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21 septembre 2014 7 21 /09 /septembre /2014 17:04

 

L'article qui suit est certes un peu long mais vous avez toujours la possibilité de le découvrir à votre rythme. Je n'ai pas trouvé d'autre moyen que cette forme résumée pour vous présenter les enseignements tirés d'un roman que j'ai eu grand plaisir à découvrir. L'auteur petit à petit distille l'espoir, nous laissant entrevoir la possibilité de lendemains qui à défaut de chanter paraissent rassurants. Je n'ai rien changé au contenu, je l'ai juste réordonné pour rendre à cette traduction la lisibilité que confère la forme romancée à cet ouvrage.    

Do

 

Donde tus sueños te lleven

     Où te mènent tes rêves  

    Javier Iriondo  

 

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Malmené par la vie, chacun de nous peut un jour se retrouver dans une impasse. Chercher à continuer malgré tout, faire le gros dos et attendre des jours meilleurs, repartir à zéro, les chemins qui s'offrent à nous sont autant d'Everest à gravir.

Dans ce livre, dont apparemment il n'existe pas de traduction en français, l'auteur s'attache à nous démontrer que rien n'est impossible dès lors que l'on est animé par le désir de vivre, libre, conscient de ce que l'on est au plus profond de soi.

Présenter comme un roman, les personnages nous offrent tout au long de ce récit, initiatique, des messages porteurs d'espoir sans jamais nous cacher que c'est le difficile qui fait la beauté du chemin.    

1.Changer

La première des attitudes à développer pour être soi est de chercher quel est notre désir le plus profond car avoir un projet, un chemin de vie qui ne soit pas hors d'atteinte peut nous permet de cheminer vers « notre » félicité. Lutter pour y arriver devient source de joie, d'espoir et donne un sens à notre vie. Nos rêves sont la motivation qui nous donne l'énergie pour continuer malgré les obstacles.

La seconde attitude est de visualiser le but que nous nous sommes fixé pour le concevoir mentalement. Sentir qu'il n'est pas hors d'atteinte, le désirer avec force avant de passer aux actes, tout cet arsenal donne l'énergie nécessaire pour agir, nous devenons les architectes de notre vie.

Être capable de « voir », « sentir » ce que l'on désire comme si c'était déjà une réalité, ne pas attendre que la vie nous offre les possibilités d'atteindre notre but, vibrer la joie de l'avoir déjà atteint et ne pas se laisser voler nos rêves sont les démarches à mettre en œuvre pour tendre vers l'épanouissement.

 Chacun d'entre nous à la possibilité de se réveiller, d'apprendre, de grandir et de changer. L'être humain a la capacité de se « réinventer » même dans les situations les plus difficilement imaginables. L'humain a un potentiel illimité, à lui de le découvrir, de se guérir. C'est le meilleur défi auquel il doit aspirer.

Guérir

 Rien n'est jamais figé, tout est possible et la première des clés, fondamentale, pour guérir, apaiser l'esprit et le cœur est le pardon.

Quand les blessures du passé ne se cicatrisent pas par la grâce du pardon, le mental revit sans cesse ces instants de douleur et la souffrance devient une compagne de voyage. Nous revivons indéfiniment, absurdement, l'angoisse d'une autre époque.

L'absence de pardon alimente les rancœurs ancestrales, provoque guerres, colère et douleur. Elle a transmis la haine à de nouvelles générations qui ont appris à haïr, les privant de leurs meilleurs souvenirs, de leur présent, de joies, de paix et de leur futur.

Responsable

La marche vers la sérénité demande de la lucidité pour opérer certains réajustements et ne pas imputer à nos problèmes personnels des causes externes. Nous seuls sommes responsables. En fonction de nos croyances, de ce que nous vivons, nous interprétons les évènements, leur accordant ou non de l'importance. Les stimuli extérieurs nous ont convertis en personnes réactives, inconsciemment ou non.

Être capable d'acquérir une grande emprise sur soi, de réfléchir avant de réagir, de se positionner comme un observateur extérieur sans laisser parler son ego … ne pas devenir ce dont on nous accuse … ne pas nous laisser manipuler … ces comportements permettent de savoir qui l'on est, de connaître sa propre valeur, son énergie, de ne plus dépendre de l'opinion des autres ni des circonstances extérieures.

Ce sont nos émotions qui mènent le monde. Ce sont les émotions qui nous donnent le pouvoir, la détermination et nous aident à trouver les compromis nécessaires pour que nous puissions atteindre nos buts. La logique seule ne peut nous permettre de réussir dans nos entreprises.

D'un point de vue rationnel, tout semble possible mais la logique n'est pas à l’œuvre. La logique n'a pas le pouvoir de changer les choses, elle peut juste nous permettre de comprendre ce qui se passe, tout le monde sait que fumer tue et il serait donc logique que personne ne fume !

Ce n'est pas la logique qui fait marcher le monde mais les émotions. Ce sont les décisions que nous prenons ou non qui sont responsables de notre futur !

Or nos décisions, nos émotions sont gérées par nos peurs, nos croyances, nos habitudes.

Si notre désir est suffisamment fort nous pouvons changer le cours des choses, quiconque peut évoluer. Cela demande évidemment des efforts et cette difficulté est l'éternelle excuse avancée pour rester immobile. Changer met en jeu de nombreux mécanismes : affronter notre réalité, cesser de fuir les problèmes en espérant un miracle, identifier nos peurs et être persuadé que tout problème porte en lui sa solution, ne recevoir que sa « propre » fréquence et tenir compte de l'influence de notre environnement immédiat et de celui des médias.

