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25 juillet 2019 4 25 /07 /juillet /2019 16:41

De Zarauz à Itxassou (France)

 

Hé oui, voilà, c’est le dernier jour !

Une seule halte prévue pour aujourd’hui, à quelques kilomètres de Zarauz : Getaria. (Ne pas confondre avec Guétary, qui se trouve en France !).

Pour gagner ce petit port de pêche typique et animé, nous longeons la côte sur cinq kilomètres, découvrant un rivage austère, plutôt rébarbatif. On comprend aisément pourquoi la plage de Zarauz attire autant de monde!

Soit dit en passant, nous n’aurons guère goûté aux joies de la baignade au cours de notre périple : entre les gros rouleaux, les algues vertes, la pollution aux Escherichia colis à la Corogne, et, aux alentours du cabo Vidio, les fosses marines de 4000 mètres de profondeur où vit le calamar géant, on ne peut pas dire que nous ayons eu de grosses tentations !

Surtout compte tenu d’une température encore un peu limite pour nous autres, gens du sud méditerranéen !

A notre arrivée à Getaria, aux alentours de dix heures, les rues sont encore calmes et peu fréquentées. Nous flânons un peu entre les deux ruelles parallèles où sont installés boutiques et restos, faisons un petit tour dans l’église San Salvador, du XVème siècle, à l’architecture très étonnante et plutôt tarabiscotée, du fait de sa construction sur un terrain rocailleux ; les architectes ont dû s’adapter ! Il y a même une ruelle qui passe en tunnel sous l’église.

Nous avisons bientôt l’office du tourisme et nous nous y rendons pour avoir un plan du village. C’est là que nous apprenons que nous ne nous sommes peut-être pas garées au bon endroit, et que, surtout, nous n’avons pas vu l’horodateur où nous aurions dû mettre quelques pièces ! Aïe, aïe, aïe… Nous revenons rapidement au camion pour réparer cet oubli avant le passage des municipaux.

Nous avons beau regarder les autres véhicules en stationnement, nous n’en voyons aucun avec un ticket ; il y a même un camping car XXXL (un Concorde, un de ces mastodontes à 400.000 euros) qui occupe sans vergogne quatre places de parking. De plus, l’horodateur, enfin trouvé, ne fonctionne pas. Nous décidons donc d’aller nous garer ailleurs.

Evidemment que nous pourrions rester là, en expliquant, au besoin, que nous n’avons pas pu payer… Que les autres n’avaient pas de ticket, etc, etc… Peut-être que si nous étions en France nous le ferions, et surtout si nous n’avions pas le profil à nous faire épingler dès que nous nous écartons des clous ! Nous jouons donc la sécurité et la tranquillité en allant chercher un autre stationnement du côté du musée Balenciaga que nous avons l’intention de visiter. Et nous en trouvons un super un peu au dessus ; elle est pas belle, la vie ?

Le musée Balenciaga est un bâtiment annexe au Palais Aldamar, édifice du XlX ème siècle, ancienne résidence des marquis de Casa Torre, grands-parents de la reine Fabiola de Belgique et mentors de Balenciaga durant les premières années de sa carrière. Le mariage de ces deux styles architecturaux est surprenant, assez dissonant, mais au final, pas laid du tout.

Nous passerons un long moment dans ce musée ultra moderne consacré à l’œuvre du grand couturier où l’on peut admirer les créations qui ont fait sa renommée. Nous avons même retrouvé les hôtesses de l’air « Air France » pour lesquelles il avait créé le costume en 1968.

Né le 21 janvier 1895, d’un père marin pêcheur et d’une mère couturière qui l’initie très tôt à son art, Cristóbal Balenciaga débute sa carrière en 1908 comme tailleur, à San Sébastian, résidence d’été de la famille royale d’Espagne ; deux ans plus tard, il y fonde sa première maison de couture. Deux autres maisons suivront : en 1933 à Madrid, et en 1935, à Barcelone. En 1936, la guerre civile espagnole l’oblige à quitter son pays ; en 1937, il s’installe à Paris où il présente sa première collection. Bien avant la seconde guerre mondiale, sa renommée n’est déjà plus à faire, mais c’est dans les années 50-60, que ses créations vont révolutionner la silhouette féminine. Les grands de ce monde, les reines d’Espagne et d’Angleterre, la princesse Grace de Monaco, la duchesse de Windsor et bien d’autres encore lui sont fidèles, ainsi que Ginger Rogers, Marlène Dietrich, Carole Lombard. Les années Courrèges (Courrèges, qui est entré dans son atelier en 1950 comme assistant), la mini-jupe et le prêt-à-porter auront raison de sa créativité et en 1968, il présente sa dernière collection. Il décèdera quatre ans plus tard, en mars 1972. L’homme qui détestait paraître en public et n’aura donné qu’une seule interview de toute sa vie repose aujourd’hui à Getaria, sa ville natale.

