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20 décembre 2021 1 20 /12 /décembre /2021 18:15

Coucou! Je sais que la plupart des gens n'aiment pas trop lire, surtout si les textes sont un peu longs... Bon tant pis... Je tente le coup! Voilà une petite nouvelle que j'avais écrite en janvier 2014, bien avant la crise actuelle... On peut voir que le thème de la décroissance me tenait déjà à cœur! Toujours est-il qu'elle me semble être plus que jamais d'actualité, d'autant que tout a déjà bien empiré! Par exemple, les trois vac- cins obligatoires pour les enfants sont passés à onze... Et il s'en profile un nouveau des plus inquiétants ; je ne le nommerai pas, vous avez compris!

 

Je remercie d'avance tous ceux qui auront la curiosité, le courage (?) de lire jusqu'au bout et de me me faire un petit retour! Andavant! Et il y aura une interro écrite!!! Ah, ah, ah!!!

 

Frédérique

 

No Pasaran !*

(On espère bien que si !...)

Les deux mains posées à plat devant lui, le président Sarkhollandzy balaya d’un regard circulaire l’assemblée de ses ministres. Sous son regard sévère, peu à peu, le brouhaha des voix diminua jusqu’à s’éteindre tout à fait, laissant place à un silence craintif et respectueux.

- Mesdames et messieurs, je vous ai rassemblés aujourd’hui pour ce conseil des ministres exceptionnel afin de faire le point sur une situation préoccupante que nous avons déjà évoquée ici-même plusieurs fois. Depuis plusieurs semaines, chacun, dans son domaine, a donc travaillé afin de dresser un état des lieux. Le moment est venu, mesdames, messieurs, de faire le point ensemble, d’en tirer les conclusions qui s’imposent et d’établir un plan d’attaque afin de contrer les tendances émergentes dévastatrices qui nous préoccupent tout particulièrement. Je vais donc donner la parole à Monsieur le ministre de l’intérieur qui va nous faire un exposé général de la situation.

Petit et rond, Emmanuel Tazère de la Gachaite se redressa vivement à l’appel de son nom, esquissant un petit salut à l’adresse de son supérieur hiérarchique avant d’ouvrir son dossier et de prendre la parole en se raclant la gorge :

- Je vous remercie, monsieur le président. Je vais commencer par un bref rappel de la situation, si vous le voulez bien. Il y a quelques mois, nous avons été alertés au sujet d’un phénomène culturel inquiétant ayant vu le jour dans nos campagnes et ayant une fâcheuse tendance à se généraliser. Nous avons tous entendu parler de monnaies locales, d’échanges de services, et autres petits arrangements locaux qui se font ici ou là en marge de l’économie traditionnelle. Ce sont des fonctionnements marginaux qui existent depuis fort longtemps et qui n’ont jamais suscité la moindre inquiétude, justement parce qu’ils restaient marginaux. Or voilà que depuis quelques temps, plusieurs semaines, voire même plusieurs mois, ces initiatives locales ont tendance à prendre une ampleur préoccupante. Bien entendu, lorsque nous avons commencé à constater que le phénomène s’amplifiait, les médias ont reçu l’ordre de cesser la publicité involontaire qu’elles leur apportaient afin de tenter d’enrayer l’épidémie. Hélas, vous savez bien sûr qu’il est très difficile de contrôler de la même façon les informations qui circulent sur le net et c’est évidemment de cette manière que le processus a pu s’accélérer jusqu’à arriver à la situation de crise que nous connaissons aujourd’hui. Mais je pense que madame le ministre de l’économie et des finances en parlera mieux que moi.

Face au ministre de l’intérieur, une longue dame brune aux cheveux sagement regroupés en chignon sur la nuque, se prépara prestement à prendre la suite de son collègue, mais le président, qui avait pris quelques notes au cours de l’intervention du ministre de l’intérieur, l’arrêta d’un geste discret :

- Juste une question, avant votre intervention, madame du Flouze, si vous le permettez ! Monsieur le ministre de l’intérieur, vous avez parlé de plusieurs semaines, voire même plusieurs mois… Ne peut-on parler d’années, dans certains cas ?

Le ministre de l’intérieur rougit comme un élève pris en faute :

- Tout à fait, monsieur le président, dans certains endroits, on peut effectivement dire que cela dure depuis des années.

- Merci. Madame, c’est à vous…

Un peu déstabilisée par cette intervention, Marilyne du Flouze, ministre de l’économie, attaqua son exposé en bégayant un peu :

- Oui… Hé bien, oui… Merci, monsieur le président. Effectivement, tout a commencé il y a quelques années dans certains petits villages de nos provinces… En Bretagne, mais aussi en Ardèche et en Ariège plus particulièrement. Les populations ont commencé à s’organiser au niveau local pour lutter contre la crise. Remplaçant progressivement les monnaies locales déjà existantes, l’échange de service est devenu le fondement de ces microsociétés. Avec un principe de base incontournable : limiter les transactions monétaires au maximum. Les valeurs avancées étaient et sont toujours : le partage, l’échange, la circulation des objets, l’entraide et la confiance. Une large place est laissée, bien sûr, au bénévolat.

Le président hocha la tête d’un air entendu :

- Oui, pour l’anecdote, j’ai entendu dire qu’un journal acheté circulait ainsi de famille en famille… De même pour les livres ; il est parait-il question de bibliothèques communautaires où le prêt de livre est totalement gratuit… On offre ses compétences, on en reçoit d’autres…

- Tout à fait. Même les vides-greniers fonctionnent sans que ne soit échangé un cent ! On fait la chasse au gaspi. Rien n’est jeté, tout est recyclé !

Au bout de la table, une petite main se leva. Elle appartenait à une jeune femme blonde aux cheveux fins tombant sur les épaules.

- Il semblerait que madame le ministre de l’écologie veuille intervenir, commenta Jacques François Sarkhollandzy. Madame, on vous écoute.

