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9 mai 2013 4 09 /05 /mai /2013 16:28

Un vrai coup de cœur littéraire

   ballade-lila-k[1]

Si vous n’avez pas encore lu « la ballade de Lila K. » de Blandine Le Callet (ed Stock), procurez-le vous au plus vite !

Voilà un livre qui ne ressemble à aucun autre. Lila, la narratrice nous raconte son histoire d’enfant blessée, arrachée à sa mère pour être élevée dans un centre,  une sorte de pensionnat, où peu à peu, elle va devoir réapprendre à vivre.

Là, nous découvrons un univers étrange. Un monde divisé en deux : « intra muros » d’un côté, où tout est sécurisé, aseptisé, surveillé, et la « Zone », zone de non droit où depuis d’étranges évènements, règne le chaos,  la violence et la misère.

Dès son arrivée au centre, traumatisée, complètement associale,  Lila n’a qu’une idée en tête : retrouver sa mère, découvrir ce qui s’est passé et pourquoi on les a séparées. Et elle comprend très vite que pour arriver à ses fins, il va lui falloir composer et, sinon se soumettre, donner au moins l’illusion de s’assimiler. Il faut être conforme à la norme.  La liberté est à ce prix car celui qui s’oppose est éliminé.

Dans sa quête, Lila va faire plusieurs rencontres qui lui ouvriront la voie de la résistance. Et elle finira par comprendre que contrairement à ce qu’on a pu lui faire croire depuis toujours, le salut est dans la Zone, là où perdure encore un peu d’humanité.

Cette société effrayante et inhumaine présente d’étranges similitudes avec la notre : inégalité, misère, omnipuissance des médias qui nous mentent et nous manipulent, volonté de conformisme en toute chose et surtout à l’école.

Il y a vraiment dans ce livre de quoi s’interroger sur les dérives possibles de notre société. A quel moment la sécurité devient-elle un danger ? Ne sommes-nous pas en train de franchir ce pas ? Là, est la question!

 

Ah oui, j’oubliais : en plus, c’est bien écrit et c’est passionnant.

 Frédo

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23 janvier 2013 3 23 /01 /janvier /2013 18:27

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 Depuis la disparition du président Mitterrand, tout le monde a beaucoup entendu parler de Mazarine Pingeot, brutalement propulsée sur le devant de la scène sans l’avoir souhaité. Les médias s’en sont aussitôt données à cœur-joie, avec le tact que nous leur connaissons bien : François Mitterrand avait une maîtresse  et une fille cachée ! Quelle honte ! Un mensonge d’état, un de plus !

Dans ce livre, « bouche cousue », Mazarine Pingeot raconte son enfance. Dorée ? Matériellement, peut-être ; elle n’a sûrement jamais manqué de rien. Mais est-il si évident de n’avoir aucune légitimité dans la vie de l’homme qui compte le plus pour un enfant, son père ? Cette vie dorée ressemble bien souvent à une prison et nous réalisons rapidement qu’elle a été la première victime de cet énorme mensonge qui a failli la détruire.

On s’interroge… Pourquoi une telle supercherie ? Par respect des convenances ? Parce qu’il est des milieux où l’on ne divorce pas, surtout si l’on est un homme public (ou une femme !)…

Alors que dans l’esprit de la France entière François Mitterrand est marié à Danielle, on découvre que son véritable foyer est celui d’Anne Pingeot, sa maîtresse depuis de longues années. Chaque soir, il la retrouve et mène auprès de sa fille une vraie vie de père de famille modèle. Jusqu’à sa mort. Et il ne passe rue de Bièvres que tous les dimanche soir. Le couple François-Danielle n’est qu’une vaste comédie. Ce n’est pas totalement ce que l’on nous a toujours raconté. C’est auprès d’Anne et de Mazarine qu’il passe une grande partie de ses vacances ; ils ont même acheté ensemble une petite maison à Gordes, dans le Vaucluse…

Au fil des lignes, nous découvrons un homme étonnement humain qui aime passionnément la littérature, les chiens, la nature et… les séries télévisées ! Vous vous en seriez doutés, vous ?

