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15 juin 2019 6 15 /06 /juin /2019 19:02

Je suis Charlie !

NON, je ne suis pas Charlie, pas plus au moment des attentats contre Charlie Hebdo que pour rien au Monde nous cautionnions, l’horreur intégrale, qu’aujourd’hui !

Encore moins aujourd’hui d’ailleurs car là on ne pouvait tomber plus bas.

Que dire de la couverture de Charlie Hebdo ?

Salace, macho, il y a encore un sacré « boulot » à faire pour que la condition de la femme émerge des bas fonds où d’aucuns la cantonnent !

Immonde, j’ai honte pour eux.

Nous avons honte pour eux car sans nous être concertées nous avons eu la même réaction épidermique.

Non décidément on ne peut pas rire de tout mais ce faisant ce sont eux qu’ils salissent, traînent dans la fange !

 

Do et Frédo

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15 juin 2019 6 15 /06 /juin /2019 15:25
Il y a parfois des choses que l'on ne peut exprimer, des sentiments enfouis au plus profond de soi qui nous empoisonnent et nous empêchent de vivre pleinement ce que nous avons à vivre.
Pas toujours facile de dire ce que l'on a sur le cœur, n'est-ce pas?
Alors pourquoi ne pas l'écrire?
Depuis quelques mois, je prends la plume de temps en temps, pour coucher sur le papier ce que je n'ai jamais pu vraiment extérioriser… J'écris des lettres que je n'enverrai sans doute jamais, à des amis perdus de vue, des personnes que j'ai aimées sans avoir eu le temps de le leur dire, d'autres qui m'ont déçue où que je n'arrive plus à comprendre, avec qui je ne suis plus en phase. Parfois, le destinataire n'est plus en état de recevoir de courrier, comme cette lettre que j'ai eu envie d'écrire  aujourd'hui, et que je vous livre dans son intégralité!
 
A Michel Serres
 
Le 15 juin 2019

 

Monsieur,
 
Vous voilà parti.
Hélas, pour vous, pour vos proches, et pour nous tous. Car s’il me plaît à penser que vous avez gagné des cieux plus cléments où vous aurez encore un rôle important à jouer – ce dont je suis certaine-, votre départ me fait une peine immense et laisse un vide sidéral dans notre environnement culturel.
Il y a déjà pas mal d’années de cela, vous avez éveillé en moi le désir de renouer avec la philosophie. En effet, comme tous les futurs bacheliers, j’ai été initiée à cette science en terminale, mais après avoir obtenu un lamentable 3 au bac (oui, je l’avoue, et alors ?), je pensais que le divorce entre la philo et moi était consommé.
Et puis il y a eu, fin 1991, cette passionnante série documentaire à la télévision (il y en a parfois!),  « Tours du monde, tours du ciel »,  où j’ai découvert votre regard pétillant sous les sourcils broussailleux et votre accent savoureux fleurant bon le sud. Vos commentaires étaient lumineux, à tel point que je me suis lancée dans la lecture de vos livres. Difficile à lire, le « contrat naturel » n’en a pas moins influencé le contenu des enseignements que je destinais à mes élèves.
Voilà comment je commençai à prendre goût à la philo ; la graine avait germé!
 