- Merci, monsieur le président… En effet, j’ai l’impression, madame le ministre, que vous déplorez cette attitude… Pour ma part, je suis à cent pour cent pour le recyclage. On jette tellement facilement, de nos jours !

- Je comprends votre remarque, madame Hulotte Pastouret. Moi-même, à titre personnel, je m’inscris tout à fait dans cette démarche, mais vous comprenez bien, madame, que ce qui est louable tant que cela reste un phénomène isolé, peut devenir catastrophique au niveau économique lorsqu’il se généralise. Car ces gens là n’ont qu’un seul mot à la bouche : non consommation. Pour eux, ce qui ne peut être réutilisé, composté ou recyclé ne devrait pas exister. Durabilité, réparabilité et mobilité durable. Que cette épidémie en vienne à toucher les grandes métropoles et c’est tout notre système économique qui s’effondre ! Que dis-je, notre système économique… Le système économique mondial, en vérité !

Baissant la tête, Nicole Hulotte Pastouret esquissa une moue dubitative.

- Vous trouvez que j’exagère, madame ? Sachez que ce mouvement s’accompagne d’une idéologie particulièrement redoutable pour nos industries. Les adeptes de cette nouvelle philosophie prônent les économies d’énergie comme seul moyen de lutte contre la raréfaction des ressources. Mais loin de se laisser séduire par les énergies propres, chères en investissement pour une rentabilité lointaine et parfois douteuse, leur solution consiste donc à limiter au maximum la consommation, à commencer par le nombre d’appareils électriques… Oui, cela parait simpliste, mais le secteur électroménager en est tout particulièrement touché! Les enquêtes menées sur place par nos agents montrent que ces individus ont réussi à réduire considérablement leur facture d’électricité, en dépit des augmentations conséquentes de ces derniers mois. Et sans aucune perte de qualité de vie. Disent-ils.

Assis à la droite du ministre de l’économie, le ministre des communications leva le bras avec impatience. Aussitôt, le président l’invita à s’exprimer d’un geste significatif. Solimane Ng’allo s’exécuta d’une voix puissante :

- Le secteur électroménager n’est pas le seul touché, monsieur le président. On note une forte baisse de consommation dans la téléphonie mobile au cours des derniers mois. Les abonnements Internet eux-mêmes accusent une courbe décroissante. Il y a semble-t-il, une volonté évidente de s’affranchir de ces technologies, jugées trop invasives par ces populations, que l’on dit rurales à tort, car il s’agit pour beaucoup d’anciens citadins. On compte aussi de plus en plus de foyers sans télévision dans les zones les plus touchées.

- Sans télévision ? fit la voix incrédule de Marcel Peyre-Pette, ministre de la justice.

Solimane Ng’Allo confirma d’un air solennel :

- Absolument. Sans télévision. Il y a d’ailleurs une forte baisse des redevances cette année. Les personnes interrogées ont expliquées qu’elles en avaient assez des programmes sans intérêt diffusés à longueur de journée sur le petit écran, allant même jusqu’à les qualifier de débiles. Mêmes les journaux télévisés, pour eux, n’ont plus matière à informer, mais plutôt à désinformer.

- Ces gens-là ne s’informent plus ? questionna le président interloqué.

- Détrompez-vous, monsieur Sarkhollandzy. Ils sont très bien informés.

Solimane Ng’Allo baissa la voix pour ajouter :

- Beaucoup mieux que les autres, en fait, monsieur le Président.

Quelques ricanements et commentaires interrompirent un instant le cours du conseil. Le président se retourna d’un air agacé vers son ministre de l’économie et des finances :

- Dans ce contexte, madame du Flouze, j’imagine que le secteur automobile accuse une certaine baisse de forme ?

- Absolument, monsieur le Président. La vente des voitures neuves a baissé partout, certes, mais plus particulièrement dans les zones rurales, là où les populations sont pourtant censées avoir le plus besoin d’un véhicule. Les gens hésitent à changer de voiture en dépit de primes à la casse, boudent les modèles trop sophistiqués, gardent plus longtemps leurs vieux véhicules, s’organisent entre eux, pratiquent le covoiturage… On remarque par ailleurs que dans ce domaine, ils évitent les sites internet consacrés à ce système. L’indépendance est leur crédo. L’autonomie, également. La fréquentation des grandes surfaces est en baisse, au profit des petits producteurs locaux. Les commerces de proximité sont favorisés et beaucoup disent que la réduction des frais de transports compense les prix plus élevés que dans la grande distribution, d’autant que les produits sont de meilleure qualité. Ils prônent le manger moins pour manger mieux !

Un silence méditatif s’installa dans l’assemblée. Le président promena un regard circulaire autour de lui avant de s’arrêter sur une petite femme boulotte dont le visage rond était auréolé de cheveux gris courts et bouclés.

- Que pensez-vous de tout cela, madame le ministre des solidarités ?

La bouche pincée, Elisabeth Donnadieu prit une longue inspiration destinée à se ménager quelques instants de réflexion, d’autant que son avis risquait fort de déplaire à beaucoup.

- Hé bien, monsieur le président, on peut dire que ces populations ont compris le sens du mot solidarité. Cette idée de ressources communes est intéressante. Ils remettent au goût du jour des valeurs trop souvent bafouées au cours des dernières décennies. J’ai entendu dire que les lieux publics étaient transformés en potagers communautaires… Les personnes démunies sont prises en charge au niveau des communes grâce à une très large implication de personnes bénévoles, chômeurs et retraités… Tout cela ressemble à une société idéale.

Pierre Glaiseux, le ministre de l’agriculture, chauve et bedonnant, bondit littéralement de son siège, le visage congestionné de colère :

- Mais totalement utopique, madame Donnadieu ! Complètement utopique ! Et qui plus est, à la limite de la légalité ! Ces gens ignorent tout bien sûr du catalogue des plans autorisés par la communauté européenne ! On ne cultive pas n’importe quoi, de nos jours ! Vos joyeux hurluberlus ont-ils seulement pris conscience de leurs responsabilités vis-à-vis de l’avenir de la société ?!

