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27 juillet 2016 3 27 /07 /juillet /2016 14:57

Tu ne peux pas comprendre…

Frédérique Longville

Nouvelle

Tu ne peux pas comprendre... Nouvelle

La silhouette élancée, la démarche vive, véritable explosion de couleurs dans sa longue tunique chamarrée, et son large pantalon rouge, Sophie vient de s’engouffrer dans la salle du restaurant. Elle la traverse en saluant de multiples connaissances à droite et à gauche, et après une courte halte pour faire la bise au serveur, rejoint au fond de la salle le petit groupe d’amies regroupées à sa table habituelle.

Depuis plus de vingt ans, « Le P’tit Noir » est leur point de ralliement, leur QG, leur port d’attache. Dans leur décor Belle Epoque, les murs couverts de photographies d’artistes en noir et blanc ont été les témoins de leurs confidences, de leurs fou-rires, de leurs angoisses ; ils savent tout ou presque d’elles ; tout ce qu’elles ont bien voulu dire. Les appliques anciennes dispensent un éclairage intimiste tout à fait à leur convenance. La table est raffinée ; discrètement disposés, les hauts parleurs diffusent des programmes classiques qui les laissent libres de deviser sans noyer leurs paroles. Une pause salutaire dans le tourbillon de la vie.

L’étonnement fige le visage de Sophie au milieu des embrassades, tandis que son regard myope balaye l’assemblée derrière ses lunettes à monture rouge… Tiens, elles ne sont que trois ?

- Agnès n’est pas là ?

- Elle vient de téléphoner, répond Isabelle en se levant pour l’accueillir, plus petite que Sophie, un peu boulotte et serrée dans un petit tailleur classique, cheveux blonds coupés courts et maquillage discret mettant en valeur son regard bleu. Elle devait voir son médecin et il a pris du retard. Elle pense arriver d’ici trois quart d’heure. Elle nous a dit de commander et de commencer.

- Quand même, on n’est pas si pressées, d’autant que Anne ne nous rejoindra que pour le dessert ! répond Sophie en souriant à Florence qui s’est dressée à son tour. Qu’est-ce qu’elle a ?

Florence prend la parole à son tour pour expliquer. Tout en l’écoutant, Sophie s’étonne une fois encore du choix vestimentaire de son amie ; du noir, du gris, du blanc, du classique, du sérieux. Elle lui a souvent suggéré de mettre de la couleur dans sa vie. Tout est si noir chez elle. Jusqu’à ses cheveux bien trop courts qu’elle s’obstine à maintenir dans leur couleur originale, d’un brun profond qui accentue les multiple marques du temps sur son visage. Que c’est triste, tout ça…

- Rien de particulier. Elle a passé sa coloscopie hier et son médecin devait lui commenter les résultats.

Sophie s’abstient de tout commentaire, lève les yeux au ciel et soupire en se tournant vers Catherine, la dernière du trio, longue et fine comme une allumette. Elle la trouve très en beauté ce soir, avec sa petite robe chasuble et sa nouvelle couleur, un blond doré plus doux à son visage anguleux.

- Tu as changé de rouge à lèvres, remarque-t-elle également.

- Exact !

- J’aime bien. Ça te va bien.

- Merci. Mais toi, ça fait drôle de te voir sans teinture ; on n’a pas l’habitude… Oh, mais finalement ça ne te vieillit pas trop. Hein ? Qu’est-ce que vous en pensez, les filles ?

Isabelle et Florence promènent un regard critique sur l’épaisse tignasse de leur amie. Adepte de la simplicité, Sophie s’est contenté de la tresser sur la nuque.

- Moi, dit Isabelle, je serais toi, je les couperais, mais ça te va bien. Ça fait ressortir ton bronzage. Vous revenez encore de vacances ?

Sophie ricane en s’installant à sa place :

- « Encore », comme tu dis… Hé oui ! Avec un camping-car, on a vite fait un tour, qu’est-ce que tu veux ! Et vous, alors ? Ça va ?

Un soupir général lui répond. Elle éclate de rire malgré elle :

- A ce point ?

Isabelle fronce les sourcils ; elle a vraiment l’air fâché :

- Ça te va bien, toi ! Tu ne peux pas comprendre, tu es toujours en pleine forme !

Sophie demeure un bref instant bouche bée. Isabelle a bien l’air de lui faire un reproche ! Et voilà Florence qui renchérit, réellement amère :

- C’est vrai… Anne et toi, vous n’avez jamais mal nulle part… Jamais de rhume, de crise de foie, pas même un mal de tête… C’en est presque écœurant !

Et Catherine qui opine du chef ; c’est qu’elle a l’air d’accord ! C’est la meilleure.

- Hé bien excusez-moi, bredouille Sophie, face à ce tir groupé. Enfin, excusez-nous d’être bien portantes, se reprend-elle vivement. Vous pourrez en faire la remarque à Anne quand elle arrivera. Elle appréciera…

- Non mais, comprends, Sophie, tempère Catherine, c’est vrai quoi… Toutes les deux, vous êtes étonnantes. Tiens, quand-est-ce que tu as vu le médecin pour la dernière fois ?

Sophie réfléchit intensément. C’est vrai que ça fait un bail.

- Je dirais un peu plus d’un an...

Isabelle bondit littéralement :

- Hé bien moi, je dis que ça n’est pas raisonnable, annonce-t-elle sur un ton péremptoire. A nos âges, on a besoin de voir le médecin régulièrement, de se faire prendre la tension, de faire des analyses…

Sophie se redresse :

- Je fais ce que je veux ! Et tant que je me sens bien, je ne vois personne. Et on dirait que ça me réussit puisque ça vous rend jalouses ! Vous, vous êtes toujours chez le toubib, et vous avez toujours un pet de travers !

Catherine opine du chef gravement:

- De toute façon, nous ne sommes pas égaux face à la maladie. C’est vrai qu’Agnès a beaucoup de problèmes de santé… A tous les niveaux : le dos, les intestins, les yeux… Elle est dépressive, mais franchement, il y a de quoi.

Sophie esquisse une moue dubitative.

- C’est peut-être le contraire…

- Comment ça ?

- C’est peut-être parce qu’elle est dépressive qu’elle a tous ses problèmes. Elle n’a pas une vie marrante.

- Bien sûr, c’est un cercle vicieux. Mais qu’est-ce que tu veux qu’elle fasse ?

Sophie demeure silencieuse.

Catherine soupire gravement.

- La pauvre, avec son père…

Un lourd silence s’installe. Chacune semble méditer sur la situation inquiétante de leur amie, empêtrée dans des problèmes familiaux à n’en plus finir : veuve, un fils unique expatrié en Floride, et un parent en grave situation de dépendance à son domicile.