Aujourd’hui, j’ai compris pourquoi l’enseignement de la philo ne m’a rien apporté en terminale. Elle nous était enseignée comme une science morte. J’ai le sentiment que l’on s’y prend à l’envers en commençant par présenter les œuvres des grands philosophes. Ne vaudrait-il pas mieux commencer par proposer aux étudiants de débattre sur des sujets, (le bonheur, la violence, l’amour, la haine, etc…), l’enseignant jouant le rôle de l’animateur et enrichissant les échanges de pensées, de réflexions des grands maîtres de la philosophie ? Cela doit faire un bien fou de découvrir que l’on pense comme Spinoza, non ? C’est très encourageant !
Le problème, c’est que dans notre système, l’enseignant doit (tient à ?) demeurer celui qui sait et qui dispense la connaissance à l’élève, censé ne rien savoir. Il y a pourtant longtemps qu’en maternelle où j’exerçais, nous partons du principe que l’enfant n’est pas un sac vide qu’il faut remplir ! Et d’ailleurs, depuis quelques années, les ateliers de philosophie fleurissent dans les écoles primaires ! Certains doivent se dire que c’est stupide d’envisager de philosopher avec des enfants de cinq ans, et pourtant, ça marche ; ils ont plein de choses à dire. Frédéric Lenoir, que j'admire aussi beaucoup, en sait quelque chose!
Nous savons tous échanger des idées, développer un point de vue, justifier, expliquer… Ma grande découverte, c’est que nous pouvons tous philosopher ! Evidemment, pas aussi bien que vous, je l’admets.
Mais vous avez raison, « la philosophie, c’est la joie ».
L’enseignement de la philo a peut-être changé aujourd’hui, je n’en sais rien. Je l’espère. En mieux ? En pire ?
Vous dites qu’aujourd’hui, l’école n’apporte plus à un enfant que 7%  de son savoir. Elle est tombée si bas ? C’est effrayant, non ? Le reste du savoir lui est apporté par ce que vous appelez « la société pédagogique » (et peut-être aussi un peu par les familles ???), autrement dit, les divers médias, télévision, Internet, réseaux sociaux, etc. Bref, de quoi véhiculer et faire ingurgiter pas mal de « fake-news ». Pardon, je veux dire des « bobards ». Vous préférez et moi aussi.
Pas étonnant que près de 10% des français croient encore aujourd’hui que la terre est plate (non, je ne m’en suis pas encore remise !).
Monsieur Serres, la médiocrité ambiante me désespère.
Quand on voit la quantité de fautes d’orthographes qui émaillent de nombreux textes (même courts !) circulant sur les réseaux sociaux, on a une idée de l’ampleur du désastre.
Lorsque je vois disparaître des cerveaux comme le vôtre, je me surprends à craindre le pire pour notre culture, notre démocratie, notre civilisation.
Quelle relève, pour demain ?
Aurons-nous une population d’analphabètes, perfusée d’aides sociales, robots-moutons ayant perdu tout sens critique, esclaves de l’argent, de la société de consommation, des lobbies pharmaceutiques et de la grande distribution, robots-casseurs parfois, manipulés par une minorité de privilégiés qui n’aura jamais perdu de vue, elle, l’importance de la culture et du pouvoir qu’elle procure ?
Qu’allons-nous devenir si vous aussi, les « Immortels », vous nous lâchez ?
Bon, vous l’avez dit, être pessimiste ne sert à rien.
Il faut adopter un optimisme de combat. Je n’ai pas grand pouvoir, mais peut-être qu’en exprimant ce que je pense, je sème quelques graines, moi aussi ?
Un grand merci, Monsieur Serres, pour tout ce que vous nous avez apporté et que vous nous apporterez encore.
Michel, comme ils doivent être heureux de vous retrouver, « là-haut », et quelle chance pour eux !
Frédérique
 
 
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14 juin 2019 5 14 /06 /juin /2019 17:28

En février de cette année Michel Serres présentait dans le cadre de l’émission La grande Librairie son dernier ouvrage « Morales espiègles », nous venons de visionner la vidéo de l’émission, un régal.

Si cela vous tente, juste un clic.

https://www.bing.com/videos/search?q=la+grande+librairie+michel+serres&view=detail&mid=D53D65C40740435498B8D53D65C40740435498B8&FORM=VIRE

Mais avant quelques pensées qui font du bien glanées au gré de l’émission et qui nous ont touchées, en vrac et pas du tout chronologiquement, en commençant par la vibrante déclaration d’Amour de Michel Serres à la Paix et à l’Europe. 

Savez-vous que depuis l’origine des temps, historiques évidemment, l’Humanité a été en paix 5 % du temps de son histoire ! D’où la gratitude éperdue de Michel Serres pour l’Europe qui nous a apportée depuis plus de 70 ans la paix car « La paix est exceptionnelle » et d’ajouter ce que nous devrions méditer « la Guerre c’est la mémoire, la Paix c’est l’oubli ». Lui n’a pas oublié,en 1930 dès ses 4 ans il a connu la guerre et son cortège d’horreurs, Guerre d’Espagne, 39-45, Algérie, Vietnam ! Quitter l’Europe est une fausse solution à nos problèmes, une conduite suicidaire selon lui car le problème majeur de notre Humanité est environnemental, « nous sommes en danger de détruire notre environnement ! ». « On ne peut laisser le Monde tel qu’il est, il faut le voir lucidement … Être pessimiste ne sert à rien, le pessimiste est « ronchon ». Il faut opter pour un optimisme de combat, être lucide et agir ! ».

Michel Serres a connu aux USA la genèse des nouvelles technologies dans la Silicon Valley et ce qui fut un grand espoir est devenu le problème XXXL que l’humanité a à affronter, « il faut payer le prix a un progrès donné ! ».

L’Internet portait l’espoir du partage, aujourd’hui les réseaux sociaux sont devenus les agents d’un lynchage virtuel, notre grand ennemi est la tyrannie des GAFAS, ces entreprises les plus puissantes du Monde de l’Internet. Derrière ce sigle se cache Google, Apple, Facebook, Amazon (et accessoirement on y rajoute Microsoft).

Face à leur tyrannie Michel Serres nous suggère deux solutions.