Mazarine grandit flanquée de ses gardes du corps, solitaire et cachée. Elle connaît pourtant de nombreux amis de son père, des hommes politiques comme lui, qui ne savent pas tous qui elle est. Elle ne connaît pas ses demi-frères ; elle ne rencontrera Danielle Mitterrand, qu’un peu avant le décès de son père.

Le style ne plait pas forcément (moi, il ne m'a pas gênée...), mais le contenu de ce livre ne peut laisser indifférent, car il est porté par l’amour. Il n’en manque pas dans cette famille peu banale. Danielle Mitterrand au eu la légitimité, certes, mais il n’est pas certain que ce soit la meilleure part du gâteau !

Fredo

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4 décembre 2012 2 04 /12 /décembre /2012 16:13

LES ANNÉES

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Annie ERNAUX

(Ed. Gallimard, Paris, 2008)

 

 

   

Annie Ernaux elle-même définit ce livre comme une « autobiographie impersonnelle et collective » et c’est tellement juste.

Ce sont 60 années d’histoire française, sociologique, politique, mêlées à des souvenirs personnels qui se dévoilent dans ce livre ; parfois j’ai même eu le sentiment de lire le récit de ma propre vie (tout en n’étant pas de sa génération - Annie Ernaux est née en 1940 -, comme elle me semble proche !).

Dans une interview, lors de la sortie du livre, elle déclarait : « On ne sait pas qui on est, mais on peut le saisir à travers l'histoire, les époques. Moi, je suis faite de mes époques successives. » 

Le livre a un côté « proustien » (construit en boucle, le temps perdu/le temps retrouvé). Au début de son récit, A. Ernaux nous raconte les déjeuners familiaux du dimanche qu’elle exècre pour, sur la fin du livre, quand elle reçoit ses deux fils et leurs compagnes les dimanches où ils sont libres, trouver ces moments désuets mais délicieux ; elle est passée de l’autre côté.

En moins de 250 pages on mesure l’incroyable bouleversement de notre société, les verrous qui sautent après 1968. Films, publicités, slogans, chansons, évènements petits ou grands ponctuent ce récit pour nous faire revivre ces années si proches, si lointaines, ce sont nos « madeleines », nos délicieuses madeleines.

La vie, le temps s’écoule de l’espoir du Grand Soir aux petits matins blêmes, c’est cela « Les années », une lecture dont on ne sort pas indemne. Vous l’aurez compris, ce livre m’a remuée au plus profond.

Mi

 

 

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24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 16:46

LA HONTE

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Annie ERNAUX

(Ed. Gallimard, Paris, 1997)

 

En 1952, Annie Ernaux a 12 ans. Le livre raconte cette année là, l’année de ses 12 ans, année où elle découvre la honte.

Annie Ernaux a écrit ce livre autobiographique à l’âge de 56 ans.

 

Un dimanche de juin 1952, après une dispute conjugale, son père essaie de tuer sa femme. Ses parents, d’anciens ouvriers tiennent à présent une épicerie-buvette à Yvetot. Leur fille découvre l’humiliation liée à un milieu social peu élevé qu’elle vit comme « une honte ».

Une mère bigote, un père non croyant, sans culture ni éducation avec lequel elle participe à un voyage organisé à Lourdes, tout cela engendre chez elle des sentiments de honte, de dévalorisation.

Comme une thérapie, à l’aide de photos, d’articles de journaux, d’émissions de radio et de toutes ces « petites choses du quotidien » qui forment les souvenirs, liés à cette année, avec une écriture très simple et des mots ordinaires elle décortique cette année et traduit bien ce qu’elle a ressenti.

"J'ai toujours eu envie d'écrire des livres dont il me soit ensuite impossible de parler, qui rendent le regard d'autrui insoutenable. Mais quelle honte pourrait m'apporter l'écriture d'un livre qui soit à la hauteur de ce que j'ai éprouvé à ma douzième année."  dit-elle.