- Il parait qu’il est de plus en plus tyrannique, murmure Catherine. Il ne supporte plus tous ces intervenants qui se succèdent toute la journée, infirmiers, kiné, aide-ménagère… Vous vous rendez compte ? Il va jusqu’à exiger que ce soit Agnès qui lui fasse sa toilette ; il ne veut pas des aides-soignants. Tout juste s’il accepte la présence d’une dame de compagnie quand elle doit s’absenter. Et encore le fait-elle un minimum ! A force de le manipuler, tu m’étonnes qu’elle ait le dos flingué…

Sophie approuve vigoureusement :

- C’est sûr… Moi, je vois, avec notre mère, quand on s’est retrouvées dans la même situation, Anne et moi, on avait mal partout : dans le dos, aux épaules, aux poignets…

Isabelle lui coupe la parole :

- Ah oui, mais vous, c’était pas pareil ! Vous étiez deux ! Agnès, elle fait face toute seule !

Sophie en reste coite. Dans sa tête, défilent rapidement les douloureuses années du déclin de leur mère ; une décennie. Oui, c’est vrai, elles se sont bien épaulées, Anne et elle. Mais quand même ! Et il n’y avait pas que les problèmes physiques ; il fallait aussi assumer la détresse morale, le combat de cette femme pour conserver son intégrité jusqu’au bout en dépit des dégradations physiques. Elles avaient beau l’aimer plus que tout, elles n’avaient pas toujours compris. Ce fut dur…

C’est vrai. Elles étaient deux. Sophie serre les lèvres et se tait. Puisqu’elle ne peut pas comprendre…

C’est vrai, elle ne comprend pas la résignation d’Agnès à accepter de cet homme toutes les humiliations. Elle ne comprend pas ce corps médical qui jamais ne lui a dit que la situation serait trop difficile pour elle, qu’elle ne pourrait jamais l’assumer jusqu’au bout sans mettre en péril sa propre santé. Elle ne comprend pas cette amie qui court au suicide dans l’indifférence générale d’un système impuissant à aider vraiment les aidants. Inutile par ailleurs de lui dire que cela ne peut plus continuer ainsi ; elle répond invariablement : « qu’est-ce que vous voulez que je fasse ? » Mais bon sang, qu’est-ce qu’il attend, son médecin traitant, pour lui dire en face : « madame, vous vous détruisez. Votre père n’est plus à sa place chez vous ; il a besoin d’un établissement spécialisé. C’est lui ou vous.» ?

Le regard baissé sur son assiette, Sophie se garde bien de faire part de ces remarques. Non, effectivement, ça la dépasse ; mais ça ne sert à rien de le redire.

Heureusement, Catherine change de sujet :

- Bon alors, les filles, quand est-ce que vous venez me voir à la boutique ? J’y suis tous les jours en ce moment !

Les trois autres ouvrent des yeux ronds ; toutes savent parfaitement que leur amie va de temps à autre prêter main forte au magasin d’antiquités de son fils, mais tant qu’à y être à plein temps, c’est une nouveauté. Ce ne serait pas un peu beaucoup ?

- Tous les jours ? reprend Sophie.

- Oui… Comme Thibault passe beaucoup de temps auprès de sa femme dépressive, il m’a demandé de le remplacer pour un petit moment. Oh, ce n’est pas que ce soit désagréable, mais ça veut dire une heure de transport en commun le matin et une heure le soir ; parfois plus, aux heures de pointe… Je suis crevée ! J’ai ma sciatique qui s’est réveillée et j’ai dû prendre rendez-vous chez le rhumato. Heureusement qu’il avait un trou après-demain !

- Et ça va durer encore longtemps ?

- Aucune idée.

- Dis-lui que tu es fatiguée et de trouver une autre solution !

- Je ne peux pas lui faire ça… C’est déjà dur avec sa femme…

- Qu’est-ce qu’elle a ?

- Elle n’arrive pas à se remettre du décès de sa mère.

Sophie opine du chef :

- Ça, je le comprends… C’est un deuil difficile à faire. Moi, ça va faire deux ans et…

- Oui, mais toi, c’est différent ; ta mère avait atteint un bel âge. A cent ans, on ne peut pas s’attendre à ce que ça dure encore beaucoup.

- Et d’ailleurs, je ne le souhaitais pas, répond Sophie sèchement… Mais l’amour ne fait pas la différence, si tu vois ce que je veux dire…

Un nouveau silence s’installe, jusqu’à l’intervention d’Isabelle :

- Moi aussi, je suis crevée. Je suis allée garder les garçons de ma fille, le week-end dernier. Ils sont terribles ; c’est épuisant.

Sophie se récrie presque malgré elle :

- Oh, les filles, attention, vous vous laissez bouffer !

Elle a beau ne pas insister, la réponse, inévitable, ne tarde pas à fuser des lèvres d’Isabelle :

- Toi, évidemment, tu ne sais pas ce que c’est, tu n’as pas d’enfant !

Comme autrefois, lorsqu’elle avait le malheur de leur faire des suggestions sur le plan éducatif ! Elle pouvait bien leur faire remarquer que même si elle n’avait pas d’enfant à elle, elle en avait une trentaine dans sa classe depuis un certain nombre d’années et s’occupait régulièrement de sa filleule, - c’était tout de même une certaine expérience-, ses remarques étaient toujours tournées en dérision : avoir un enfant, à soi, c’est une toute autre affaire. Elle n’avait pas voix au chapitre, tout comme Anne qui avait embrassé la même profession. Encore un sujet de discorde, d’ailleurs, cette profession, soit dit en passant… On ne manquait pas de leur clouer le bec à la moindre réflexion sur le monde du travail ! Comparé au privé, l’Education Nationale est un milieu tellement favorisé (sécurité de l’emploi, vacances…) qu’elles ne pouvaient pas comprendre ! Forcément…

Sophie prend une longue inspiration ; le bouillon commence à lui monter à la tête ! Ras le bol, des « tu ne peux pas savoir » ou « tu ne peux pas comprendre » ! D’autant qu’elle sait ce que c’est que d’assumer des enfants à plein temps, tout comme Anne qui a partiellement élevé les enfants de son « ex » !

- Peut-être, mais j’ai connu des mères et des grands-mères qui ne se seraient jamais laissées exploiter ! Tiens, ma tante, il lui arrivait de garder ses petits-enfants, mais si cela lui allait bien, à elle. Quand elle en avait envie. Et pas seulement pour rendre service… Les baby-sitters, ça existe.

- Et ça coûte cher, pour de jeunes ménages !

Sophie la regarde, interdite. C’est Isabelle qui dit ça ? Alors que son fils est fondé de pouvoir au Crédit Agricole et sa belle-fille expert-comptable ? Ils n’ont pas les moyens de se payer une baby-sitter ?

- Arrêtez… Arrêtez de vous plaindre… Isa, si tu gardes les petits, c’est que tu le veux bien ! Pareil pour toi, Cathy… Avoue que ça ne te déplaît de garder le magasin de Thibault. C’est que quelque part vous y trouvez votre compte !

Isabelle rougit de fureur :

- Tu ne crois pas que je préfèrerais me payer du bon temps, comme toi qui revient encore de voyage, plutôt que de garder des gamins qui ne savent pas obéir ?

- Mais non ! Tout est une question de choix, dans la vie !