La première est d’ordre juridique, les états s’attellent à démanteler la puissance des GAFAS. La seconde est personnelle, c’est aussi la plus facile. Il suffit de ne jamais ajouter foi aux mensonges et d’essayer de répandre la vérité en rectifiant, en les contrant. Nous sommes nombreux, nous avons le pouvoir face aux bobards, face aux fakenews en restant critiques, lucides, en sachant toujours nous mettre à la place de la victime avec une seule vraie motivation : « se tirer de la merde ».

De toute façon « si la question vient de l’autre, la réponse vient de nous ! ».  L’heure est au combat de résistance et si nous avons à nous battre c’est contre les comportements, les attitudes, ce que l’on nomme « la conduite » pas contre la personne.

Cette interview est une mine de petites phrases à méditer, savourer, en voici un panel.

« Rien n’est pire que la tristesse »

« La philosophie, c’est la joie … »

« L’intelligence rajeunit, la bêtise vieillit »

« Si on ne désobéit pas, on n’invente pas … il faut inventer sa vie », chacun a au fond de soi quelque chose qui résonne en lui, à nous de le trouver.

Et une petite dernière ...

« La morale, c’est la non violence … l’accès à la morale par le rire est la meilleure option ».

Michel Serres s’est aussi penché sur le don et la dette.

Le don réciproque, ce qui est prêté doit être rendu. Le don transitif pour tout ce qui nous est donné mais que l’on ne peut rendre comme la vie donnée par les parents, le savoir acquis grâce aux enseignants …

Une dette se rembourse au prêteur, on ne rembourse pas un don à un donateur !

Tout ce que l’on a reçu mais que l’on ne peut rendre directement nous avons à le transmettre à d’autres ! Les savoirs que nous acquérons doivent circuler autour de nous en ne se limitant pas à sa seule famille. Transmettre ne se réduit pas à faire écouter à son enfant la musique que l’un de nos parents aimaient, nous pouvons transmettre une philosophie de vie, des savoirs qui mènent à la connaissance, l’amour reçu !

Merci Michel Serres sans doute faîtes vous des heureux de l’autre côté !

Do

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10 juin 2019 1 10 /06 /juin /2019 19:15

Aimer la vie, s'aimer !

1

S'aimer? Emilie s'en était toujours bien gardée. Ne lui avait-on pas seriné dès son plus jeune âge qu'elle se regardait un peu trop le nombril ? Elle avait toujours entendu prôner la nécessité de cultiver l'humilité ; sa grand-mère surtout, ne manquait pas une occasion de lui rappeler son insignifiance. Elle avait donc fini par admettre que, sans doute, elle n'avait que peu d'importance.

Adolescente, ceux que sa famille qualifiait de petits « branleurs » l'avait séduite. En leur compagnie, la vie pétillait, elle avait le sentiment d'exister. Malheureusement son parcours scolaire s'en était ressenti. En fin de seconde, Emilie s'était découvert une passion pour l'horticulture, réalisant qu'elle s'était trompée d'orientation. Que n'avait-elle déclenché en annonçant ce soudain engouement et son intention de passer un bac pro ! Découragée, elle avait baissé les bras et continué cahin-caha sa scolarité. Bac en poche - après la session de rattrapage, ne manquait-on de lui faire remarquer ! - majorité atteinte, elle avait quitté sa famille pour se joindre à un groupe de marginaux qui, eux, ne la traitaient pas comme quantité négligeable.

A défaut d'horticulture, Emilie avait trouvé un emploi de « femme à tout faire » dans une jardinerie. Le salaire n'était pas phénoménal mais lui laissait la possibilité de se payer quelques petites fantaisies, d'autant qu'elle n'avait aucun problème de loyer. Un jour chez l'un, une semaine chez l’autre, elle se constituait un petit pécule et avait vu la vie en rose lorsque son employeur lui avait proposé le studio laissé vacant par le gardien. Cerise sur le gâteau, une des horticultrices, l'avait prise sous son aile, se régalant à lui dévoiler les bases du métier.

Lorsque Juan était apparu dans la vie d’Émilie, sa « tutrice » comme elle se plaisait à désigner Christine, était devenue sa confidente ; cette mère de substitution avait perçu immédiatement le danger que cet homme représentait pour la jeune femme.

Mâle dominant dans la bande, il avait jeté son dévolu sur une Émilie éblouie d'être préférée et prête à tout pour conserver son statut de favorite !

Querelles d'amoureux puis scènes de jalousie s'étaient succédées, cependant la jeune femme finissait toujours pas l'excuser ; au moins était-elle aimée !