Nourrir son esprit

Notre bien le plus précieux est notre esprit. Nous récoltons ce que nous plantons. Nous sommes ce que nous pensons, nos pensées constituent notre réalité, nos sentiments sont la résultante de nos pensées dominantes. Si l'on souhaite changer notre vie il faut donc commencer par agir sur nos pensées. Le cerveau humain possède des capacités phénoménales pour emmagasiner l'information, c'est un jardin fertile et tout ce que nous recevons comme information de notre environnement peut nous impacter de manière négative, souvent inconsciemment.

Les moyens de communication sont devenus une concentration des pires choses qui arrivent dans notre monde … parce que c'est ce qui se vend le plus … que cela génère peur et incertitude donc un stress qui rend l'humain malléable. On nous présente le monde comme un lieu horrible, plein de conflits et de chaos mais ce n'est pas le monde réel. Le monde est ce que nous en faisons et avant tout, il est conforme à la perception personnelle que nous en avons. Si le pire existe, chaque jour il arrive aussi le meilleur ; un meilleur propre à susciter l'espoir, à nous sentir mieux, à nous dépasser, à rêver et à espérer !

La Foi est espoir et l'espoir est Foi et ceci n'a rien à voir avec la religion, les dogmes. La Foi est liée à l'Amour, la bonté, la compassion, l'espérance !

Être informé ce n'est pas se gaver de mauvaises nouvelles ou d'obscénités.

C'est à nous de reprendre le contrôle, d’arrêter cette hémorragie d'informations négatives car notre monde intérieur ne dépend pas du monde extérieur.

Les défis

Donner un nouveau sens à sa vie c'est être avant tout certain que cela ne se fera pas sans difficulté ; ces épreuves sont les défis que nous imposent la vie pour nous aider à découvrir notre vraie nature, pour nous obliger à faire la preuve que nous sommes prêts à nous sacrifier pour atteindre nos rêves et vivre quelque chose de meilleur. C'est prouver que nous ne courons pas après des chimères et que nous ne baisserons pas les bras à la première difficulté préférant revenir à nos anciennes habitudes et à la sécurité de notre routine antérieure.

Curieusement, alors que nous jugeons les autres à leurs actes et leur comportement, nous avons tendance à ne pas appliquer les même critères de jugement en ce qui nous concerne personnellement, nous tenons compte de nos pensées et de nos sentiments. Or nous sommes nombreux à avoir une longue liste de bonnes intentions … une liste interminable de résolutions qui génère de bons sentiments et qui nous remplit de bien être. Pourtant ce qui retentit sur notre vie, ce n'est pas le temps passé à penser à ce que nous allons faire mais ce que nous faisons effectivement. Entamer une action en se disant « je vais essayer », c'est envoyer un message de doute et s'excuser par avance si cela ne marche pas, il y a donc une différence à affirmer « je vais le faire ». Nous n'atteindrons pas forcément notre but, mais nous aurons testé nos possibilités et nous pourrons « corriger le tir », contourner les obstacles qui se seront révélés, que ce soit par manque de préparation ou parce que la vie teste notre détermination.

Nos croyances affectent nos perceptions et nos réactions d'une manière concrète. Celui qui perçoit par lui-même une odeur, une saveur se crée une réalité qui est fonction de son vécu, si par contre une impression, un commentaire extérieur en résonance avec nos propres croyances le déstabilisent, alors sa propre perception est altérée. Chaque sentiment, perception est fonction de l'interprétation que nous lui donnons et de nos croyances. Ces croyances ont des conséquences, nos actions en sont la résultante.

Si l'on veut que les choses changent nous devons commencer par changer et donc commencer par travailler sur soi même. Nous devons entretenir notre mental en faisant ce qu'il faut pour continuer à apprendre (c'est un processus sans fin), en lisant des livres par exemple ... nous devons cultiver notre jardin intérieur, entretenir notre curiosité naturelle … avoir présent à l'esprit que la vie est changement. La vie est évolution et progrès, le contraire de la routine. Le changement peut sembler perturbant, il implique de prendre des risques, de sortir de sa zone de contrôle, de sécurité, néanmoins une fois que le processus est engagé, que l'on a fait siens certaines idées et concepts, notre mental s'expanse et l'on sait que l'on ne sera plus jamais le même.

C'est en travaillant, en passant de la pratique à la théorie que l'on progresse et que l'on acquiert le savoir. Seul celui qui applique consciemment ce qu'il apprend, atteint la connaissance.

Changer demande des années, pas mal de déboires. Il n'y a pas UNE réussite mais une multitude d'étapes franchies avec succès. L'important n'est pas de posséder la gloire, la reconnaissance mais de savoir que l'on s'améliore petit à petit … 

 

2.Le pouvoir du mental

En de nombreuses occasions notre mental ne fait pas la différence entre réalité et fiction, le vrai ou le faux, or notre corps réagit en fonction de ce dont est persuadé notre mental. C'est ce que l'on nomme effet placebo (positif) ou effet nocebo (négatif). Scientifiquement il est prouvé que la peur, la perte totale de l'espoir, le désespoir peuvent causer de graves dégâts sur notre système immunologique voire conduire à la mort. Or si le mental peut inconsciemment influer négativement notre corps, pourquoi est-il globalement si difficile d'admettre que consciemment, il est possible d'influer positivement, par le biais de la méditation, de la visualisation et autres techniques  ?