La révolte gronde ; elle est sur le point d’exploser… Isabelle et Catherine ne peuvent accepter ce discours. Elles sont victimes et revendiquent haut et fort ce statut. On doit les plaindre !

Florence ne dit rien. Elle n’est jamais très bavarde mais Sophie la trouve particulièrement mutique aujourd’hui. Elle n’est ni mère, ni grand-mère ; enfin pas vraiment… Sans doute estime-t-elle ne pas avoir son mot à dire dans ce domaine. Elle a pourtant des raisons de se plaindre, même si ce ne sont pas les mêmes que les autres : un mari autoritaire, intransigeant et volage qui n’a rien trouvé de mieux que d’héberger sous leur toit sa fille d’un premier mariage, avec son mari et leur bébé de huit mois. Un jeune couple sans revenu, pas vraiment décidé à entrer dans la vie active, mais qui profite sans scrupule de tous les avantages de la situation depuis plus d’un an : logis, nourris, blanchis et une baby-sitter gratuite à l’occasion, et sans jamais proposer le moindre coup de main. Florence subit tout cela sans trop se rebeller se confiant à ses amies quand elle n’en peut plus. C’est comme une soupape de sécurité. Sophie lui a déjà suggéré de ruer dans les brancards, de cesser de tout accepter, d’exiger qu’on la respecte ou à défaut, de plaquer tous ces profiteurs et de quitter le domicile ; elle a une retraite correcte et largement les moyens de s’assumer seule, après tout ! Mais voilà qui a toujours fait ricaner Florence : pas si facile, qu’est-ce qu’elle croit ? En tant que célibataire, Sophie ne peut pas savoir… D’abord, il lui faudra trouver le courage de sauter le pas, d’affronter la fureur de son mari quand elle devra lui annoncer qu’elle veut le quitter. Et puis après, elle se retrouvera seule. Sait-elle seulement ce que c’est, Sophie, la solitude ? Elle qui a la chance de vivre avec sa sœur avec qui elle s’entend à merveille ?

Agnès a fait son entrée, étouffant la discorde dans l’œuf. La remarque de Sophie est déjà oubliée. Presque. Agnès porte un de ses sempiternels tailleurs pantalon. Cheveux gris, coupe classique, quasi-réglementaire chez les plus de 60 ans : à la garçonne ! On se lève, on s’embrasse, on s’inquiète :

- Alors ?

- C’est bon, tout va bien.

Agnès se laisse tomber sur son siège en soupirant.

- Je n’en peux plus ! Ah, quelle journée ! Papa m’en a fait voir de toutes les couleurs et je viens d’apprendre qu’une grande amie souffre d’un cancer du sein. Entre ça et tout ce qui se passe partout, franchement, il n’y a pas de quoi se réjouir !

Sophie hausse les épaules :

- Les infos, il ne faut pas les écouter.

- Il faut bien se tenir au courant.

- Je ne les écoute jamais et je suis quand-même au courant de ce qui se passe. Une fois par jour, j’ouvre Internet et ça me suffit.

- Moi, j’ai besoin de la radio et de la télé pour me tenir compagnie.

- Tu pourrais aussi écouter de la musique… mais si tu préfères te polluer et te rendre malade avec les mauvaises nouvelles, tant pis ! C’est ton choix. C’est ce que je disais tout à l’heure ; tout est une question de choix. Et je ne vous parle pas de choix karmique ; je sais que vous n’y croyez pas vraiment.

Il y a un échange de regards perplexes dans l’assistance. Sophie les dévisage tour à tour avant de poursuivre :

- Vous êtes toujours en train de vous plaindre et d’envier les autres, ceux qui vont bien. Pour vous, on dirait que ce n’est pas normal. C’est suspect. A cause de ça, depuis un moment, je me sens en porte-à-faux. Excusez-moi, mais j’ai un peu l’impression que ça va nous porter la poisse !

Sophie hoche la tête :

- C’est vrai qu’Anne et moi, nous avons de la chance…

Elle ne peut qu’en convenir. Elle en remercie d’ailleurs la Providence chaque fois qu’elle le peut !

- Mais bon, vous oubliez aussi les inconvénients de notre situation ! Notre société est très normative, et ce n’est pas toujours confortable d’être marginal. Même si nous l’avons choisi, il nous arrive d’en être victime et d’en souffrir.

Sophie s’arrête, à la recherche d’un trait d’humour susceptible d’alléger l’atmosphère :

- Regardez, mise à part toi, Agnès, quand il y a une panne à la maison, vos maris peuvent s’en occuper ! Je ne vous parle pas de la panne de voiture : en tant que femme seule, on ne peut pas dire que les garagistes te prennent au sérieux, quand encore ils ne cherchent pas à t’arnaquer !... Et par ailleurs, sentimentalement, quand vous avez envie d’un câlin, vous avez ce qu’il faut sous la main ! C’est cool, non ?

Avec un sourire hésitant, Sophie enveloppe ses amies d’un regard tranquille.

- Oui, je suis convaincue que tout est une question de choix, conclut-elle. Et aussi qu’il est toujours temps de corriger, de dire stop quand ce que l’on vit ne nous convient plus. Alors peut-être qu'avec Anne, grosso modo, on fait les bon choix.

Cette fois, elle pense avoir tout dit et se tait. Elle a réussi à exprimer son ressenti, à leur dire pourquoi elle ne se sent plus en phase, pourquoi elle n'arrive plus à les plaindre. Elle est soulagée. Elle ne leur en veut pas. Elle n’est pas en colère. Elle est satisfaite d’avoir délivré son message, mais se désole de ne lire que de l’incrédulité dans les yeux de ses amies.

Alors elle soupire, hausse les épaules et secoue la tête :

- Je crois que vous ne pouvez pas comprendre, murmure-t-elle.

Un long silence s’installe. Pesant. A la limite du supportable. Sophie a-t-elle précipité la fin de leur amitié commune ? Elle s’en voudrait, mais en même temps, elle ne regrette rien. Elle a dit ce qu’elle devait dire.

Et soudain, une petit voix s’élève, mal assurée, mais parfaitement audible :

- Si. Je commence à comprendre.

Tous les regards convergent vers Florence, tapie dans le recoin le plus obscur de la salle, presqu’invisible. Noir sur noir… Elle se redresse, offre son visage à la lueur d’une applique. Son regard sombre, toujours un peu triste, mais tranquille et imperturbable, capture les prunelles interrogatives de Sophie :

- J’ai quitté Philippe, annonce-t-elle.

Après quelques secondes de stupéfaction, une explosion de joie salue la nouvelle. Florence ne peut s’empêcher d’en rire.

Sophie saute au cou de son amie :

- Quand ? Quand est-ce que tu l’as quitté ?

- Tout à l’heure. J’ai profité qu’ils étaient tous partis pour le week-end. J’ai rempli ma voiture. Tout est là, dehors. Tout ce à quoi je tiens.

Les quatre amies se regardent, partagées entre la joie et la stupeur. Pour être une bonne nouvelle, c’en est une, mais qui soulève une tonne d’interrogations :

- Et tu vas aller où ?

