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10 novembre 2015 2 10 /11 /novembre /2015 20:24
Le Carlit, c'est celui de droite et c'est le plus haut sommet des Pyrénées Orientales
Le Carlit, c'est celui de droite et c'est le plus haut sommet des Pyrénées Orientales

Aujourd'hui, je ne vais pas vous décrire notre dernière rando par le menu.

Ce sera juste beaucoup de photos et peu de textes. Notre but, le désert du Carlit !

Le Vives
Le Vives

Cette virée ne fut que du bonheur, une myriade de lacs laissés là par les glaciers. En arrivant des Bouillouses, le premier c'est le Vives.

Le Sobirans
Le Sobirans


Arrivé au pied du Carlit, le Sobirans dévoile ses charmes dans un décor d'ocres !

Le Castella
Le Castella


Les jours fastes, il est même possible de tomber sur des cèpes le long du Castella !

Le Dougnes
Le Dougnes


Un premier verrou glaciaire, les gambettes flageolantes et c'est le Dougnes !

Sorbier
Sorbier


Deux autres verrous, un coup d'œil sur Le Vives et retour à la case départ.

Si vous y montez sous peu ne manquez pas les sorbiers des oiseaux, ils flamboient !

Cairn
Cairn

La rando est parfaitement balisée et de nombreux cairns ponctuent le parcours ! Des œuvres d'art brut !

Le massif du Canigou
Le massif du Canigou


Une balade, un véritable enchantement qui s'est terminé comme un feu d'artifice avec le Canigou en toile de fond !

Do

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28 octobre 2015 3 28 /10 /octobre /2015 18:10

Nous voici de retour d'une jolie virée sur les routes de France qui nous a ravi les yeux mais surtout le cœur !

Quel bonheur de renouer de vieilles affections et de s'apercevoir que le temps et les aléas de la vie n'ont en rien entamé les liens qui nous unissaient.

Merci à la vie et à toi Jean-Claude qui en t'effaçant de nos vies a rendu possible ces retrouvailles familiales. Impossible pourtant de ne pas avoir le cœur triste, nous nous aimions tant !

De ce périple que je ne vais pas vous détailler par le menu, je retiens surtout un fil conducteur, la sculpture ! Cela a commencé dès notre première halte sologniote, à Salbris où réside une ex collègue animatrice et qui recèle une surprenante fontaine !

Salbris
Salbris

La sculpture était aussi très présente dans les carrières souterraines de Vignemonts à Loches. Presque 2 heures de déambulation dans un invraisemblable dédale taillé de mains d'hommes et qui abrite des sculptures sonores, créations de Will Menter.

Will Menter
Will Menter

Suivant le Val de Loire nous avons rallié la Mayenne, département peu envahi de touristes et pourtant d'une richesse incroyable.

Si je compte bien vous offrir un article sur les merveilles mayennaises, je ne peux passer sous silence l’œuvre incroyable de Robert Tatin à Cossé le Vivien.

Côté sculpture, nous avons été servies, un vrai feu d'artifice.

Musée Robert tatin, Cossé le Vivien
Musée Robert tatin, Cossé le Vivien

Petite incursion rapide en Bretagne et retour sur la Loire dont le cours à partir de Nantes est ponctué d’œuvres originales que nous avons encore majoritairement à découvrir, un circuit à faire à vélo qui devrait plaire à nos amis Jean-Luc et Andrée.

Un beau délire à St Brévins les pins que ce serpent d'océan, œuvre d'un chinois Huang Yong Ping. Les ondulations du reptile répondent à la courbure du pont de St Nazaire, bête noire de Frédo qui a les ponts en horreur.

Serpent d'Océan
Serpent d'Océan

Sculpture toujours à Foussais-Payré qui accueillait cet été un symposium de la sculpture à la tronçonneuse …

Tiens ! Eligriv !
Tiens ! Eligriv !

Sculpture enfin pour notre dernière halte dans un lieu absolument magique, Auvillar près d'Agen.

Le village, splendide (article probable) recèle une multitude de petites statues perchées et disséminées ici et là ainsi qu'une salle d'exposition consacrée à l'art contemporain.

Auvillar, statue de "jacquet"
Auvillar, statue de "jacquet"

Voilà, vous savez presque tout de ce qui a motivé notre errance de presque 15 jours sur les routes France, à bientôt donc sur le blog pour partager plein de belles découvertes !

Do

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20 août 2015 4 20 /08 /août /2015 19:42

Si je vous dis que nous sommes allées passer quelques jours de vacances chez les isariens et que l'un des 12 cours d'eau qui arrosent la région se nomme l'Automne, saurez-vous trouver où nous étions en ce début du mois d'Août ?

Non ?

Je continue.

Clovis en a arpenté les différentes voies de communication et dans l'une de ces cités Hugues Capet a été élu roi, un autre y fut assassiné. Les armistices de 14-18 et de juin 40 y furent signés, une célèbre crème y vit le jour …

Je vous lasse ? et bien soit.

Nous étions dans l'Oise, un coin de France que nous ne connaissions presque pas même si nous avons résidé de longues années sur Paris (49 ans en ce qui me concerne).

La campagne est belle, vallonnée et quasiment chaque ville ou village est riche en monuments de toute sorte. L'habitat rural est majoritairement construit en brique et ou silex incrusté mais les maisons à colombages sont légions, ce que nous avons pu constater en visitant l'un des plus beaux villages de France, Gerberoy.

Cheminées à Gerberoy
Cheminées à Gerberoy

A proximité de Beauvais, jolie ville qui s'enorgueillit de posséder la cathédrale dotée du plus haut chœur gothique au monde, Gerberoy, jadis cité fortifiée, notamment pour résister à l'envahisseur anglais, possède une collégiale du XI e siècle, de nombreuses demeures construites entre le XVe et le XVIIIe siècle.