Des études récentes menées conjointement par des scientifiques et des bouddhistes montrent que les techniques de méditation remontant à des millénaires, pratiquées régulièrement ouvrent la voie à un nouveau champ de possibilités par le biais du mental. Notre cerveau change, c'est ce que les neurosciences appellent aujourd'hui la plasticité cérébrale.

 Nous avons tous de fausses croyances, des limites qui nous empêchent de créer et restreignent l'énorme potentiel qui est le notre.

L'histoire de l'humanité ne manque pas d'exemples qui nous montre à quel point des barrières réputées infranchissables ont pu être dépassées grâce à des rêveurs qui ont su repousser les limites du possible.

Pour progresser il faut s'affranchir de ce mot impossible.

Tout est possible parce que tout est énergie !

Tout est énergie y compris l'humain et comme un aimant nous attirons cette énergie. Cependant nous n'attirons pas forcément ce que nous souhaitons. Nous attirons ce que nous émettons, ce qui nous correspond. Nous sommes ce que nous pensons, ce qui nous occupe le plus mentalement devient notre réalité.

Majoritairement nous constatons que les personnes sont tellement habituées à recevoir de mauvaises nouvelles les unes après les autres que personne ne se donne vraiment la peine de réfléchir à l'information qu'il reçoit. Le monde est capable d'accepter, de croire tous les messages négatifs possibles et dans la majorité des cas, c'est ce qui est le plus grave, l'humain a perdu la capacité de s'effrayer, tout ce qui est négatif paraît normal et est accepté sans état d'âme.*

Paradoxalement ce n'est plus du tout le même scénario quand nous recevons des messages positifs. Lorsque l'on parle de capacités illimitées, de potentiel infini, de créativité, de changer, de s'améliorer, d'espoir en un avenir meilleur dans tous les domaines de la vie on ne rencontre que scepticisme. .
A ce moment là, la graine du doute s'active dans leur mental de manière instantanée. Ils ne croient pas que cela puisse être certain, doutent que ce soit possible pour eux. Le mental cherche toutes les raisons qui pourraient justifier leurs croyances limitatives. C'est une symphonie d'excuses pour ne pas faire, croire …

C'est comme si nous avions été éduqués et conditionnés pour croire seulement ce qui est négatif et douter de nos capacités.

* remarque de Do : c'est particulièrement flagrant en ce qui concerne la météo, qu'une vague orageuse de plusieurs jours soit annoncée et chacun s'affole, y va de son commentaire. Les orages ne sont pas au rendez-vous ? Peu de personnes le remarque, l'immense majorité continue de se lamenter sur les mauvaises conditions météo !

 Comment nos pensées influent sur notre corps.

 Notre mental agit en bien ou en mal sur notre corps.

Ces réactionssont la conséquence de notre conditionnement, des expériences acquises sous la pression de notre entourage, de la force destructrice de la critique.

La critique est le plus souvent dévastatrice parce que la parole dite ne peut être retirée et que l'émotion générée par une « leçon » nous secoue pour longtemps. C'est pourquoi il est préférable de se taire plutôt que de critiquer et si critiquer s'avère nécessaire, la critique doit être constructive. Il faut toujours bien distinguer ce qui est fait de celui qui fait, et critiquer en privé ! Notre langue peut être notre ennemi.

D'une manière générale il faut oublier ce qui est mal et ne conserver que ce qui est bien car c'est en cherchant le mieux dans toute situation qu'on l'atteint.

Les peurs, les croyances limitatives génèrent une réponse de notre corps par la simple force de notre mental.

En avril 2000 sous les auspices de l'institut MIND & LIFE un groupe des meilleurs psychologues, philosophes, neurologues s'est réuni en présence du Dalaï Lama et de nombreux érudits bouddhistes. Le Dalaï Lama fit remarquer que le bouddhisme et autres traditions contemplatives et de méditation avaient mis au point des techniques qui semblaient aider à développer de très précieuses compétences comme, entre autre, l'équilibre émotionnel, l'attention au présent, l'amabilité, la compassion, la confiance ou l'altruisme. Il précisa que les personnes qui entretenaient leur mental (esprit) de cette manière diminuaient aussi leur souffrance mentale et physique, amélioraient leur bien-être et leur harmonie intérieure. Le Dalai Lama invita les scientifiques présents à procéder à des tests en lien avec les paradigmes et processus qu'il avait exposés, afin d'attester que ces techniques étaient bénéfiques, et d'en apporter la confirmation scientifique de manière à pouvoir les enseigner pour le bénéfice du plus grand nombre.

Les retombées de cette union de scientifiques et de leaders spirituels ont permis une avancée majeure en matière de découverte du potentiel que chaque humain porte en lui, découverte portée à la connaissance du public. Les expériences scientifiques sur les conséquences biologiques des techniques de contemplation et de méditation ont été intensifiées. Ces expériences révèlent entre autre que la technique appelée «  Mindfulness », que nous pourrions traduire par pleine conscience, c'est à dire prêter attention consciemment au moment présent, est extrêmement efficace pour changer les connexions neuronales du cerveau et induire des changements biologiques qui facilitent et améliorent notre comportement. C'est une façon d'élever notre niveau de conscience sur nos propres pensées et sentiments et de réduire notre stress. Intégrée à la médecine et la psychologie occidentales, cette technique augmente l’auto-conscience, réduit le stress, ses symptômes physiques et psychologiques, augmente la paix intérieure et le bien-être général.

