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12 mai 2016 4 12 /05 /mai /2016 15:06

LES MYSTÈRES DE PARIS

Eugène SUE

(Roman feuilleton paru en 1842-1843)

Rien ne prédestinait Eugène Sue (1804-1857), dandy de famille bourgeoise, fleuron de la jeunesse dorée du Faubourg Saint-Germain à écrire un tel livre. Et pourtant …

Il s'est fait une petite réputation littéraire. Le marché de la presse est en plein essor. Les Mystères sont une commande. Il s’habille en simple ouvrier et parcourt les rues, les lieux les plus misérables de Paris. C’est une terra incognita qu’il découvre, un choc ; travailleurs pauvres, criminels, grisettes …

Le texte sera publié en feuilleton dans « Le journal des débats » du 19 juin 1842 au 15 octobre 1843. Dès la parution le succès est fulgurant touchant toutes les couches de la société.

“Des malades ont attendu pour mourir

la fin des Mystères de Paris.” (Théophile Gautier).

Au final, les Mystères de Paris feront dix volumes (plus de 1300 pages) déchainant des passions. On sent très bien à la lecture que l’écriture transforme l’auteur qui devient … socialiste.

Victor Hugo s’est sans aucun doute inspiré des Mystères pour ses Misérables et en 1848, le peuple est dans la rue. L’histoire n’a pas rendu le même hommage à l’un et à l’autre (question de style littéraire bien sûr).

Eugène Sue prend des « positions scandaleuses » et force les classes dirigeantes à regarder ces gueux dont ils détournaient le regard, à se poser les questions qui gênent. Les Mystères de Paris est typiquement un roman du 19ème siècle. Un grand roman feuilleton populaire.

Tout y passe :

- le système judiciaire et la peine de mort

- la fragilité extrême des travailleurs face au moindre accident de la vie (chômage, maladie, ..)

- la condition des femmes et des enfants

- le sort des malades dans les hôpitaux

- l'abandon des malades mentaux

- etc …

On a tous lu durant notre scolarité des extraits de ce formidable récit, mais bien peu à l’avoir lu en entier. Je m’y suis plongée depuis deux mois.

On retrouve Rodolphe, la Goualeuse, le Chourineur, la Chouette et tant d’autres personnages attachants ou odieux, hauts en couleur. Il est étonnant de constater que bon nombre de maux de son époque sont encore présents et font toujours débat aujourd’hui..

Oh bien sûr ! le style peut agacer ou paraître mièvre, mais le fond est là.

Mi

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10 mai 2016 2 10 /05 /mai /2016 20:05
Aveyron

Découvert en 1880 par Louis de Malafosse, Montpellier le Vieux était déjà connu des bergers qui montaient leurs troupeaux paître dans ce qu’ils nommaient la ville fantôme.

La Reine d'Angleterre
La Reine d'Angleterre

Une ville peuplées de légendes qui gagné ses lettres de noblesse grâce à Édouard Alfred Martel. Géologue, inventeur de la Spéléologie, il a répertorié, inventorié toutes les curiosités géologiques, les nommant au gré de son inspiration. L’Histoire avec un grand H, l’Antiquité se sont invitées au baptême. Le visiteur voyage dans le temps et l’espace, de Mycènes à l’Arc de triomphe, du Sphinx à la Reine d’Angleterre, l’inspiration est typique de cette époque qui vit le Facteur Cheval construire son Palais Idéal.

De ville fantôme, point, c’est la mer qui, il y a 200 000 millions d’années en occupant ces lieux puis en s’en retirant, a laissé place à la Dolomie, une roche sédimentaire que le vent, l’eau ont sculptée !

Si vous voulez découvrir ce site, les circuits ne manquent pas, il y a même un petit train et une via ferrata mais vraiment en dernier recours, cela n’engage que moi évidemment !

Aveyron

Tout étant une question d’équilibre après nous être aérées, le vent soufflait très fort, nous avons gagné Rodez sur les conseils de notre ami Pierre Rivière, une ville éminemment sympathique, où nous avons déjeuné sur le pouce en compagnie d’étudiants assis par terre tout autour de la place Eugène Raynaldi pour nous remettre de la visite du musée Fenailles.