Henri IV y séjourna et le peintre post-impressionniste Henri Le Sidaner s'y installa contribuant à la renaissance de cette ville (titre qui fut attribué à cette cité par Philippe Auguste dès 1202) grâce à la création d'un superbe jardin à l'italienne, à ne pas manquer.

Oeuvre de Henri le Sidaner
Oeuvre de Henri le Sidaner

Contrairement à ce que l'on s'imagine, le climat est suffisamment clément pour permettre à Gerberoy de posséder un vignoble planté en pinot noir et muscat et une multitude de rosiers.

Pierrefonds, le village et l'un des châteaux
Pierrefonds, le village et l'un des châteaux

Dédaignant la visite du château de Chantilly qui fut jadis la demeure ancestrale de notre plus illustre ancêtre, le Grand Condé, nous mîmes le cap sur Pierrefonds dont le château du XVe siècle, démantelé sur ordre de Napoléon III a subi un sérieux relooking par Violet le Duc.

Si tout suscite l'intérêt, il y a au moins 2 manifestations qui ont retenu notre attention : le son et lumière dans les caves et l'exposition temporaire installée dans le donjon.

Bal des Gisants à Pierrefonds
Bal des Gisants à Pierrefonds

Les caves de Pierrefonds abritent le bal des gisants, une quantité impressionnante de gisants (pas tous « habités ») mais quand même très solennels auxquels les jeux de lumière confèrent un côté sinistre.

On n'a pas vraiment envie de s'y attarder et vous n'êtes pas obligé de me croire mais j'ai détecté en ces lieux au moins une présence non incarnée.

Till l'espiègle
Till l'espiègle

L'exposition temporaire était par contre beaucoup plus lumineuse.

Différentes salles du donjon servaient de cadre à des scènes d'Opéra aux costumes flamboyants. Le Roi d'Ys, Till l'espiègle, le château de Barbe Bleue, la Chauve souris … une débauche de couleurs dans un cadre austère.

Lac, Château et église de Pierrefonds
Lac, Château et église de Pierrefonds

Si un jour vous tentez la visite, pour vous remettre les guibolles d'aplomb, sachez que différentes options s'offrent à vous : un petit tour en pédalo qui vous permettra de jouir de la vue sur le village dont le patrimoine bâti est assez exceptionnel ou une dégustation de macarons (assez chers toutefois) à moins que vous optiez pour une halte dans l'un des nombreux restos.

Evidemment rien ne vous oblige à choisir, le cumul est possible surtout si vous avez en vue d'autres visites.

fenêtre rococco
fenêtre rococco

Nous, nous avons terminé la journée non loin de la mer de sable, à l'abbaye cistercienne de Chaalis. Un site superbe, avec de très belles ruines et une chapelle refermant des fresques du XVIe siècle signées de Primatice et ses élèves.

Abbaye de Chaalis et chapelle
Abbaye de Chaalis et chapelle

Peintre, architecte, sculpteur italien, Francisco Primaticcio est venu en France à la demande de François Ier (le roi) et fut l'un des maîtres de l'Ecole de Fontainebleau.

Les peintures de la chapelle de Chaalis sont réalisées à la fresque, c'est à dire sur un enduit pas encore sec et avec des pigments spéciaux qui pénètrent le support et durent plus longtemps. Cette technique d'une grande maîtrise nécessite une grande rapidité d'exécution. Léonard de Vinci était passé maître en cet art qui a passé les siècles. Les tombes étrusques, certaines villas de Pompéi arborent ces décors.

Peintures à fresque de Primatice
Peintures à fresque de Primatice

Voilà un petit tour d'horizon des merveilles qui vous attendent dans l'Oise et si vous vous décidez pour y traîner vos guêtres, un conseil, n'oubliez pas Royaumont, une splendeur !

Do

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29 mai 2015 5 29 /05 /mai /2015 19:11

Les loups ne sont plus un mythe mais bel et bien une réalité qui oblige à s'interroger ! Nous sommes revenues il y a peu d'un séjour dans les Alpes de Haute Provence. La Haute vallée du Verdon est une merveille, des paysages à couper le souffle, austères parfois, des reliefs tourmentés et des villages préservés.

Haut Verdon près de Colmars des Alpes
Haut Verdon près de Colmars des Alpes

Pas de luxe ostentatoire, un petit air d'Italie, un petit coin de paradis qu'il nous reste à explorer avec de vrais campings partout, pas ces hôtelleries de plein air où les bungalows ont remplacé tentes, caravanes et camping-cars. Entre les parlottes au syndicat d'initiative de Saint André les Alpes et une rencontre à Annot nous avons compris que nos futures randos ne seraient sans doute pas de tout repos.

Les grès d'Annot
Les grès d'Annot

Si la possibilité existe de croiser un loup, il est presque impossible que nous ne croisions pas la route de patous. Leurs attaques sont source de gros problèmes que nous connaissons bien d'ailleurs ayant à deux reprises dû détaler au pas de course pour échapper à des patous lancés à nos trousses ! La sécurité en montagne se décline de différentes manières. Protéger les troupeaux des attaques de loups et de chiens errants, assurer la sauvegarde des randonneurs régulièrement menacés par les chiens. Depuis quelques années les bergers ne vivent plus avec le troupeau de manière permanente. Assumant une autre activité, ce sont les patous qui protègent seuls les animaux. Sur les dents pour avoir veillé toute la nuit et repoussé d'éventuelles attaques de loups, les randonneurs font bien souvent les frais de leur fatigue. La question est épineuse car que faire ?

Les loups, hou, houhouhou !

