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2 mai 2019 4 02 /05 /mai /2019 17:34

Au risque de paraître facho, à observer ce qui se passe aujourd’hui dans notre société, j’ai le sentiment que beaucoup d’individus oublient que la démocratie ne saurait exister sans un minimum de lois que chacun se doit de respecter. La démocratie ne signifie pas que l’on a le droit de tout faire, comme on a envie de le faire. Les lois sont garantes de nos libertés. Sans loi, la porte est ouverte à toutes les dérives possibles.

Je m’interroge : pourquoi y a-t-il de plus en plus d’individus incapables de respecter la loi ?

Je tente une réponse…

 

C’est dans la famille que se posent les bases d’une vie en société harmonieuse. Au départ, lorsque l’enfant est tout petit, il découvre et apprend à respecter la loi familiale. Il prend conscience qu’il n’est pas tout seul, apprend à respecter les autres et son environnement, à ne pas obtenir immédiatement ce qu’il désire, frustration absolument nécessaire à son épanouissement. Etre capable de conceptualiser l’objet de son désir participe au développement de l’intelligence. De plus, l’attente de la concrétisation de l’objet désiré accroît le plaisir. Cerise sur le gâteau !

 

Depuis de nombreuses années, (phénomène observé au début de ma carrière en 1976 et toujours en évolution au fil des ans), les enfants ont perdu l’habitude d’être frustrés ; dès leur plus jeune âge, ils obtiennent tout, tout de suite, avant même d’en avoir émis le désir. Les parents ont de plus en plus de mal à poser un cadre, à instaurer et à faire respecter la loi familiale (ce qui explique le nombre d’émissions télévisuelles du genre « ma famille a besoin d’aide » ou « Super Nany », ainsi que la création des cours de parentalité) ; centre du monde, badé, élevé en petit despote, l’enfant devient tout-puissant.

 

De ce fait, dans les écoles, il devient de plus en plus difficile, voire même parfois impossible de faire respecter le règlement, d’imposer  un minimum de discipline. Les enseignants doivent mettre en place (essayer !) ce qui relève du cadre familial et faire respecter les bases de la vie en société. Double travail par conséquent pour l’enseignant qui, par ailleurs, subit le poids de sa hiérarchie, une hiérarchie qui a tendance à donner raison à la famille en cas de litige. « Pas de vague ! » disait un de nos inspecteurs à ses subalternes.

Aussi, à son tour, la famille devient toute-puissante : ingérence permanente des parents qui font pression pour obtenir une école fonctionnant selon leurs désirs ou  plutôt celui de leurs enfants. Il s’en suit la perte de la notion de professionnalité, du respect de la fonction  et de la spécificité des rôles de chacun. On oublie que parent et enseignant sont deux métiers différents (oui, oui, Claude Halmos le dit bien : être parent, c’est un métier. Aimer est indispensable, mais ne suffit pas à construire un humain épanoui et bien intégré dans la société).

 

Des années plus tard, lorsque l’enfant sort du système scolaire, parfois même avant, il peine se fondre dans un système qu’il juge trop rigide et injuste.

La loi sociale ne passe pas. Elle est rejetée, bafouée. Le jeune adulte veut casser le système au lieu de chercher à l’améliorer, puisqu’il ne sait pas vraiment quoi y mettre. Tout ce qu’il veut, c’est quelque chose qui réponde à ses propres attentes, continuer à agir à sa guise et selon ses désirs.

Ce principe du tout, tout de suite, exploité avec jubilation par la société de consommation, a de lourdes conséquences ; dans un monde de plus en plus connecté, tout doit aller vite, toujours plus vite, au détriment de l’environnement et de la santé (mais qui s’en soucie ?) On veut gagner beaucoup d’argent dès le premier emploi, accéder à la propriété de plus en plus jeune… Les générations anciennes sont d’ailleurs invitées à aider (garde des petits-enfants quand il y en a, disponibilité maximum !) à se délester avant leur mort pour permettre aux jeunes de réaliser leurs projets. La notion de réussite sociale est de plus en plus liée à l’importance du compte en banque ; chaque individu désire par-dessus tout avoir l’argent qui lui ouvrira les portes d’un bonheur artificiel parfaitement idéalisé par le Dieu « Télévision ».

 

Et peu importe d’où vient l’argent ! Les dérapages sont inévitables : certains n’hésitent pas à se servir ; il faut dire que même dans les sphères les plus élevées, il y en a pas mal qui donnent l’exemple.

Parallèlement, ayant tout intérêt à maintenir leurs sujets sous perfusion, les gouvernements successifs multiplient les aides sociales qui favorisent l’émergence d’un nouveau royaume, celui de la débrouillardise, et encourage le travail au noir nettement plus avantageux.

 

Qui s’étonnera encore dans ces conditions de la chute vertigineuse des vocations de tous ordres, civiles ou religieuses ?

 

Vous trouvez peut-être que je caricature et vous vous demandez sans doute ce qui m’a amené à m’interroger aujourd’hui sur les dérives de notre système qui font que je me sens de plus en plus mal en société, et de mieux en mieux, isolée, en pleine nature !

Hé bien, tout est venu d’une revendication de certains Gilets Jaunes, pour le droit de manifester librement, quand ils veulent, où ils veulent et sans risque de répression.

 

A ma connaissance, de tout temps, les manifestations ont été soumises à des demandes d’autorisation. Et de tout temps, les dérapages, les heurts avec la police ont ponctué les revendications.

Oserai-je dire que j’ai toujours trouvé ça normal ? Navrant, mais normal. Chacun son rôle : les manifestants pour lancer des pavés et courir vite, et les CRS pour balancer leurs lacrymos après avoir reçu les pavés sur la tronche. Une règle du jeu qui était pleinement acceptée en 68 (fin de collège pour moi, je faisais mes premiers pas de manifestante) et après. Et d’ailleurs, nous prenions toujours soin de chausser les baskets et de quitter le cortège avant que la situation ne dégénère.

Voilà, tout change, mais il est vrai qu’aujourd’hui, il est normal d’aller à la guerre, mais inconcevable et totalement scandaleux d’y mourir. Alors…

 

Aïe, aïe, aïe, j’ai mal à ma logique !!!

Frédo

 

 

 

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commentaires

C
pas facile de revenir à un comportement social apaisée quand les prédateurs sont aux plus hauts postes de l'Etat, il me semble que le candidat Macron devait faire en sorte dès, son élection validée, qu'il n'y ait plus de gens à dormir dans la rue.<br /> Cette promesse est passée aux oubliettes et lui qui bénéficie d'au moins 15 SMIC "d'argent de poche" continue à dormir sous les lambris dorés de l'Elysée.<br /> Les années de mon enfance juste après guerre étaient dures mais au moins les enseignants étaient respectés par les élèves et les parents, et il me semble que le mondialisme n'avait pas encore pourri la société. Sans doute que trop de bien nuit au bien (tous les sens possible à bien)
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D
Mon propos avant tout de dénoncer les lacunes de l'éducation à tous les niveaux, lacunes qui génèrent de plus en plus d'individus capable de s'intégrer à la société. Le bien-être de l'individu prime sur le bien commun. D'où l'incivisme et la délinquance.

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