Dans une interview récente à la question « Vous sentez-vous « traître » à votre classe ? » Annie Ernaux, écrivain engagée, marxiste et féministe, répondait : « Je vais pas dire que je me sens traître, mais j’ai tout de suite conscience qu’il y a des mondes ennemis, des classes sociales, qu’il y a de la liberté d’un côté et de l’aliénation de l’autre. Oui, j’ose employer ce terme marxiste, et on va pas me la faire « Mais non, il est très heureux cet homme qui fait des choses de ses mains. »

La honte sociale, elle s’en est vengée en écrivant : écrire ce n’était pas un désir, mais une volonté.

 

C’est un petit livre poignant que nous livre l’auteur et des sentiments  ambigus que chacun peut avoir ressenti un jour ; ce livre m’a beaucoup touchée, c’est une invitation à l’introspection.

 

 Mi

 

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4 novembre 2012 7 04 /11 /novembre /2012 17:31

 

 

LA TRAVERSEE

Philippe Labro

Edition Folio

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C’est un étrange voyage que nous conte Philippe Labro, dans son livre, « la traversée »…  En 1994, terrassé par une bactérie inconnue qui s’est attaquée à son système respiratoire, l’auteur s’est retrouvé durant une dizaine de jours entre la vie et la mort, au service de réanimation de l’hôpital Cochin. Récit autobiographique, l’auteur nous livre son expérience de la mort qu’il a approchée à plusieurs reprises. Pour lui, désormais, c’est clair : il y a bien un au-delà :« Ne recherchez pas l’explication de votre rencontre avec la mort dans le simple énoncé des produits, médicaments, hypnotiques ou morphiniques. Ce serait trop facile, trop « raisonnables » ». 

Comme dans les autres témoignages d’expérience de mort imminente, il y a dans le livre de Philippe Labro, la rencontre avec ses proches décédés, la sortie du corps et la traversée du tunnel de Lumière, dans cet immense ressenti de paix et d’amour. Mais il y a aussi ces monstres grimaçants qui semblent venus du Bas Astral pour le tourmenter, car ce n’est pas une, mais plusieurs EMI qui vont ponctuer son voyage immobile. Et tout au long du combat, ce dialogue permanent entre ses deux « lui-même », cette voix qui l’invite à renoncer, à rendre les armes et à se laisser couler, tandis que l’autre voix l’encourage à tenir bon, à s’accrocher au monde des vivants.

Plus étrange encore : ces deux infirmières de nuit, l’une coréenne, l’autre biterroise, qui l’inquiètent par leur manque d’empathie, le peu de cas qu’elles font de lui, et dont il découvrira plus tard qu’elles n’existent pas. Qui sont-elles ? D’où venaient-elles ?...

Ayant surmonté tout cela, c’est une seconde naissance qui s’offre à lui, mais son regard sur la vie a changé. Il sait désormais ce qui est vraiment important… 

Fredo 

 

 

 

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13 octobre 2012 6 13 /10 /octobre /2012 16:22

LA VÉRITÉ SUR L’AFFAIRE HARRY QUEBERT

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Joël DICKER

 

(Ed. de Fallois/L’âge d’homme, Paris, 2012)

 

 

Après un premier roman devenu un best seller, Marcus Goldman est devenu la coqueluche du « tout New York ». Mais un an plus tard, Marcus est atteint de la maladie de l’écrivain : la maladie de la page blanche.

Alors il part quelques jours à Aurora, New Hampshire chez Harry Quebert son mentor, son ancien professeur de littérature ; là, une histoire vieille de plus de 30 ans vient bouleverser le cours de sa vie.

Nous sommes en juillet 2008 (l’année de l’élection d’Obama), l’Amérique a changé et se retourne vers son passé.

Le cadavre de Nola, une jeune fille de 15 ans, dont la mystérieuse disparition à l’été 1975 n’a jamais été résolue est découvert dans le jardin d’Harry ; et on apprend que Harry Québert, 34 ans à l’époque a eu une liaison avec elle. Son vieil ami est accusé et Marcus décide de reprendre l’enquête de son côté.