Les loups sont de plus en plus présents, l'espèce est protégée. Cette présence est telle que les chamois, les sangliers descendent dans les villages qu'ils évitaient auparavant. A Annot nous avons fait la connaissance d'un homme du coin, chasseur à ses heures. Président d'une fédération de chasse, il assistait il y a peu à une réunion dont le but était de définir une politique de gestion de la faune sauvage, entendons « du loup ». Car s'il n'y a pas encore péril en la demeure, l'attitude n'est plus à l'angélisme. Il nous a rapporté qu'un peloton de gendarmerie chargé de veiller sur les lieux du crash de l'A320 de la German Wings a surpris une meute de 16 loups patrouillant dans les décombres ! A ce jour, nulle attaque de loups contre des humains n'est à déplorer mais si la population, qui n'a pas de prédateur naturel, n'est pas régulée, il est inutile de se voiler la face, les problèmes surgiront. Il n'y a qu'à voir ce qui se passe actuellement avec le vautour fauve des Pyrénées. Menacé d’extinction, protégé, le vautour est accusé de s'attaquer maintenant aux troupeaux ! Vrai, faux, exagéré ou pas, il faut bien reconnaître que l'écologie se teinte d'intégrisme et ne tient pas toujours compte de la réalité ! Côté Pyrénées, si nous avons croisé sa route sur les contre-forts du Canigou, le loup est présent mais encore discret, souvent venu d'Espagne, il est au moins un spécimen qui a suscité quelques interrogations. A Nohèdes, des poils prélevés sur une brebis tuée par un loup ont été analysés. Le loup avait la même signature génétique que ceux que l'on trouve dans les Alpes du Sud !? Pas facile pourtant de franchir le sillon rhodanien si peuplé ? Bizarre ! N'aurait-il pas été un peu aidé à moins qu'élevé en famille il ait été « largué » parce que devenu encombrant ? Nos vignes abritent bien de plus en plus de varans ! Do

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15 mai 2015 5 15 /05 /mai /2015 16:24

Nous avons relaté plusieurs randonnées sur ce blog, nos préférées, mais nous ne vous avons jamais présenté une de nos balades favorites, vivifiante, apaisante, et ressourçante, une merveille : le « rec dels molins », à Laroque des Albères, à trois kilomètres de chez nous seulement. Laroque des Albères, joli village surplombé d’une tour médiévale au pied des Albères, est un petit paradis pour le randonneur. Il vous suffira d’une heure, aller et retour, pour découvrir parcours enchanteur et bien ombragé. On ne peut pas se tromper, il suffit de suivre le chemin de l’eau !

Garé à la chapelle San Sebastia, on commence par descendre en direction des jardins de la Florentine, déployés au pied du vieux village, dans une courbe de la rivière de Laroque. Au printemps, c’est une explosion de couleurs, un enchantement pour les yeux. Après la passerelle franchissant la rivière, on attaque la grimpette d’un jarret ferme et déterminé en direction de l’église ; à la hauteur du portail récemment restauré, on tourne à droite vers la montagne, dépassant rapidement les dernières maisons du village pour pénétrer dans le sous-bois. Le sentier grimpe sans équivoque le long d’un ruisseau facétieux, en direction d’une première curiosité, le moulin de la Pave.

le moulin de la Pave
le moulin de la Pave

Mentionné pour la première fois en 1306, ce moulin a fermé ses portes en 1870 après cinq siècles d’activité. Récemment restauré, le bâtiment épouse la déclivité du terrain et se développe sur trois niveaux. En haut, le logement du meunier, le « casal » ; en dessous la salle des meules, et en bas, la « carcabà », pièce voûtée qui contenait la roue horizontale actionnée par l’eau chutant de la « bassa », un bassin du 19ème siècle construit au dessus du moulin, d’une contenance de 365 m3, encore bien visible aujourd’hui, quoiqu’asséché et en partie comblé.

le bassin
le bassin

Continuant à cheminer et à grimper, on ne tarde pas à arriver à la font dels Ocells, où une petite halte rafraîchissante s’impose. Il parait que l’eau est délicieuse, mais elle n’est pas contrôlée. A vous de voir !

la font dels ocells
la font dels ocells

La grimpette se termine au bassin creusé en 1897, à 150 mètres en amont du moulin de la Pave, pour les besoins de l’ancienne usine électrique à laquelle ce réservoir était relié par une conduite en fonte encore visible par endroits. Hé oui ! Il y en a eu des choses, à Laroque des Albères, dans le temps jadis : une usine électrique et pas moins de six moulins : un moulin drapier, un à huile, et quatre à farine ! Tout cela fonctionnant grâce à l’eau du « rec », ce joli canal d’irrigation creusé au 13ème siècle pour approvisionner le village, arroser les jardins et faire fonctionner les moulins. Il prend son eau dans la rivière de Laroque, au lieu dit « les Caranques », vers lequel nous nous dirigeons à présent, en suivant son cours facétieux. C’est un pur bonheur. Et c’est plat !

Le rec dels Molins à Laroque des  Albères

On y fait parfois de curieuses rencontres...

au fil de l'eau
au fil de l'eau

Aujourd’hui, le « rec » n’est plus utilisé que pour l’irrigation des jardins, mais il n’en reste pas moins important. Il y a du reste toujours des préposés à l’entretien qu’il nous arrive de croiser régulièrement, et il est bien dommage de constater à maintes occasions, surtout en été, que certains promeneurs indélicats font vraiment parfois n’importe quoi ; que de fois n’avons-nous pas œuvré à défaire les barrages qu’ils s’étaient amusés à construire sur son cours, pour s’amuser, tout simplement. Alors vous qui mettrez vos pas dans les nôtres, s’il vous plaît, respectez-le !