Juan ne supportait pas Christine qu'il accusait de chercher à asseoir son pouvoir sur Émilie ; aussi, ne savait-elle comment manœuvrer pour alerter sa jeune amie sans provoquer une crise qui lui aurait fait perdre le contact. Elle avait profité d'un cambriolage survenu à la jardinerie pour lui conseiller de mettre ses quatre sous d'économies sur un compte épargne. L'affaire avait été rondement menée et dans la foulée, Emilie, sans trop savoir pourquoi, avait confié à son amie quelques papiers et documents qui lui tenaient à cœur.

Peu de temps après, Emilie disparut sans laisser d'adresse, désertant son poste de travail, ne prenant même pas la peine de vider entièrement le studio. Ce fut Christine qui s'en chargea ! 

2

La petite famille grimpait vaillamment le chemin qui traçait à flan de coteau sa voie vers l'estive. Rien ne semblait pouvoir venir à bout de la détermination des 2 jeunes garçons fortement motivés par une possible rencontre avec les marmottes. Elles avaient selon toute vraisemblance dû sortir de leur hibernation ! La première halte près du petit lac, lieu de prédilection de ces petits mammifères, était donc ardemment attendue d'autant qu'elle serait l'occasion de casser une petite croûte !

Ils abordaient le dernier raidillon avant le replat qui surplombe la vallée de l'Orry quand le chien stoppa net face à un homme grand et maigre, vêtu en tout et pour tout d’un saroual plutôt défraîchi et d’une paire de rangers.

Il grommela un vague bonjour puis s'enquit d'une manière abrupte de leur destination avant de poursuivre son chemin, apparemment satisfait de la réponse.

- « C'était qui le monsieur ? » demandèrent en cœur les 2 garçons qui venaient de débouler du sous-bois où ils batifolaient.

- « Sans doute un des babas qui viennent ici pour les sources chaudes ! Allez, sus aux marmottes ! ».

- « Pourquoi lui as-tu dit que nous nous arrêtions au lac ? »

- « Ben, c'est vrai ? Non ? Et puis quelle importance ? »

L’en-cas avalé, chaque enfant avait repris son barda, les parents avaient échangé les leurs et la troupe était repartie vers le refuge, dernière halte avant leur but ultime, le vieil orry. Dans son porte-bébé, la plus jeune randonneuse de la bande donnait de la voix, maintenant bien éveillée au grand dam de son père qui en avait hérité.

La vallée venait de dévoiler le sommet pyramidal du Nou Founts quand un concert de sifflets éclata pour la grande joie de tous. Les marmottes s'étaient juste trompées de rendez-vous ! Un dernier effort et la grillade tant attendue était à leur portée. Restait à mener à bien la collecte de pignes, de branchages et à faire le plein d'eau. 

Chacun s'affairait quand un cri étouffé se fit entendre ; la gamine étant scrupuleusement entrain de déguster la flore locale, sa mère n'y prêta pas attention ! Les garçons devaient chahuter. Elle venait de s'asseoir près de sa fille quand le cri se fit entendre de nouveau. Elle attrapa la petite, la cala sur la hanche et s'achemina vers le refuge dont la partie réservée aux bergers était verrouillée. Elle pensait avoir rêvé quand retentirent quelques coups secs  et un appel feutré ! Elle contourna vivement la bâtisse et avisa une ouverture en hauteur.

- « Y'a quelqu'un ? »

- « Aidez-moi ! »

Ne prenant pas la peine de répondre, elle repartit à toute allure, appelant à pleine voix son mari.

- « Y'a quelqu'un dans le refuge qui appelle au secours, là-haut ! T'as rien entendu ? »

- « Si mais je pensais que c'était la petite ! »

Au moment où ils atteignaient la construction, les garçons arrivèrent ventre à terre traînant derrière eux un vieux sac à dos.

- « Regardez ce qu'on a trouvé ! »

- «Lâchez ça, c'est dégoûtant ! Et venez, on a besoin de vous ! »

Quelques instants plus tard, ce qui faisait office de table ayant été placé sous la fenêtre, ils découvraient à l'étage, allongée sur le sol, une jeune femme entravée !

Les évènements s'emballèrent. Il leur fallait s'éloigner au plus vite pour se mettre en sécurité, après avoir toutefois résolu un problème crucial : leur inconnue était pieds nus ! Trop en vue, ils décidèrent d'éviter l'orry et remontèrent le long du torrent pour tenir un véritable de conseil de guerre.

Après avoir tenté de comprendre ce qui avait conduit leur protégée au refuge, un plan d'attaque fut dressé qui, au grand désespoir des garçons, zappait le pique-nique. Premier acte, retourner au refuge pour récupérer le sac à dos trouvé par les garçons et contenant vraisemblablement les tennis de la jeune femme ; autant dire un grand moment d'angoisse ! Acte deux, regagner la civilisation, les communications ne passant pas !