Florence baisse la tête, hésite :

- Ben… Je comptais un peu sur vous pour trouver une solution provisoire, avoue-t-elle. Au pire, je pourrais aller à l’hôtel.

La proposition soulève une salve de protestations, sincères ou polies :

- Tu rigoles ? objecte Sophie. Tu vas venir chez nous ! On a une chambre libre. Comme ça, tu pourras voir venir. Et si tu veux, on retourne chez toi, s’assurer que tu n’as rien oublié !

Elles s’embrassent tandis que Florence laisse filer quelques larmes de bonheur et de soulagement.

- Merci…

- C’est normal. Je me sens un peu responsable de toi, après tout ce que je t’ai dit. Je suis heureuse que tu ais fait le bon choix…

- Le bon choix ?

Le regard et la voix de Florence trahissent encore quelques doutes. Rien de plus normal, au seuil du grand saut !

Sophie lui étreint la main avec puissance et conviction :

- Tu t’es choisie. Tu as décidé de t’aimer et de te faire du bien. C’est ça, le bon choix.

St Genis, le 27 juillet 2016

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24 juillet 2016 7 24 /07 /juillet /2016 20:13
Panaderia O Forno, Alquezar
Panaderia O Forno, Alquezar

Chose promise …

J’ai trouvé des recettes de Dobladillos, voici un mixte qui me paraît pas mal !

Si vous voulez vous lancer, à vos fourneaux !

Moi sûr et certain, je vais tester.

Recette des dobladillos

Ingrédients pour la pâte :

  • un verre d’eau
  • un verre d’huile d’olive
  • un demi verre de sucre (roux)
  • 4 verres de farine
  • un sachet de levure chimique

Ingrédients pour la farce :

  • Sucre (toujours du roux)
  • Cannelle
  • Miel
  • Amandes moulues

Recette des dobladillos

Passage à l’acte :

Acte I, la pâte

Mettre dans une casserole, l’eau, l’huile et le sucre, porter à ébullition.

Retirer du feu et lorsque le mélange a tiédi, ajouter la farine à laquelle on aura mélangé la levure.

Malaxer jusqu’à obtenir une pâte lisse, qui ne colle plus aux doigts (selon la nature de la farine utilisée il est possible de devoir ajuster la quantité, donc dans un premier temps en réserver un peu sur la quantité prévue !).

Mettre la pâte à refroidir complètement et la recouvrir d’un linge légèrement humide pour éviter que la surface sèche.

Acte II, la farce

Dans un bol mélanger le sucre, la cannelle. Dans un autre récipient préparer les amandes moulues et réserver à part le miel.

Acte III, la mise en place

Lorsque la pâte a complètement refroidi, fariner le plan de travail et diviser la pâte en plusieurs boules (on doit pouvoir en faire une seule !).

Étaler la pâte en rectangle, déposer le miel au centre, les amandes sur le pourtour pour faire « barrage » et disposer au-dessus le mélange sucre cannelle.

Replier (d’où le nom Dobladillos, de doblar, plier) les côtés de manière à obtenir un rectangle parfait et hermétique.

Dorer à l’œuf ou à l’huile !

Cuire 25 à 30 minutes à 200°

Chocolat de l'Artica, Alquezar
Chocolat de l'Artica, Alquezar

Il est possible de les fourrer au chocolat, dans ce cas faire fondre une tablette de chocolat (bien chargé en cacao) dans un peu de rhum (ça c’est chez les Longville, les autres pourront mettre de l’eau, les sots!) et utiliser le chocolat en lieu et place du miel. Je serais assez tentée de conserver les amandes !

Bon appétit et envoyez-nous vos commentaires !

Do

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22 juillet 2016 5 22 /07 /juillet /2016 14:16

Nommer quoi que ce soit répond à un besoin clair, faciliter l’identification.

Nommer une région doit donc permettre de situer cette région sur l’hexagone et d’en cerner les caractéristiques essentielles.

Or si vous recherchez des renseignements sur l’« Occitanie », vous constaterez que cette partie de la France Romane dont la particularisme s’est forgé autour de la langue d’Oc, n’a jamais inclus ce qui correspond au département des Pyrénées Orientales identifié sous l’appellation Roussillon au moment où il fut cédé à la France lors du traîté des Pyrénées en 1659.

Autant dire que jusqu’à cette date le Roussillon n’a jamais rien eu de commun avec l’Occitanie, faisant partie à part entière de la Catalogne !

Carte de l'Occitanie, les PO n'y figurent pas !
Carte de l'Occitanie, les PO n'y figurent pas !

Que la vérité historique se reflète dans le nom de la région est donc une nécessité et arguer du fait que la voix démocratique s’est exprimée pour nommer la nouvelle région est une stupidité. La proportion d’occitans étant majoritaire, on ne pouvait s’attendre à autre chose. Encore que ! Le bon sens aurait pu prévaloir.

Nous observons avec un œil critique, depuis quelques mois le combat pour l’indépendance des catalans du Sud et les velléités d’une minorité de catalans du Nord décidés à faire sécession. Est-ce raisonnable ? Nous avions été interloquées en constatant que les catalans du Sud avaient envisagé participer au vote pour la détermination du nom de la nouvelle région, cela n’avait pas de sens.

Pourquoi est-ce donc si difficile de faire simple, juste ?

En tout cas, si l’on avait voulu jeter les catalans du Nord dans les bras de ceux du Sud, on n’aurait pas pu faire mieux que de choisir de ce nom d’Occitanie.

Mais peut-être ont-ils voulu cela pour nous mettre à la porte de la région ?

Ou alors envisage t’on de nous donner un statut identique à celui de la Corse ? On peut rêver !

Occitanie, NON

Si nous ne nous sommes pas exprimées sur le nom que nous voulions pour cette région c’est parce qu’ayant tenté de voter à plusieurs reprises, cela s’est révélé impossible les connections étant saturées les trois quart du temps. Parano ? Peut-être était-ce voulu ! Mais, nous qui sommes parisiennes aux multiples origines, nous avons choisi de venir vivre en Roussillon, pas en Occitanie ! Et cela a été une évidence qui nous a pris aux tripes lorsque nous avons reçu le nouveau canard chargé de faire la promotion des atouts de la nouvelle région. J’ai eu envie de le renvoyer à son expéditeur, finalement il avait fini à la poubelle d’où nous l’avons repêché tout à l’heure après avoir vu que des contestataires préconisaient de renvoyer tous nos exemplaires à madame Delga ! (adresse en fin d'article)

Voilà, c’est fait ! Occitanie, c’est cuit !

Vive Occitanie-Pays Catalan !

Et puis au cas où la catalogne du Nord se rallierait à la Catalogne du Sud, nous avons décidé de nous mettre au Catalan. Nous nous sommes équipées et la motivation est là !

Réagissons tant qu’il est temps, tant qu’il nous reste encore quelque espace de liberté parce que là aussi il y a de quoi s’angoisser !