Chemin faisant, audio guides sur les oreilles, nous découvrons toutes les innovations du couturier, pas toujours faciles à porter sans doute, pour qui n’a pas la « taille mannequin », les lignes « tonneau », « ballon », « Baby doll », les robes « sac » et les tuniques… Nous allons même jusqu’à essayer quelques modèles mis à la disposition du public (peu de choix, hélas !).

Visite terminée, nous redescendons vers le village et vers le port où la population s’est nettement densifiée. Une agitation toute hispanique anime les ruelles, et ce sera pire au retour !

Nous dépassons le port pour partir à la découverte du mont St Anton, « el raton », la presqu’île – encore une île jusqu’au XVème siècle- qui ferme le port, classée zone protégée (sans doute a-t-elle une forme de souris ?).

Une ancienne route bien ombragée, aujourd’hui réservée aux piétons, permet d’accéder à un phare qui domine la baie, et encore un peu plus haut aux ruines de l’ancienne chapelle St Anton où le panorama s’étend, à 360° sur la mer, la côte, le port et l’arrière-pays montagneux.

Autrefois, on y guettait le passage des baleines, Getaria étant un ancien port baleinier, comme la plupart des ports basques.

Pas de baleine en vue, aujourd’hui ! Dommage…

Lorsque nous remontons vers le parking, il, est suffisamment tard pour que ce soit l’heure du repas (heure espagnole, bien sûr) ! Les bars sont bondés ; assis ou debout dans la rue, tout le monde se gave de pintxos (tapas du coin), bien arrosés de cidre frais ou de Txakoli, le vin local…

Les conversations vont bon train, à un rythme de mitraillette, les enfants jouent, crient… Bonjour, les décibels !

Nous rentrons manger dans notre camion, à l’écart du tumulte, avant de reprendre la route, pour une tentative de halte à Zumaïa, à quelques kilomètres de là… Arrivées là, nous changeons d’avis ; nous n’avons pas pu nous garer à proximité du centre et nous ne sommes plus assez motivées pour marcher jusque là-bas. Et si nous rentrions en France, cette fois ?

Adjugé ! Nous revenons jusqu’à Zarauz pour attraper l’autoroute et filons vers la frontière sans nous arrêter. Ensuite, nous enchainons avec Saint Jean de Luz, Ascain, St Pée sur Nivelle, Cambo, Espelette… C’est toujours aussi beau, ici !

Il est encore assez tôt lorsque nous retrouvons le camping d’Itxassou où nous commençons à avoir nos habitudes. Le temps est gris, et plutôt frais (23°), mais cela n’empêche pas les affichages municipaux de mettre en garde les populations : « Alerte, canicule ! ». Nous comprenons bien qu’il y a des consignes préfectorales, mais on pourrait peut-être les adapter, non ? C’est risible !

Sitôt installées au camping, piscine ! Et après la détente, un petit tour jusqu’au centre du bourg pour un ravitaillement en spécialités basques (pâté, piment d’Espelette, fromage… Il faut ce qu’il faut !), en admirant au passage une démonstration de pelote à main nue… Quelle dextérité ! Et dire que personnellement, au tennis, la raquette était parfois trop petite pour arrêter la balle !!!

Voilà ! Comme toujours, après avoir passé quelques jours à l’étranger, nous sommes contentes de retrouver la France. D’ici, peu, nous recommencerons à râler et à critiquer (d’ailleurs, en fait, nous avons déjà commencé avec les panneaux municipaux, ah, ah, ah !!!), c’est sûr, mais en attendant, nous apprécions !

Nous avons quand même fait un beau voyage… 

Fredo 

 

 

 

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