeau lui  aussi, s’est mis à nous suivre et que nous nous sommes vues arriver à Nohèdes avec une cinquantaine de chèvres et deux patous sur les talons ! Folklo…

Enfin, nous avons réussi à les semer et retrouvé notre voiture après une petite visite du village qui a bien changé… Les panneaux solaires remplacent peu à peu les lauzes… C’est pratique, mais c’est moins joli. Ce qui frappe ici, ce sont les innombrables fours à pains formant une excroissance sur le mur des maisons. Beaucoup de maisons ont été remises en état depuis 1971… Du reste, aujourd’hui, la population du village tend à remonter. (368 habitants en 1856, 20 en 1968 et 74 lors du recensement de 2009.) Bizarrement, c’est la route ouverte en 1912 qui aurait été la principale cause de désertification. Sans doute habitués à vivre en totale autarcie, les habitants se sont-ils rendus compte que la vie pouvait être plus facile ailleurs ! Aujourd'hui, le phénomène inverse se produit; beaucoup cherchent à se mettre au vert; et on les comprend.

Même évolution à peu près pour Urbanya, le village voisin que nous avons visité ensuite… Mais auparavant, il nous a fallu régler le problème de la chienne qui s’était installée sur la banquette arrière de la voiture au moment où nous faisions monter Virgile. Visiblement, elle s’y sentait bien et ne souhaitait pas en descendre. DSCN6139.JPGUn petit tour dans Nohèdes nous a permis de trouver quelqu’un qui connaissait ses maîtres et a accepté de s’en charger. Dommage, elle était bien sympathique… Sentiment réciproque, puisque « Panda » (c’était son nom) n’a pas accepté sans mal de quitter notre Panda ! Elle nous avait choisies et nous avons un peu l’impression d’avoir trahi sa confiance…

Urbanya, nous ne connaissions pas, mais nous y retournerons. Le village est sympathique et les randonnées y sont nombreuses. L’histoire de cette petite commune est identique à celle de Nohèdes… Une occupation au néolithique a laissé de nombreuses croix gravées dans la région. Il n’en faut pas plus pour réveiller les archéologues qui sommeillent en nous !

Fredo

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3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 16:55

Il y a une semaine, nous retrouvions les châteaux cathares de Queribus et Peyrepertuse en compagnie de Charles (un article est en cours à ce sujet, Charles, attend !!!)… Ce mercredi, nous nous arrêtons à Padern pour la suite de notre exploration des Corbières audoises. Nous envisageons de visiter son château, au terme d’une petite balade de trois heures.

Padern-par-le-pas-de-la-Go-utine--20-.JPGLe village de Padern est une étape obligée sur le sentier cathare, même si son château n’a pas joué un rôle très important dans l’histoire. Mentionné dans les archives dès 899, il subira de nombreuses modifications jusqu’en 1790, avant de sombrer dans l’oubli. Aujourd’hui, ses ruines dominent le village et la vallée du Verdouble non sans une certaine majesté…

Par ailleurs, il faut avouer que le tracé de cette petite randonnée est très mal balisé. En théorie, il suffit de suivre le balisage jaune, sauf qu’à un croisement de pistes, tout est balisé en jaune, vers la droite comme vers la gauche. Que faire ? Nous sommes parties à droite… Mauvaise pioche : il fallait partir à gauche ! On aurait dû le savoir… A gauche, toujours à gauche !!!

Le résultat, c’est que nous avons fait la boucle à l’envers et que nous nous sommes rallongées un peu pour revenir par le château. En fait, nous avons réalisé un « huit »…

Dans un paysage typique des Corbières, rocaille, vignes, genévriers, chênes kermès, thym et immortelles, grâce à notre erreur de direction, nous nous élevons rapidement en direction du pas de la Serres. Le sentier est caillouteux et glissant ; pas de regret : il valait mieux le faire en montée qu’en descente ! L’ascension est un peu raide, mais le paysage est grandiose. Si vous aimez ce qui est vert et luxuriant, vous avez tout faux. Tout autour de nous, ce ne sont que cimes et crêtes rocheuses, déchiquetées et dentelées, plis et ondulations pierreuses, résultat de mouvements tectoniques violents. On découvre au loin la plaine viticole de Tuchan et le château d’Aguilar (pour une autre fois…).