2500 ans de pratiques bouddhistes ont trouvé leur légitimité. Les découvertes de Richard Davison, montrent sans ambiguïté que notre cerveau a la capacité de se modifier et de transformer notre vie grâce au contrôle de notre comportement, de nos émotions.

Entretenir le mental

La pratique de la pleine conscience implique d'entretenir son mental et cela commence par s'exercer et abandonner ce qui nous est préjudiciable. Il n'y a pas d'âge pour apprendre, ni de limite.

Apprendre c'est vivre !

Pratiquer la pleine conscience c'est augmenter notre capacité d'attention, savoir nous centrer dans le moment présent en étant conscients de nos ressentis, pensées et sentiments, afin de réorienter notre attention et de réguler nos émotions.

Pour cela nous devons impérativement sélectionner les informations, modifier nos habitudes destructrices pour en créer de nouvelles positives en se centrant sur ce que nous voulons, définissant nos rêves, nous dotant de règles et d'objectifs précis, agissant avec courage et détermination pour affronter peurs, doutes. Le dessein d'être plus fort que les circonstances est l'instrument qui nous permet d'atteindre ce que l'on désire.

Il faut aussi ne pas rester passif et ni laisser les émotions négatives s'emparer de nous et donc se méfier de la technologie dont le rôle important et négatif dans notre vie, détourne constamment notre attention du présent. Parce que nous recevons instantanément toutes les informations possibles, nous vivons unis virtuellement aux autres mais déconnectés physiquement. La technologie nous poursuit et nous aliène de telle manière qu'elle comprime le temps sans nous laisser le temps d'intégrer toutes les données que nous recevons.Nous devons arriver à être acteur et non spectateur passif. Notre monde intérieur créera les opportunités qui nous permettront d'agir sur le monde extérieur, reconnaître nos émotions négatives et destructrices réduit leur impact sur notre mental, nous permet de rectifier, de nous recentrer sur ce que l'on veut être, comment on veut se sentir.

 

Savoir que notre passé ne détermine pas notre futur, que tout est possible et que le futur se construit au présent, permet de récupérer la main sur notre propre vie.

Ce ne sont pas les faits en soi qui sont importants mais la manière dont nous réagissons émotionnellement face à eux, dont nous les contrôlons. Être préparé à accepter, affronter ses peurs, les défis nous fortifie mentalement.

C'est en changeant notre façon d'être que nous changerons le monde.

Nous avons tous la possibilité de réécrire nos histoires personnelles, de nous libérer de nos doutes, de nos peurs, de nos pensées limitatives. Se découvrir, être ouvert à toutes les possibilités, opportunités, changer et conquérir notre liberté d'être est de notre seule responsabilité.

 

 

 

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13 septembre 2014 6 13 /09 /septembre /2014 12:25

VERS

LA SOBRIÉTÉ

HEUREUSE

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Pierre Rabhi

Editions Babel

(actes sud)

 

Ce livre est une petite merveille de bon sens et de lucidité. Je ne vais pas vous le résumer, je préfère vous livrer l’intégralité du texte qui figure à la fin, reprenant tous les thèmes développés dans cet ouvrage.

Il y a longtemps que nous avons compris que notre salut ne résidait plus dans les décisions de nos dirigeants qui ne cherchent qu’une seule chose : développer la croissance. C’est à nous, « la base », de reprendre en main notre destin, en faisant les bons choix, en refusant de nous laisser manipuler par la mode et la publicité, cet appel permanent à dépenser, à consommer, et à gaspiller. Nous avons le pouvoir de dire non, de changer de direction pour éviter d’aller droit dans le mur. La modernité veut que nous soyons des moutons consommateurs. Résistons !

 

 

Extrait :

 

CHARTE INTERNATIONALE

POUR LA TERRE ET L’HUMANISME

QUELLE PLANÈTE LAISSERONS-NOUS À NOS ENFANTS ?

QUELS ENFANTS LAISSERONS-NOUS À LA PLANÈTE ?

 

La planète Terre est à ce jour la seule oasis de vie que nous connaissons au sein d’un immense désert végétal. En prendre soin, respecter son intégrité physique et biologique, tirer parti de ses ressources avec modération, y instaurer la paix entre les humains, dans le respect de toute forme de vie, est le projet le plus réaliste, le plus magnifique qui soit.

 

CONSTAT : LA TERRE ET L’HUMANITÉ

GRAVEMENT MENACÉES

 

Le mythe de la croissance indéfinie

Le modèle industriel et productiviste sur lequel est fondé le monde moderne prétend appliquer l’idéologie du « toujours plus » et la quête du profit illimité sur une planète limitée. L’accès aux ressources se fait par le pillage, la compétitivité et la guerre économique entre les individus. Dépendant de la combustion énergétique et du pétrole, dont les réserves s’épuisent, ce modèle n’est pas généralisable.

 

Les pleins pouvoirs de l’argent

Mesure exclusive de prospérité des nations classées selon leur PIB et PNB, l’argent a pris les pleins pouvoirs sur le destin collectif. Ainsi tout ce qui n’a pas de parité monétaire n’a pas de valeur, et chaque individu est oblitéré socialement s’il n’a pas de revenus. Mais si l’argent peut répondre à tous les désirs, il demeure incapable d’offrir la joie, le bonheur d’exister…

 

Le désastre de l’agriculture chimique

L’industrialisation de l’agriculture, avec l’usage massif  d’engrais chimiques de pesticides et de semences hybrides, et la mécanisation excessive, a porté gravement atteinte à la terre nourricière et à la culture paysanne. Ne pouvant produire sans détruire, l’humanité s’expose  à des famines sans précédent.