Le roman n’est pas seulement un polar, c’est une peinture de l’Amérique profonde, un questionnement sur la justice, l’écriture et bien d’autres choses. Bon, on pourra regretter certains dialogues « fleur bleue » entre Harry et Nola que l’auteur aurait pu nous éviter et qui sont, à mon avis, assez ridicules mais de rebondissement en rebondissement, c’est véritablement un grand plaisir de lire ce pavé de plus de 600 pages dont une peinture de Edward Hopper illustre la couverture.

Qui a tué Nola ? Qui était-elle vraiment ? Qu’est-ce qu’être un écrivain ? Marcus se pose toutes ces questions et bien d’autre encore et nous aussi.

 

*Joël Dicker est un jeune écrivain suisse qui signe ici son second roman, un coup de maitre car, la lecture une fois commencée, on ne décroche pas.

Mi 

 

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10 octobre 2012 3 10 /10 /octobre /2012 17:15

Le passeur de lumière

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Gérard Bavoux

Voilà un livre que je qualifierais « d’initiés »… Non pas que je me considère comme tel, mais parce qu’il m’aura fallu trois lectures pour prendre toute la mesure du récit. Et encore que… Je précise qu’il s’agit d’une histoire vraie, ou plus exactement de faits historiques (ça fait peur !!!).

En l’an 1244, à la veille de la reddition de Montségur, trois hommes parviennent à s’échapper, permettant à l’un d’entre eux de perpétrer une tradition venue du fond des âges… Tous les 666 ans, par delà le temps et l’espace, deux êtres d’exception, serviteurs de l’église de Pedro de Luna (premier pape schismatique ayant résidé en Avignon sous le nom de Benoît Xlll), opposée à l’église de Rome, se rencontrent le jour du solstice d’été, pour se transmettre un message, une Vérité secrète en relation avec les mystères de la Gnose (concept selon lequel le salut de l'âme passe par la connaissance directe de la Divinité et de soi-même)… Tel est le phénomène que le grand inquisiteur Pierre Amiel a découvert et dont il a témoigné dans un écrit, devant rester secret, destiné au pape ayant en charge l’Eglise lorsque la prochaine rencontre de ce type devrait avoir lieu : en 1914.

A la fin du XlX ème siècle, alors que le futur « passeur de Lumière » débute son initiation, deux prélats romains, Raphaël Merry del Val et Mgr Benigni, fondateur de la société secrète de « la Sapinière »,  complotent afin de récupérer ce précieux document et interrompre ce rituel qu’ils jugent dangereux pour les dogmes de l’Eglise. Leurs manigances visant à préserver les pouvoirs du Vatican, à empêcher la propagation dans le monde des idées subversives de la France devenu état laïque (Jean Jaurès), aboutiront par une alliance diabolique avec la sinistre organisation de la Main Noire, au déclenchement de la première guerre mondiale, avec les conséquences que l’on connaît (et d’autres que nous ignorons sans doute !!!)

   Au terme de cette lecture, le décès aussi subi de Jean Paul ler, 33 jours après son élection, ne vous paraîtra peut-être plus vraiment naturel…

Un vrai Thriller !!!                             Fredo

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9 octobre 2012 2 09 /10 /octobre /2012 19:40

CELINE

Henri Godard

(Ed. Gallimard, Paris, 2011)

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Sur Céline (1894-1961), tout (ou presque) a été dit : antisémite, collaborateur, pornographe, etc… oui tout cela est juste et vrai, mais il était aussi un grand écrivain.

En exergue de ce livre, son biographe cite cette phrase de Malraux : « La biographie d’un artiste, c’est sa biographie d’artiste ».

 

Henri Godard connaît tout de Céline (ses petits bobos et ses grandes blessures), et pose cette énigme : « Comment en était-il venu à se faire une vision si noire des hommes, de la société, de la vie ? »

Selon le biographe deux traits de caractère structureront durablement l'œuvre de l'écrivain : le sentiment de l'humiliation sociale et l'instinct de mort.