Chemin faisant, nous arrivons aux Caranques, site particulièrement prisé des rocatins aux heures chaudes de l’été : là, la rivière dévale la montagne en une succession de cascades et de piscines naturelles, pour la plus grande joie des petits et des grands, sans parler des chiens !

les Caranques
les Caranques

Arrivé là, plusieurs solutions. On peut tout simplement revenir sur ses pas, mais il est possible dans ce cas de bifurquer sur sa gauche à mi chemin du canal pour descendre jusqu’à la « fontaine minérale », autre curiosité rocatine. On peut aussi s’offrir une autre grimpette, en suivant sur une courte distance la direction du col de l’Ullat ; on passera devant une autre fontaine, la « Vallaury », avant de redescendre sur Laroque par un adorable sentier en corniche, resplendissant de cette végétation méditerranéenne dont on ne se lasse jamais : cistes, chênes verts, genêts…

le chemin du retour
le chemin du retour

Au bout du compte, on retrouve le bassin et on remet ses pas dans ceux de l’allée pour revenir à San Sebastia. Vraiment, le rec dels molins, on ne s’en lasse pas !

Fredo

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3 mai 2015 7 03 /05 /mai /2015 14:22

3 jours intensifs de balades majoritairement dans le Lot avec au programme uniquement de l'inédit. Afin d'éviter des déceptions, nous essayons de ne jamais remettre nos pas dans ceux du passé. Les souvenirs sont fragiles, ils survivent mieux si l'on ne cherche pas à les réanimer ! Notre périple a commencé par Saint-Céré pour se terminer sur le causse de Limogne. Entre ces deux pôles, des temps forts avec les découvertes de Figeac, du village médiéval de Peyrusse le Roc et une rando autour de la phosphatière du Cloup d'Aural.

Figeac place du musée Champollion
Figeac place du musée Champollion

De Figeac, je ne vous dirai pas grand-chose si ce n'est que le patrimoine architectural est splendide et que son grand homme ne peut laisser indifférent, Champollion ! Une ville se découvre en se laissant porter par le hasard. Si un jour vos pas vous y conduisent, faites y halte et abandonnez-vous au plaisir de la découverte !

Cathédrale et Tours du roc de Thaluc à Peyrusse le roc
Cathédrale et Tours du roc de Thaluc à Peyrusse le roc

Je serai par contre plus loquace en ce qui concerne Peyrusse le Roc. Un avertissement pour commencer, si vous avez la guibolle faiblarde, le cœur flagada, oubliez ! Entre le point de départ situé au village nouveau et le niveau bas du site médiéval, il n'y a que 150 mètres de dénivelé mais la descente est plutôt vertigineuse ! Peyrusse a connu un bel essor et atteint 3500 âmes au début de la guerre de 100 ans. Ses vestiges attestent de cette splendeur : 2 châteaux, une cathédrale, une synagogue, un hôpital pour les pèlerins et enjambant le torrent, l'Audierne, tout au fond de la vallée, deux ponts dont un ouvrage splendide en dos d'âne.

Pont sur l'Audierne
Pont sur l'Audierne

Nous n'avons rencontré qu'un problème mais de taille. Les pluies diluviennes des jours précédents ayant transformé le sentier en patinoire, nous n'avons pu passer le pont pour regagner le village par le sentier muletier. Quelques mains courantes seraient les bienvenues pour sécuriser le sentier en bordure du torrent. Etonnant que les instances européennes ne se soient pas encore emparé de ce problème lié à la sécurité ! Cela nous aurait évité de ahaner comme des bêtes de somme pour retrouver la place des 13 vents, notre point de départ !

Roc del Thaluc, Frédo est presqu'en haut !
Roc del Thaluc, Frédo est presqu'en haut !

Peyrusse le Roc est un lieu fort en sensations. Dès le départ les deux tours du Roc del Thaluc annoncent la couleur ! Des échelles escaladent le piton rocheux quasiment à la verticale. Frédo s'est lancée dans l'aventure, je me suis dégonflée !

Chemin de halage au bord du Lot
Chemin de halage au bord du Lot

Le Lot recèle de beaux villages mais aussi des ouvrages d'art étonnant comme le chemin de halage près de la halte nautique de Bouziès. Taillé dans le roc il est emprunté par le GR qui mène à Saint Cirq Lapopie. Stupéfiant !

Au sein d'une phosphatière
Au sein d'une phosphatière

De Bouziès nous avons rattrapé notre dernier point de chute après une halte à Limogne qui possède une VRAIE droguerie. Pleinement satisfaites de nos achats dans le tout nouveau local de la quincaillerie, nous avons gagné notre dernière étape. Le causse de Limogne à la végétation aride compte plus d'une centaine de gouffres envahis par une flore luxuriante. Anciennes grottes formées à l'ère tertiaire et comblées par des sédiments, ces cavités sont restées longtemps ignorées. C'est à Caylus qu'en 1865, un fin observateur fit la relation entre la présence de drôles de pierres (des nodules de phosphates) et un rendement plus élevé des cultures de blé. L'exploitation des gouffres comblés démarra dès 1870 et marqua le début d'une ruée vers un nouvel Eldorado. Les blocs extraits étaient broyés en surface dans des moulins dont ici ou là subsistent quelques vestiges puis le minerai était acheminé par gabarres sur le Lot jusqu'à Bordeaux puis en Angleterre. En Angleterre ! Pourquoi là-bas ? En 1886, la situation économique du Quercy devint critique et l'exploitation du phosphate commença à péricliter. Quelques dizaines d'années plus tard, on oublia les phosphatières qui ne sortirent vraiment de l'oubli que grâce à la paléontologie, ce sont en effet de véritables sanctuaires en fossiles de toutes sortes. Les phosphatières disparurent donc du paysage ne servant plus que de décharges occasionnelles et sauvages. La phosphatière du Cloup d'Aural est de ces sites redécouverts il y a peu car je suis certaine qu'étant venue à Bach une première fois dans le courant de 1999 à cette époque si sa présence était attestée, mis à part des encombrants, les trésors qu'elle recelait n'avaient pas encore vu le jour ! Nous en connaissions donc l'existence mais pas le complexe du Cloup d'Aural et nous nous attendions à vivre un grand moment. Pas de chance en ce mois d'Avril les visites se font au compte goutte, 2 visites par jour, une à 15h l'autre à 16h30. Il était 15h30 et impossible d'attendre, nous avons donc opté pour le sentier de découverte qui démarre au Cloup d'Aural !

