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4 novembre 2017 6 04 /11 /novembre /2017 20:42

Commençons par quelques précisions. Les phosphatières sont des puits desquels a été extrait au XIXe siècle un minerai contenant du phosphore qui se présentait sous forme de nodules phosphatés ou phosphorites, une roche sédimentaire compacte.

Le Cloup est un terme de géologie désignant une dépression. Prononcez cloupe!

Les phosphatières du Cloup d’Aural, comme toutes les autres phosphatières, se présentent aujourd’hui comme des gouffres vertigineux à la végétation luxuriante où la température est fraîche en permanence, 15° !

C’est en 1999 que nous avions découvert notre première phosphatière sauf que celle-ci était, comme nombre d’entre elles alors, une décharge. Aujourd’hui, sans doute en reste-t-il mais un énorme travail a été fait pour les assainir et en éliminer les substances toxiques.

L’histoire commence en 1865 lorsque Jean-André Poumarède natif de Réalville, interpellé par la luxuriance de certaines cultures en divers endroits du Causse, initie les premières recherches et lance l’exploitation des phosphatières. Du jour au lendemain l’économie de la région s’en trouva chamboulée, l’opulence « menaçait » jusqu’à ce que de nouveaux gisements, plus riches et aisément exploitables, soient découverts en Floride, au Maroc. En 1887, 17 ans après le début de l’exploitation, celle-ci périclitait. Le Causse retombait dans l’anonymat et pire encore !

Wagonnets Décauville

Les meilleurs terres ayant disparu lors de l’exploitation des phosphatières, le phylloxéra s’attaqua aux vignes anéantissant les derniers espoirs de survie des Quercynois qui s’expatrièrent massivement outre Atlantique.

Remontons loin dans le temps !

Il y a 170 millions d’années le Quercy avait des airs de Bahamas, la roche calcaire, riche du phosphate lié à la décomposition des matières organiques des causses du Quercy, était entrain de prendre forme. 100 millions d’années plus tard la mer se retirait, l’érosion modelait les roches et des failles commençaient à entamer le relief. Grottes et gouffres ainsi formés, petit à petit se remplirent d’argile de surface, des cadavres des nombreux animaux qui hantaient les lieux jusqu’à combler ces phosphatières que nous découvrons aujourd’hui. Pendant ces millions d’années le climat ne cessa de se modifier, valse des espèces animales, végétales, chaud, sec, humide, froid …

Tout au fond de la phosphatière

Les phosphatières aujourd’hui ont été vidées de leurs nodules mais elles n’en finissent pas de livrer leurs secrets aux scientifiques qui ont un terrain de choix pour décrypter les scénarios possibles en matière de réchauffement climatique, aux paléontologues qui peuvent aujourd’hui remettre dans leur contexte des animaux dont on n’ignorait tout à des époques où la petite « Lucy » n’avait pas encore pointé le bout de son nez. 

Ce qu'il reste du Périssodactyle

Et même si beaucoup de fossiles ont disparu lors de l’extraction du phosphate étant donné leur fort taux de minerai, les campagnes de fouilles se succèdent apportant à chaque fois un peu plus de précision sur ce qu’était notre Terre à cette époque, les phosphatières présentant la particularité de renfermer une faune homogène à des époques précises.

Le Cloup d’Aural à Bach est une superbe visite que nous avons eu bien du mal à réaliser. Pas facile de se trouver là aux heures de visites 15 h et 16h30 lorsque l’on réside à 3 bonnes heures de route ou que l’on est en transit entre 2 destinations !

Outre la visite guidée passionnante d’une bonne heure et

Petit Lémurien

demie, des circuits à découvrir présentent la faune et la flore actuelles du Causse, l’exploitation minière telle qu’elle fut et pour les jeunes et moins jeunes un jeu de piste consistant à retrouver les silhouettes des animaux disparus à partir d’indices collectés sur des panneaux mais aussi lors de la visite guidée. Évidemment un tri a été opéré parmi les quelques 600 espèces retrouvées à Bach mais c’est l’occasion d’un bain de nature au milieu des genévriers, érables de Montpellier, chênes de toute nature tout chevelus de lichen. Do

 

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