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5 juillet 2019 5 05 /07 /juillet /2019 16:12

Notre seconde journée de découverte démarre dare-dare, le site d’Altamira nous attend. Néanmoins nous stoppons net devant l’entrée où patientent déjà 3 véhicules dont un car, trop tôt. Nous voilà rassurées, nous ne connaîtrons pas les queues infernales décrites dans le Routard, d’ailleurs lorsque nous arrivons à la « taquilla » juste une petite vingtaine de personnes patientent sagement à la queue leu-leu. Nous piaffons pressées de découvrir celle que l’on surnomme la Chapelle Sixtine du paléolithique, il a fallu que je sois sur site pour comprendre cette analogie !

Altamira plafond peint

Petit à petit la file d’attente s’allonge et l’ambiance s’électrise. Certes nous ne sommes pas nombreux mais les 2, 3 premiers qui occupent le devant de la caisse ont des réservations et contrairement à ce que l’on pourrait croire cela est hyper compliqué. Appels téléphoniques en interne, tampons, palabres, re-tampons, signatures et tout le tintouin, la queue fait une petite pointe de vitesse quand arrive un vigile accompagnant un anglais qui nous passe sous le nez avec sa liasse de réservations à valider. Cela grogne un brin dans la queue qui mine de rien s’est allongée, l’anglais ne parle pas castillan, le temps semble s’éterniser d’autant que nous avons repéré d’autres liasses de réservations. L’allemand derrière nous commence à criser et même si je ne comprends pas tout il y a des sonorités qui ne trompent pas, tout comme nos ricanements sardoniques en réponse à un couple d’anglais émerveillés de trouver si peu de monde à la caisse. Petit à petit le but se rapproche, encore deux et c’est à nous. Quant le même vigile refait son apparition avec une prof qu’il accompagne au guichet, l’ambiance se fait soudainement explosive et je m’insurge véhémentement. Les mots me viennent aussi naturellement en castillan qu’en français, je m’en émerveille moi même. Tout y passe, le guichet spécial groupe fermé, notre temps d’attente surréaliste ... la prof se fait discrète et avant qu’à la caisse la femme n’ait le temps de réagir Frédo lui colle sous le nez nos cartes d’identité car pour les « jubilados » c’est gratuit ! Ne rêvez pas, en Espagne c’est courant, en France on pourrait nous faire payer double cela serait déjà fait ! Nous repartons avec nos sésames encore toutes émoustillées, néanmoins nous devons nous abstenir de toute explication. Punies ! d’être râleurs ?!

La grotte originelle d’Altamira ne se visite plus, comme à Lascaux c’est une reproduction qui est présentée au sein d’un musée plutôt exceptionnel. Découverte en 1868 fortuitement, la grotte d’Altamira est le premier lieu au monde où fut découvert l’art pariétal. En 1875 Marcelino Sanz de Sautuola mit un nom sur ce que l’on n’identifiait pas encore comme une manifestation artistique due à l’homme et bien que fort documentée sa première publication en 1880 de la trouvaille reçut un accueil dubitatif des scientifiques de l’époque. Il fallut attendre les découvertes d’autres grottes ornées notamment en France pour qu’en 1902 Altamira accède à la notoriété !

Aujourd’hui victime de son succès son accès est réservé à quelques privilégiés mais sa reproduction nous permet de découvrir les peintures d’une manière beaucoup plus lisible et confortable sans doute. Si l’on parle de Chapelle Sixtine du paléolithique c’est que, contrairement à Lascaux, toutes les peintures ont été peintes au plafond, un plafond qui au moment de leur réalisation était très près du sol, sans doute guère plus d’un bon mètre !

La Cueva d’Altamira fut occupée entre 36000 et 14500 ans avant J.-C. Les peintures figuratives ont été réalisées grosso modo entre 22000 et 14 500 avant J.-C., par contre les plus anciennes traces laissées par l’homme sont des motifs géométriques. Beaucoup d’animaux ont été représentés couchés ce qui est assez rare, les artistes ayant utilisé en cette occasion les reliefs du support pour mettre en valeur les formes des animaux.

Peints, gravés ou simplement dessinés les représentations s’enchevêtrent le plus souvent dans un réalisme stupéfiant d’autant que l’obscurité la plus totale régnait en ces lieux.