Elisabeth Donnadieu fusilla son collègue de son regard bleu :

- Beaucoup plus que certains, monsieur Glaiseux, répondit-elle froidement.

Le président réagit promptement pour ramener la paix dans des esprits qui s’échauffaient visiblement un peu trop :

- Allons, allons, du calme, je vous prie ! Monsieur Lebac, s’il vous plaît, avez-vous des remarques à faire de votre côté, en ce qui concerne l’Education ? Nous vous écoutons.

Le ministre de l’Education Nationale adressa un regard de reconnaissance au président et se pencha sur ses notes :

- Le constat est assez inquiétant, monsieur le président. Cette année, de nombreuses fermetures de classes ont dû intervenir dans les zones concernées. On constate en effet une forte chute des effectifs dans la plupart des écoles.

- Comment cela se fait-il ? fit le président, visiblement étonné. Aucune baisse de natalité n’a pourtant été signalée au cours des années précédentes !

- Non, effectivement. Les parents retirent leurs enfants de l’école. L’école ne les satisfait plus. Beaucoup vont dans le privé… Et, il y a un très fort engouement pour l’éducation en famille.

A ses mots, Sébastien Lussape, ministre de la jeunesse et des sports demanda la parole.

- On constate le même phénomène au niveau des activités périscolaires, monsieur le président… Les familles s’organisent entre elles pour garder les enfants en dehors du temps scolaire. Ni l’école, ni les centres de loisirs ne semblent plus répondre aux attentes des familles.

- Que leur reproche-t-on ?

- Pour l’école, un appauvrissement de la culture générale et une regrettable uniformisation des acquis. Quant aux activités périscolaires, s’agissant de petites communes ayant peu de moyens, il ne s’agit généralement que de garderies.

- J’ai entendu dire au cours de mon enquête, monsieur le Président, reprit Lionel Lebac, que l’école n’apprenait plus aux enfants à réfléchir, mais qu’elle cherchait au contraire à formater des individus faciles à manipuler par des gouvernements peu scrupuleux, des moutons, en quelques sortes…

- Qu’est-ce que c’est que ces conneries ? s’écria le ministre du travail d’une voix forte.

- Je vous en prie, monsieur Orsoni ! Gronda le président. Maîtrisez vos paroles, s’il vous plaît !... Bien, tout cela est inquiétant, effectivement. Et vous, madame Achivé ? Quel constat du côté de la santé s’il vous plaît ?

L’expression grave et solennelle de Roselyne Achivé était déjà une réponse en soi.

- Même constat, hélas, monsieur Sarkhollandzy. Comme dans le domaine de l’éducation, on remarque des familles désireuses de s’affranchir d’un système qui a pourtant toujours fait ses preuves. Le phénomène le plus significatif est sans doute celui des vac-cins… Le refus de vac-cination est de plus en plus fréquent, notamment le refus des vaccinations polyvalentes…

- Comment cela, refus de vac-cination ? s’indigna le président Sarkhollandzy. Et comment ces familles peuvent-elles se soustraire à ces obligations ?

- C’est qu’il n’y a pas de réelle obligation, monsieur le président. Légalement, seuls la diphtérie, le tétanos et la polyo sont obligatoires… Primo vaccination et premier rappel seulement. Tout le reste n’est que recommandé.

- Hé bien il va falloir y remédier, répondit vivement le président. Le plus rapidement possible. Voilà au moins une chose qui ne parait pas trop compliquée.

- Hum… Mais qui nécessitera un certain doigté ! Par ailleurs, je voulais ajouter que les populations concernées par le phénomène que nous évoquons sont plus enclines à pratiquer les médecines douces, l’automédication par les plantes…

- L’Europe a déjà pris conscience du problème et des mesures sont en cours à ce sujet, coupa sèchement le président.

- C’est exact. Mais il y a aussi cette attirance pour les médecines parallèles, guérisseurs, chiropracteurs…

- On se croirait revenu au Moyen-Age, ne put s’empêcher de ricaner le ministre de l’Intérieur.

- Vous ne croyez pas si bien dire, riposta Roselyne Achivé, également en charge du ministère des affaires sociales. Car ce phénomène de société va très loin et on assiste à une modification profonde des comportements. Les croyances évoluent également considérablement. La baisse de fréquentation des églises est un fait acquis depuis de longues années, dans ces régions, comme ailleurs. Mais les enquêtes ont révélé que ces populations évoluaient inexorablement vers une spiritualité indépendante… Beaucoup ont avoué pratiquer la méditation, insistant sur l’importance de cultiver la pensée positive. C’est pour cette raison, du reste, que beaucoup en viennent à bouder ces médias qui véhiculent trop volontiers la peur et les catastrophes… Comprenez-bien que dans ce contexte, nous n’avons plus aucune prise sur ces gens !

Un silence prolongé s’installa au sein de l’assistance accablé par l’ampleur du problème. Le président méditait et tous semblaient attendre une réaction de sa part. Elle vint enfin, provoquant un soulagement général :

- Hé bien messieurs dames, nous allons donc relancer la chasse aux sorcières ! Nous allons fouiller, débusquer, sanctionner et ramener tout ce joli monde dans le droit chemin de la consommation et de la croissance ! Mais dans un premier temps, il faut enrayer l’épidémie… Nous avons parlé des campagnes… Les villes sont-elles atteintes, monsieur Tazère de la Gachaite ?

- Certains quartiers, monsieur le président. Oui, on peut dire que les villes commencent à être touchées, elles aussi.

- Bien. Il nous faut tout particulièrement surveiller ce qui circule sur le net. Lancer des alertes avec des mots-clé ciblés… Eplucher les sites, les blogs, les courriels… Tout. Nous allons retrousser nos manches et légiférer, censurer, in-ter-dire ! Chacun va donc poursuivre le travail en imaginant les moyens de répression adaptés aux problèmes que nous avons évoqué. Monsieur Lebac, le problème de l’école est primordial. C’est là que tout commence, n’est-ce pas ? Il y a longtemps que nous aurions dû nous intéresser au sort de l’éducation en famille… Désormais, ce n’est pas l’enseignement qui doit être obligatoire… C’est l’école. Et pour ce qui est de la santé, secteur particulièrement sensible également, ou en est cette soi-disant pandémie en Chine ?...

