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28 décembre 2014 7 28 /12 /décembre /2014 15:25

C’est le 11 février 1975 que nous avons découvert pour la première fois ce refuge, à mi chemin du pic du Canigou, avec Pierre et sa "Pétroline", une vaillante quatre-chevaux bleue comme un ciel d’azur. Depuis, nous y sommes retournées de temps en temps, et désormais, c’est une tradition : nous allons fêter Noël au Balatg !

Aujourd’hui, la piste, très défoncée, est, en principe, interdite à tout véhicule motorisé. Je dis en principe car, évidemment, en dépit des panneaux d’interdiction très clairs,

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nous avons croisé un énorme 4x4, qui devait manœuvrer à chaque épingle, -des anglais qui nous ont assuré que « non, il n’y a pas d’interdiction » !- et un quad. Vous me direz que si la barrière au départ de la piste était dotée d’un cadenas, cela n’arriverait pas ! Rien à faire, ce manque de respect infligé à la nature, et dans un site classé de surcroît (le massif du Canigou est labellisé « grand site de France » depuis le 13 juillet 2012), nous indispose décidément toujours autant !

Garées au col des Millères, à 842 mètres d’altitude, un peu avant Fillols, il nous aura fallu comme d’habitude deux heures trente pour atteindre notre but.

La piste évolue au début en longs lacets qui s’élèvent rapidement au dessus de la vallée du Conflent au cœur d’une végétation encore typiquement méditerranéenne. Le Carlit enneigé ne tarde pas à pointer le bout de son nez, et c’est bientôt toute la chaîne des Pyrénées Catalanes qui dévoilent ses cimes majestueuses.

P1030936

Au début, nous coupons tous les lacets en suivant le sentier balisé, puis nous décidons de rester sur la piste et parvenons bientôt à la partie la plus raide du parcours, "le Bosc Negre", puis "l’Escala de l’Ours" et son tunnel. Mythique! Genêts et chênes verts ont cédé la place aux hêtres et aux sapins. Cette année, s’il fait très froid à cause de la tramontane, il n’y a pas de neige, ni de verglas ; l’année dernière, c’est avec les crampons que nous avons franchi ce passage particulièrement exposé aux intempéries, glissant comme une patinoire. Accroché aux flancs escarpés de la montagne, la piste domine la vertigineuse vallée de la Llitera. Au fait, la Llitera, ça ne vous rappelle rien ? Non ? Oui ?... Oui ! Llasseras, le village des bergers, l’orry d’En Ciscal et l’orry d’En Manel, entre autres. Hé bien justement, de l’autre côté du ravin, nous l’apercevons parfaitement, notre « orry cathédrale » que nous aurons mis tant de temps à découvrir ;

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Bon sang, mais c’est bien sûr ! Facile, quand on sait où il est !

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Il est plus d’une heure lorsque nous parvenons au Balatg, à 1610 m d’altitude. Il n’y a personne et c’est très bien. Nous allumons notre petit feu dans la cheminée, bien insuffisante pour réchauffer l’atmosphère.P1030942.JPG Je ne sais pas comment font ceux qui viennent dormir ici pour ne pas finir congelé (allergiques à la poussière, s’abstenir !). La porte ne ferme pas, les fenêtres joignent mal. Le décor est des plus rustiques ! Pourtant, il y a ici quelques signes qui ne trompent pas : des bougies, une couverture de survie (il faut bien ça !)… Nous mangeons avec les gants, le chapeau sur la tête… Mais c’est chouette, quand même. Une inscription sur le manteau de la cheminée nous fait sourire : « Merci à tous ceux qui ont laissé leur cœur ici »… Assurément, nous en faisons partie (depuis 1975, merci, Pierre!) ; c’est un endroit qui nous est cher, même si nous en avons beaucoup d’autres !

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La nuit tombant vite en ces périodes hivernales et bien que nous n’ayons aucun risque de nous perdre, nous ne nous attardons pas sur place. Nous nous refroidissons vite. Prudence ! Nous avons été à bonne école avec Jeannine.

Il nous faudra à peu près autant de temps pour le retour que pour l'aller. Nous profitons de la descente pour lire les panneaux d’informations disposés à certains endroits du parcours. On y apprend que les premières exploitations minières dans le massif du Canigou commencèrent quelques siècles avant JC, et que si les gisements de fer furent de loin les plus nombreux, les vestiges d’une mine d’or ont été retrouvés non loin du refuge des Cortalets (à une heure de marche au dessus du Balatg); on ne vous dira pas où, vous allez aller creuser! Les mineurs travaillaient dans les mines six à huit mois par an, mais tous étaient agriculteurs ou éleveurs le reste du temps. En plus de ça, ils ne manquaient pas d’activités : cueillette des baies sauvages, commerce de la glace, récolte des souches de bruyère pour la fabrication des pipes, ramassage des genêts pour la confection des balais, récolte de l’écorce de chêne pour le tannage du cuir, coupe de châtaigner pour la vigne et le vin. Pas feignants, hein ! Voilà quelque chose qui doit échapper aux visiteurs motorisés !

A seize heures trente, nous retrouvons la voiture, un peu en deçà du camping des sauterelles. Une bonne base, sans doute, ce camping, pour explorer le massif… Sauf que les chiens n’y sont pas admis. Bizarre, bizarre…

Bon, Virgile a l’estomac dans les talons et nous en avons plein les godillots, mais on reviendra ! Allez, à l’année prochaine, le Balatg, Inch'allah ! (hé, Pierre, on compte sur toi!)

 Fredo

 

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commentaires

J
J'espère que vous avez fait attention en allumant le feu... Des fois que le Père Noël...
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D
<br /> <br /> no problem, on est passé après lui<br /> <br /> <br /> <br />

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