La Dame de Saint Sernin
La Dame de Saint Sernin

Ce musée abrite une collection exceptionnelle de statues menhir et des tas d’autres merveilles qui ont même mis le rouge aux joues d’une jolie madone ! Il faut dire que ces statues menhirs ont parfois jusqu'à 5000 ans d'âge. Leur aire de répartition s'étend grosso modo du Languedoc à la Mer Noire avec une forte concentration en Suisse et quelques échappées en Allemagne ou en Bretagne. Ce qui les différencie des menhirs traditionnels est qu'elles ont une face et un dos !

Aveyron

Nous y avons même retrouvé Rodin, ami du mécène et philanthrope Maurice Fenailles, celui-là même qui a donné son nom au musée. Pionnier de l’industrie pétrolière en France, c’était aussi un collectionneur avisé qui a offert à la ville cet hôtel particulier dont le billet de visite est couplé à celui du Musée Soulages que nous avons donc honoré de notre visite !

Autant vous dire que, pour reprendre l’expression de Mi, notre ressenti perso est que ça ne casse pas 3 pattes à un canard.

Noir, c’est Noir !

Aveyron

Pour tout dire, nous n'avons vraiment apprécié que la seconde salle. Au moins, il fut une époque où il savait peindre !

Aveyron

Non vraiment ce ne fut pas un grand moment. Déjà, pas de possibilité d’utiliser les casiers de consigne du Musée, because « Etat d’Urgence », donc nécessité de conserver son sac mais obligation de le porter sur le ventre POUR NE PAS ACCROCHER LES TOILES ! Quand on voit la dimension des pièces, franchement pour accrocher quoi que ce soit, il faudrait le faire exprès !

Entre les consignes de sécurité et le contenu du musée, beaucoup de perplexité !

La preuve !

Do

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10 mai 2016 2 10 /05 /mai /2016 17:36
Girona, Fête des Fleurs

Nous étions donc ce dimanche à Girona et si le but ultime était d'assister au concert donné à l'Auditori par Némanja Radulovic, il était impossible de manquer la Fête des Fleurs.

Chaque année pendant une semaine, monuments publiques et privés, humbles fenêtres, boutiques, patios, rues ... se parent de compositions florales démontrant une richesse de créativité inspirante.

Un régal pour les yeux.

Un moment de partage aussi !

Girona, Fête des Fleurs

Alors si l'an prochain, vous êtes sur la Catalogne début Mai, vous pouvez par exemple choisir de venir séjourner à la bergerie, nous vous piloterons dans cette ville que nous commençons à bien connaître et qui a de multiples attraits et vous y découvrirez en prime tous les monuments gratis !

Hé oui, gratis et nous sommes même revenues avec des bouquins, gratis aussi !

Envie de jeter un petit coup d'œil sur ce qu'est la Fête des Fleurs, voici un petit film de notre cru.

Clic !

https://youtu.be/cIJ-V3ZCxqc

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9 mai 2016 1 09 /05 /mai /2016 17:43
Nous l’avions raté le 8 janvier à Perpignan (Ô rage, Ô désespoir !), nous sommes allées le voir le 8 mai à Girona !
Qui ?
Nemanja Radulovic !

Nous avons découvert ce jeune violoniste aux victoires de la musique, il y a deux ans. Depuis, nous guettons ses apparitions sur le petit écran (le Grand Echiquier en hommage à Jacques Chancel, entre autres), nous nous procurons ses disques et nous nous étions promis d’aller le voir sur scène dès que possible.
C’est fait, mais nous sommes prêtes à récidiver, encore et encore, car il est fabuleux.
Né en 1985 en Serbie, Nemanja a commencé le violon à 7 ans. C’est peu de dire que c’est un virtuose.

Dès les premières mesures, son « look » atypique, sa présence sur scène, son interprétation, la complicité qu’il instaure avec l’orchestre et son public, plongent le spectateur dans la magie de la musique ; il est époustouflant. Il ne joue pas, il EST la musique. Et cette musique vous va droit à l’âme…
Ses qualités humaines ne sont pas en reste : il est disponible, attentif, bienveillant ; son empathie séduit, ravit, envoûte…

Oui, c'est bien ce que nous pensions: une rencontre avec Nemanja Radulovic, c'est du pur bonheur!