Roselyne Achivé fronça les sourcils :

- Hé bien il semblerait qu’il s’agisse d’une mauvaise plaisanterie…

Le président opina lentement du chef en réfléchissant intensément.

- Dommage… Mais je pense… qu’en utilisant judicieusement le réseau Internet, nous pourrions peut-être faire en sorte que cela devienne une réalité…

D’abord interloqués, les ministres échangèrent des regards incrédules, voire désapprobateurs pour certains.

Le président se fit sévère et déterminé :

- Comprenez-moi bien, mesdames et messieurs ! Seule la peur peut ramener ces brebis égarées au bercail. Il faut qu’elles se sentent menacées dans ce qu’elles ont de plus précieux, leur santé. Et nous apparaîtrons alors comme des sauveurs ! Dites-vous bien que l’heure n’est plus aux scrupules. Nous sommes entrés dans une logique de guerre. Nous faisons la guerre à une secte d’ampleur nationale. Nous ne devons rien laisser au hasard. Il en va de la grandeur de l'état. La tâche sera rude.

Un silence accablé accueillit cette déclaration. Le président se redressa, gonflé de toute l’importance de sa fonction :

- Mesdames et messieurs, la séance est close. Nous nous retrouverons dans trois jours pour un nouveau point. Je vous remercie.
 

* « No pasaran ! », pour ceux qui l’ignorent, est le célèbre slogan prononcé par les républicains espagnols en lutte contre franquistes.

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19 décembre 2021 7 19 /12 /décembre /2021 18:36

Sans passe-sanitaire certains se sont retrouvés interdits de randos, on ne les voulait plus dans les groupes même sans avoir besoin de co-voiturage ! 😡

Du coup, nous avons décidé de proposer une fois par mois une rando à ceux que le projet séduisait !

Ce 17 décembre nous étions 12 à partir de Laroque à l'assaut du circuit des deux fontaines. Nous avons même retrouvé une aide-soignante des Valbères dont nous avions pu apprécier le dévouement auprès des résidents. 

Nous avons passé un délicieux moment, joie, chaleur humaine, Paix étaient au rendez-vous !

Trois Border-collies nous accompagnaient, que du bonheur !

Notre nouveau monde est bien vivant !

Merci la Vie

Dominique

https://www.youtube.com/watch?v=dPCBoBodQbU

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7 décembre 2021 2 07 /12 /décembre /2021 17:31
Holà!!! Le petit dernier est là!
Une question de choix...
Un roman un peu différent des autres, vous verrez!
Pour le découvrir, un seul geste, un seul clic! Et hop! Vous voilà à Noirmoutier, un de nos fiefs favoris ! Le Gois, les cabanes de bain, l'Estacade... Elle est pas belle la vie?
Le résumé, pour vous allécher un peu...
Maxime est née rebelle, de mère et de grand-mère rebelles, et construit sa vie comme elle l’entend, avec un seul objectif en ligne de mire : la liberté. Pas étonnant qu’il lui soit difficile d’admettre la soumission d’Aïda, sa meilleure amie depuis l’école maternelle, retrouvée à la faveur d’un échange de courriels après quinze longues années de silence ! Désormais éloignées physiquement, le dialogue se renoue, virtuel, offrant à chacune l’opportunité de revenir sur les choix où les non-choix qui ont guidé leur existence. Maxime a décidé de vivre ses rêves… Aïda peut-elle faire autant ? Mais surtout, le veut-elle ?
Prix public, 17€.
Livraison possible dans les PO.

https://www.leseditionsdunet.com/roman/8563-une-question-de-choix-frederique-longville-9782312087580.html?fbclid=IwAR1nxw3b5GVQzTULAKzMGiTTUWTHLfS24ScNnx8U-No_60T5DH8ebRbP4vk

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25 novembre 2021 4 25 /11 /novembre /2021 16:35

Nous voyons fleurir un peu partout des ateliers divers et variés nous proposant tout un panel d'activités qui si elles sont en soi souvent constructives pour un individu pris isolément sont, quand elles s'adressent à un public "tout venant", potentiellement à risque.

Je me souviens ainsi être allée assister à une présentation du chamanisme. Nous étions une cinquantaine de personnes et pour une grande majorité de l'auditoire tout était à découvrir.

En ce qui nous concerne, nous n'avons jamais eu à faire à un chaman mais avions quand même une certaine idée du rôle de ce dernier, par le biais de lectures mais aussi parce qu'une de nos relations vivant en Guyane nous avait relaté des séances de "soins chamaniques". Car le but est bien de remédier à des désordres plus ou moins sévères dans le fonctionnement physique ou psychique d'une personne par le biais notamment de la transe.

A la fin de la conférence le chaman avait été fortement sollicité pour une séance de tambour. Après avoir refusé, la pression étant forte, il s'est laissé aller ! Prenant, envoûtant, quelques personnes sont néanmoins parties en cours de séance.

La nuit qui a suivi a été, en ce qui me concerne, mouvementée, sensation d'être enveloppée de froid, visions désagréables, poids sur le plexus cardiaque ... je connais fort bien ces ressentis. Une âme était là et demandait de l'aide. Accrochée à l'un des participants de la conférence, nous l'avions ramenée suite à la séance avec le tambour. J'ai procédé ainsi que de coutume et l'âme a pu ascensionner !

Il y a quelques jours nous étions chez une personne pour un groupe de travail et tout de suite nous nous sommes senties mal à l'aise, oppressées. Nous avons mis cela sur le compte de tensions mais la nuit qui a suivi a fait la différence. Un passage d'âme et tout est rentré dans l'ordre en ce qui nous concerne.