 

Humanitaire à défaut d’humanisme

Alors que les ressources naturelles sont aujourd’hui suffisantes pour satisfaire les besoins élémentaires de tous, pénuries et pauvreté ne cessent de s’aggraver. Faute d’avoir organisé le monde avec humanisme, sur l’équité, le partage et la solidarité, nous avons recours au palliatif de l’humanitaire. La logique du pyromane-pompier est devenue la norme.

 

Déconnexion entre l’humain et la nature

Majoritairement urbaine, la modernité a édifié une civilisation « hors sol », déconnectée des réalités et des cadences naturelles, ce qui ne fait qu’aggraver la condition humaine et les dommages infligés à la terre.

Au Nord comme au Sud, famine, malnutrition, maladie, exclusion, violence, mal-être, insécurité, pollution des sols, des eaux, de l’air, épuisement des ressources vitales, désertification, etc, ne cessent de croître. Ces constats interpellent très fortement les consciences, en appellent à notre responsabilité et nous invitent à agir d’urgence pour tenter d’infléchir des évolutions qui rendent notre avenir et celui des générations futures de plus en plus incertains.

 

 

PROPOSITIONS : VIVRE ET PRENDRE SOIN DE LA VIE

 

Incarner l’utopie

L’utopie n’est pas la chimère mais le « non-lieu » de tous les possibles. Face aux limites et aux impasses de notre modèle d’existence, elle est une pulsion de vie, capable de rendre possible ce que nous considérons comme impossible. C’est dans les utopies d’aujourd’hui que sont les solutions de demain. La première utopie est à incarner en nous-mêmes, car la mutation sociale ne se fera pas sans le changement des humains.

 

La terre et l’humanisme

Nous reconnaissons en la terre, bien commun de l’humanité, l’unique garante de notre vie et de notre survie. Nous nous engageons en conscience, sous l’inspiration d’un humanisme actif, à contribuer au respect de toute forme de vie, et au bien-être et à l’accomplissement de tous les êtres humains. Enfin, nous considérons la beauté, la sobriété, l’équité, la gratitude, la compassion, la solidarité, comme des valeurs indispensables à la construction d’un monde viable et vivable pour tous.

 

La logique du vivant

Nous considérons que le modèle dominant actuel n’est pas aménageable et qu’un changement de paradigme est indispensable. Il est urgent de placer l’humain et la nature au cœur de nos préoccupations et de mettre tous nos moyens et compétences à leur service.

 

Le féminin au cœur du changement

La subordination du féminin à un monde masculin outrancier et violent demeure l’un des grands handicaps à l’évolution positive du genre humain. Les femmes sont plus enclines à protéger la vie qu’à la détruire. Il nous faut rendre hommage aux femmes, gardiennes de la vie, et écouter le féminin qui existe en chacun d’entre nous.

 

Agroécologie

De toutes les activités humaines, l’agriculture est la plus indispensable, car aucun être humain ne peut se passer de nourriture. L’agroécologie que nous préconisons comme éthique de vie et technique agricole permet aux populations de regagner leur autonomie, leur sécurité et leur salubrité alimentaires, tout en régénérant et préservant leurs patrimoines nourriciers.

 

Sobriété heureuse

Face au « toujours plus » qui ruine la planète au profit d’une minorité, la sobriété est un choix conscient inspiré par la raison. Elle est un art et une éthique de vie, source de satisfaction et de bien-être profond. Elle représente un positionnement politique et un acte de résistance en faveur de la terre, du partage et de l’équité.

 

Relocalisation de l’économie

Produire et consommer localement s’impose comme une nécessité absolue pour la sécurité des populations à l’égard de leurs besoins élémentaires et légitimes. Sans se fermer aux échanges complémentaires, les territoires deviendraient alors des berceaux autonomes valorisant et soignant leurs ressources locales. Agriculture à taille humaine, artisanat, petits commerces, etc., devraient être réhabilités afin que le maximum de citoyens puissent redevenir acteurs de leur économie.

 

Une autre éducation

Nous souhaitons de toute notre raison et de tout notre cœur une éducation qui ne se fonde pas sur l’angoisse de l’échec mais sur l’enthousiasme d’apprendre. Qui abolisse le « chacun pour soi » pour exalter la puissance de la solidarité et de la complémentarité. Qui mette les talents de chacun au service de tous. Une éducation qui équilibre l’ouverture de l’esprit aux connaissances abstraites avec l’intelligence des mains et la créativité concrète. Qui relie l’enfant à la nature, à laquelle il doit et devra toujours sa survie, et qui l’éveille à la beauté, et à sa responsabilité à l’égard de la vie. Car tout cela est essentiel à l’élévation de sa conscience

 

Pour que les arbres et les plantes s’épanouissent,

pour que les animaux qui s’en nourrissent prospèrent,

 pour que les hommes vivent,

il faut que la terre soit honorée.

 

Pierre Rabhi

 

Différents sites à connaître pour suivre l’œuvre de Pierre Rabhi :

 

Les colibris : www.colibris-lemouvement.org

Le MAPIC : www.appel-consciences.info

Oasis en tous lieux : www.oasisentouslieux.org

 

 

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22 août 2014 5 22 /08 /août /2014 15:02

"Une part de ciel"

de

Claudie Gallay

Une part de ciel

J’ai découvert Claudie Gallay avec un premier livre, « les déferlantes ». Dans « Une part de ciel », on retrouve son écriture forte, incisive, souvent poétique, mais qui ne dédaigne pas flirter avec le cru, le sordide. Un style qui surprend, au début. Avec des phrases courtes, à peine construites, des dialogues justes et percutants, elle trace à petites touches le portrait de gens simples que la vie a malmenés et dont on découvre la problématique au fil du récit, au travers d’une étude psychologique fine et sans excès.