Et si vous demandez comment nous avons eu la chance d’avoir cette photo, c’est que nous sommes tombées sur lui, fumant sa petite clope (tiens, un défaut ! Il fume…) devant l’Auditori. Génial…

Fredo

Au cas où vous n’auriez jamais entendu parler de lui, si la curiosité vous titille, voici un lien avec une petite vidéo Youtube :

https://www.youtube.com/watch?v=GzLuRjIFh7g

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7 mai 2016 6 07 /05 /mai /2016 20:06
Gorge de la Dourbie
Gorge de la Dourbie

Quels points communs entre ces 2 agglomérations, l’une au Sud, l’autre à l’ouest !

Des tonnes !

Les noms se prononcent de la même manière, leurs habitants sont des nantais et des nantaises, le patrimoine bâti est exceptionnel, la convivialité y semble de rigueur, les deux sont des coups de cœur !

Et si Nantes n’est pas la porte à côté, en 3 petites heures de route nous sommes à Nant !

A une encablure du camp du Larzac, au confluent de la Dourbie et du Durzon, Nant occupe un site jadis marécageux que des moines bénédictins asséchèrent au Xe siècle.

La vie s’est longtemps organisée autour de la communauté monastique grâce à un réseau de canaux qui ont été à l’origine d’un « boom » agricole et valu à Nant le surnom de jardin de l’Aveyron.

Pont vieux de Nant
Pont vieux de Nant

Nant fut même la seconde ville du Sud Rouergue après Millau au XVII e siècle avant de décliner inexorablement sous le coup de l’exode massif vers les villes. De nos jours, il faut attendre l’été pour que la densité par habitants au kilomètre carré accuse une hausse significative de sa population.

Une abbatiale, deux églises, une chapelle des pénitents, un beau vieux pont médiéval, une halle typique de l’architecture caussenarde, tout y est pour donner aux routardes que nous sommes l’envie d’y revenir. Sans compter que nous y avons fait une rencontre sympathique qui a su nous faire miroiter quelques belles randos.

Autant dire que nous n’avons pas quitté le coin sans avoir chaussé nos godillots pour profiter de la découverte de la source du Durzon !

Près de la source du Durzon
Près de la source du Durzon

Il faut bien dire que l’Aveyron a vraiment de quoi séduire et que ce n’est pas sans raison que nous y revenons régulièrement d’autant que, soyons honnêtes, côté gastronomie, il n’y a rien à redire ! Retortillat, Aligot, fromage de Laguiole, Tripoux, …

A chacune de nos virées nous découvrons de nouvelles merveilles dont nous repartons les poches pleines de flyers qui nous entraînerons vers de nouvelles découvertes.

Chos de Montpellier le Vieux, porte de Mycènes
Chos de Montpellier le Vieux, porte de Mycènes

Cette fois nous avions décidé de commencer par le Chaos de Montpellier le Vieux qui comme son nom ne l’indique pas se trouve près de Millau, sur le Causse Noir.

C’est avec bonheur que nous avons chaussé les godillots pour enchaîner les itinéraires de découvertes. Époustouflant !

Do

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30 avril 2016 6 30 /04 /avril /2016 17:30

Chaque matin, Pierre, notre voisin, nous glisse l’Indépendant dans la boîte à lettres, un coup d’œil et nous le passons aux Top qui le refilent à leurs voisins … and so on !

Aujourd’hui le canard n'a pas circulé, un article en dernière page a retenu mon attention !

Les fans de football argentins de l’équipe du Club de Tigre ont accepté de se faire implanter une puce « RFID » pour simplifier leur accès au stade en qualité de supporters. Grâce à cette puce contenant toutes les données de l’abonné, ce dernier n’aura à présenter aucun document ou règlement pour accéder au stade !

Aïe, ça coince !

Ça coince d’autant plus que la veille, j’étais tombée sur un article relatant une « Implant Party » en juin 2015 durant laquelle les participants avaient été invités à se faire implanter une puce RFID, un traceur permettant l’identification de chacun, n’importe où, n’importe quand et centralisant toutes les données personnelles en un gigantesque système informatique, contrôlé par ??? et pour le compte de qui ???

L’article relatait également les habitudes des clients du Baja Beach Club de Barcelone qui ne jurent que par cette puce les dispensant de payer leurs consommations !

https://www.youtube.com/watch?v=uF9TMwviueo

Fallait y penser.

Mais peut-être ne savez-vous pas ce qu’est une puce RFID ?