Lorsque j'officie ainsi, j'interroge quand même pour avoir des arguments spécifiques à exposer à l'âme en détresse. Savoir si elle a peur, est dans le refus de sa situation, d'où elle vient ... enfin un peu ce que vous feriez si vous croisiez la route d'un enfant perdu.

Jusqu'à présent je croisais ces âmes à la dérive en visitant un cimetière, dans des châteaux, des habitations devenues de véritables sanctuaires en l'honneur de membres défunts, sur des lieux d'accidents ou dans des maisons de retraite. Or depuis quelque temps je note que des personnes se retrouvent squattées après avoir participé à toutes ces nouvelles pratiques jadis destinées uniquement à soigner.

Peut-être ne vais pas me faire que des amis mais je suis aujourd'hui très méfiante vis à vis de ces activités de groupe, ludiques mais qui s'apparentent à des soins énergétiques. Loin de moi l'idée de semer le doute quant à l'efficacité de ces soins, je pourrais témoigner de nombreux cas où j'en ai bénéficié positivement. Ce qui m'inquiète c'est que cela soit pratiqué en groupe donc avec des personnes ignorant leurs souffrances, sans ancrage et, ou multipliant les expériences ignorant parfois tout de la dimension invisible.

Biodanza, danse intuitive, circle-song, hypnose de rue ... il y a aujourd'hui une foule de prestations qui peuvent, en l'absence de cadre, présenter des risques pour des personnes fragilisées et si les animateurs sont formés, le nombre de participants ne peut permettre une prise en compte des faiblesses de chacun. Comme le disait une amie il y a peu "nous vivons tous sur une faille", plus ou moins importante certes mais une faille quand même !

Du coup, mais cela ne regarde que moi, pour m'exprimer, me libérer j'ai pratiquer le chant chorale, les danses codifiées en matière d'expression. Les mélodies, les mouvements sont certes imposés mais au moins cela offre une protection à l'ensemble des participants avec un plaisir inégalé car n'oublions pas la dimension vibratoire de la musique et le côté libérateur du mouvement ! En plus côté capacité de mémorisation, c'est excellent !

Dominique

 

 

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23 novembre 2021 2 23 /11 /novembre /2021 17:26

Village le plus méridional de France, Lamanère est notre point de départ pour nous rendre à Notre Dame du Corral. Ermitage marial situé non loin du col d'Ares, son existence est attesté dès le 10e siècle. Apparemment un village exista en ces lieux dévastés par un tremblement de terre en 1428. Le tremblement de terre dit "de la chandeleur" qui mis à bas les remparts de Prats de Mollo. Devenu poste militaire au XIXe siècle, le sauvetage de l'ermitage a permis de redonner au site sa majesté. Outre l'église de toute beauté, il fait gîte et restaurant, des dépendances permettent la tenue d'expositions ou d'ateliers "plus perchés".

Parties comme de coutume par le chemin de randonnée que nous avons emprunté un nombre incalculable de fois, j'ai eu l'idée saugrenue alors que nous avions déjà parcouru la moitié du trajet d'aller voir de plus près un panneau d'affichage un peu à l'écart sur une piste démarrant à notre gauche.

Et là, surprise, nous y lisons qu'un énorme éboulement ayant mis à mal le sentier d'accès au Coral ?!, un itinéraire bis (point A) a été ouvert. Sachant que peu avant d'accéder à l'ermitage on traverse depuis belle lurette une zone délicate, le ravin a avalé le sentier, nous n'avons pas cherché plus loin et fait ce que nous déplorons chez les autres, nous n'avons pas lu les petites indications en marge de la carte.

Nous sommes donc revenues à notre point de départ par l'itinéraire bis, 2h30 après être parties sans avoir atteint notre but.

Banal ?!

Pas vraiment car peu avant d'arriver nous avons retrouvé le même panneau (point B) et réalisé que la partie sinistrée se trouvait sur le tronçon que nous avions empruntée ... sans difficulté !!! Défaut d'affichage à coup sûr !

Qu'à cela ne tienne, nous avons avalé notre pique-nique au chaud et mis le cap sur la Chapelle Ste Christine que nous ne connaissions pas.

Site sublime sous le regard des trois tours de Cabrenç et dans un décor que l'Automne a mis en couleur de manière flamboyante.

Nous en avons pris plein les mirettes avec en bonus un arrêt à Serralongue où du haut du Conjurador, le seul restant en Catalogne nord.

Nous avons pu admirer sur 360° un panorama de rêve avec comme "Grand supervisor" notre Canigou !

Comme quoi la vie ne nous voulait que du bien. Sans ce défaut d'affichage nous n'aurions rien découvert de nouveau !

Que du bonheur finalement.

Do

 


 

 

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9 novembre 2021 2 09 /11 /novembre /2021 21:10

Petit arrêt à Marquixanes pour récupérer notre caisse de pommes Bios, 15 kilos pour 30 € et nous gagnions Catllar (prononcer Calla). La randonnée démarre par une côte au pourcentage très très impressionnant, même si c'est surtout à la redescente que les gambettes accusent le coup. Nous avons réalisé maintes fois cette balade qui a ceci de particulier, quoi que nous fassions nous n'empruntons jamais le même itinéraire car à chaque fois d'autres sentiers s'ouvrent à nous. La durée est donc variable puisque nous nous laissons porter par notre intuition, de 3 petites heures à 4 bien tassées.

Jadis cami ramader (chemin de transhumance), il est encore par endroits pavé et conserve ses hauts murs qui délimitent des parcelles aujourd’hui envahies de cistes, de lentisques pistachier, d’oliviers et de très vieux chênes !

Un paysage magique qui recèle d’autres trésors, de magnifiques cabanes de pierres sèches.

Leur taille est variée ; parfois adossées à des clapiers (amas de pierres arrachées à la terre pour pouvoir la cultiver) elles ont souvent été très opportunément coincées entre de gros blocs de pierres.

A l'évidence nous ne les avons pas toutes découvertes et pour une fois nous n'avons pas honoré notre rendez-vous avec un certain Robert dont l'urne repose dans une des plus belles cabanes du coin. Ombragée de chênes, d’une facture admirable, un renfort en protège l’arrière et double l’épaisseur des murs.