3

En quittant la jardinerie, Emilie et Juan s'étaient joints à un groupe de marginaux qui écumaient la vallée de la Têt et ses multiples sources chaudes. Ils vivaient de petits boulots dans des camping-cars rafistolés ou faisaient la manche. Très vite Emilie tenta de faire comprendre à son compagnon que cette vie ne lui plaisait pas, mais en vain. Elle envisageait de le quitter cherchant avec de plus en plus de détermination comment fausser compagnie à la bande. Mettant à profit les renseignements glanés ici et là, elle tentait de donner le change et croyait avoir endormi la jalousie maladive de Juan quand il lui proposa une virée jusqu'à l'estive, jusqu'à l'Orry. Marcher n'étant pas son truc, elle refusa.

Une volée de coups s'abattit sur elle et c'est dans un état second, terrorisée par la violence qu'elle lisait dans le regard de Juan qu'elle se retrouva sur le chemin qui grimpait au refuge. Arrivés sur place, il la fit monter dans le grenier où les bergers gardaient leurs quelques possessions au sec en saison, la déchaussa avant de l'attacher et de disparaître.

Lorsqu'Emilie eut terminé son récit seul le silence lui répondit ; son auditoire était médusé ! Les garçons furent les premiers à récupérer.

- « On dirait un film de bandits ! » chuchota le plus jeune.

- « Ouais, c'est géant ! »

Un plan fut échafaudé qui n’enthousiasmait pas du tout Emilie : redescendre par le chemin pris à l'aller, au risque de croiser Juan qui, selon toute vraisemblance, était allé récupérer des affaires personnelles. Il fallut lui expliquer longuement qu'il n'y avait pas d'autre solution. Si par malheur ils le croisaient, ce dernier verrait ce qu'il s'attendait à voir : la famille entrevue à l'aller !

En effet, lorsqu'en montée leur route avait croisé la sienne, les garçons étant occupés dans le sous-bois Juan n’avait rencontré qu’un couple avec un bébé et un chien. C'est donc ce même équipage qui allait redescendre !

Au terme d'un long conciliabule ils mirent leur plan à exécution. Les deux femmes échangèrent vêtements et chaussures, la meilleure des « couvertures » étant la fillette dans son porte-bébé dont Emilie venait d'être chargée. Les deux garçons et leur mère allaient emprunter le GR 10 pour atteindre un village plus haut dans la vallée. Le trajet, pas trop technique et présentait l'avantage de rallier un gîte d'étape toujours ouvert où les garçons et leur mère seraient en sécurité. Quant à Emilie et son compagnon d'infortune, histoire de limiter le risque de mauvaise rencontre, ils rattraperaient à partir du lac la piste carrossable, un itinéraire plus long mais offrant une chance de se faire prendre en charge par d'éventuels automobilistes !

Au moment où le couple se mettait en marche, Emilie craqua, terrorisée à l'idée de paniquer et de mettre en danger la vie de l'enfant qu'elle portait ! Lorsqu'elle comprit que le couple ne changerait pas d'avis, elle se résigna et se mit en marche, émue aussi de la confiance qu’on lui témoignait. 

4

Les saisons s’étaient écoulées depuis ce jour mémorable et en ce superbe jour d'automne, de son perchoir, Emilie cherchait à entrevoir la piste où elle avait cru vivre ses dernières heures il y a quelques années, en quittant le refuge avec le bébé dans le dos. Elle avait imaginé une rencontre avec Juan, vaguement envisagé de tomber sur un 4/4 de chasseurs mais en aucun cas ne s'était préparée à croiser l'un des vieux camping-cars lancé à l'assaut de la piste défoncée.

En apercevant le véhicule bariolé débouchant de l'épingle, Emilie s'était statufiée, le cœur battant à tout rompre. Son compagnon l'avait alors empoignée sans ménagement, l'obligeant à continuer la descente tout en manœuvrant pour rester toujours à sa hauteur.

A l'instant précis où ils allaient se croiser, le véhicule stoppa et le chauffeur les héla !

Le cœur aux bords des lèvres, Emilie vit son complice avancer avec détermination vers le camion, non sans lui avoir enjoint de continuer son chemin. Elle s'éloigna les jambes en flanelle, n'osant se retourner, inquiète de voir la conversation s'éterniser. Elle avait reconnu les occupants plutôt du genre excité. Le chien devait le sentir car il grondait, ramassé sur lui-même aux côtés de son maître.

Elle avait progressé d'une centaine de mètres quand une galopade derrière elle lui mit le cœur aux bords des lèvres, elle accéléra le pas incapable de penser.