Je cite :

« Les puces RFID (Radio Frequency IDentification) permettent d’identifier et de localiser des objets ou des personnes. Elles peuvent être utilisées dans différents domaines, tels que la gestion des stocks, la logistique, les transports ou la lutte contre la contrefaçon. En raison de leur taille très réduite, d’une information souvent insuffisante des personnes et de la possibilité de les lire à plusieurs dizaines de mètres, leur utilisation soulève de nouveaux enjeux en termes de vie privée. En effet, si tous les objets de la vie quotidienne deviennent « taggués », il est alors possible de tracer les individus dans tous leurs actes. Les CNIL européennes ont donc rendu un avis concernant l’utilisation de ces puces RFID et la Commission européenne préconise également la réalisation d’une évaluation d’impact sur la vie privée en cas d’utilisation de puce RFID en vue d’évaluer les incidences de leur mise en œuvre sur la protection des données à caractère personnel et le respect de la vie privée. »

Pour l’instant nous n’en sommes pas à ces extrémités mais quand même, il y a des signes, avant-coureurs ?!

Il y a par exemple les salariés de Sanofi de Gentilly qui ont été équipés de puces RFID insérées sur leurs porte-badges, afin d’analyser l’occupation des locaux. En attendant tous leurs faits et gestes sont surveillés.

Cette technique RFID est même utilisée pour le géo-référencement « fouilles fermées » d’un secteur de distribution d’eau dans notre département, c’est dire.

Ces puces, utilisées en logistique pour la gestion des bagages dans les aéroports ou la lutte de la contrefaçon sont prévues à court terme être pour connaître le contenu de nos caddies.

Il y a enfin, à l’instar d’une crèche parisienne qui par le passé avait utilisé ces puces pour protéger les bébés des enlèvements en les insérant dans les couches ou vêtements, ces maternités, même par chez nous, qui équipent les nouveaux-nés de bracelet RFID, avec le consentement de leurs parents, toujours pour le même motif sécuritaire !

Un peu angoissant, non ?

Parce que j'ai trouvé ça, aussi !

https://www.youtube.com/watch?v=J5GG_wiH8CE

Do

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30 avril 2016 6 30 /04 /avril /2016 16:24
Je fais un rêve (nouvelle)

Je fais un rêve…

Une nouvelle de Frédérique Longville

C’est désormais avec un immense plaisir que j’arpente les rues de mon village et je ne suis pas la seule ! Ce matin, sur la place du marché, les gens semblent sous le charme. Ils sont souriants, détendus. Clients et commerçants échangent des plaisanteries ; des rires fusent ici et là. Des petits groupes conversent avec animation. Les marchands sont de plus en plus nombreux ; rien à voir avec ce que nous avons connu par le passé ! On voit qu’ils ont plaisir à venir s’installer sur cette charmante petite place, à l’ombre généreuse des platanes. Aujourd’hui, notre marché ressemble à un vrai marché. Certes, il n’y en a plus qu’un par semaine, mais à défaut de quantité, nous avons nettement gagné en qualité. Cela ravit tout le monde.

Dans le jardin public jouxtant la place, il est enfin possible de profiter d’une halte sympathique sous le grand mûrier où quelques bancs ont été installés, comme dans plusieurs endroits stratégiques du village. La municipalité précédente avait toujours rechigné, prétextant que les jeunes allaient venir y faire le bazar, privant le reste de la population de ce petit plaisir tout simple. Oh, il a bien fallu se battre un peu au début pour que les usagers, respectent la propreté du site en dépit des poubelles régulièrement vidées ; un garde municipal a été affecté à la surveillance des lieux sensibles, assumant un rôle essentiellement pédagogique, sanctionnant parfois, et peu à peu, tout est rentré dans l’ordre !

Concernant la propreté, il faut préciser que la situation s’est améliorée partout, et pas seulement au village ; c’est d’ailleurs ce qui est particulièrement réjouissant ! Le nouveau gouvernement a mis en place un système génial : réinstaurer et généraliser les consignes. Bon d’accord, il ne l’a pas inventé et la pratique fait ses preuves depuis longtemps dans certains pays, notamment en Norvège. Mais le faire adopter en France, ça n’était pas gagné. Désormais, tout est consigné : le verre, le carton, les canettes, tout ! Et maintenant, les gens se battent pour ramasser les déchets, ce qui leur permet de récupérer un peu d’argent en les rapportant aux points de collecte spécialisés. En plus, ce système a généré des emplois ; que peut-on souhaiter de mieux ?