Le bestiaire, bisons, cerfs, chevaux, très diversifié est un témoignage de choix quant aux conditions climatiques qui régnaient à cette époque en ces lieux et nous permet de mesurer les capacités cognitives de ces hommes qui ont de mémoire peint ces animaux parfois grandeur nature !

Contrairement à Lascaux la visite d'Altamira se résume à une salle unique mais quelle salle ! Le nez en l’air la découverte se déguste.

Selon l’heure de visite inscrite sur le billet nul ne peut prévoir à quel moment se fera la découverte du musée mais cela n’a en fait que peu d’importance. Avant de visiter la Cueva c’est une parfaite introduction, après c’est une révision ! Evidemment celui qui est un familier de ce type de musée pourra se contenter d’une visite un peu moins approfondie que le néophyte et en profiter pour se balader dans le parc. Nous y découvrons l’entrée de la Cueva, la vraie, celle qui s’est effondrée 13000 ans avant J.C. et qui recèle d’autres salles peintes difficiles d’accès réservées aux scientifiques. Dans le parc un autre bâtiment présente de manière très complète la manière dont sont réalisées ces reconstitutions en 3D à partir presque exclusivement de la reconstitution de Lascaux, fortiches les français !

Au fait savez-vous que cette coiffure qui fait fureur chez la gent masculine, tempes et nuque rasées pour mieux mettre en valeur une touffe de cheveux genre gazon sur le haut du crâne était la coiffure qu’affectionnaient les hommes du néolithique il y a 13000 ans, impressionnant non ?

Altamira derrière nous, changement de décor et arrêt à Comillas. Station balnéaire, port de pêche, Comillas possède un joli centre ancien doté de beaux monuments, nous en avons zappé certains comme l’université pontificale d’autres ont retenu notre attention à commencer par le cimetière.

Cimetière de Comillas

Les trois quart des guides ne le mentionnent pas mais vraiment il vaut le coup et un petit chemin dégringole vers la ville.

En partie installé à l’intérieur de l’ancienne église paroissiale il offre un rare mélange de structures romanes, gothiques et post-modernismes. En le parcourant une partie de l’histoire de la ville se découvre, une visite impressionnante à faire sous le regard d’un grand ange exterminateur qui domine les lieux mais aussi toute la ville !

Ce qui nous a régalé à Comillas c'est son « Capricho ». Ce palais est une des premières œuvres de l’architecte catalan Gaudi !

Capricho de Antoni Gaudi

Un petit bijou, un régal. Le « Girasol » est présent partout et pour cause !

Toute la construction a été pensée pour permettre à la lumière de la baigner à toute heure du genre.

Charpente des combles "en ciseau"

De grandes fenêtres, un jardin d’hiver coeur de la demeure, des jeux de charpentes pour permettre à la lumière de se diffuser, de rebondir d’une arrête à l’autre, ce « Capricho » est un ode à la nature.

Jardin d'hiver

Sacré bonhomme que Gaudi. Partout des symboles, des détails insolites prouvant que pour lui tout était d’importance.

En visitant cette demeure nous suivons sans peine la course du soleil tel qu’il le voulait Le hall d’entrée franchi, nous n’avons pourtant pas tourné le dos à la nature, de grands vitraux la subliment. Toutes les pièces communiquent entre elles et quelques soient nos déambulations impossible de ne pas se retrouver attirer par la grande verrière du jardin d’hiver ou le salon aux balcons avec banquettes intégrées.

Rien n’a été laissé au hasard, portes escamotables, mobilier inspiré de Dame Nature, tout attire l’œil, c’est jubilatoire.

A Comillas Antoni Gaudi a fait ses gammes, le parc Güell, la Pedrera, Pedralbes tout est déjà là en germe. Dommage qu’à trop cogiter il en ait oublier de regarder à droite et à gauche avant de traverser !

L’après-midi était déjà bien entamé que nous filions vers ce qui serait notre étape, San Vicente de la Barquera dont le village médiéval se perche sur la crête d’une colline cernée de tous côtés par les eaux du Rio Escudo. Installées sous les pins nous avons laissé notre Ptibus pour partir à la découverte de cette ville célèbre pour son pont renaissance qui en 28 arches franchi un des bras de l’estuaire et pour avoir accueilli Charles Quint lors de son premier voyage en Espagne !

San Vicente de la Barquera

Ajoutez à cela la balade vespérale sur les kilomètres de plages fréquentées par les surfeurs, c’est les gambettes bien fatiguées que nous nous abandonnions à Morphée !

 

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