Do

*Madame Carole Delga

Hôtel de la région

22 bd du Maréchal Juin

31400 TOULOUSE

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21 juillet 2016 4 21 /07 /juillet /2016 16:42
Au cas ou vous ne seriez pas au courant le professeur Joyeux devrait être radié de l'ordre des médecins à la fin de l'année civile en cours.
Quand les lobbies pharmaceutiques, les affairistes sont aux commandes, vous pouvez bien avoir sauvé d'innombrables vies, rien ne compte !
Mensonges, calomnies, tout est bon.
Voici donc un lien permettant d'avoir accès à la dernière lettre du professeur Joyeux.
Ne la loupez pas, elle contient en plus une foule d'informations dont nous pouvons tous tirer profit !
Bonne lecture
Do
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21 juillet 2016 4 21 /07 /juillet /2016 16:23

Il y a une bonne vingtaine d’années, alors que nous séjournions en Alsace, j’avais été amenée à consulter un médecin pour des piqûres de tiques sur les conseils d’un pharmacien qui s’était refusé à me donner un quelconque désinfectant au motif que les tiques véhiculaient, je le cite : « une maladie invalidante peu reconnue par le corps médical français ».

J’étais sortie de la consultation avec un traitement antibiotiques, préventif, de 15 jours et des précisions sur cette affection dont je n’avais jamais entendu parler mais qui était prise très au sérieux en Alsace et plus spécialement outre Rhin où les tiques proliféraient.

Le médecin qui m’avait reçue à l’époque avait fait preuve de qualités pédagogiques certaines, dispensant ses informations sous forme de dessins très évocateurs.

Si le signe avant coureur de la maladie de Lyme est théoriquement une rougeur circulaire qui se développe autour du point de piqûre, ce symptôme passe généralement totalement inaperçu. En premier lieu parce que l’inflammation ne se manifeste pas immédiatement (parfois même au-delà du délai de 30 jours généralement admis par le corps médical), on a le temps d’oublier, ensuite parce que, les zones les plus exposées étant les membres, le cercle inflammatoire est si éloigné de la morsure qu’il a juste l’aspect d’une banale traînée rougeâtre !

De retour à Perpignan, la généraliste qui me suivait avait jugé la prise d’antibiotiques inutile, tout au plus l’avais-je amusée avec mes explications.

A l’époque, il est évident qu’elle ignorait tout du sujet.

Où sont les tiques ?
Où sont les tiques ?

Ce qui est affligeant, c’est que 25 ans plus tard, les choses n’ont pas changé.

La maladie de Lyme est toujours aussi mal diagnostiquée, la prise en charge des malades est un vrai parcours du combattant et la prévention est totalement nulle, pour preuve les faits suivants.

Pour une idée plus précise de ce que vivent les malades infectés par cette sale bestiole, 2 clics :http://lejour-et-lanuit.over-blog.com/2016/07/lyme-le-cri-d-alarme-de-100-medecins.html

http://lejour-et-lanuit.over-blog.com/2016/06/ma-vie-brisee-par-une-tique-emission-mise-au-point.html

Il y a environ 2 mois, un ami, fan d’escalade, a été piqué par des tiques, plusieurs morsures sur des zones exposées. Averties, nous lui avons conseillé d’aller consulter un médecin pour avoir un traitement antibiotiques préventif. C’était un dimanche, il s’est rendu au service des urgences de l’Hôpital Percy à Clamart. Percy est une unité médicale traitant toutes les pathologies et même si leur grande spécialité reste l’accueil et les soins aux grands brûlés, ils sont pointus dans tous les domaines, hématologie, neurologie etc.

Il n’en est pas moins vrai que ce jeune est ressorti de la consultation sans aucun traitement, « on ne fait pas de prévention ! » lui a t’on dit !

Voilà, alors que l’on diagnostique très mal la maladie de Lyme, que l’on ne sait pas vraiment la soigner, on continue de vous ressortir les mêmes conseils, qui ne servent à rien et l’on se refuse à anticiper sur les faits en prescrivant des antibiotiques (que l’on met par ailleurs à toutes les sauces).

Maladie de Lyme, à quand la prévention ?

Soit !

Si par malheur pour vous, vous vous faîtes piquer par des tiques et qu’aucun médecin ne veut vous prescrire d’antibios, voilà de quoi vous préserver d’éventuelles et funestes conséquences.

Appliquer dans un premier temps une goutte de Tea Tree sur la piqûre et renouveler l’application. Ensuite prendre une capsule matin, midi et soir d’Oléocaps n° 1 pendant 7 jours, cette médication contient des composants dont de l’huile essentielle d’origan. L'HE d’Origan (goût plutôt désagréable en bouche) contient des phénols et du Thymol, composés chimiques intervenant dans la lutte contres les principes infectieux et boostant les défenses immunitaires de l’organisme.

Surveillez ensuite de très près vos piqûres !

Dernier conseil, lorsque vous allez en forêt, que la zone soit infectée ou non par les tiques mettez au sommet du crâne une à deux gouttes de HE Tea Tree (ou sur un chapeau). Vous pouvez aussi vous faire une lotion répulsive en préparant le mélange suivant : 2 doigts d’alcool dénaturée, 5 gouttes de HE Tea Tree, 5 gouttes de Lavandin, agitez et compléter avec de l’eau. En vaporiser sur votre chien est même une bonne idée !

Enfin, évitez les hautes herbes et de vous faufiler sous les frondaisons, portez des vêtements couvrant et inspectez-vous de la tête au pieds en rentrant !

A bon entendeur !

