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13 mai 2018 7 13 /05 /mai /2018 13:50

Mise en bouche

11 Mai, cette fois c’est la bonne, nous nous disons au revoir pour la seconde fois mettant un terme à 2 semaines de découvertes toutes plus épatantes les unes que les autres. Nous sommes à Calaf en Terre catalane, le Gastounet et le Ptibus vont dorénavant faire bande à part !

Pour la troisième année consécutive nous avons mis cap au Sud en compagnie de nos amis Claude et Michèle. Notre but, continuer la découverte de l’Aragon avec un programme ratissant large, de la Catalogne à Castilla La Mancha !

Voyager en Espagne dès que l’on a quitté le bord de mer est dépaysant et bien souvent nous nous sentons hors de notre zone de confort ! La péninsule ibérique occupe un socle rocheux constitué à l’origine par d’îles de l’un des deux océans primitifs, Thétys, et de sédiments marins accumulés ! L’ensemble s’est trouvé surélevé au moment de la formation de la ceinture alpine, le résultat est tel qu’à une dizaine de kilomètres du bord de mer on atteint rapidement les 1000 à 1500 mètres et que l’on trouve en pleine montagne des salines, encore exploitées et dont le taux de salinité est supérieur à celui de la Mer Morte.

Salines de Naval

 

Aux environs de Teruel

Ce qui étonne et déconcerte, ce sont ces étendues arides sur des dizaines de kilomètres à peine émaillées d’un village, ici ou là, où subitement la vie semble s’être concentrée. Bars, surpermercado minuscuscule offrant de tout un peu ou un peu de tout, quelques hostals, un groupe scolaire et un centre de santé comme presque partout font de ces petits centres des lieux de vie que n’ont pas déserté les anciens.

Du coup la fréquentation de ces villages est agréable et l’on s’immisce dans le quotidien de la population avec plaisir.

Albarracin

A Albarracin où nous nous sommes incrustées, aller « au pain » est un pur plaisir. La boutique, minuscule, n’est guère visible de la rue, mais en faisant confiance à son odorat on a vite fait de trouver le four à pain cuit au feu de bois. Le « hic » est de déterminer comment s’ordonne la file d’attente. La boutique ne contenant au mieux que 2 ou 3 personnes, et encore, le nouvel arrivant se doit de repérer « l’ultimo ». Il peut ensuite vaquer à des occupations variées histoire de tromper l’attente.

Panaderia d'Albarracin

L’affaire est déconcertante ; vous arrivez au sein d’une assemblée regroupée de manière anarchique, vous évaluez grosso modo le temps d’attente en fonction de ce qui semble être la queue. Pourtant à chaque fois que quelqu’un sort de la boutique rien ne se passe, il vous arrive même de reculer quand 2 pépés quittent le banc pour s’incérer dans la file en compagnie d’une tierce personne surgie de nulle part.

En fait cette organisation est pain béni !!! très rapidement nous nous sommes retrouvées à papoter tous ensemble. Nous avons ainsi appris que la notoriété du pain d’Albarracin n’était plus à faire, tant et si bien que le samedi chacun fait ses provisions pour la semaine ravitaillant au passage les voisins. Je ne vous parle pas de l’angoisse quand à chaque client qui sort c’est une vingtaine de miches bien dorées qui vous passent sous le nez !

Heureusement la boulangère voit large, nous avons eu nos miches sans avoir eu à les gagner de haute lutte (ni à les montrer), personne ne resquille, calme et bienveillance, personne ne râle. Un constat s’impose, nous ne sommes pas en France ... ni en Italie.

A chaque voyage en Espagne, c’est une constante, je suis surprise de voir à quel point la population est ouverte à l’autre. Surprise parce qu’au premier abord vous avez l’impression que chacun fait son petit bazar sans s’occuper du voisin mais que vous les sollicitiez, il suffit même d’avoir l’air perdu, et ils se mettent en quatre pour vous aider. A Teruel une famille a joué les poissons pilote traversant toute la ville pour nous accompagner à l’aire de camping car, chamboulant son plan de route rien que pour nous. Dans les villes et villages, c’est toujours avec force détails que l’on vous dévoile, comme ce fut le cas à Daroca, le petit coin secret ignoré des touristes avec une manière d’engager le contact très physique. Il n’y a pas cette distance que les nordistes affichent, on vous donne l’accolade spontanément, ça crée du lien, c’est sympa !

Do

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