Le Pays catalan, est riche en cabanes de toutes sortes mais sur Catllar la concentration est impressionnante.

En suivant le sentier des cabanes et ses multiples extensions on finit invariablement par arriver à la chapelle où vit encore un ermite !

Le site fut occupé dès la préhistoire, dolmens et menhirs à ce qu’il paraît témoignent de cette occupation et le matériel archéologique trouvé permet d’affirmer que dès 3500 avant J.-C des hommes vivaient là.

En 968 l’église accorda la possession de ces terres à ce qui est aujourd’hui le village de Catllar. Casalono, Chasalons, Calaons, le nom a évolué mais l’esprit est resté !

Seul un reste de murailles témoigne qu’un village s’est implanté au lieu dit Els Casals, non loin du torrent à quelques encablures de la chapelle. Plusieurs fois ruinée, reconstruite, on ne peut être étonné que cette chapelle, prieuré au XIVe siècle et doté de son propre cimetière, soit consacrée à St Jacques. Celui qui est maintenant le St Patron des pèlerins a plusieurs casquettes à son actif. Protégeant des démons qui se cachent au fond des eaux et ayant vocation à retenir l’orage sur les hauteurs, on ne peut s’étonner que la chapelle lui soit dédiée de longue date. Le torrent est à deux pas et elle surplombe le plaine de Prades, la vallée de la Castellane, le Canigou et j’en passe !

De St Jacques il est possible de rallier Catllar en gagnant le village qui s’enorgueillit d’être le plus ensoleillé de France, Eus ! Quittant St Jacques, le sentier file presque à l’horizontal le long d’un ravin. Il offre de beaux points de vue sur la chapelle dont le toit interpelle et n’est pas sans rappeler celui des chapelles grecques et plonge vers la plaine à la hauteur d’un oratoire doté d’une délicieuse vierge à l’enfant.

Nous ne sommes pas revenues par Eus mais l'oratoire nous a accueillies le temps du pique-nique et c'est en cheminant au hasard que nous avons complété notre inventaire des cabanes. Trois de plus à notre actif !

Nous avons ensuite rallié St Genis où après nos quatre heures de marche nous nous sommes charriées chacune 20 arrosoirs histoire d'hydrater nos cultures mises à mal par la tramontane de ces derniers jours. Pas une mince affaire car il faut aller chercher l'eau dans l'agouille de l'autre côté du chemin. Mais le clou est que lorsque nous avons eu terminé, il s'est mis à pleuvoir !

Dominique

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6 novembre 2021 6 06 /11 /novembre /2021 21:20
Besoin de vous aérer, nous avons ce qu'il vous faut !
Aujourd'hui par une tramontane déchainée nous avons rallier le col de Panissars à Riunoguès en empruntant une infime partie du GR10 qui a le bon goût de cheminer en partie en Espagne. Nous avons donc pu échapper aux assauts de la "Tram" et de curieuses bêtes !

 

Du hameau de Riunoguès, pas grand chose à raconter, si ce n'est que l'église pré-romaine date du VIIIe siècle et que pour y arriver nous avons cheminé en grande partie sous les chênes-liège qui venaient majoritairement d'être "déshabillés".

Un grand moment de bonheur dans une belle lumière !

Si vous voulez en savoir plus sur le côté historique je vous invite à retrouver notre excellent article (mais oui, on n'est jamais si bien servi que par soi-même) où vous saurez tout ce qu'il y a à savoir sur Panissars qui vit en son temps passer Hannibal et ses éléphants !

Par contre nous avons réussi à trouver la borne frontière qui nous avait manqué en février !!! 

Dominique

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2 novembre 2021 2 02 /11 /novembre /2021 21:23

Pendant des années deux femmes et leurs chiens sont régulièrement passés devant notre maison. De temps à autre nous échangions quelques mots et puis un jour, il n'y eut plus que l'une d'elle et son chien.

Qu'était devenue l'autre ?

Nous hésitions à le lui demander les rares fois où nous rencontrions et puis un jour nous avons croisé son ex coéquipière. Nous l'avons trouvé amère, caustique. Elle nous a avoué sa douleur de se voir abandonnée par celle qu'elle croyait son amie, depuis qu'elle avait perdu son chien. Triste pour elle, nous étions tout de même indignées. La première fois que son ex copine est repassée devant la maison, nous nous sommes absorbées dans nos activités de jardinage pour ne pas avoir à lui parler.

Puis un jour, revenant pedibus d'une virée, nous sommes tombées sur son chien.

Seul !

Il est venu vers nous quand nous l'avons appelé, pas trop "fiérot".

Restait à trouver son "humaine" !

Nous n'avons pas eu à chercher longtemps et passées les effusions entre les deux partenaires, nous avons repris le chemin du village de concert.

Le trajet fut bref mais nous avons reçu une belle leçon de savoir être et réalisé à quel point émettre des suppositions, tenues ensuite pour des certitudes, était destructeur.

 

Croyant bien faire, pour éviter à son amie un surcroît de souffrance, elle n'avait plus osé lui proposer de partager la balade du chien. Elle s'était imposée cette prise de distance vis à vis de son amie pour épargner à cette dernière le crève-cœur d'une promenade sans son compagnon.

Une amie qui de son côté se croyant trahi avait alimenté sa déconvenue de son imagination.

Comme quoi, il est plus sage, lorsqu'une situation est douloureuse, de crever l'abcès tout de suite plutôt que de se jouer des scénarios catastrophes. La vérité est toujours là où nous ne la voyons pas.

Quant à nous nous avons retenu la leçon et à l'avenir nous essaierons de rester dans le non jugement, à plus forte raison quand la situation ne nous concerne pas !

Dominique

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1 novembre 2021 1 01 /11 /novembre /2021 18:05

Si certains d'entre vous, parmi les inscrits au blog, lisent encore les articles que je partage, merci de le faire savoir !