Do

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21 juillet 2016 4 21 /07 /juillet /2016 13:06
Le secret, Rhonda Byrne
Tous les « coachs » de vie, tous les ouvrages de développement personnel le scandent sur tous les tons : les pensées positives attirent les évènements positifs. C’est le principe de la loi d’attraction.
Les pensées ont une fréquence. Toutes les pensées envoyées dans l’univers attirent des évènements ayant la même fréquence. Voilà pourquoi, il est important de ne pas se concentrer sur ce que l’on ne veut pas, mais au contraire, sur ce que l’on veut. Visualiser ce que l’on désire, imaginer que c’est arrivé, éprouver en soi la joie et le bien-être de l’avoir obtenu, est le meilleur moyen d’être exaucé. A l’inverse, se focaliser sur ce qui ne va pas, ne peut qu’aggraver les choses.
Il est donc urgent de penser positif.
Facile à dire.
Certes.
Cela demande de l’entrainement, des rituels… comme par exemple, le matin, avant même de se lever, créez la journée que vous avez envie de vivre et réjouissez-vous d’avance ; puis tous les soirs, même quand cela ne va pas, quand le moral est en berne, et surtout dans ces moments là, cherchez un ou deux points positifs, et félicitez-vous en.
Puis remerciez.
Remercier qui ?
Qui vous voulez.
L’Univers, la Vie, Dieu. Peu importe, remerciez.
Dans ces conditions, on comprend bien que les messages négatifs dont la société actuelle nous submergent par le biais des médias ne peuvent pas nous aider, au contraire. Maladies, guerres, attentats nous submergent, nous maintiennent dans la peur et le stress. Que faisons-nous face à cela ? Nous vivons tous ces drames dans notre âme, si ce n’est dans notre chair, et dans un état d’impuissance absolue ; nous ruminons, nous commémorons, nous nous recueillons, nous honorons… Dépôt de gerbes, minutes de silence, deuil nationaux, état d’urgence… Ces évènements inspirent les artistes, écrivains, cinéastes, qui vont jusqu’à créer des scénarios encore plus noirs que ce qui se passe dans la vraie vie. Si c’est possible. Mais tout est possible, dans l’imaginaire.
Et voilà où je voulais en venir : au film, « Bastille Day », retiré de l’affiche sitôt sorti. La fiction a devancé la réalité. N’est-ce pas là une parfaite illustration de la loi d’attraction : ils l’ont imaginé ; c’est arrivé.
J’en entends déjà dire (je l’entends souvent) : oui, mais il faut bien s’informer, et puis c’est facile, quand on n’a pas de problème de penser positif. On n’est pas chez Mickey, quand-même !
Non, ce n’est pas facile, et tout le monde a des problèmes. S’informer ne veut pas dire absorber comme une éponge toute la misère du monde. Il faut s’entraîner à traquer le positif et à le mettre en valeur. Et arrêter de plomber le monde avec des pensées noires, des livres noirs, des films noirs… Arrêter de les créer ; et à défaut, de les regarder, de les lire. D’ailleurs, Johnny Hallyday le chantait déjà en 1966 : « Noir c’est noir, il n’y a plus d’espoir ! ».
Fredo
Sur le sujet : un film à voir… et un livre à lire : le secret, de Rhonda Byrne.
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21 juillet 2016 4 21 /07 /juillet /2016 11:58

Victor Hugo, par Auguste Rodin, musée Rodin, Paris

« Je ne suis pas de ceux qui croient qu’on peut supprimer la souffrance en ce monde, la souffrance est une loi divine, mais je suis de ceux qui pensent et affirment qu’on peut détruire la misère. Remarquez-le bien, messieurs, je ne dis pas diminuer, amoindrir, limiter, circonscrire, je dis détruire. La misère est une maladie du corps social, comme la lèpre est une maladie du corps humain, la misère peut disparaître, comme la lèpre a disparu. Les législateurs et les gouvernants doivent y songer sans cesse, car, en pareille matière, tant que le possible n’est pas fait, le devoir n’est pas rempli ».
Victor Hugo.
Sans commentaire. Fredo

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16 juillet 2016 6 16 /07 /juillet /2016 12:56
Roncal
Roncal

La France n’est maintenant plus très loin et le radieux soleil nous invite à la rêverie. Nous envisageons quelques randos à mettre au programme des jours à venir au Pays Basque. Nous avons un temps envisagé de filer sur Pampelune par la Foz de Binies où une belle marche nous tentait jusqu’à ce que l’on nous en dissuade fermement.

« Una carretera que es une preciosidad pero muy peligrosa ».

Vale !

Si c’est dangereux, on n’insiste pas, nous découvrirons cette merveille par un autre itinéraire une autre fois ! Nous prenons le chemin du retour, via Roncal où nous faisons une première halte.

Aragon-Navarre, jour 10, El Ultimo !

Gros bourg de montagne, la météo fait mentir le guide. Pas de brume ou de brouillard, la beauté du coin n’a rien de mélancolique ou d’austère. Nous repérons tout de suite les énormes cheminées rondes coiffées d’un toit rappelant les espantabrujas aragonaises. Ville natale du célèbre ténor Julian Gayarre, (totalement inconnu de nous, et vous ?) après en avoir découvert les points d’intérêt nous finissons au cimetière pour découvrir le mausolée du chanteur érigé à la fin du XIXe siècle. Le moins que l’on puisse dire est que le sculpteur s’est « lâché ». Le Bernin n’aurait pas fait mieux. La « Musique » y est figurée inconsolable par la mort du chanteur que pleurent Harmonie et Mélodie pendant que le génie du Renom étend ses ailes sur le cercueil !

Mausolée de Julain Gayarre
Mausolée de Julain Gayarre

Bigre ! Nous en restons baba, on s’interroge aussi sur cette curieuse représentation de Jésus trouvée sur une tombe « ordinaire » ! Lui aussi semble ébranlé !

Aragon-Navarre, jour 10, El Ultimo !

Nous reprenons la route pour Isaba, village qui se révèle très sympa.

Roncal, bis.

Cela monte, descend, il faut regarder où l’on met les pieds car le sol en galets bien que d’un bel effet est périlleux. Certes nous commençons à en avoir la pratique mais le moindre écart est douloureusement sanctionné.

Ochogavia, un des ponts
Ochogavia, un des ponts

Nous avons beau retarder l’échéance la frontière approche, Ochagavia sera notre ultime halte ibérique et notre belle salle à manger ! Il paraît que l’église est belle, bon ! Nous nous arrêtons plutôt pour admirer les intérieurs des halls d’entrée des demeures. Toutes les portes sont entre-ouvertes, les sols de galets cirés donnent l’illusion de tapis et accueillent des décors rustiques parfois cossus, signes extérieurs de richesse ?!

Entrée particulière
Entrée particulière

Nous remarquons aussi una estacion patatera et il me revient avoir lu que dans ces villages de montagne, les récoltes étaient ainsi mises à l’abri, collectivement !

Estacion patatera
Estacion patatera

Nous allons regagner le fourgon quand un objet incongru attire notre attention !

Oeuvre d'Art !
Oeuvre d'Art !

Un gros ballon orangé se balance au gré du courant du rio Salazar, est-ce un clin d’œil à l’Euro de foot ? Nous en doutons toutefois car partout où nous sommes passées l’Euro ne semblait pas marquer les esprits. Pas l’ombre d’une « Fanzone », pas de retransmission dans les bistrots, pourquoi ce ballon ? Pour surveiller le niveau de l’eau ? En cas d’inondation ne va t’il pas se coincer sous une arche et faire bouchon ?

Nous rodons à la recherche d’une explication quand nous avisons un affichage. Bingo !

Ce ballon est une œuvre d’art ! Nous devons cette intervention artistique à Albert Gusi … ainsi lit-on : "L’artiste a placé ce ballon géant de plage pour stimuler notre imagination et notre perception de l’environnement … sa taille est conçu pour en interdire l’escalade, le déplacement y compris le passage sous les ponts !"

La France n'est plus loin
La France n'est plus loin

Reparties sans avoir poussé jusqu’à la Musquilda, un promontoire qui a accueille un lieu de pèlerinage nous filons vers la frontière et tous nos espoirs de découverte du Pays Basque sous le soleil s’envole.

Notre chemin de la scierie !
Notre chemin de la scierie !

Sous la pluie, dans les nuages nous nous demandons un bon moment où est la frontière.

Si état d’urgence il y a, toutes les forces de l’ordre doivent être concentrées sur les stades.

Pas de douanier, de contrôle policier, même pas de panneaux indiquant que nous sommes en territoire français mais juste un indice, ça saute, ça cahote, c’est plein de trous. On se croirait chemin de la scierie !