Une halte sur le GR à Bach
Une halte sur le GR à Bach

Bien décidées à revenir pour cette visite, nous avons suivi l'itinéraire sur une grande partie, retrouvant avec plaisir la douceur de cette campagne très dégagée, sentant bon le miellat des chênes et où les rossignols commençaient à faire leur gamme. Nous avons posé notre sac le temps de visiter l'église de Bach, une halte sur les sentiers de Saint Jacques, déambulé dans le village puis, reprenant le ptibus nous avons filé cap au sud pour rallier notre bergerie où nous nous apprêtions à vivre un grand moment que je vous narrerai bientôt : une rencontre avec une personne pratiquant la communication intuitive avec les animaux. Magnifique. Do

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30 janvier 2015 5 30 /01 /janvier /2015 20:43

Depuis 1968 nous arpentons le département, autant dire que nous étions en droit de croire que l'un dans l'autre nous ne risquions pas de tomber sur des lieux dont nous n'aurions jamais soupçonné l'existence. De Laroque nous connaissons le vieux village, les vestiges de moulins, la fontaine minérale, le dolmen, le site de Roca Vella et plein d'autres choses mais une chapelle perdue dans la végétation entre Roca Vella et les mas catalans, nous n'en avions jamais entendu parlé.

Nous avons donc suivi les explications approximatives reçues et emprunté un chemin soit-disant privé, donc interdit, avant de remarquer que nous étions en fait sur un chemin de randonnée ! Tiens ! 

Suivant les marques jaunes nous sommes arrivées à une intersection dotée de panneaux illisibles. Au pif, il est assez efficace, nous avons commencé à grimper au milieu des chênes verts et liège suivant grosso modo le court d'un torrent canalisé grâce à un remarquable appareillage de schistes. Nous sommes tombées sur les restes d'un orry accolé à un énorme bloc puis sur un superbe bassin dont il nous a été impossible de savoir s'il est alimenté par une source ou par l'eau du torrent canalisé, mais quel bonheur ce doit être en été !

St-Laurent-de-Galice--7-.JPG

En levant les yeux, nous avons repéré des murs d'une épaisseur remarquable et un tout petit panneau mentionnant St Laurent de Galice !

Partout alentours, des terrasses qui ne dataient pas d'hier et délimitaient encore de petits espaces sans doute cultivés dans le passé comme partout dans les Albères. Nous avons alors découvert les restes d'un édifice religieux de belle taille, une chapelle préromane du Xe siècle. Impressionnant !

St-Laurent-de-Galice--3-.JPG

En revenant sur nos pas jusqu'à Roca Vella nous avons reconnu le chemin de randonnée emprunté jadis à cheval et que nous n'avions jamais réussi à retrouver ! Privé ou pas ? Un promeneur rencontré semblait en douter.

Rentrées nous sommes allées à la pêche aux infos. La récolte a été maigre, nous avons juste appris que jadis se trouvait là un village appelé Alemanys (y a-t-il un lien avec les invasions wisigothiques qui ont fortement marqué le territoire ?) puis Torrents ! Des recherches à poursuivre !

 

Le chêne liège comme fil directeur nous avons quitté les Albères pour les Aspres, les bien nommées. Un jour de retour de balade nous avions repéré dans les frondaisons, près de Caixas, un clocher mur dont nous ignorions tout. Il y a une petite semaine par un jour de tramontane démentielle, plus de 140 kilomètres heure, avons-nous appris (et pas d'alerte météo, nous avons l'habitude et les arbres sont bien collés), nous avons mis le cap sur le Mont Hélène. Décoiffant mais l'itinéraire passait par la chapelle que nous recherchions. Nous avons donc été doublement récompensées, le site d'un village évaporé et un brushing très réussi pour chacune de nous !

Caixas-Chapelle-St-Marc--1-.JPG

Caixas est une commune particulière, plutôt regroupement de plusieurs hameaux (veïnats), peuplée dès la préhistoire comme l'attestent des gravures rupestres, l'église paroissiale n'est pas celle du village initial. Pour trouver le site primitif, il faut crapahuter sur le versant nord du mont Hélène. Là dans un bois de chênes se niche l'ancienne chapelle St Jacobi et St Cucufat (ce n'est pas revenu à la mode ! Bizarre!). Édifice préroman du Xe siècle, surélevé puis fortifié sa hauteur intérieure est extraordinaire avec une curieuse croix gravée sur l'arc triomphal.

Caixas-Chapelle-St-Marc--9-.JPG

La porte en bois ornée de ferrures traditionnelles catalanes est sculptée, on y trouve le lion de St Marc puisque tel est son nom maintenant.

Caixas-Chapelle-St-Marc--3-.JPG

Au retour, traversant Montauriol, nous est venu l'idée de revenir traîner dans le coin pour y rechercher les ruines d'une chapelle que nous avions découverte en 1994.