Claudie Gallay s’attache à l’authenticité des personnages et des lieux, dans un monde austère, souvent hostile. Que ce soit dans le Cotentin, pour « Les déferlantes », ou au cœur de la Vanoise, pour « Une part de ciel », on est loin de l’ambiance carte postale. Elle aime les « taiseux », les marginaux ; elle les observe, elle les dissèque. Et si l’on pressent qu’il y a un cadavre dans le placard, il faudra attendre la fin de l’histoire pour le dénicher ! On pourrait dire qu’il ne se passe rien, ou pas grand-chose ; en fait, il se passe tout : c’est la vie, avec ses joies et ses peines, les non-dits, les remords et la culpabilité. Tout est dans l’ambiance et dans l’attente. C’est un livre qui sourd la nostalgie : nostalgie de l’enfance perdue, des relations qui s’étiolent, des êtres qui s’éloignent ou qui disparaissent. Mais au final, il y a l’amour et finalement, c’est tout ce qui compte. Fredo.

 

Et aussi:

 

Les Déferlantes par Gallay

 

 

 

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6 août 2014 3 06 /08 /août /2014 14:29

 

LA MALEDICTION D’EDGAR

 

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Marc DUGAIN

 

(Ed. Gallimard, Paris, 2005)

 

 

Le roman est présenté comme étant les mémoires de Clyde Tolson, numéro 2 du FBI et amant de J. Edgar Hoover, lequel dirigea le FBI durant 48 ans. Dans le prologue Marc Dugain laisse habilement supposer qu’il s’agit d’un faux, un manuscrit acheté sans en avoir lu une ligne.

 

A la tête de l'agence fédérale américaine, ces deux là ont mis l'Amérique sur écoute durant les mandats de huit présidents, de 1924 à 1972. Extrêmement bien documenté, nourri d’archives inédites, le roman de Marc Dugain nous propose une immersion dans l’univers de ces deux hommes odieux et cyniques qui ont écouté, couvert, manipulé, en fonction de leurs propres intérêts (et d’un anticommunisme viscéral), d’autres hommes censés servir l’Amérique. Le roman est ainsi une formidable histoire contemporaine des Etats Unis. La famille Kennedy (de Joseph le père à John et Robert les fils assassinés) étant, de fait, la partie la plus en vue. Le livre réserve quelques révélations qui cassent le mythe Kennedy.

 

Quelle était cette « malédiction » d’Edgar se demande t-on au final ? : lui, chef du FBI, « garant du puritanisme et de la moralité américaine » était homosexuel et homophobe.

 

P.S. En 2013, Marc Dugain a réalisé un film de son propre livre (même titre) avec Brian Cox dans le rôle de J. Edgar Hoover. Ce film est, lui, essentiellement centré sur Hoover et les Kennedy, sur la présidence et l’assassinat de JFK. « J'avais une profonde aversion pour les Kennedy. Je considérais comme une imposture le décalage entre l'image qu'ils renvoyaient et la réalité. Depuis mes premiers jours au FBI, j'avais croisé de sacrés vicieux. Mais rien en comparaison de cette tribu irlandaise... » (Clyde Tolson)

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

 

 

 

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1 août 2014 5 01 /08 /août /2014 12:50

MUDWOMAN

(« Mudwoman », The Ontario Review, 2012)

Joyce Carol OATES

(traduction de Claude Seban)

(Ed. Philippe Rey, Paris, 2013)

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  Le roman débute en 1965 dans les marais de l’Adirondacks ; une mère à demi-folle abandonne sa petite fille de 3 ans dans la boue (mud en anglais), la vouant ainsi à une mort certaine ; l’enfant (mudgirl) est sauvée par « l’idiot du village » puis adoptée par un couple de quakers, les Neukirchen qui lui donnent le nom de Meredith Ruth « M.R. », Marry leur petite fille morte ! le bagage est lourd !

  Devenue première femme présidente d’une université américaine de grand renom dans un milieu très masculin et très conservateur, M.R. s'apprête, en octobre 2002, à aller prononcer un discours important dans les Adirondacks, cette région où elle est née ; au lieu de se préparerelle prend sa voiture, roule vers la Black Snake River. Là, elle bascule dans le fossé, s’embourbe (physiquement et moralement) dans les souvenirs toujours refoulés, son lourd passé, la rigidité de son éducation quaker, ses combats au sein de l’université (machisme, conservatisme), les relations troubles avec son amant (secret), la situation politique de son pays (post 11 septembre) auront raison de son équilibre psychique. « M.R. » la superwoman est en miettes.

  J.C. Oates alterne subtilement problèmes du présent et fantômes du passé dans un livre fort et bouleversant, elle excelle à décortiquer les stigmates de l’enfance et à nous plonger dans l’univers de M.R., donnant ça et là des coups de griffes bien sentis (politique des Républicains, « moralité », machisme ambiant, conformisme intellectuel, etc…). Un livre beau et brillant comme elle sait le faire, un livre qui reste longtemps présent en mémoire.

  

Prix du meilleur roman étranger 2013, décerné par la rédaction du magazine « Lire ».

