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8 mai 2011 7 08 /05 /mai /2011 17:20

     Temps gris et bas, ce samedi 7 mai, mais nous avons constaté depuis longtemps qu’il ne fallait pas changer ses projets. Nous avons décidé d’aller à Glorianes, nous irons.

P1010514.jpgGlorianes, petit hameau niché sur les flancs du Canigou, tout au bout d’une route étroite et sinueuse… Sujets au vertige, s’abstenir ! Heureusement, nous ne croiserons qu’un seul véhicule en montée, et un seul en descente. Ouf !

Pourquoi Glorianes ? Qu’y a-t-il de si intéressant dans ce petit coin perdu ? Hé bien, beaucoup de choses, si l’on en croit Joseph Ribas, auteur d’un intéressant ouvrage intitulé « Canigou »,  et paru aux éditions Loubatières. L’histoire de Glorianes débute à l’époque préhistorique. On y trouve notamment un dolmen, des pierres dressées et une dalle gravée fort intéressante, le « roc de l’Amoriador ».genere-miniature-1-.gif

    Voilà ce que nous sommes allées traquer à Glorianes : la fameuse dalle de schiste ornées de gravures rupestres (célèbre, mais pas vraiment bien indiquée... Peut-être ne s'en porte-t-elle que mieux!). Du hameau, on peut aussi s’en aller gambader sur la crête jusqu’aux ruines d’une chapelle romane, Sainte Anne… Mais là, c’est clair, le temps ne nous le permettra pas. Ce sera pour une autre fois, peut-être…

    Nous nous garons près de la fontaine ; il n’y a pas trop le choix. Le site est magnifique… Nous tournons un peu autour de l’église, puis nous attaquons la grimpette. Sitôt parties, nous rencontrons un autochtone charmant qui nous confirme que nous sommes bien sur la piste qui mène à Ste Anne et à la pierre gravée, « pas facile à trouver », ajoute-t-il. Nous pourrions aussi emprunter le sentier qui passe juste derrière chez lui, plus court, mais non balisé. Nous préférons la piste, plus sûre, nous semble-t-il.

Hop, c’est parti ! Nous butons très vite sur une barrière… Privé… Chien interdit. Demi tour… Ça commence bien !

    Il ne nous reste plus qu’une solution : le sentier que l’on nous avait indiqué plus tôt. L’homme qui nous avait renseigné est toujours là... Il n’avait pas pensé au chien… On pourrait passer, mais le berger n’est pas commode. Manquerait plus qu’il ait un patou… On s’abstiendra, merci !

Nous attaquons la sente assez raide, pas toujours visible… Et nous arrivons presque aussitôt à une porte… Un petit symbole éloquent nous fait comprendre que, là non plus, les chiens ne sont pas les bienvenus !

    Alors là, c’est le comble ! Nous ne sommes tout de même pas venues jusque là pour repartir sans avoir vu notre dalle, non ? Nous passons quand même. Ras le bol. Et nous grimpons. Nous avons la carte, mais nous y allons aussi un peu au jugé car si dans les premiers mètres, un panneau indique le col des Arques, très vite, il n’y a plus rien. Et nous avons beau avoir une petite idée de la direction à prendre, il y a partout des amorces de chemins, tracés par le bétail, qui nous trompent. Bientôt, nous nous rendons compte que nous tirons trop vers la droite et nous décidons de couper à travers la végétation… Virgile, qui déjà se faisait tirer car il n’aime pas trop les côtes surtout lorsqu’il est attaché, s’arrête tous les trois pas pour se débarrasser des brindilles, des feuilles, qui s’accrochent à ses poils… Et comme il est très aimable, il cherche à nous « niaquer » si on essaye de l’aider. Quel caractère ! A la fin, nous voilà obligée de le porter ! Bref, la galère…

    Enfin, nous arrivons à récupérer la piste sur laquelle nous étions censées monter et qui, de la crête, nous nargue depuis le début… Nous passons deux barrières et parvenons à un petit col. D’après la carte, nous sommes juste au dessous du « camp de l’homme mort ». Brrr… C’est là qu’il faut chercher. Le vent souffle très fort et les nuages commencent à descendre sur le Canigou dont les cimes encore bien enneigées paraissent toutes proches. Il ne fait pas chaud. Toutefois, la vue est superbe… S’il faisait beau, sûr que nous pourrions voir jusqu’à la mer !

    Nous regardons autour de nous et presque aussitôt, nous repérons un promontoire rocheux qui pourrait bien correspondre à ce que nous cherchons. C’est un peu comme s’il nous parlait. On y va.

P1010490.jpgIl nous aura fallu peu de temps pour la trouver… Sa taille, environ trois mètres sur deux, son orientation vers le sud, sa face plane, légèrement inclinée, attirent le regard de loin. Nous nous en approchons fébrilement en nous faufilant entre les ronciers et en escaladant quelques rochers… Très vite, les gravures nous apparaissent… Eurêka ! Nous l’avons trouvée !P1010496.JPG

Nous avons lu quelque part que cette dalle compte plus de 70 gravures… Toutes ne sont pas préhistoriques… Certaines datent même du XIX ème siècle et ont été gravées par les bergers qui cherchaient à exorciser ces lieux que l’on disait hantés… Nous distinguons de nombreuses croix, des spirales, un signe en « phi », un oiseau, des fleurs…  P1010492.JPGEt même des humanoïdes dont un nous parait vraiment trop bien fait pour remonter à la préhistoire. Avec son drôle de chapeau, pour ma part, je trouve qu'il ressemble à une bretonne !

- De retour chez nous, nous partirons à la recherche de plus amples explications… Pour Jean Abelanet, ancien conservateur du musée de Tautavel, grand spécialiste des pierres gravées des Pyrénées Orientales, ma bretonne est un brigadier de l’empire, gravé au XVIII ème siècle !- Mais qu’est-ce qu’il est allé faire là, ce brigadier ? Vous me direz qu'une bretonne, c'était aussi bizarre...

Avant de redescendre, avec la satisfaction du devoir accompli, nous traînons un peu dans ces lieux chargés d’histoire… Nous ne trouverons pas le dolmen, mais plusieurs pierres dressées et une jolie cabane de berger en pierres sèches… J’aurais bien aimé être berger dans ce panorama sublime !P1010502

    Deux heures plus tard, nous sommes de retour à notre point de départ. Entre temps, dans le champ en contrebas de la fontaine, une brebis vient juste de mettre bas deux petits agneaux titubant sur leurs longues jambes toutes neuves… Première têtée, émouvante de maladresse… La maman lèche amoureusement ses deux petits ; elle nous regarde et nous lui promettons solennellement de ne plus JAMAIS manger d’agneau !

Fredo

 

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commentaires

D

belle balade courageuse car il y a de plus en plus d'interdictions de passer avec de gros chiens qui receptionnent, je vois que vous êtes des infatigables et je vous envie. Merci pour ces balades
par procuration!


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D


Et toi où en es tu ?


Y a t'il des progrets, retrouves tu de la mobilité sans avoir mal ?


Nous espèrons que oui et que bientôt nous pourrons nous retrouver déjà en essayant de se faire un petit restau un soir avec les filles.


Bonne journée et à bientôt.


Do



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