1994-Ste-Marie-de-valpuy.jpg

Ce mardi, donc, nous sommes parties carte IGN en main sur les traces du passé, nous avions approximativement défini où se trouvait notre but en retrouvant d'anciens clichés. Aux environs de Montauriol le chêne liège s'impose mais par endroits il cède encore la place à une végétation très lumineuse de cistes, arbousiers, oléastres, le maquis quoi ! Très rapidement nous avons retrouvé notre chapelle … totalement restaurée mais doublement verrouillée, une grille et la porte en bois.

Chapelle Ntre Dame de Valpuig (1)

Cette chapelle n'a jamais été un lieu de culte, il s'agit en fait d'un tombeau de famille, celui de la famille Coste. Si depuis 9000 ans le chêne liège est présent sur le territoire des Pyrénées Orientales, dès l'époque romaine sa culture a reculé pour laisser place à celle de la vigne. A partir du Moyen âge les forêts de Chênes liège étaient réduites à peau de chagrin et ne servaient plus que pour accueillir les chasses seigneuriales. Il a fallu que l'épidémie de Phylloxéra décime le vignoble pour que le chêne liège retrouve ses lettres de noblesse et ce fut Laurent Coste qui fut l'artisan de cette résurrection. Laurent Coste est donc inhumé dans cette chapelle lui qui fut à l'origine du renouveau des plantations de chênes liège dans la région. Par le trou de la serrure nous avons quand même vérifié que c'était bien la même chapelle. Pas de problème.

Chapelle-Ntre-Dame-de-Valpuig--2-.JPG

Enfin pour le plaisir des yeux, je terminerai cet article avec une jolie photo de Notre Dame del Coll, dans les Aspres, près de Caixas. Elle domine une mer de Chênes liège, celle des Aspres et au loin, des Albères.

Caixas-Nte-Dame-del-Coll--4-.JPG

Do


 


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28 décembre 2014 7 28 /12 /décembre /2014 15:25

C’est le 11 février 1975 que nous avons découvert pour la première fois ce refuge, à mi chemin du pic du Canigou, avec Pierre et sa "Pétroline", une vaillante quatre-chevaux bleue comme un ciel d’azur. Depuis, nous y sommes retournées de temps en temps, et désormais, c’est une tradition : nous allons fêter Noël au Balatg !

Aujourd’hui, la piste, très défoncée, est, en principe, interdite à tout véhicule motorisé. Je dis en principe car, évidemment, en dépit des panneaux d’interdiction très clairs,

P1030949.JPGoP1030948.JPG

nous avons croisé un énorme 4x4, qui devait manœuvrer à chaque épingle, -des anglais qui nous ont assuré que « non, il n’y a pas d’interdiction » !- et un quad. Vous me direz que si la barrière au départ de la piste était dotée d’un cadenas, cela n’arriverait pas ! Rien à faire, ce manque de respect infligé à la nature, et dans un site classé de surcroît (le massif du Canigou est labellisé « grand site de France » depuis le 13 juillet 2012), nous indispose décidément toujours autant !

Garées au col des Millères, à 842 mètres d’altitude, un peu avant Fillols, il nous aura fallu comme d’habitude deux heures trente pour atteindre notre but.

La piste évolue au début en longs lacets qui s’élèvent rapidement au dessus de la vallée du Conflent au cœur d’une végétation encore typiquement méditerranéenne. Le Carlit enneigé ne tarde pas à pointer le bout de son nez, et c’est bientôt toute la chaîne des Pyrénées Catalanes qui dévoilent ses cimes majestueuses.

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Au début, nous coupons tous les lacets en suivant le sentier balisé, puis nous décidons de rester sur la piste et parvenons bientôt à la partie la plus raide du parcours, "le Bosc Negre", puis "l’Escala de l’Ours" et son tunnel. Mythique! Genêts et chênes verts ont cédé la place aux hêtres et aux sapins. Cette année, s’il fait très froid à cause de la tramontane, il n’y a pas de neige, ni de verglas ; l’année dernière, c’est avec les crampons que nous avons franchi ce passage particulièrement exposé aux intempéries, glissant comme une patinoire. Accroché aux flancs escarpés de la montagne, la piste domine la vertigineuse vallée de la Llitera. Au fait, la Llitera, ça ne vous rappelle rien ? Non ? Oui ?... Oui ! Llasseras, le village des bergers, l’orry d’En Ciscal et l’orry d’En Manel, entre autres. Hé bien justement, de l’autre côté du ravin, nous l’apercevons parfaitement, notre « orry cathédrale » que nous aurons mis tant de temps à découvrir ;

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Bon sang, mais c’est bien sûr ! Facile, quand on sait où il est !

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Il est plus d’une heure lorsque nous parvenons au Balatg, à 1610 m d’altitude. Il n’y a personne et c’est très bien. Nous allumons notre petit feu dans la cheminée, bien insuffisante pour réchauffer l’atmosphère.P1030942.JPG Je ne sais pas comment font ceux qui viennent dormir ici pour ne pas finir congelé (allergiques à la poussière, s’abstenir !). La porte ne ferme pas, les fenêtres joignent mal. Le décor est des plus rustiques ! Pourtant, il y a ici quelques signes qui ne trompent pas : des bougies, une couverture de survie (il faut bien ça !)… Nous mangeons avec les gants, le chapeau sur la tête… Mais c’est chouette, quand même. Une inscription sur le manteau de la cheminée nous fait sourire : « Merci à tous ceux qui ont laissé leur cœur ici »… Assurément, nous en faisons partie (depuis 1975, merci, Pierre!) ; c’est un endroit qui nous est cher, même si nous en avons beaucoup d’autres !

P1030941.JPG

La nuit tombant vite en ces périodes hivernales et bien que nous n’ayons aucun risque de nous perdre, nous ne nous attardons pas sur place. Nous nous refroidissons vite. Prudence ! Nous avons été à bonne école avec Jeannine.