Nous sommes en France !

Evidemment c'était il y a maintenant quelques 3 semaines, sans nul doute tout est-il bouclé aujourd'hui ! Do

Et un grand merci à Jean Paul Dugene dont le blog a constitué pour nous une mine inépuisable de renseignements pour préparer notre découverte!

http://www.jpdugene.com/index.html

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15 juillet 2016 5 15 /07 /juillet /2016 15:53

Et voilà, ce matin, le fourgon grognon ne veut rien savoir ! Il fait pourtant bon, aucun excès de chaleur ; il n’a pas roulé hier… Il devrait démarrer au quart de tour ! Mais non. Il n’y a pas à dire, la situation se dégrade. Claude et Michèle vont-ils devoir renoncer à ce dernier jour de balade ? Certes, nous pouvons faire comme la veille et nous rendre tous les quatre à bord du Ptibus pour la dernière visite, mais tout le monde est bien conscient que c’est reculer pour mieux sauter. Claude enchaîne les tentatives infructueuses, et c’est finalement Dominique, après avoir visualisé le rayon « Cristal Diamant » (oui !) sur le moteur malade, qui réussit à le faire démarrer. Il ne reste plus qu’une solution : rentrer en France par l’itinéraire le plus rapide, c'est-à-dire sensiblement celui de l’aller, d’une traite, et sans couper le moteur. Cela risque d’être galère, mais il n’y a pas le choix.

Nos routes se séparent donc. Nous, nous continuons encore un peu, car nous comptons passer la frontière du côté du Pays Basque. Passées le moment des embrassades, chacun saute dans son fourgon et nous roulons de conserve jusqu’à l’autovia Pampelune, Huesca… On sort les mouchoirs… A bientôt !!! On recommencera, c’était chouette…

Foz de Lumbier
Foz de Lumbier

Tandis que Claude et Michèle entame le retour infernal vers Lapalme, nous gagnons le village de Lumbier, pour découvrir la Foz de Lumbier, une gorge spectaculaire du rio Irati. L’accès se trouve à environ deux kilomètres du village ; un parking payant marque le début de la réserve naturelle. Ensuite, la découverte se fait obligatoirement à pieds et est accessible aux poussettes et aux fauteuils roulant sur la partie basse. Il est possible d’effectuer une boucle de 5,5 kms, en revenant par le haut des falaises. Nous, en ce qui nous concerne, nous n’avons pas sorti les chaussures de marche et nous préférons nous contenter du petit parcours : 2,6 km.

Aliens...
Aliens...

Le défilé des gorges est long de 1,3 kilomètre ; le sentier emprunte une ancienne voie ferrée, et est particulièrement aisé, si ce n’est la traversée de deux tunnels. Pas de problème à l’aller ; le parcours est ombragé par la falaise et nous conservons une certaine visibilité dans le noir. Au retour, c’est une autre histoire : nous passons sans transition du grand soleil à l’obscurité totale, complètement aveuglées. Heureusement que Dominique a sa lampe de poche !

La ligne de chemin de fer qui longe le cours du Rio Irati, fut la première ligne électrifiée transportant des passagers d’Espagne. Entre 1911 et 1955, elle reliait Pampelune, Aoiz et Sangüesa, sur un parcours de 58 kilomètres. Aujourd’hui, c’est 6 kilomètres de voie verte qui occupent ce parcours spectaculaire.

bruitres en sentinelles
bruitres en sentinelles

Aucun dénivelé, un sol bien nivelé, toutes les conditions sont réunies pour profiter pleinement du ballet incessant des maîtres des lieux : Bruitres (Percnoptères d’Egypte) et vautours. Ils sont incroyablement nombreux, encore plus que sur le site des Mallos et nous mitraillons tous azimuts. On peut en observer en vol, dans les nids, à flancs de falaises, perchés au sommet, piquant un petit roupillon… Il y en a partout, partout. Des gros et aussi des plus petits : pinsons, choucas et martinets noirs. On peut aussi, parait-il, y observer le mythique gypaëte barbu (il n’y a pas qu’eux, nous aussi, on en a, dans la réserve de Jujols, d’abord…), mais notre œil n’est pas assez exercé pour les reconnaître en vol. Nous sommes fascinées et en oublions presque d’admirer le paysage, somptueux, les hautes falaises de calcaire entre lesquelles rugissent les eaux incroyablement émeraudes de la rivière.

Pont médiéval à Burgui
Pont médiéval à Burgui

Arrivées au bout du défilé, nous faisons une brève tentative pour aller admirer le Puente del diablo, vieux pont médiéval ruiné, mais le sol nous parait trop instable et nous y renonçons. Il aurait fallu prévoir les chaussures de marche. Tant pis. Nous revenons sur nos pas et récupérons le Ptibus pour revenir à Lumbier où subsiste un autre pont, en parfait état, celui-là. Nous ne visiterons pas le village. D’autres sont prévus.

Nous reprenons la route vers Navascues, puis Burgui, où nous faisons halte pour nous restaurer. Nous sommes toujours en Navarre, mais à la limite de l’Aragon. Ici, les villages rappellent un peu ceux du pays basque : les maisons sont blanches, majoritairement et abondamment fleuries. Les noms sont écrits dans deux langues, castillan et une autre, aussi bizarre que le basque ; c’est peut-être ça ?

Après manger, nous faisons quelques pas dans le village. Comme dans tous les autres, les ruelles sont couvertes de pavés allongés où il vaut mieux s’abstenir de courir ou de porter des talons aiguilles. Là encore, on peut admirer un superbe pont médiéval. Décidément, il y en a partout.

Vue générale sur Anso
Vue générale sur Anso

Après cette halte, retour en Aragon pour gagner la vallée de Anso… Nous traversons Garde, joli village où nous ne nous arrêtons pas, mais nous pourrions ; il doit aussi en valoir le coup. Mais il faut bien faire un choix ; on ne peut pas tout voir la première fois ! La route de montagne est assez étroite et sinueuse. Nous franchissons un col, retrouvons l’Aragon (belle route en Navarre, plus étroite et endommagée en Aragon ! Mais c'est une exception car d'une façon générale, le réseau routier est excellent partout) et redescendons rapidement sur Anso où, pour l’instant nous ne faisons que passer. Juste un bref arrêt pour s’assurer que le camping est bien ouvert (il est désert). La réponse est positive ; nous allons revenir !

monastère de Siresa
monastère de Siresa

La route qui conduit de Anso à Hecho traverse une autre sierra, mais la route est plus large et plus facile ; nous franchissons un nouveau col, redescendons sur Hecho que nous traversons pour gagner directement Siresa, petit village qui s’enorgueillit de posséder un somptueux monastère.

Nous y arrivons un peu trop tôt ; le monastère est fermé et n’ouvre ses portes qu’à 16 heures. Qu’à cela ne tienne, nous nous baladons dans le village et nous nous installons à la terrasse d’un café pour boire un coup en attendant. L’ambiance est sympathique, mais la menthe est trop forte, limite buvable.