La descente de l’autre côté est en pente douce… Le chant du coucou nous accompagne (ouf, nous avons un peu de sous dans nos sacs...). Le décor est sauvage à souhait… Padern-par-le-pas-de-la-Go-utine--10-.JPGLe clou de cette rando, c’est le « pas de la Goutine », un passage vertigineux aménagé à flanc de falaise, sécurisé par une rambarde métallique. En cas de fortes pluies,  on peut y admirer une chute d’eau de 40 mètres de haut. Nous ne regrettons pas qu’il fasse soleil, mais cela doit valoir le coup d’œil tout de même ! En attendant, même sans eau, la falaise est impressionnante. Do se penche au dessus du vide… Même pas peur ! Le miracle se confirme… Toujours pas de sensation de vertige. Guérie ? Il semblerait vraiment.

Je sens que vous commencez à vous demander ce qui l’a guérie, non ? Patience, elle vous racontera…

Revenons à notre rando… Elle se termine en descente à travers une jolie pinède par la visite du château. La mairie a pris la peine de mettre un panneau d’interdiction ; les ruines, parait-il ne sont pas sécurisées. Entendons-nous bien : il y a vingt ou trente ans, lorsque nous avons découvert Queribus et Peyrepertuse, les ruines n’étaient pas sécurisées non plus, mais la visite était gratuite. Aujourd’hui, c’est six ou sept euros la visite. Nous n’allons tout de même pas attendre que ces ruines soient payantes pour les découvrir, non ? A nos risques et péril ? OK ! C’est ça, le frisson de l’aventure… Et même qu’on n’a pas été écrabouillées !!!

Padern-par-le-pas-de-la-Go-utine--25-.JPGNous voici revenues à Padern, en passant par son adorable chapelle romane qui ne se visite pas, hélas… Au fait, sympa, le petit village de Padern… Mais pourquoi y a-t-il tant de maisons à vendre ? Bon, si cela vous intéresse, achetez plutôt dans les hauts quartiers, car vu la hauteur des banches fixées aux portes des maisons le long de la rue principale, on imagine que le Verdouble est sujet à des fantaisies spectaculaires !

Après avoir repris la voiture, nous sommes revenues à Estagel en suivant les boucles du Verdouble jusqu’à Paziols…

Padern-par-le-pas-de-la-Go-utine--27-.JPG

A la sortie de Padern, la route surplombe la rivière envahie de gros blocs détachés de la montagne au dessus de nous. Espérons que ce qui reste tient bon ! Cette portion de route mérite quelques photographies. Ce n’est pas aussi grandiose que les gorges de l’Ardèche, mais tout de même, c’est beau !

Fredo

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28 avril 2012 6 28 /04 /avril /2012 16:40

Sur les bords de la Vézère, de la Dordogne et de leurs affluents, la vie humaine s’est installée sans discontinuité depuis au moins 150 000 ans.

Ces rivières ont creusé leurs lits dans un sol majoritairement calcaire et comme leurs alliées, les eaux d’infiltrations, ont donné naissance à un relief très particulier, typique de cette érosion.

Les eaux ont creusé des grottes, des abris sous-roches que d’autres agents comme le gel ont modelés à leur guise.

Ces refuges ont d’abord été habités par les animaux puis par l’homme.

abri.JPG

Des restes de Néandertaliens ont été découverts en Dordogne, ce qui atteste de l’ancienneté de l’engouement de l’homme pour cette région. L’Homme de Neandertal qui peupla aussi l’Afrique, a apparemment disparu de la surface du globe faute de pouvoir évoluer. Apparu sur Terre à une époque chaude, il semblerait que, au moins pour les spécimens présents en Europe, leur incapacité à faire face aux conditions climatiques dues à l’arrivée d’une nouvelle époque glaciaire, ait signé leur arrêt de mort.