Quand je pense qu’il y a quelques années, les communautés de communes avaient aménagé les déchèteries pour pouvoir faire payer les usagers ! De nombreuses voix s’étaient élevées contre cette initiative en prédisant la recrudescence des décharges sauvages, mais l’appât du gain est toujours plus fort. Ils l’ont donc fait, pour finalement faire marche arrière lorsqu’il s’est avéré que les gens jetaient leurs encombrants dans la nature, avec tous les problèmes sanitaires qui pouvaient s’en suivre. Les installations coûteuses sont devenues obsolètes ! Encore une gestion lamentable qui a causé beaucoup de tort.

Enfin, le principal aujourd’hui, c’est que le gouvernement ait pris la situation au sérieux et que tout se soit normalisé. Je ne dis pas qu’il n’y a plus de décharge sauvage, mais ça s’améliore de jour en jour. C’est merveilleux, non ?

Tout comme le village, le pays se redresse. Aujourd’hui, le plus dur semble être derrière nous. Nous avons connu des jours difficiles, ici comme ailleurs, même si, bien évidemment, c’est dans les grandes villes que la population a le plus souffert ; à la campagne, il est toujours plus facile de se débrouiller. Après des années et des années de dégradation à tous les niveaux - l’enseignement, la médecine, la justice, et j’en passe ! -, la population s’est enfin rebellée ! Personne n’y croyait plus. Tout le monde pensait que les gens, hypnotisés par les écrans de toutes sortes, gavés de fausses informations et maintenus dans la peur grâce aux médias, abreuvés de plaisirs superficiels pour leur faire oublier tout le reste, étaient totalement anesthésiés, prêts à tout accepter, du moment qu’ils pouvaient avoir accès à une technologie toujours plus performante, plus sophistiquée.

Un nouveau « Mai 68 » semblait tout à fait improbable. Et pourtant, cela arriva ; et ce fut même pire ! De longs mois d’émeutes, des milliers d’arrestations, des blessés, - et aussi des morts- ; plus d’essence, le pays totalement paralysé avec des difficultés de ravitaillement, des licenciements et un pic record du chômage. Du jamais vu. Pourtant les gens ont tenu bon. Ils sont allés au bout de leurs forces, de leurs convictions, de leur désespoir et de leurs espoirs.

Et ils ont gagné.

Le gouvernement a cédé. Le Président a démissionné. Avant le début des hostilités, sa côte de popularité était tombée sous la barre des dix pour cent ; celle du premier ministre ne valait guère mieux. La population avait fini par réaliser qu’insidieusement, la dictature se mettait en place. Les libertés individuelles toujours restreintes à la faveur d’un état d’urgence sans cesse reconduit, les interdits, le flicage, les mises sur écoutes illégales, les arrestations abusives au prétexte fallacieux de protéger les gens, les obligations de tout ordre portant atteinte à la vie privée, vaccinations, dépistages divers et variés, les abattages massifs dans les élevages par mesure de sécurité, tout cela avait fini par mettre le feu aux poudres.

Le peuple avait enfin compris qu’on lui mentait. Personne ne voulait son bien, aucun parti, de droite ni de gauche. Plus aucun homme politique n’inspirait confiance. Tous avides de pouvoir et d’argent, quels qu’ils soient. Déjà, depuis longtemps, les gens boycottaient tous les types d’élections, s’abstenant ou votant blanc, quitte à favoriser l’émergence des votes extrémistes, comme s’ils n’avaient plus rien à perdre. Mais là, c’est tout le système qu’ils rejetaient en bloc.

Ils exigeaient que tout soit repensé, en ramenant l’Humain et l’ensemble du Vivant au cœur du problème. Une vraie révolution.

Avec le départ du Président et de sa clique, l’euphorie s’est emparée du peuple. L’opposition a bien tenté de récupérer la situation, mais plus rien en pouvait arrêter la fronde. Tous les prétendants avaient déjà plus ou moins fait leurs preuves ; plus aucun ne correspondait aux attentes du peuple. Nous avons connu une longue période de chaos et progressivement, les leaders de la révolte ont mis en place un nouvel exécutif. Une sorte de gouvernement collégial, constitué d’hommes et de femmes de bonne volonté, dont la seule motivation était le bien de leurs concitoyens. Le président du sénat qui assurait l’intérim de la présidence a tout de suite compris qu’il avait intérêt à les suivre. Le calme est revenu. La France s’est remise au travail et l’année suivante, nous avons élu la personne qui, enfin, nous correspondait. Compétente, sans être énarque, ni de droite, ni de gauche. C’était une femme.