La fonctionnalité pour laisser des commentaires existe toujours et est aisée et il serait agréable d'avoir des retours directement sur le blog. Certains les transmettent oralement lorsque nous nous rencontrons, d'autres par SMS ou mail et même si c'est chouette d'avoir des retours cela ne vaut pas le commentaire direct.

Mettre des articles est long car il faut retravailler les photos (le site n'accepte pas les grands formas qui passent sans difficulté sur Facebook), et les insérer dans le cours du texte.

Dans la mesure où ces articles sont partagés sur notre compte Facebook je vous avoue manquer de motivation pour continuer sans la perspective de retours favorisant l'échange !

J'attends donc de vous lire pour déterminer la suite à donner à ce blog qui a largement dépassé ses 10 ans et mériterait de pouvoir continuer !

A plus peut-être.

Dominique

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1 novembre 2021 1 01 /11 /novembre /2021 17:58

Cette petite nouvelle sans prétention est dédiée à tous ceux qui souffrent de mal être, de maux divers plus ou moins graves.

Notre corps encaisse plus ou moins stoïquement, silencieusement puis s'exprime, comme il peut. Il trouve des maux pour le dire. La maladie !

Généralistes, spécialistes se relaient à notre chevet, sans grand succès, puis, parfois, Euréka !

Un déclic s'opère et nous comprenons que notre corps nous parle ... que rien n'est fatalité ... que même si nos ascendants semblent "se refiler" le même mal, nous n'avons pas nécessairement à en souffrir, la génétique n'ayant rien à voir là dedans !

Nous admettons que tout est possible, qu'il n'y a rien d'immuable, et là c'est gagné.

Il n'y a plus qu'à remonter le cours de la vie et écouter notre corps, nos ressentis, laisser parler notre âme !

Renaissance

Ce matin quelque chose de neuf vibre dans l'air.

Je regarde par la fenêtre et je vois, ce que je n'avais encore jamais vu. Tout a changé et pourtant je sais bien qu'il n'en est rien.

Doucement je pivote et sans me presser je gagne l'étage.

Par où commencer ?

Aller à l'essentiel dans un premier temps.

J'attrape un de mes vieux sacs à dos puis méthodiquement je dépose sur le lit mes cahiers de gratitude, mes vieux agendas, le disque dur où je compile depuis des années tous ces documents qui témoignent mieux qu'un long discours du chemin accompli pour me découvrir, celui où sont stockés photos et films. Après avoir évalué la stratégie adéquate le remplissage commence. Au prix d'un dernier petit effort, j'arrive même à y loger le gros classeur où depuis dix ans je range toutes les notes prises lors d'interrogations au pendule.

Assise sur le lit je laisse un instant mon regard errer puis, déterminée, c'est au tour du contenu de l'argentier de passer au crible. Il y a quelque temps encore cela m'aurait demandé un incroyable effort d'opérer un tri parmi toutes mes « petites choses ». Là, plus question de s'encombrer avec les vieilles loyautés familiales et amicales, Pierrot ne sera pas du voyage, ni les vieux appareils photos. Un peu plus tard peut-être, aujourd'hui j'ai court-circuité le mental. Rapidement mon vieux cartable en cuir affiche complet.

Reste le plus délicat, le contenu de l'armoire !

Aucun tri à opérer, tout suit, reste à me concilier les faveurs de la belle Delsey rouge. Elle n'aura pas trop de soufflets pour tout avaler. Silencieusement je persévère dans mon entreprise, rien ne semble devoir me troubler, pas même la sonnerie de mon téléphone. Pour la troisième fois, en moins d'un quart d'heure, elle retentit quelque part au rez de chaussée.

Pas de message, sans doute rien d'important, à moins que ce soit ma voisine à la recherche d'un chauffeur !

Tant pis !

Ce ne sera pas moi !

De toute façon elle va devoir se trouver quelqu'un d'autre.

 

Depuis mon lever les choses ont considérablement avancé. La Delsey, le sac à dos, le vieux cartable ont trouvé leur place à l'arrière du Berlingo en compagnie de quelques cartons dans lesquels j'ai remisé livres, CD et DVD favoris.

Sur le coup de 14h, foudroyée par une vieille faim, j'avale sur le pouce quatre fruits, un sandwich au fromage et deux carreaux de chocolat. Je n'ai plus de temps à perdre. Je suis une ado attardée qui s'apprête à fuguer. J'ai juste un peu plus d'expérience qu'elle et je ne perds pas de vue le côté matériel de l'entreprise.

Et puis je sais où je vais.

Je retourne chez moi.

Définitivement.

Il y a si longtemps que j'en suis partie.

Rien à voir avec un coup de tête, plutôt une prise de conscience après une longue maturation ! J'ai enfin cessé de faire la sourde oreille, j'ai entendu ce que mon corps me disait, me criait avec insistance. Il m'a fallu du temps pour comprendre, vingt, trente ans ?

Mais la Vie veillait. Lorsqu'une amie m'a parlé de "son" acupunctrice, n'ayant plus rien à perdre, complètement démoralisée par une expérience dévastatrice auprès d'un psychothérapeute, je me suis lancée.

Préparée à devoir attendre un bon moment avant de pouvoir la rencontrer, un désistement inespéré m'a réconfortée. Comment ne pas en déduire que c'était le cadeau que la vie m'adressait.

Deux jours après je me retrouvais auprès d'une petite bonne femme joviale qui m'invitait à m'asseoir à ses côtés sur un canapé douillet. D'un coup la tension qui m'habitait est tombée et avec gratitude j'ai accepté et vidé le verre d'eau qu'elle me proposait. Une conversation informelle, en apparence, s'est engagée, rien de médical. Ce que j'aimais, mes dernières lectures, les souvenirs agréables qui coloraient ma vie. Puis sans transition elle m'a demandé de lui prêter mon poignet droit ... et là je suis restée complètement baba. On se serait cru dans une réplique du Malade Imaginaire ... "Le foie vous dis-je". Et oui depuis des années, j'ai mal au foie ! Je digère mal, j'ai des crampes au niveau du diaphragme, des douleurs sourdes, piquantes ou fulgurantes. Pourtant, pour le corps médical, je n'ai rien !