 

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11 juillet 2014 5 11 /07 /juillet /2014 15:13

REGARDE LES LUMIERES MON AMOUR

 Regarde les lumières mon amour

Annie ERNAUX

(Collection « raconter la vie », Ed. du Seuil, Paris 2014)

 

  On connaît l’écrivain Annie Ernaux, la voici « dans la vraie vie » faisant ses courses dans un hypermarché de grande banlieue parisienne et devenue sociologue. Durant un an (2012-2013) au fil de ses visites elle note avec finesse, pertinence et une certaine empathie ce qui l’interpelle, dresse le statut de l’hypermarché ce « grand rendez-vous humain » et nous livre, telle une impressionniste ses réflexions de ce qu’il révèle de notre société. Oublier que vous n’êtes pas seul ou que vous l’êtes ; « faire les courses à deux pour la première fois signe les prémices d’une vie commune ….. ; Est-ce que tu aimes le roquefort ? le reblochon ? ».

  Pauvres (au rayon discount), plus aisés (au rayon bio) toutes les catégories sociales (ou presque) y passent. Que l’on aime ou déteste ces temples de la consommation, le regard d’Annie Ernaux nous parle, car tous un jour ou l’autre nous nous y sommes trouvés, poussant un caddie avec dans la tête des sentiments mêlés. En centre ville, le commerce de proximité et de qualité ne concerne bientôt plus qu’une minorité sociale. Pourquoi on ne se révolte pas ? Dis-moi où tu fais tes courses ….

  Ce petit livre (5,90 euros !) est le 5ème de la collection « Raconter la vie » créée par l’historien et sociologue Pierre Rosanvallon au Seuil.

 

Mi

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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2 juillet 2014 3 02 /07 /juillet /2014 14:04

LE BANQUET DES AFFAMÉS

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Didier Daeninckx

(Paris, Gallimard, 2012)

  

                    Liberté, égalité, fraternité

                    C’est beau comme devise

                    Dommage que ce soit platonique.

 

            De Maxime Lisbonne (1839-1905), en exergue :

 

  « Je suis la somme de tous ceux dont j’ai, à distance, l’impression d’avoir endossé le costume. Je me reconnais en tous. ….. Je ne réclame de vous mes frères qu’une petite place derrière la première barricade que vous élèverez pour défendre la République, je ne réclame que la gloire de mourir en combattant pour elle. »

  En disant « je », l’auteur se glisse dans la peau de Maxime Lisbonne, un homme haut en couleurs qui eut plusieurs vies et s’est battu dans chacune d’elle pour son idéal révolutionnaire.

  Soldat, chair à canon durant la guerre de Crimée, en Algérie, en Syrie, figure de la Commune de Paris il est envoyé au bagne de Nouméa ; gracié après l’amnistie de 1880, ce proche compagnon de Louise Michel de retour à Paris devient comédien, directeur de théâtre, publie à compte d’auteur « l’Ami du peuple » journal révolutionnaire.

  Entre 1887 et 1895 les cafés-concerts fleurissent. Lisbonne en dirige plusieurs successivement où se retrouvent artistes et écrivains. Il crée des « cabarets » sortes de soupes populaires « La taverne du bagne » dans le 18ème puis « La brasserie des frites révolutionnaires » boulevard de Clichy. De faillite en faillite, il finira sa vie à la Ferté Allais où il décède en 1905 après une vie d’honnête homme bien remplie.

  Didier Daeninckx lui rend ici un bel hommage.

 

 

 

 

 

 

L’ANGE DU MATIN

(Morgunengill)

(Ed. Forlagid, 2010)

Arni THORARINSSON

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(Ed. Métailié, Paris, 2012)

traduit de l’islandais par Eric Boury

  

  Dans la série « polars venus du nord » on connaissait les suédois, voici un excellent cru, islandais*.

  Plusieurs « affaires » se télescopent, le meurtre d’une jeune postière malentendante, l’enlèvement de la fille d’un de ces nouveaux vikings (ces hommes d’affaires véreux, banquiers ou traders qui ont fait fortune, puis ruiné l’Islande), un vieux rocker sur le retour, etc …

  Ce livre est certes un polar avec tous ses attributs : un crime, un enlèvement, un flic attachant, dépassé et désabusé, mais c’est aussi une bouleversante peinture de la société islandais qui, il faut bien l’admettre, est peu connue en France. On est en 2010, la crise économique a ravagé le pays, l’Islande est en faillite. On y découvre les ravages sociaux, économiques et psychologiques de ce petit pays, où tout a volé en éclat, une société qui a perdu les valeurs qui faisaient son unité. Un polar politiquement incorrect !!

 

  

* Arni Thorarinsson a déjà écrit plusieurs livres tous publiés chez Métailié, celui-ci est son 4ème

 

 

Mi

 

 

 

 

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29 mai 2014 4 29 /05 /mai /2014 14:52

 

LES ENDORMEURS

Anna ENQUIST

cvt_Les-endormeurs_4071-1-.gif(Arles, Actes Sud, 2014)

(traduit du néerlandais par Arlette Ounanian)

 

 

   L’auteure, Anna Enquist (née en 1945 à Amsterdam) est poète et romancière, longtemps psychanalyste, elle se consacre aujourd’hui à l’écriture. En postface du livre, elle déclare : «Dans ma profession, la psychanalyse, nous partons du principe que, dans la plupart des cas, le patient gagne à savoir ce qui se passe en lui. …L'anesthésiste, lui, épargne les sensations douloureuses, il considère qu'il a bien fait son travail si le patient n'est absolument pas conscient de la souffrance qu'on lui a infligée. Ce contraste me fascinait depuis des années.»