Il est 16 heures, et le monastère n’ouvre pas. Nous découvrons qu’en pareil cas, il faut aller sonner à un endroit précis, de l’autre côté du village (le soleil tape dur et la motivation est faible) ; et encore, il n’est pas certain qu’ils viennent ouvrir ! Le week-end, oui, mais en semaine, rien de moins sûr. Alors…

église de Anso
église de Anso

Nous décidons de repartir sans voir le monastère (il faut aussi avouer que, nous commençons à être en overdose d’églises) et regagnons Hecho où nous faisons quelques pas sans enthousiasme. Il ne nous reste plus qu’une chose à faire : revenir à Anso, qui nous a vraiment tapé dans l’œil, s’installer au camping et aller visiter le village.

Aussitôt dit, aussitôt fait. Nous nous installons sur le terrain de camping, toujours aussi désert. Nous avons tout l’espace pour nous seules. L’ambiance est montagnarde et fleure bon les pins. Nous adoptons peu à peu le rythme espagnol : nous nous installons à l’ombre, en attendant que la chaleur tombe un peu et sur le coup de dix huit heures, nous partons à la découverte de Anso, très justement classé parmi les plus beaux villages d’Espagne.

Fontaine, à Anso
Fontaine, à Anso

Rues pavés, jolies maisons blanches généreusement fleuries, fontaines, plaza Mayor, et ambiance sympathique. Nous trouvons une petite épicerie pour nous ravitailler en eau… Une autre boutique vend des spécialités du coin : fromage de brebis et tarte au miel ; on achète ! Il faut goûter aux spécialités locales. Nous nous asseyons un moment sur la place, pour l’ambiance. On est vraiment bien ici. Ça donne envie de se poser.

Plaza Mayor Anso
Plaza Mayor Anso

C’est au cours de nos déambulations dans cet adorable village de montagne que nous parvient le SMS de Claude et Michèle : bien arrivés à Lapalme, un peu « nazes » (on s’en doute), mais entiers ! Michèle a dopé le chauffeur à coup de fruits secs. Un bon plan.

Nous sommes contentes pour eux. Nous retrouvons notre petit camping. Un peu plus tard, un couple d’espagnols vient s’installer, à bonne distance de nous. Nous sommes à une cinquantaine de kilomètres de la France, par le col de la Pierre Saint Martin, au dessus d’Oloron Sainte Marie. Mais nous ne sommes pas pressées d’y retourner.

Très sympa, ce coin. On y reviendra, tiens !

Fredo

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14 juillet 2016 4 14 /07 /juillet /2016 17:13
Aragon-Navarre, édition spéciale, Huesc'Arts

Lorsque nous avons découvert Huesca, de prime abord nous fûmes déçus surtout par une absence de vie peu habituelle en ce pays. Le patrimoine bâti, selon l’expression consacrée, est beau, il est aisé de le découvrir en suivant un itinéraire matérialisé par des panneaux didactiques retraçant l’histoire de la ville et son évolution.

Ville romaine, place-forte musulmane, capitale de l’Aragon après la reconquête, la ville fut le théâtre de heurts sanglants en 1837 lors de la première guerre carliste (genre guerre de succession). Quasiment 100 ans plus tard, tombée sous le joug des troupes franquistes, elle fut de nouveau ensanglantée.

Aragon-Navarre, édition spéciale, Huesc'Arts

La fondation « Ramon y Katia Acin » tout en retraçant et préservant l’oeuvre de ces 2 artistes, s’est donnée pour but de rappeler aux générations actuelles la mémoire et les valeurs qui ont marqué les générations contemporaines de cette époque tourmentée.

Humaniste, pédagogue, Ramon Acin s’est battu pour défendre la liberté de penser, d’agir, « la mort de l’intelligence facilite l’esclavage » disait-il ! Développer raison et entendement, favoriser l’accès à la culture seule source de liberté pour « une classe laborieuse maltraitée » fit de lui l’homme à abattre !

caricatures de Ramon Acin
caricatures de Ramon Acin

En ce qui me concerne, j’ai assez vite trouvé un fil conducteur à cette visite de ville en découvrant sur un mur aveugle une gigantesque peinture murale.

L'Oeil Fratelli Moca
L'Oeil Fratelli Moca

Quelle symbolique y voir ? Je n’en sais guère plus aujourd’hui, il faudrait chercher !

Je suis juste en mesure de vous apprendre qu’elle est la réalisation d’un artiste de rue Fratelli Moca et s’inscrit dans le cadre d’un projet fédérateur voulu par la municipalité de la ville afin de revitaliser le centre historique de Huesca.

Le cœur historique a été divisé en secteurs, chaque secteur a fait l’objet d’études débouchant sur la mise en exergue d’une problématique : friches industrielles à réhabiliter, chantiers de restauration de bâtiments à envisager, espaces murales à habiller … si vous voulez voir ce que cela donne, clic !

https://youtu.be/GnGFvqUaUk0

Aragon-Navarre, édition spéciale, Huesc'Arts

Une association a vu le jour, Re-Gen, et fédère tous les acteurs de cette reconquête du centre ville. Voisins, entreprises, commerces, communauté gitane, écoles ... chacun participe et est informé via un site Web ouvert à tous, des actions en cours, des besoins en matériels, des idées ! Les initiatives sont collectives mais chacun peut donner à l'entreprise un cachet qui lui est personnel.

Belle dame, Bhurton
Belle dame, Bhurton

Ventes de T-Shirts, récupération, détournement d’objets, tout est bon pour recréer un cadre de vie inédit et que chacun peut s’approprier puisqu’il a œuvré à sa création.

Des artistes ont offert leur concours et certaines façades sont devenues leurs lieux d’expression transformant certaines artères en musée de plein air.

Bhurton, Girafe à sa fenêtre
Bhurton, Girafe à sa fenêtre

Il en est un qui m’a tapé dans l’œil, Edward Bhurton !

La femme à la fenêtre, La girafe …

Bhurton, que la lumière soit !
Bhurton, que la lumière soit !

… l’enfant à l’ampoule

C’est inventif, il y a de la profondeur, de la lumière et une maîtrise du geste phénoménale surtout si l’on sait qu’il peint à la bombe (300 sprays en moyenne pour un tableau) !

Aire de repos sur une ancienne friche
Aire de repos sur une ancienne friche

Voilà, finalement c’est facile de bouger !

Il faut juste se dire que c’est possible et cesser de procrastiner en se trouvant des tas de mauvaises raisons pour ne pas bouger. J’imagine bien que certains, parmi les inventeurs du concept, auraient pu se dire que d’autres qu’eux en récupéreraient le mérite (nous avons bien connu ça à propos d’une opération nettoyage que nous voulions voir démarrer sur le village) pourtant ils l’ont fait, la municipalité de Huesca les a soutenus, d’autres se sont engouffrés dans la brèche et ça marche !

D’autres chantiers sont en cours d’élaboration et nul doute que ce n’est pas près de finir !

Et si on copiait sur Huesca ?

Do

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