Il nous faudra à peu près autant de temps pour le retour que pour l'aller. Nous profitons de la descente pour lire les panneaux d’informations disposés à certains endroits du parcours. On y apprend que les premières exploitations minières dans le massif du Canigou commencèrent quelques siècles avant JC, et que si les gisements de fer furent de loin les plus nombreux, les vestiges d’une mine d’or ont été retrouvés non loin du refuge des Cortalets (à une heure de marche au dessus du Balatg); on ne vous dira pas où, vous allez aller creuser! Les mineurs travaillaient dans les mines six à huit mois par an, mais tous étaient agriculteurs ou éleveurs le reste du temps. En plus de ça, ils ne manquaient pas d’activités : cueillette des baies sauvages, commerce de la glace, récolte des souches de bruyère pour la fabrication des pipes, ramassage des genêts pour la confection des balais, récolte de l’écorce de chêne pour le tannage du cuir, coupe de châtaigner pour la vigne et le vin. Pas feignants, hein ! Voilà quelque chose qui doit échapper aux visiteurs motorisés !

A seize heures trente, nous retrouvons la voiture, un peu en deçà du camping des sauterelles. Une bonne base, sans doute, ce camping, pour explorer le massif… Sauf que les chiens n’y sont pas admis. Bizarre, bizarre…

Bon, Virgile a l’estomac dans les talons et nous en avons plein les godillots, mais on reviendra ! Allez, à l’année prochaine, le Balatg, Inch'allah ! (hé, Pierre, on compte sur toi!)

 Fredo

 

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26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 21:09

Une superbe balade avec en prime plein feu sur le hameau pastoral de Llassères.

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                                                                           Llassères c'est sous la flèche

 

 

Cette rando ne ménage pas les belles surprises, c'est une balade « patrimoniale » que l'on peut commencer indifféremment du Bistrot de pays de Taurinya ou de l'Abbaye St Michel de Cuxa, c'est cette option que nous avions retenu mais sans toutefois inclure la visite de l'abbaye. Outre le fait que nous connaissons le monument, ce que nous intéresse particulièrement ce sont toutes ces richesses architecturales qui n'ont jamais droit au feu de la rampe, et là, je dois dire que nous avons été servies.

Dès le parking nous avons mis nos pas dans les traces du GR 83T (celui là même qui passe à Llassères) et gagner les vestiges de la Chapelle St Pierre d'Orséolo. Pierre Orséolo fut Doge de Venise qu'il quitta pour devenir bénédictin à St Michel de Cuxa avant de se retirer dans une petite chapelle pour y vivre en ermite. Datée de 988, il ne reste de cet édifice que les fondations et une pierre signalée comme étant le sarcophage de Pierre Orséolo ! Un sarcophage ? un monolithe plus exactement, qui a depuis le moyen âge attiré les foules de pèlerins et de malades. Aujourd'hui la végétation règne en maître et il est même difficile de repérer les fondations.

 

                                                                                              St P Orséolo

 

Sur la piste du col de Clara, après une jolie grimpette dans les chênes, la seconde surprise avant de gagner le site minier du Salver, fut un petit orry de belle facture. Du gîte d'étape de Taurinya , le dénivelé est époustouflant mais quel plaisir d'atteindre l'ancienne ligne de chemin de fer par laquelle était évacué le minerai de fer. Les vestiges sont impressionnants, nous découvrons coup sur coup une vieille loco, un four à griller et sur le carreau de la mine les bâtiments qui abritaient les mineurs et un second four monumental.

 

                                                        Loco.JPG 

 

                                                          le-Salver.JPG

Pendant plus de 7 siècles le fer a été extrait ici et sur les flancs du Canigou cette exploitation remonte à des millénaires. Dès – 2000 ans avant J.-C., le fer a été exploité sur les flans du Canigou. Tout d'abord de manière rudimentaire dans de simples excavations puis avec les romains les choses évoluèrent. C'est dans les Pyrénées catalanes que la forge (catalane) a vu le jour donnant le coup d'envoi à la sidérurgie telle que nous la connaissons. Au-dessus de Taurinya, la montagne a été creusée, fouillée. Au-dessus du site du Salver à la Tour des Corts, les grimpettes succèdent au replat, les bosses aux crevasses. Outre ce site d'exploitation, dès le XI e siècle un village a vu le jour, village minier dont il reste les vestiges de l'église St Valentin connue aujourd'hui sous le nom de tour de Corts. Il est bien difficile de discerner aujourd'hui les restes de cette ancienne église paroissiale qui fortifiée ressemble à un donjon.

                                                        Tour-des-Corts.JPG

A ce stade de la balade le sentier descend sec vers la dernière merveille du parcours, le canal de Bohère. Prouesse technologique le canal parcours 42 kms franchissant, au départ du village de Serdinya, plusieurs vallées au moyen de siphons. Démarrer en 1864 sur autorisation de Napoléon III, il fallut 17 années pour venir à bout de l'ouvrage.

 

 

                                                                                                Canal.JPG

 

Des ouvrages d'art agrémentent le parcours creusé en grande partie dans les flans de la montagne. Si à l'époque de sa création il fut l'artisan du renouveau agricole, il est aujourd'hui, et cela semble très récent, abandonné. Trop coûteux, le désengagement des communes et des pouvoirs publics a signé sans doute son arrêt de mort. Espérons que le « Canari » ne va pas subir le même sort !

 

Do

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2 novembre 2014 7 02 /11 /novembre /2014 17:41

La quatrième grimpette aura donc été la bonne, nous l'avons trouvé ce fameux orry, El Manel ! Certes il est bien caché mais manifestement tout semble fait pour décourager l'éventuel visiteur !