Pour Louis-Ferdinand Destouches (il prendra comme pseudonyme d’écrivain « Céline », prénom de sa grand-mère maternelle, Céline Guillou), il y a un avant et un après 1914.

La guerre de 14 et l’expérience atroce du front change radicalement et définitivement sa vie, et sa vision de l’humanité « …cette connerie des hommes je ne m’en remettrai pas » écrit-il. Cette horreur nourrit son « Voyage au bout de la nuit » publié en 1932 (Céline a 38 ans). Ce premier roman, s’il rate de peu le Goncourt (le style est trop en rupture avec le français académique), obtient le Renaudot, mais surtout c’est une bombe dans le monde littéraire. Quel livre !

 

Dans cette biographie, jamais complaisante, on découvre un homme complexe, blessé, un anarchiste (un « anti tout ») comme son héros Bardamu. Ce que l’on ignore (moi en tout cas) c’est que jusqu’en 1933, Céline était plutôt de sensibilité de gauche, mais celle-là même le fait changer « La gauche, qu’est-ce que ça veut dire par les temps qui courent ? RIEN…. Il n’y a personne à gauche voilà la vérité » dit-il, et ajoute H. Godard : « Le corollaire est une vitupération virulente du personnel politique de gauche. » 

Ce qui est en cause à ce stade de l’évolution de Céline c’est la conception de la nature humaine ».

« Le malheur, écrit Céline à son ami – de gauche - Elie Faure, c’est qu’il n’y a pas de « peuple » au sens touchant où vous l’entendez, il n’y a que des exploiteurs et des exploités, et tout exploité ne demande qu’à devenir exploiteur ».

Vision pessimiste ?

On ne peut hélas pas parler de Céline sans aborder sa face obscure, celle de son antisémitisme qui apparaît et tourne à l’obsession à partir de 1934/35. Rien à voir avec Hitler et le nazisme, Céline développe une grave parano, se pense persécuté par les juifs qu’il voit partout et rend responsables de tous ses échecs. Henri Godard parle même d’un Céline en état « d’ébriété antisémite » (dans « Bagatelles pour un massacre » notamment).

Dès 1944, Céline est un homme traqué ; puis c’est le départ avec Lucette et le chat Bébert, ils échouent en septembre à Sigmaringen lieu de villégiature de  tous ceux qui ont flirté (voire plus) avec l’occupant, puis la prison et l’exil au Danemark. Là Céline perd de son arrogance, c’est un homme affaibli, malade, pathétique mais qui continue à écrire. Il rentre en France en juillet 1951. Il lui reste dix ans à vivre, quatre livres à écrire. Le couple s’installe à Meudon avec Bébert et toute la ménagerie. Céline y vit comme un semi-clochard.

On referme cette belle biographie et on est triste, lui fallait-il une telle folie pour être Céline ? Oui sûrement.

 

*Henri Godard est un universitaire, professeur de littérature à la Sorbonne, et l’éditeur de Céline dans la Bibliothèque de la Pléiade.

 

 

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28 septembre 2012 5 28 /09 /septembre /2012 20:21

Il y a peu, j’ai lu un livre épatant et je ne peux résister au plaisir de vous le présenter.

C’est une histoire toute simple !

la-tournee-d-automne-jacques-poulin-9782742709922.gifUn grand bain de fraîcheur, sans méchant, sans histoire de fric.

Un récit qui dépayse et vous donnera peut être envie de visiter le Canada.

Les personnages n’ont rien de jeunes premiers et la vie les a cabossées sans pour autant arriver à les aigrir.

Mais le héros central n’est ni féminin, ni masculin, c’est le LIVRE !

Le livre dans tous ses états, pourvoyeur de vie, de rêves. Le livre voyageur, sans attache et que l’on n’hésite pas à partager.

Une lecture qui fait du bien, idéale pour vous réconcilier avec la lecture si l’école a réussi à vous en dégoûter. Je conclurai en en conseillant la lecture aux enseignants qui continuent à torturer leurs élèves avec les mêmes vieilleries que nous lisions lorsque j’étais au lycée. Les bibliothécaires, qui vous sautent sur le poil dès que vous abordez un rayon pour vous « conseiller » ou vous demandent de décliner votre pédigrée avant de vous laisser emprunter un bouquin, en tireraient profit aussi. Allez bonne lecture et si vous résidez dans les Pyrénées Orientales, sachez qu’il fait partie de notre « mini bib », vous n’avez qu’à nous le demander !