Cette fois, tout le monde y croyait. Nous avons tous redressé nos manches et ça a marché.

Le plus beau, c’est que nous avons réussi à contaminer nos voisins européens. Les uns après les autres, les peuples se sont enflammés pour exiger de leurs gouvernements la prise en compte de leurs besoins et de ceux de cette planète qui n’en peut plus. Ils se sont élevés contre la tyrannie du pouvoir, de l’argent tout puissant, de la mondialisation et du diktat des pays civilisés sur les puissances émergentes, des riches sur les pauvres. Ils se sont rebellés pour que cesse le pillage, l’exploitation des peuples et des richesses de la planète au profit d’une minorité de nantis arrogants.

Après de longs mois de chaos, lorsque le calme est revenu, les pouvoirs en place furent bien obligés de tenir compte de la puissance du peuple. Désormais, ils savaient que les gens ne se laisseraient plus manipuler. Plus personne ne tenait à ce que ça recommence. Le Nouvel Ordre Mondial, les gentils robots humains, il fallait oublier.

A ce moment là de la crise, beaucoup réclamaient un « Franxit », la sortie de la zone euro pour la France. Mais le gouvernement et la majeure partie de l’opinion populaire s’y est opposée. En revanche, la création de monnaies locales a été grandement encouragée. Ainsi, nous, dans le secteur des Albères, nous avons instauré la « Pépette » (un peu d’humour, en tant de crise, ça ne peut pas nuire !). C’est une monnaie « fondante » - inutile de thésauriser ; il faut la dépenser avant qu’elle ne perde de sa valeur !-, avec ristourne de conversion et bonus à l’achat ; elle nous a permis de créer des emplois, de relancer l’économie locale et de financer des projets, comme celui de la nouvelle crèche. Grisant, cette sensation de reprendre enfin le pouvoir, de redevenir maître de son destin !

Comme partout en France, ici, au village, nous avons réussi à faire évoluer les choses. Quel chemin parcouru en quelques années ! Les rues et les trottoirs ont été réhabilités, sécurisés, en laissant la part belle aux piétons et aux cyclistes. Même le chemin de la scierie (pas Syrie !) a été bitumé, et jusqu’au cimetière qui s’est refait une beauté ! Nos chers disparus le méritent bien.

Désormais, une navette gratuite est à la disposition des habitants ; c’est un atout majeur pour les personnes sans voiture. Plusieurs structures d’accueil ont été crées, pour les jeunes, pour les anciens, et même pour les « SDF ». Après bien des difficultés, on a réussi à recruter deux docteurs pour le cabinet médical ; il y a même un homéopathe ! Avec notre ostéopathe, déjà installée depuis quelques années, les médecines alternatives ont un bel avenir sur la commune. Nous avons désormais une résidence pour nos « séniors » - je n’aime pas dire EPAHD, ça fait maladie !- pas très grande, à échelle humaine. Les nouveaux logements sociaux sont en train de sortir de terre, et pas en zone inondable ! Il faut dire qu’aujourd’hui, les préfets sont intraitables sur la question. Il y a eu tellement de catastrophes…

Sur le plan sanitaire, nous progressons sans cesse : la ligne à haute tension qui traverse le village a été enterrée et les antennes-relais ont enfin été déplacées à l’écart de toute habitation. Mais il aura tout de même fallu trois décès, dont celui d’un enfant, pour en arriver là ; sans parler de tous ceux qui en sont encore malades aujourd’hui.

Appliquant enfin le principe de précaution, et sous la pression des habitants, la municipalité, comme dans la majorité des communes françaises a refusé l’installation des compteurs communicants « Linky » ou « Gazpar ».

A l’image du pays, bien engagé dans le processus de sortie du nucléaire, la commune s’implique à fond dans la transition énergétique : réticente vis-à-vis des éoliennes, elle s’est dotée d’une importante ferme photovoltaïque. Une aubaine pour notre berger qui peut y faire paître son troupeau et pour l’horticulteur qui prévoit de s’y installer.