Il aura vraiment fallu la détermination sans faille de Frédo pour arriver jusqu'à cette merveille ! Impressionnée par le site et le cheminement hors de tout chemin balisé en limite des à-pics qui surplombent la Llitéra , seule je n'aurais pas tenter l'aventure. Jusqu'à la pause déjeuner, tout s'est déroulé comme sur des roulettes, nous avions avalé le dénivelé améliorant même notre propre record, plus occupées de nous imprégner de la beauté de la Nature que de la rudesse de la montée. Si en Plaine c'est encore l'été, les platanes n'ont même pas leurs feuilles d'or comme le chante Charles Trenet, ici l'Automne a tout incendié.

Automne

Passés en coup de vent devant le premier orry, El Ciscal, une vieille connaissance pas mal non plus, nous avons grimpé la croupe escarpée qui mène au village pastoral ruiné. La montée se fait sur l'arrête qui va en se rétrécissant jusqu'à n'offrir qu'un simple cheminement entre deux murs de roches verticales. Je me demande à chaque fois comment les bergers ont fait pour construire ce village si loin de tout. De nos jours la technologie rend tout possible, mais lorsque Llassères était une dépendance de l'abbaye St Michel de Cuxa, ils n'avaient que leur courage, des outils rudimentaires et sans doute la Foi, celle qui déplace des montagnes, pour nous laisser ce témoignage de leur génie. au sein d'un paysage grandiose.

panorama-sur-le-conflent.JPG

Surfant sur le Net, nous avions glané quelques bribes de renseignements susceptibles de nous permettre de découvrir cet orry dont parlent les initiés, les gens du coin apparemment ! Mais s'ils se répandent en superlatifs, le moins que l'on puisse dire c'est qu'ils sont avares de précisions. Nous savions donc que l'orry se trouve au bout d'un faux plat sur la même courbe de niveau qu'un cairn placé sur le GRT 83 à l'entrée de la forêt. Il se trouve à droite du petit col, en contrebas d'un rocher, en surplomb du ravin de la Llitéra et est totalement invisible. Requinquées après une halte à l'orry d'El Coronell, immense et en forme de L, nous étions sur des charbons ardents.

El-Coronell.JPG

El Coronell

Nous avons donc enfilé le GR et pénêtré dans la forêt sans trouver de cairn. Revenant sur nos pas nous avons tracé au jugé, prenant à gauche, en direction du ravin (nous étions dans le sens de la descente) là où en effet un petit col marque l'entrée d'un promontoire escarpé au-dessus du torrent. Vous ne pouvez pas le louper !

Un peu comme cela se pratique en Corse où les démarrages de sentiers sont masqués, passée une zone broussailleuse, nous sommes tombées sur une sente qui desservait un orry ruiné de belle taille et cheminait grosso modo vers le ravin. Des arbres morts barrant le chemin, nous avons grimpé au milieu des cynorrhodons, des genets, Frédo boostant la troupe pour redescendre sur le promontoire. Arrivées à ce qui semblait être le rocher recherché, elle a constaté navrée que l'orry tant espéré ne se cachait pas là mais comme la vie est bien faite, alors qu'elle allait rebrousser chemin, j'ai pris le relais et mon regard a repéré quatre pierres en contrebas !

Il était là !

Orry-d-En-Manel.JPG

El Manel

Exposé à la tramontane, son entrée est pourtant totalement protégée du vent et s'ouvre sur une esplanade dégagée, le pignon est nettement plus ouvragé que ceux des autres cabanes et l'intérieur sidérant de hauteur. C'est bien un orry cathédrale, dotée d'une voûte ogivale préfigurant l'arc brisé, un arc unique sépare l'espace pour donner naissance à ce qui pourrait sembler une nef et un chœur. Difficile d'évaluer la hauteur, à vue de nez je dirais 2,5 mètres, peut-être plus mais pas moins !

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A l'intérieur nous avons noté la présence d'une tente de camping, « Décathlon à fond la forme », d'un matelas roulé, d'un petit bleu et d'une grille à grillade. Conclusion : il y a donc au moins une personne qui vient ici régulièrement, mais par où passe-t-elle ? Et les habitants de Taurinya qui viennent y danser la sardane une fois l'an, se graffignent'ils les « moltogomes » dans les ronciers ? D'ailleurs qu'est devenu le cairn signalant le chemin d'accès ?

Satisfaites de cette trouvaille, nous avons quitté les lieux constatant que la mer de nuage progressait mais que les nuages avaient au moins eu le bon goût de nous laisser atteindre notre but. Le retour a été plus aisé, une sente par moment bien marquée nous a permis de rallier le GR sans trop de bobos. Un coup d’œil au Coronell et le plus dur restait à venir : redescendre !

La montée est rude mais la descente flingue les rotules. Les pierres, les feuilles mortes masquant glands vicelards et châtaignes mal intentionnées en font un vrai parcours du combattant.

Il n'y a bien que Virgile qui y trouve son compte !

Si l'aventure vous tente, cet article et la carte IGN 2349 ET devrait vous permettre de vous régaler. Pour gagner le départ du GRT 83, traversez Taurinya en direction de Fillols, à la sortie du village, dans le tournant, laissez la route sur votre droite pour en emprunter une plus petite qui file droit vers la montagne. Après l'avoir remontée sur environ 700 mètres, avisez un panneau de randonnées et piquez à gauche sur une piste où se trouve le parking ! Pedibus, gagner le GR par la piste descendante, ensuite il suffit de suivre les marques rouge et blanche et de se reporter à nos explications à partir de l'orry d'El Coronell bien abrité par une barre rocheuse au début du replat juste après le village. Comme pour le Ciscal un panneau explicatif, pas vraiment utile (il ne porte aucun nom et pas de trace d'El Manel) permet de se situer.

Belle balade !

 

Do

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