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5 mai 2012 6 05 /05 /mai /2012 16:50

 

 

Le tour de France d’Anne.

Je suis née en Alsace sur les coteaux ensoleillés du petit village de Guebwiller.

Elevée par un père exigeant qui plaçait la barre très haut et ne savait pas déléguer, j’ai été certes cocoonée mais rien ne m’a été épargnée.

Audacieuse, de nature exubérante, j’affiche une prédilection pour les teintes jaunes dorées qui s’harmonisent pourtant avec mon côté bien charpenté.

Je suis ronde !

J’adore régaler mon entourage et j’avoue sans fausse modestie que je remporte toujours un franc succès côté gastronomie.

Ma réputation est telle, d’ailleurs, qu’elle dépasse les limites du village. Il m’est bien difficile de passer inaperçue même au-delà du fossé rhénan.

Cette notoriété n’est pas désagréable somme toute, mais sans aucun doute à l’origine de cette drôle d’aventure qui m’est arrivée et que j’aimerais vous conter.

 

Il y a quelques mois, j’ai séduit un homme !

Flattée par son enthousiasme, je me suis laissée aller, touchée par les attentions dont il m’entourait dès la première rencontre.

Que voulez-vous, je suis ainsi, vous pouvez me qualifier de facile !

J’assume.

Pourtant ma déception fut grande, car très vite il ne me regardait plus vraiment.

Lasse d’hanter inutilement sa cuisine, non sans soulagement, je sautais sur l’occasion lorsqu’il émit l’idée de s’en aller en ma compagnie rendre visite à un couple d’amis domicilié dans le sud de la France.

Le voyage se révéla assez décevant, l’autoroute pour rallier Lyon à Perpignan est certes pratique mais le ronron du moteur a quelque chose de soporifique.

Par contre, l’enthousiasme de l’hôtesse à mon arrivée me toucha.

Installée à la place d’honneur, troublée au bout d’un certain temps de faire tapisserie, je restais sur mon quant à soi.

Le dîner s’éternisant je dus perdre le fil des évènements car lorsque je refis surface je m’aperçus que mon compagnon avait disparu.

Le goujat !

Ayant entendu répéter lors de mon enfance que les voyages forment la jeunesse, je me résolus à passer quelque temps sous le soleil du midi qui n’était pas sans me rappeler le beau soleil alsacien.

Mes hôtes, charmants au demeurant, ne semblaient pas chagriner de me voir trainer à longueur de journée. Le temps s’écoulait doucettement et j’appréciais à sa juste valeur la fraîcheur de leur bastide qu’ombrageaient de vénérables platanes.

Un beau jour, nous partîmes un peu au pied levé rendre une visite de courtoisie à un jeune couple qui résidait depuis peu de l’autre côté des Pyrénées. Toujours partante pour la nouveauté, je me calais contre la banquette et roule Raoul !

Bien m’en prit, car ces routes de montagne me sortent par les yeux !

Je dois confesser que cela valait le coup, le chalet était situé idéalement, plein feu sur le Golfe de Gascogne, et la fraîcheur de l’air avait suffit à me requinquer.

Je ne trouvais rien à redire lorsque mes hôtes proposèrent aux deux tourtereaux de m’héberger. Le cadre était sympa et coup du sort, il y avait là, arrivée un peu avant moi une vieille connaissance à moi.

Nous prîmes un certain plaisir à parler du pays.

Je réalisais cependant que si mon père m’avait tapé sur le système avec ses dictons qu’il nous assénait de son ton pontifiant, il n’avait pas tort lorsqu’il professait que l’on ne peut avoir le beurre et l’argent du beurre.

La fraîcheur de la journée tournait au froid de canard le soir dans une cuisine très mal isolée.

De nature instable qu’aggrave une certaine mollesse de caractère, j’ai tendance à laisser mon entourage décider pour moi.

Je me retrouvais donc sans déplaisir dans leur voiture, impatiente même de découvrir de nouveaux horizons et rassurée par la présence de mon amie.

Et c’est là que les choses deviennent surprenantes !

Au terme d’un voyage éreintant, j’émergeais du 4/4 pour me retrouver, devinez-où ?

Chez le bellâtre qui m’avait largué cavalièrement sur les rivages de la grande bleue !

Sa mine stupéfaite me fit sourire mais lorsqu’il se jeta sur moi, l’œil lubrique je réalisais tout à coup que ma dernière heure était venue.

Son timbre de voix, lorsqu’il prononça mon nom, me glaça de terreur !

Anne, ma chère Anne !

Me saisissant par le col, en deux temps trois mouvements, il me transperçait et je sentis que je me vidais !

La dernière chose que je vis fut mon cadavre abandonné sur l’évier !

 

Auriez-vous pensé qu’une bouteille de Gewurztraminer, cuvée Anne, an 2000, était appelé à vivre un tel périple !

Do

 

 

 

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commentaires

M
une excellente cuvée
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D
<br /> <br /> Et bien merci<br /> <br /> <br /> <br />
J
Pas mal du tout, on y croit ferme. Juste avant la chute on a l'impression de suivre Ann Boleyn persécutée par Henry VIII.
Répondre
D
<br /> <br /> Merci<br /> <br /> <br /> <br />

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