L’homo Sapiens, doté de capacités intellectuelles plus évoluées, lui, a su s’adapter et utiliser à son avantage les ressources naturelles des régions qu’il parcourait à la recherche de nourriture. C’est ainsi que chassé par le froid, notre ancêtre directe (nous sommes vous et moi des « Sapiens », le mot signifiant sage) a élu domicile dans les grottes et abris sous roches des rives de la Vézère et de la Dordogne.

Un peu partout les sites abondent et certains sont absolument fabuleux comme le Château de Commarque ou le site de La Roque Saint-Christophe.

  donjon

Occupé dès le paléolithique le site de Commarque offre aux visiteurs la possibilité de découvrir les restes d’un habitat troglodytique d’une grande richesse. Outre les vestiges d’un habitat rural, une grotte ornée a livré entre autre de magnifiques gravures de chevaux.

bas relief

La vie humaine a perduré ici des milliers de siècles, les hommes s’adaptant au relief ont su tirer partie des configurations géographiques et s’offrir à force d’ingéniosité une certaine qualité de vie.

 

chapelle

Si l’on perd de vue l’histoire de Commarque durant le premier millénaire après JC, les documents attestent de l’existence d’un donjon avec logis, d’une chapelle et de maisons tours sur les lieux au XIIe siècle. Ce n’était donc plus un château mais un castrum puisqu’il y avait outre le château de nombreuses habitations à l’intérieur de l’enceinte en plus de celles creusées dans les falaises aux environs immédiats. Durant la Guerre de 100 ans qui en dura un peu plus, les seigneurs de Commarque en profitèrent pour agrandir le château et en améliorer le côté défensif ce qui n’empêcha pas les anglais en 1406 de s’en emparer ! Mais que venaient-ils faire ici ? Par la suite Commarque étant dévoué à la cause de la Réforme, les catholiques mirent à mal le château  et à la fin du XVIe siècle le site commença à décliner. Définitivement abandonné au XVIIIe siècle le château est sorti de l’oubli en 1968 et depuis 1994 renait de ses cendres.

  site

L’histoire de La Roque Saint Christophe est sensiblement identique à ceci près que la falaise, qui abrite le site, fait 80 mètres de haut pour un kilomètre de long et que l’occupation humaine s’y est perpétuée sur 6 niveaux, tous reliés entre eux par une vingtaine d’escaliers vertigineux, creusés à même la roche. C’est ainsi que l’on peut y découvrir l’un des plus grands escaliers monolithiques d’Europe !

 P1030608.JPG

Le niveau 0, c'est-à-dire celui qui correspond à l’occupation préhistorique ne se visite pas mais les 5 autres niveaux permettent d’avoir une idée très précise de ce qu’était l’organisation de la vie sociale au Moyen Age.

maquette

La Roque Saint-Christophe est exceptionnel en ce sens que ce site nous permet de comprendre comment vivait l’homme du commun.

La découverte des châteaux, certes, est intéressante mais l’opulence qui y est le plus souvent palpable ne rend pas compte des prouesses que devaient accomplir les hommes dans leur quotidien. C’est un peu comme si dans 500 ans nos descendants n’avaient à se mettre sous la dent que les reconstitutions à l’identique du Palais de l’Elysée ou des hôtels Crillon ou Lutécia ! Zappés les cités, les petits pavillons de banlieue !

Là, tout y est.

Des reconstitutions fidèles nous montrent les techniques de constructions mises au point pour ancrer une façade sur une corniche d’à peine 2 mètres de large.

charpente

On y découvre l’église avec ses fonds baptismaux creusés dans le sol.