- « Tu passes le turbo ?! Ils voulaient savoir comment était la piste plus haut. Je les ai rassurés mais y'a un hic, s'ils ne peuvent passer les ornières, on risque de les retrouver derrière nous ! »

- « Qu'est-ce qu'on fait ? »

- « On trace, vite fait, passe moi la gamine. »

Ils avaient avalé un bon bout de piste quand une pétarade se fit entendre derrière eux. Terrorisée, Emilie stoppa net et se précipita sur le bas-côté, l'estomac en révolution, les oreilles bourdonnantes.

- « Elle est malade la p'tite dame ? »

Un gros pick-up venait de stopper non loin d'eux ; un coup de pouce du destin !

En deux temps trois mouvements, ils se retrouvèrent coincés à l'arrière du véhicule au milieu d'un attirail de chasse, non sans avoir dû argumenter pour que le chien n'aille pas rejoindre ses congénères dans la benne !

Ballottés et passablement incommodés par l'odeur fétide qui imprégnait l'habitacle, ils commençaient à tout juste se détendre lorsque, arrivant en surplomb du village, Emilie aperçut le véhicule de Juan, garé devant l’Église.

Une crise de panique la submergea, contraignant les chasseurs, totalement déstabilisés, à les débarquer sur la piste. Ne cherchant pas à se faire préciser ce qui se passait, son partenaire lui fit rebrousser chemin pour atteindre le vieux château où débouchait l'antique chemin menant du village à l'estive, seule autre alternative pour regagner le village en évitant le parking.

A l'approche du vieux clocher républicain, fierté du bourg, il la conduisit dans une petite ruelle où un vieux tilleul ombrageait une minuscule courette, lui confia le bébé et le chien, et partit au pas de course récupérer la voiture. Jamais le temps n'avait paru aussi long à Emilie, son imagination lui inspirant les pires scénarios ; Juan refusant de bouger le camion, jouant des poings … Elle avait fini par craquer, déstabilisant complètement le bébé qui pleurait à fendre l'âme au grand dam du chien qui leur dispensait force coups de langue pour tenter de les réconforter ! 

Epilogue

Le temps avait passé. Les formalités policières bouclées avec l'aide de ceux qui l'avaient secourue, Emilie avait récupéré ses quelques possessions conservées par Christine et quitté la région pour entamer une formation d’horticultrice. Son amie avait joué à fond son rôle de tutrice et une association d'aide aux victimes de violence et son équipe de juristes, psychologues, assistantes sociales l'avaient aidée à se faire confiance. CAP en poche, elle poursuivait son chemin et avait retrouvé avec joie, et douleur aussi, cette famille que la Vie avait placée sur sa route pour l'aider à se découvrir et s'aimer !

Do

 

 

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29 mai 2019 3 29 /05 /mai /2019 19:19

Anita est une de nos amies et si nous croyions la connaître en quelques jours tout a changé. Elle s’est confiée à nous et nous avons découvert la vie d’une héroïne du quotidien, la vie de celles qui comme Héraclès portent le monde sur le dos dans la plus grande indifférence.

En quittant son Italie natale elle ne vivait pas sur un grand pied, l’après guerre n’était pas glorieux, rien ne la préparait à affronter ce que la vie lui réservait. Prendre la vie à bras le corps, remballer ses émotions et sa fierté pour se faire une petite place dans un monde qui ne lui a jamais fait de cadeau.

Elle a appris notre langue pour conquérir son autonomie et ne plus avoir à supporter ceux qui la grugeait en toute impunité, comment se défendre quand on ne parle pas la langue ?! Pendant des années, ni elle ni son époux n’ont su ce qu’était un week-end menant chacun de front un travail alimentaire, la construction de leur maison pour lui et pour elle, sans doute moins visible mais incontournable l’intendance et les enfants !

Traverser Paris du sud au nord, travailler toute la journée pour « 3 francs 6 sous » et 50 ans plus tard une retraite de 500€ (ceux qui n’ont jamais travaillé ont davantage) retrouver le soir sa famille et tout ce qui va avec, si l’on reconnaît le poids du travail qu’assume l’homme combien reconnaissent la charge de travail d’une femme ?

Anita a tout donné à son mari, ses enfants, sa famille. Rien n’était trop beau pour eux, son bien-être passait systématiquement après le leur et pourtant elle n’a jamais occupée le devant de la scène ! Elle, c’était normal !

Aujourd’hui elle qui, avoue tristement ne pas avoir été malheureuse mais pas heureuse non plus, est épuisée car en plus d’assurer le quotidien elle joue les aides soignantes d’un époux à la santé vacillante. 24 heures sur 24 elle est sur le pont car dans la vraie vie, les aidants familiaux sont seuls, il n’y a que les discours des politiques pour nous laisser croire le contraire !