  Ainsi les personnages principaux de ce livre sont un frère et une sœur. Lui est psychothérapeute, elle anesthésiste, c’est dire que les deux travaillent sur la douleur, la soignent, celle du corps, celle de l’âme.

  Dans un contexte familial douloureux, un patient difficile va chambouler un équilibre déjà précaire. Les chapitres s’ordonnent selon un rythme régulier alternant un consacré au frère, l’autre à la sœur tricotant ainsi un maillage régulier.

  Au fil du livre, dense, quasi clinique, on se rend compte que ni l’un ni l’autre ne sont capables d’apaiser leurs propres douleurs.

  C’est un livre beau, fort et austère dans lequel sentiments et organes sont disséqués au scalpel. Ce roman n’est pas facile, surtout dans sa première moitié, mais si on s’accroche c’est une belle récompense. 

 

 

« Les Endormeurs », publié aux Pays-Bas en 2011, répond d'abord à une commande du département « littérature et médecine » du centrehospitalier de l'université libre d'Amsterdam. Invitée à s'immergerdans un service, la romancière a choisi l'anesthésiologie.

 

Mi

 

 

 

 

 

 

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10 mai 2014 6 10 /05 /mai /2014 14:09

 

 

 

 

 

L’âme du monde

 

Frédéric Lenoir

 

Editions NIL

 

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 L’Âme du monde… On pourrait aussi dire Dieu, ou parler simplement du destin, de cette force universelle qui pousse chacun, chaque être vivant sur cette terre, à vivre sa vie, quelle qu’elle soit.

 

Qu’est-ce que l’Âme du Monde attend de nous, les humains ? Voilà la question à laquelle sept sages, représentant chacun un grand courant de pensée, philosophique ou religieux, réunis par une force mystérieuse dans un monastère tibétain, vont tenter de répondre. Alors que chacun pressent l’imminence d’un cataclysme planétaire, quel message universel, commun à  chacune de ces grandes cultures qui ont forgé le monde depuis la nuit des temps, faut-il transmettre aux générations futures afin de leur permettre de faire renaître la civilisation sans réitérer les erreurs du passé ?

 

Emaillant son récit de contes issus de la tradition populaire, Frédéric Lenoir nous livre les clefs de la sagesse avec une lumineuse simplicité. Parviendront-elles un jour à changer le monde avant que l’irrémédiable ne se produise ?

Frédé

 

 

 

 

 

 

 

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10 mai 2014 6 10 /05 /mai /2014 14:04

 

RETOUR DE GUYANE

Léon-Gontran DAMAS

(Ed. José Corti, Paris, 1938)

(réed. Jean-Michel Place, 2003)

 

 51K10DYJ5GL. [1]

   Le directeur du Muséum du Trocadéro confie en juillet 1934 au jeune guyanais Léon-Gontran Damas, une mission ethnographique d'étude des survivances africaines en Guyane ; Les revues Vu et Lu lui proposent de rédiger un compte rendu de son voyage. Ce sera « Retour de Guyane ». Cet essai, paraît un an après son premier volume de poésie, « Pigments » (1937) un succès préfacé par Robert Desnos : « « Il se nomme DAMAS. C’est un nègre… DAMAS est nègre et tient à sa qualité et à son état de Nègre […] »

  Comme il est souligné dans la préface : « c’est très exactement entre les récits d’André Gide écrivain voyageur (« voyage au Congo, 1927 ; retour de l’U.R.S.S., 1936) et « cahier d’un retour au pays natal » d’Aimé Césaire paru en 1939 que prend place le perspicace et impertinent « retour de Guyane » ».

  Il s’agit d’un travail journalistique complet et rigoureux de la situation guyanaise - problème qui s’applique à l’ensemble des Antilles - dans son intégralité sous la plume d’un poète. Richesses exceptionnelles, histoire, sociologie, urbanisme, transportation. 

  Damas affiche son opposition à la perspective de l’assimilation. Pour la Guyane française, c’est le « désastre », l’aliénation et l’impasse quant à une réelle décolonisation.

  Exposé réaliste de l’état socio-économique de son pays, « Retour de Guyane » est un brûlot que le pouvoir interdit. Face à la faillite économique politique et sociale de la France en Guyane, Damas mettra la puissance coloniale en demeure : « La Guyane, l’aménager ou l’évacuer » ; « …le bagne guyanais ne sert que les fonctionnaires qu’il nourrit » (page 56).

Il fermera en 1946.

 

******************

Léon-Gontran Damas, écrivain, poète et homme politique français (élu quelques années député SFIO, Damas reste assidument un militant radical, un anticolonialiste et un anticlérical invétéré). Il fut le co-fondateur avec Aimé Césaire et Léopold Sedar-Senghor du mouvement de la négritude. Né le 28 mars 1912 à Cayenne, mort le 22 janvier 1978 à Washington, DC.

 Mi.

 

 

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  • : Nous sommes deux soeurs... L'une peint, l'autre écrit. Nous avons envie de partager nos vécus, nos ressentis, nos expériences; de témoigner... Nous aimons par dessus tout la nature, notre plus grande source d'énergie... Sur ce blog, nous vous présenterons des peintures, des livres, mais aussi des photos de nos voyages, de nos randonnées, des récits... Nous tenterons enfin de vous entraîner dans la grande aventure de notre vie: notre cheminement spirituel vers l'Amour et la Lumière.
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