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C’est tout une urbanisation qui nous est offerte à la découverte avec une foule de petits détails croquignolets : les saignées pour canaliser les eaux de pluies mais aussi le sang des animaux dans l’abattoir, les anneaux taillés dans le roche qui servaient à attacher, suspendre tout et n’importe quoi, des morceaux de viande du fumoir aux instruments servant à la liturgie.

anneaux.JPG

Il y a la forge, des sépultures creusées dans le sol mais aussi le fameux trou du guetteur auquel on accédait que par une échelle rudimentaire.

Sujet au vertige, s’abstenir !

Savez-vous que chaque site troglo avait le sien, que ces trous étaient placés de tel manière qu’un guetteur pouvait au moyen d’un système sonore alerter ses collègues et qu’il ne fallait que 6 minutes pour que l’alerte se répercute sur les 18 kilomètres de la vallée ?

trou.JPG

Parce que là encore, l’ennemi fut l’Anglais !

Si seulement Jeanne d’Arc avait été là !

Je ne vous détaillerai pas plus ces deux sites mais j’espère vous avoir donné envie d’y aller voir de plus près.

Au fait savez-vous que j’ai découvert à l’occasion de cette visite que ma peur des hauteurs semblait m’avoir quittée ?

J’ai grimpé sans sourciller tout en haut du donjon de Commarque, je me suis penchée au-dessus du vide avec délectation pour découvrir des terrasses inaccessibles à la visite !

Et bien RIEN, même pas peur !

Si cela vous intéresse, je vous raconterai un jour à quoi tient ce miracle.

D’ailleurs je le ferai même si vous ne m’en adressez pas la demande car je sais qu’il me faut témoigner quitte à déranger !

Sur ce, bon Week-end !

Do

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22 avril 2012 7 22 /04 /avril /2012 18:50

Voilà, nous vous proposons un circuit que nous venons de tester pour vous et qui pourra notamment intéresser les camping-caristes !

Un tuyau en direction de ces derniers, une voie verte rallie Sarlat aux Eyzies de Tayac. Ne faites pas comme nous qui avions renoncé à prendre les vélos, mais enfin les chemins de randonnée sont aussi nombreux que les pistes cyclables, alors !

 Parties de Saint-Genis nous avons rallié les Eyzies de Tayac après une halte au Château de Commarques. D’entrée de jeu, nous avons plongé dans le temps. Ce château, nous en connaissions l’histoire grosso modo suite à l’émission « Des Racines et des Ailes ». La séquence qui lui était consacrée nous avait intéressées, la visite nous a passionnées et vous la retrouverez bientôt dans le blog car vraiment nous avons découvert des merveilles que nous avons envie de partager avec vous.

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Les Eyzies de Tayac sont à la Préhistoire ce que le Vatican est à la papauté, il y a des grottes, des abris sous roche, des silex, des peintures, des gravures rupestres … partout … Le village fut la villégiature de prédilection de notre ancêtre, Cro Magnon.

Tout est hyper bien organisé, des circuits de randonnées relient les sites entre eux, c’est balisé, légendé.

Nous y avons même déniché une superbe aire de stationnement pour les camping-cars.

 

Pour éviter l’overdose préhistorique, nous avons dû faire un choix.

Connaissant déjà Lascaux II et côté grotte à concrétions étant plutôt au top, nous avons décidé de boycotter les grottes ornées et celle Du Grand Roc pour nous consacrer au site qui la jouxte, l’abri sous roche de la Laugerie Basse.

Ce site a servi de référence aux préhistoriens du monde entier, c’est ici qu’a été trouvée « La Vénus Impudique » et un mobilier décoré d’une grande variété et fort moderne quant à l’inspiration et au traitement.