Anita a souhaité faire un break, pour récupérer ! Un petit mois pour elle toute seule en 50 ans de mariage, c’est peu et pourtant. Dimanche, pour la fête des mères, certains de sa famille l’ont boudée !

Alors rappelez vous mesdames cette pensée de notre Colette !

"Le difficile, ce n’est pas de donner, c’est de ne pas tout donner ! "

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27 mai 2019 1 27 /05 /mai /2019 20:01

C'est joli le sourire d'un enfant, quel dommage que de le voir le plus souvent masqué par cette fichue "tétine", alors il m'est venu à l'esprit cette question, ne pourrait-on au moins faire en sorte qu'elle "habille" cette frimousse.

Nous avons testé avec Augustin la tétine moustache, alors pour une fille une jolie bouche, cela pourrait être rigolo !

Non ?!

Il n'en restera pas moins vrai que rien ne sera plus charmant que des petites quenottes dans une bouche enfantine.

 

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23 mai 2019 4 23 /05 /mai /2019 19:27

34 listes et autant de candidats donc !

Enfin normalement !

Le matériel de vote est arrivé chez nous et curieux constat : 12 professions de foi (puisse que c’est ainsi que cela se dit), 9 bulletins de vote.

Cherchez l’erreur, les erreurs ?

Pas d’adéquation entre le nombre de professions de foi et le nombre de bulletins de vote !

22 bulletins de vote manquants ainsi que les professions de foi correspondantes !

C’est quand même une manière d’influer sur le choix des électeurs, si je ne m’abuse.

D’autant que ce sont encore une fois les vieux routards de la politique, ceux qui ont bien souvent plein de casseroles au c.., qui sont sous les feux de la rampe.

Les mêmes causes produisant les mêmes effets il est illusoire d’imaginer que nous puissions voguer vers de nouveaux cieux si d’entrée de jeu on coupe l’herbe sous le pied de ceux qui sont (peut-être) l’avenir !

Mais est-ce légal ?

Et qu’en sera t’il dimanche, que faire si tous les candidats ne sont représentés par les bulletins correspondants ?

 

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19 mai 2019 7 19 /05 /mai /2019 19:29
Ce mardi dernier, le soleil nous a gâté et c'est avec un plaisir incroyable que nous avons déambulé toute la journée dans Girona.
Dès que l’occasion est favorable nous ne loupons pas la fête des fleurs, tous les musées, sanctuaires, monuments publics et habitations particulières sont accessibles, l’occasion rêvée pour tenter de découvrir cette ville superbe. Evidemment certaines fleurs auraient sans doute apprécié un peu plus d'humidité mais !!! nous n’avons pas boudé notre joie.
Nous faisons toujours des découvertes, par exemple il nous avait toujours échappées que Eiffel avait officié à Girona en jetant sur l’Onyar le pont des Peixateries Vellas.
Si l’harmonie règne à Girona la vie continue à lutter pour la liberté.
Un petit film pour vous faire une idée !
Do
https://youtu.be/fCUhXS0-kvU
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5 mai 2019 7 05 /05 /mai /2019 19:22

Jouxtant Sarreguemines et installé sur les rives de la Blies, frontière naturelle entre France et Allemagne, se trouve le site de Bliesbruck-Reinheim, parc archéologique européen. Dès l’âge du bronze (1200 avant JC) ce site a été occupé et les premiers qui y laissèrent la marque indélébile de leur implantation furent indiscutablement les Celtes. La communauté de peuples celtes apparaît pour la première fois au centre de l’Europe avec ce que la communauté archéologique nomme la civilisation d’Hallstatt.

Extension maximum du peuplement celte en Europe

Très présents un peu partout en Europe ils sont à la source du peuplement gaulois. On les retrouve au fin fond de l’Ecosse, en Irlande, au Pays de Galles, en Val d’Aoste, en Espagne … aujourd’hui l’héritage celte est toujours présent !

En Moselle, les celtes sont à l’origine de l’exploitation du sel et, conditions

climatiques obligent, d’une nouvelle technique d’évaporation du sel, le briquetage. A Moyenvic une cinquantaine de fours celtiques ont été mis à jour et si un jour vous faites halte à Marsal le musée du sel vous dévoilera les secrets des celtes.

En tout cas je connais un de ces secrets que je peux vous dévoiler tout de suite, Charles Perrault n’est pas l’inventeur du Petit Poucet ! Il n’a fait que reprendre une vieille légende celtique transmise de génération en génération par les peuples antiques. Une transmission faite par les chants sacrés !