De grave !

Mais cela me pourrit la vie !

Allez au restaurant, être invitée, voyager, tout ce qui met du piment dans la vie m'est un supplice. Je crains toujours de faire le mauvais choix, d'être un fardeau pour les autres qui d'ailleurs ne ménagent pas les petites piques désagréables.

 

Petit à petit, alors que je ne lui avais rien dit de ce qui m'amenait à la consulter la thérapeute a dressé le tableau de tout ce qui me gâche la vie en plus de mes problèmes digestifs. Des tendons défaillants, une difficulté récurrente à savoir ce que je veux, à décider et donc le sentiment de toujours m'effacer devant les autres. La consultation a pris un tour plus en accord avec ce que j'imaginais et je me suis retrouvée en petite tenue sur la table de soin. Au terme d'un second examen minutieux, la séance d'acupuncture a démarré.

Je commençais juste à me détendre quand une décharge électrique m'a vrillé un nerf au niveau du gros orteil, une onde de feu a remonté le long de la jambe, passé l'aine et dans la seconde qui suivait au niveau du creux épigastrique un infâme glouglou a retenti. On aurait dit un évier qui se débouche !

Ma "tortionnaire" a émis un "ah" jubilatoire avant de m'expliquer que mon corps venait de s'exprimer et confirmer ainsi son diagnostic.

Aucune pathologie grave en effet, juste une vieille colère que ma vésicule biliaire ne pouvait plus gérer d'où tous les désordres déplorés qui, le temps passant, s'amplifiaient. Mon corps mettait les points sur les i, en vain. Je suis restée à méditer ce constat pendant qu'elle se livrait au niveau du crâne à un massage divin qui a bien failli m'emporter dans les bras de Morphée.

En Colère !

Moi ?

Comment le nier ?

En colère de ne pas vivre ce que je voudrais vivre, de ne pas savoir imposer mes goûts et points de vue, de faire toujours le choix du raisonnable, de vivre là où je n'ai pas choisi !

Oui il y a en moi de la rancœur, de la rancune, des regrets qui nourrissent une aigreur dont jusqu'à cet instant je n'avais pas pris conscience. Je me croyais sage, raisonnable. Une part de moi l'était sans doute !

L'abcès a crevé d'un coup, un flot de larmes a jailli, des borborygmes inintelligibles l'accompagnaient. Madeline Romesco m'a laissée sangloter puis m'a tendu une boîte de mouchoirs, un nouveau verre d'eau bienvenu et m'a expliqué ce que mon corps tentait vainement de me dire, à sa manière. Il est évident qu'une part de moi savait déjà tout cela mais que jamais je ne me serais autorisée à l'exprimer et encore moins à passer à l'action. J'ai compris à cet instant que mon tourisme médical, une quête qui ne disait pas son nom, n'avait qu'un but. J'attendais qu'un médecin me révèle aussi clairement que Madeline et ses aiguilles qu'il était temps de me réveiller et de me donner les moyens de vivre ma vie.

 

Aujourd'hui je suis sortie de la colère car j'ai compris que je me suis incarnée pour faire l'expérience de cette vie et que toute expérience comporte un grand nombre d'étapes. Comme le chercheur confronté à un échec considère le déroulé de son expérience point par point, analyse les causes de son insuccès et modifie les paramètres pour reprendre ensuite le cours des choses, les mêmes causes produisant toujours les mêmes effets, j'ai reconsidéré ce que fut ma vie jusqu'à ce jour.

Je n'ai pas eu longtemps à chercher, je n'ai même pas eu à prendre beaucoup de recul pour analyser chaque difficulté rencontrée et comprendre ce qui était à modifier.

Voilà pourquoi je rentre chez moi !

Je suis une fille du Sud et si je vis depuis des années sur la côte atlantique, ce n'est pas par goût. Ce fut par Amour, par habitude ensuite, puis pour ne pas faire de peine, pour rester utile aux miens. La Lassitude a été ma geôlière. Impossible de faire entendre à ma famille que mon Midi me manquait. Je crevais de peine à chaque fin de vacances lorsque nous reprenions l'Autoroute des Deux Mers. Aujourd'hui, la messe est dite. Je ne les abandonne pas, je me choisis. Je retournerai auprès d'eux pour le plaisir mais ma vie n'est plus à leur côté. Dans un premier temps je m'offre le rêve de ma vie, un joli bungalow qui par la suite pourra les accueillir le temps de leurs vacances même si leur venue n'est pas pour demain. Mon départ déplaît, je suis en quelque sorte punie de vouloir vivre ma vie, mais peu importe.

J'ai déjà une foule de projets dont certains sont en passe de concrétisation, des portes s'ouvrent comme pas magie. Aide toi, le Ciel t'aidera ! C'est ma réalité, la vie m'a offert sur un plateau l'occasion de passer à l'action.

Le mobilier que je souhaite conserver va partir au garde-meubles, les enfants choisiront parmi ce que je laisse. Ce qui n'aura pas trouvé preneur sera donné, la maison vendue !

Je renais au soleil de mon midi, rien n'est impossible quand on s'aime !

S'aimer !

Cela n'a rien d'égoïste, cela est même ce que l'on peut offrir de meilleur aux autres, à l'Univers !

Dominique

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  • : Hist' toiles
  • : Nous sommes deux soeurs... L'une peint, l'autre écrit. Nous avons envie de partager nos vécus, nos ressentis, nos expériences; de témoigner... Nous aimons par dessus tout la nature, notre plus grande source d'énergie... Sur ce blog, nous vous présenterons des peintures, des livres, mais aussi des photos de nos voyages, de nos randonnées, des récits... Nous tenterons enfin de vous entraîner dans la grande aventure de notre vie: notre cheminement spirituel vers l'Amour et la Lumière.
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