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Alors que nous mettions le cap sur La Roque Saint-Christophe, un panneau signalitique a attiré notre attention sur le village troglodytique de La Madeleine. Le P’titbus a viré sur les chapeaux de roues et quelques minutes plus tard nous prenions nos billets. C’est alors que la lumière fut : La Madeleine … le magdalénien, inférieur, supérieur … cette période préhistorique exceptionnellement riche a laquelle nous devons des chefs d’œuvre de sculpture en ivoire et en os ... bon sang, mais c’est bien sur ! En 1863 fut découverte non loin des ruines du village médiéval troglodytique de La Madeleine une plaque d’ivoire de mammouth gravée. Cette découverte qui venait après qu’aient été mis à jour divers objets : bifaces, racloirs, harpons, pointes de flèches, permis de prouver la contemporanéité de l’homme et du mammouth, de préciser le climat à une époque que l’on pouvait dater : la dernière époque glaciaire. Au Magdalénien, c’est le nom qui fut donné à cette période, l’homme inhumait déjà ses défunts comme le prouve la découverte d’une sépulture d’un enfant paré d’une multitude de coquillages. Cette falaise léchée par les eaux de la Vézère a accueilli l’Homme près de 15 milles ans. Si le gisement éponyme est fermé au public, la visite du village médiéval troglodytique est possible et passionnante, la vie a pu y être reconstituée avec précision. Une chapelle ayant traversé les âges et un château fort témoignent de l’importance du site.

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N’en ayant pas terminé avec les visites, et toujours gaillardes, nous avons attaqué la visite du fort de Laroque Saint Christophe en compagnie de Virgile qui est un chien fort cultivé. L’immensité du site, sa richesse valent bien un plus long développement que je vous réserve pour plus tard.

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Nous avons ensuite continué notre progression plein Nord, alternant visites et sauts de puce avec le fourgon.

Si vous envisagez un séjour par là, voici les coins qui nous ont enchantées.

 

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Nous nous sommes offert une petite balade autour d’un magnifique manoir périgourdin, celui de la Grande Filolie avant de rallier Saint Amand de Coly, regroupé autour de son abbaye fortifiée, une merveille que l’on découvre grâce à un jeu de panneaux ludiques et instructifs. Félicitations à cette commune qui montre que si elle tire profit du tourisme, elle respecte les visiteurs et a à cœur de faire découvrir et mettre en valeur son patrimoine et son histoire.

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Ensuite ce fut Condat sur Vézère et sa commanderie templière située pile poil au confluent du Coly et de la Vézère.

Toujours plus au Nord et franchissant les limites de la Dordogne, nous avons entre deux averses vaillamment crapahuté jusqu’au somment du Puy d’Yssandon. Occupé à l’époque gallo-romaine, le sommet de la colline exhibe fièrement un vieux pan de tour, seul reste d’un puissant château-fort et une église dont le porche est surmonté par 4 têtes sculptées peu engageantes dont une représentation du diable.   

 

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Yssandon fut le point le plus au Nord que nous avons atteint.

Tout près de là nous avons fait halte chez des amis et passé un séjour enchanteur auprès de 2 adorables Cro-Magnonnes qu’il a fallu quitter pour continuer plein sud.

Haltes multiples pour découvrir entre deux averses, Carrennac, Loubressac village perché au-dessus de la Dordogne, Autoire niché au creux d’un cirque d’où choit une belle cascade.

Après, nous sommes allées au filling soucieuses d’échapper au ciel de plomb qui obscurcissait l’horizon sur Rocamadour.

Lorsque les rafales de vent se sont faites insistantes, nous avons tourné bride et zigzagué jusqu’à parquer le fourgon à Saint Cirq Lapopie.

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Nous étions revenues dans le Lot, c’était une redécouverte qui tombait à pic parce qu’allant de paire avec des retrouvailles qui nous n’osions espérer tout en l’appelant de nos vœux. Ce superbe village médiéval ne nous était pas inconnu, nous l’avions visité avec Joël, lorsque nous ne nous étions pas encore déchirés et voilà que nous y revenions alors que nous venions juste de nous retrouver !

J’espère que vous avez suivi !

La suite du circuit mérite que nous nous y attardions, alors, une autre fois, je vous parlerai de Saint Cirq, mais aussi de Najac perché sur les bords de l’Aveyron et de Cordes sur le Ciel.

Ces joyaux architecturaux le mérite, tout comme leur charme se paie au prix de gros efforts, ça grimpe très dur !!!

Do

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