Le sel à une époque où stérilisation, surgélation, congélation n’existait pas, n’avait pas de prix. Cet « Or Blanc » dûment contrôlé cheminait au long des voies antiques vers les comptoirs étrusques et les lieux où s’opéraient le contrôle des marchandises vivaient dans l’opulence. Bliesbruck est dans ce cas ce qui explique qu’en ces lieux a été mise à jour au sein d’une nécropole datant de l’âge du Fer la tombe de la Princesse ! Nous étions en 370 avant JC !

La sépulture nous a livré les nombreuses parures, les objets symboliques dont on avait gratifié la défunte dont un vase rituel.

Ils témoignent de son rang et nous ont livré un témoignage de ce qu’était cette civilisation à l’origine d’innovations révolutionnaires pour l’époque. Maîtrise accrue du traitement du fer, apparition de l’épée plate et de son fourreau, invention de la cote de mailles, invincibles les celtes ne pouvaient que partir à la conquête de l’Europe !

Les romains ont succédé aux celtes sur les lieux et vers le milieu du premier siècle avant JC une ville s’est petit à petit développée. Découvrir le parc archéologique de Bliesbruck demande d’avoir le jarret ferme et une bonne demie journée de disponible. 2 à 3 milles habitants ont vécu là dans une ville dont nous pouvons aujourd’hui nous faire une représentation très précise.

Chauffage par le sol pour les pièces à vivre, une innovation des gallo-romains qui adaptèrent aux pièces d’habitation l’hypocauste, un mode de chauffage en vogue chez les romains utilisé pour chauffer leurs thermes,

caves et celliers fonctionnels avec soupirail pour engranger les victuailles de l’extérieur, réseaux de canalisations d’eau sophistiqués, le côté sanitaire était parfaitement maîtrisé ce que confirme la découverte des thermes.

La sauvegarde du site hyper bien menée permet de se faire une idée très précise de l’organisation des bains romains !

Tépidarium, caldarium et frigidarium en enfilade
au premier plan le caldarium
réseau de canalisations

Il est certain que la découverte côté allemand de ce qui fut la Villa romaine paraît bien fade à côté de ce que nous avons pu découvrir côté français !!! Tout est net, tiré au cordeau, trop sage et les vestiges plutôt absents !

Enfin si l’on n’en est pas à sa première villa romaine et que l’on a visité les ruines d’Ampurias par exemple (voilà une idée de visite par exemple) l’imagination prend le relais !

Réseau de puits permettant de traiter les eaux usées

Si donc vous passez dans les parages ne ratez pas la visite !

Do

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2 mai 2019 4 02 /05 /mai /2019 19:54

Au fil des ans la ville de Sarreguemines a rassemblé dans les locaux du Moulin de la Blies une collection invraisemblable de machines, d’outils relatifs à l’industrie de la céramique aux XIX et XXe siècles. Ce site qui fut l’une des nombreuses unités de production de faïence à Sarreguemines, ancienne scierie devenue moulin à « cailloutage » pour les faïenceries,

la force de l’eau étant utilisée pour le broyage de la matière première, a été racheté par la ville de Sarreguemines qui en a fait le musée des Techniques Faïencières, un musée agrémenté par le magnifique jardin des Faïenciers.

La visite se fait sur 3 niveaux, nous y apprenons tout de la préparation de l’argile au biscuit, de la décoration aux finitions qui donnent aux pièces leur valeur artistique. Aujourd’hui les faïenceries de Sarreguemines, Lunéville et Saint Clément sont regroupées et si seule la faïencerie de St Clément produit encore des pièces, cela n’a plus rien à voir avec ce qui en a fait la valeur. Ces trois faïenceries sont mondialement connues et toutes les cours d’Europe ont eu à coeur d’honorer leurs invités en leurs servant les mets les plus raffinés dans du St Clément ou du Lunéville. Quel jubilation en découvrant à Vienne que Sissi à la Hofburg mangeait dans du St Clément, parce que St Clément c’est notre fief ! Encore un allez-vous penser ! Et oui car les Dampfhoffer en quittant l’Alsace pour rester français (reportez-vous à l’article intitulé « Virée dans le grand Est » ou en cliquant sur le lien suivant http://www.longville-dofredo.com/2019/04/viree-dans-le-grand-est.html) ont atterri à St Clément où ils ont sympathisé avec des Daujat–Barba qui étaient artistes et peintres à la faïencerie !!!

Sarreguemines ne fut pas en reste mais ce qui l’a fait connaître mondialement c’est le décor « Obernai ».

Un décor par impression selon les principes de la sérigraphie ou de la lithographie, plus de décors peints à la main comme à St Clément, des services de table pour « monsieur et madame Tout le Monde ».

Si vous voulez tout savoir sur la Faïencerie, un petit film de notre cru et un clic sur le lien ci-dessous !

https://youtu.be/7nh-Bo_Di9Q

 

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