Pour finir, importunés par les odeurs de la station d’épuration les jours de tramontane, les habitants du nord du village ont exigé que l’on se penche sérieusement sur le problème. L’ancien système a donc été remplacé par une Rhizosphère, une station d’épuration à lits plantés de roseaux, sans aucune nuisance olfactive, pour ne donner que cet avantage. Là, on a parlé de nous dans l’Indépendant ! L’inauguration a fait grand bruit dans tout le département. Sûr que d’autres vont nous suivre…

Le village revit. Les commerces reviennent s’installer ici et ceux de la périphérie commencent à péricliter. Les gens préfèrent l’ambiance du cœur du village ; c’est plus convivial, plus agréable que cette zone commerciale impersonnelle. Ici, on trouve des produits locaux, souvent bio, rien que de la qualité, et ce n’est pas forcément plus cher que ce qui est vendu en supermarché. L’environnement est beau, il y a des fleurs partout, des jardinières où les riverains font pousser des plantes aromatiques, parfois des légumes, des fraises ou des framboises, pour le plaisir de tous. C’est gai, on se sent bien.

La municipalité a aménagé de nouveaux parkings, c’est facile de se garer, même en pleine saison, lorsque les touristes affluent pour venir admirer l’église, le cloître et le linteau roman, notre fierté. Ça coince juste un peu les jours de fêtes… Là, il faut parfois aller se garer du côté de la salle polyvalente, mais ce n’est pas si loin, et tellement plaisant en empruntant le charmant sentier piétonnier qui la relie au centre du bourg. Le comité des fêtes est dynamique et le village a acquis une belle notoriété dans ce domaine. Au festival lyrique se sont rajoutées plusieurs prestations très prisées du public, des concerts, des soirées folkloriques, -toutes sortes de folklore, pas seulement des sardanes !...-. Dans la périphérie du cloître, la galerie d’art attire beaucoup d’artistes, surtout depuis l’installation discrète d’un ascenseur qui la rend accessible à tous ; elle ne désemplit pas. Mais il n’y a pas que les peintres et les sculpteurs qui se plaisent ici ; les écrivains aussi. Les nouveaux libraires ne s’y sont pas trompés. Tout le mois d’avril est consacré aux écrivains locaux qui viennent à tour de rôle présenter et dédicacer leurs ouvrages, avec un point d’orgue pour la Sant Jordi, évidemment. Une rose, un livre… Un livre, une rose…

Ah ! Qu’on est bien chez nous !

Tiens, qu’est-ce qu’il a à aboyer, ce chien ?...

Je me réveille en sursaut ; c’est le chien de la voisine qui veut rentrer. Oh non, Doodoo, franchement, ce n’était pas le moment ! C’était trop bien…

Mais alors ? Tout ça, c’était un rêve ?

Ah… Difficile de ne pas être déçue !...

Pourtant, curieusement, ce rêve me remplit d’énergie.

Parce que, dites-moi, il y a bien des rêves qui se réalisent, non ?

Dépôt Copyright-France le 30 Avril 2016, n°7YNA1GA

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28 avril 2016 4 28 /04 /avril /2016 18:49

Lasses des galères générées par les circulations alternées sur la 116, nous avions décidé d’aller explorer d’autres horizons ce lundi 25 avril et mis le cap sur le « Grand Causse ».

Pont sur la Vis à Navacelles
Pont sur la Vis à Navacelles

Une merveilleuse surprise que ce village de Navacelles niché tout au creux de son cirque où la Vis, impétueuse et torrentielle, a creusé un superbe canyon.

Moulins de la Foux
Moulins de la Foux

Au lieu dit les moulins de la Foux elle fait une réapparition tumultueuse après de kilomètres sous terre.

La Vis prend sa source dans les Cévennes et disparaît à Alzon où elle rejoint un réseau souterrain à Vissec où « la Vis est à sec », vous saisissez le jeu de mots, j’espère !

Le cirque de Navacelles a été durant des siècles un lieu préservé où le monde rural s’est épanoui en marge du certaine modernité !

Cultures de céréales sur de minuscules parcelles désempierrées, d’où les nombreux moulins qui jalonnent le cour de la Vis, élevage de brebis car n’oublions pas que nous ne sommes pas loin de Lacaune et de Roquefort, culture du ver à soie !

Navacelles et ses prairies
Navacelles et ses prairies

Plusieurs randonnées permettent de découvrir ce site de toute beauté accessible en toute saison certes mais où il est sans doute préférable de se rendre en dehors de l’influence touristique. La route d’accès en provenance de Lodève est vraiment décoiffante et je peux vous assurer qu’il n’est pas vraiment rassurant de devoir négocier certains croisements.