La Tournée d’Automne

Vous vous rappellerez ?

 

Par contre il en est un que je ne vous conseillerai pas !

Je vois des jardins partout

Du vent ! Bacri parle dans un de ses films d’un truc à e…..r les mouches. Pour moi, c’est jardins.jpgexactement cela !

Je ne sais pas si Didier Decoin a voulu nous épater avec ses connaissances botaniques mais ses énumérations de noms latins tous plus pompeux les uns que les autres m’ont ennuyées à mourir. En plus, ce milieu huppé de gens plein de fric, qui ramènent en première classe en avion des tonnes de plantes, m’insupporte. D’ailleurs à ce propos je me demande encore si l’auteur nous narre des faits réels ou bien si, emporté par son élan, il invente totalement. La législation en matière d’importation de végétaux est rigoureuse, c’est totalement interdit, Didier Decoin l’ignore t’il ou a t’il bénéficié de passe droit ? Ce serait dégoûtant !

Lorsque j’ai eu vent du titre, je pensais que l’auteur allait nous parler de la poésie des friches, de la beauté de ces coins de verdure oubliés !!!

Pas du tout !

Lui, ce qui l’affole, ce sont les parcs de la duchesse machin-chouette, de Westwell manor, château tudor, de la villa de Noailles … tout est à l’avenant !

Non, franchement, voilà un livre qui aurait pu ne jamais être imprimé, à mon avis !

Do

 

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26 septembre 2012 3 26 /09 /septembre /2012 20:09

TRANSSIBERIEN

 

Dominique FERNANDEZ

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(Ed. Grasset, Paris, 2012)

Photographies de Ferrante FERRANTI

 

En mai 2010, dans le cadre de l’année France-Russie, un groupe d’écrivains, journalistes, photographes français et russes a effectué le voyage Moscou-Vladivostok dans le mythique transsibérien.

Le transsibérien quitte chaque jour la gare de Iaroslavl à Moscou pour arriver une semaine plus tard, sans une minute de retard, à Vladivostok en Sibérie orientale. Un trajet couvrant 9 288 kms et 7 fuseaux horaires.

De l’adoption du projet en 1892 à la jonction finale en 1907, la voie de chemin de fer la plus longue du monde est un exploit technique, industriel et humain au coût, comme on l’imagine (peut-on l’imaginer ?), énorme.

Dominique Fernandez nous livre ici son carnet de voyage (un voyage de trois semaines avec les étapes), celui d’un érudit et d’un amoureux de la culture russe. A chaque ville importante, des visites sont organisées, mais l’auteur, bien documenté, ne rate pas une occasion de transgresser les propositions officielles pour nous faire pénétrer des lieux cachés ou « oubliés » (maison de Gorki à Nijni-Novgorod).

Du Volga à l’Amour, nous mettons nos pas dans ceux des grands auteurs, poètes, musiciens russes connus et aussi d’autres personnages méconnus.

Sans jamais être ostentatoire, il sait nous faire découvrir des lieux, des histoires de vies, du goulag des tsars et de celui des staliniens.

J’ai ainsi pris conscience que la Sibérie n’était pas une vaste contrée glaciaire mais un lieu de culture, d’art et d’histoire. Novossibirsk a une salle d’opéra plus grande que le Bolchoï de Moscou, Irkoustk avec ses maisons de bois peintes, témoins de son riche passé commerçant et culturel du 19ème siècle, le lac Baïkal, le plus grand lac d’eau douce au monde, par exemple.

Non seulement un beau voyage, une découverte, un régal.

 Danièle Sallenave qui faisait partie de ce même voyage a écrit « Sibir », bientôt l’objet d’un prochain article sur ce blog….

 

A suivre

Mi

 

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