La cheminée d'un des moulins
La cheminée d'un des moulins

Ces moulins de la Foux ont une implantation remontant à l’an Mil. Lors des guerres de religion ils furent rasés puis reconstruits pour cesser finalement toute activité en 1907 après une crue particulièrement dévastatrice. L’architecture de ces moulins est d’une grande beauté et l’on a vraiment peine à croire que lors d’une crue en 1741 les meuniers n’eurent la vie sauve que grâce à l’un des leurs qui les retrouva au petit matin sur le toit du moulin ! Lorsque l’on constate la violence du débit en période calme, il est quasiment impossible d’imaginer ce que cela peut être en période de crue.

Un dernier conseil, ne songer pas à faire la rando après de fortes pluies, le sol est alors pire qu’une patinoire, alternance de terres argileuses et de blocs calcaire !

Do

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27 avril 2016 3 27 /04 /avril /2016 15:03
Nous vivons une époque épique

Et toc !

Chasse aux œufs de Pâques organisée par la ferme d’antan à St André du 27 mars au 1er Mai !

Passage tous les ans du Père Noël le 15 Août à St Cyprien plage.

Semaine de la Femme organisée tout le mois de mars 2016 en Vallespir.

C’est sûr, la notion de temps est vraiment très relative !

A une prochaine fois, hier sans doute !

Do

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26 avril 2016 2 26 /04 /avril /2016 19:28
Mais oui, je continue, sur le blog, pour ceux que nous n'aurions pu atteindre via les émails !
L'action est bien engagée, tant en ce qui concerne le terrain que celle lancée sur le Net !
Certains jugent le compteur Linky inoffensif, d'autres, la majorité il faut bien le dire, le pensent toxique !
Qui a tord, qui a raison ?
Personnellement qu'il ne soit pas imposé aux électro-sensibles, me donne à penser qu'il y a quand même de quoi s'interroger !
Ce qui m'échappe également, c'est que si en toute circonstance, on nous ressort le principe de précaution, parfois pour des broutilles (imaginez un peu qu’en vertu de ce principe les magasins Carrefour rappellent encore à ce jour les costume de Père Noël vendus en décembre 2105!), pour le cas qui nous occupe, cela ne semble pas être de mise !
Je ne doute pas que des expérimentations aient été menées avec sérieux en laboratoire, je me suis même laissée dire qu'il y en a eu sur Clamart (Hauts de Seine), à deux pas du Commissariat de l’Énergie Atomique de Fontenay aux Roses, mais des tests labo n'ont rien à voir avec des expérimentations grandeur réelle, « in live ».
Nous avons bien compris que ERDF a engagé des frais considérables et n'envisage pas de perdre de tels investissements. Les sots, une augmentation de capital, c'est l'enfance de l'Art, la preuve il vient d'y en avoir une il y a 2 ou 3 jours !
Enfin, n’allez pas croire que cela vous concerne, tintin !
De toute façon ce ne serait pas la première fois que des sommes colossales seraient investies à tord et à travers. Rappelez vous les quantités de vaccins contre la grippe H1N1 inutilisées !
Qui en a hérité ?
Avez vous oublié ?
J'ose espérer que les compteurs Linky ne pourront être refilés aux pays sous-développés !
En refusant de stopper le déploiement du compteur Linky le temps que des études menées par des organismes indépendants du pouvoir prouvent ou non son innocuité, en passant en force, ERDF (l’État français) méprise les citoyens que nous sommes !
Alors si vous avez juste un petit doute, si vous reconnaissez ne pas avoir les compétences scientifiques requises pour être certain en votre âme et conscience que tout ce qui est dit de négatif sur le Linky est faux, signez et transmettez la pétition en cliquant sur le lien ci-dessous.
La vie est belle, elle mérite d'être respectée !
Do
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  • : Nous sommes deux soeurs... L'une peint, l'autre écrit. Nous avons envie de partager nos vécus, nos ressentis, nos expériences; de témoigner... Nous aimons par dessus tout la nature, notre plus grande source d'énergie... Sur ce blog, nous vous présenterons des peintures, des livres, mais aussi des photos de nos voyages, de nos randonnées, des récits... Nous tenterons enfin de vous entraîner dans la grande aventure de notre vie: notre cheminement spirituel vers l'Amour et la Lumière.
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