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15 juillet 2016 5 15 /07 /juillet /2016 15:53

Et voilà, ce matin, le fourgon grognon ne veut rien savoir ! Il fait pourtant bon, aucun excès de chaleur ; il n’a pas roulé hier… Il devrait démarrer au quart de tour ! Mais non. Il n’y a pas à dire, la situation se dégrade. Claude et Michèle vont-ils devoir renoncer à ce dernier jour de balade ? Certes, nous pouvons faire comme la veille et nous rendre tous les quatre à bord du Ptibus pour la dernière visite, mais tout le monde est bien conscient que c’est reculer pour mieux sauter. Claude enchaîne les tentatives infructueuses, et c’est finalement Dominique, après avoir visualisé le rayon « Cristal Diamant » (oui !) sur le moteur malade, qui réussit à le faire démarrer. Il ne reste plus qu’une solution : rentrer en France par l’itinéraire le plus rapide, c'est-à-dire sensiblement celui de l’aller, d’une traite, et sans couper le moteur. Cela risque d’être galère, mais il n’y a pas le choix.

Nos routes se séparent donc. Nous, nous continuons encore un peu, car nous comptons passer la frontière du côté du Pays Basque. Passées le moment des embrassades, chacun saute dans son fourgon et nous roulons de conserve jusqu’à l’autovia Pampelune, Huesca… On sort les mouchoirs… A bientôt !!! On recommencera, c’était chouette…

Foz de Lumbier
Foz de Lumbier

Tandis que Claude et Michèle entame le retour infernal vers Lapalme, nous gagnons le village de Lumbier, pour découvrir la Foz de Lumbier, une gorge spectaculaire du rio Irati. L’accès se trouve à environ deux kilomètres du village ; un parking payant marque le début de la réserve naturelle. Ensuite, la découverte se fait obligatoirement à pieds et est accessible aux poussettes et aux fauteuils roulant sur la partie basse. Il est possible d’effectuer une boucle de 5,5 kms, en revenant par le haut des falaises. Nous, en ce qui nous concerne, nous n’avons pas sorti les chaussures de marche et nous préférons nous contenter du petit parcours : 2,6 km.

Aliens...
Aliens...

Le défilé des gorges est long de 1,3 kilomètre ; le sentier emprunte une ancienne voie ferrée, et est particulièrement aisé, si ce n’est la traversée de deux tunnels. Pas de problème à l’aller ; le parcours est ombragé par la falaise et nous conservons une certaine visibilité dans le noir. Au retour, c’est une autre histoire : nous passons sans transition du grand soleil à l’obscurité totale, complètement aveuglées. Heureusement que Dominique a sa lampe de poche !

La ligne de chemin de fer qui longe le cours du Rio Irati, fut la première ligne électrifiée transportant des passagers d’Espagne. Entre 1911 et 1955, elle reliait Pampelune, Aoiz et Sangüesa, sur un parcours de 58 kilomètres. Aujourd’hui, c’est 6 kilomètres de voie verte qui occupent ce parcours spectaculaire.

bruitres en sentinelles
bruitres en sentinelles

Aucun dénivelé, un sol bien nivelé, toutes les conditions sont réunies pour profiter pleinement du ballet incessant des maîtres des lieux : Bruitres (Percnoptères d’Egypte) et vautours. Ils sont incroyablement nombreux, encore plus que sur le site des Mallos et nous mitraillons tous azimuts. On peut en observer en vol, dans les nids, à flancs de falaises, perchés au sommet, piquant un petit roupillon… Il y en a partout, partout. Des gros et aussi des plus petits : pinsons, choucas et martinets noirs. On peut aussi, parait-il, y observer le mythique gypaëte barbu (il n’y a pas qu’eux, nous aussi, on en a, dans la réserve de Jujols, d’abord…), mais notre œil n’est pas assez exercé pour les reconnaître en vol. Nous sommes fascinées et en oublions presque d’admirer le paysage, somptueux, les hautes falaises de calcaire entre lesquelles rugissent les eaux incroyablement émeraudes de la rivière.

Pont médiéval à Burgui
Pont médiéval à Burgui

Arrivées au bout du défilé, nous faisons une brève tentative pour aller admirer le Puente del diablo, vieux pont médiéval ruiné, mais le sol nous parait trop instable et nous y renonçons. Il aurait fallu prévoir les chaussures de marche. Tant pis. Nous revenons sur nos pas et récupérons le Ptibus pour revenir à Lumbier où subsiste un autre pont, en parfait état, celui-là. Nous ne visiterons pas le village. D’autres sont prévus.

Nous reprenons la route vers Navascues, puis Burgui, où nous faisons halte pour nous restaurer. Nous sommes toujours en Navarre, mais à la limite de l’Aragon. Ici, les villages rappellent un peu ceux du pays basque : les maisons sont blanches, majoritairement et abondamment fleuries. Les noms sont écrits dans deux langues, castillan et une autre, aussi bizarre que le basque ; c’est peut-être ça ?

Après manger, nous faisons quelques pas dans le village. Comme dans tous les autres, les ruelles sont couvertes de pavés allongés où il vaut mieux s’abstenir de courir ou de porter des talons aiguilles. Là encore, on peut admirer un superbe pont médiéval. Décidément, il y en a partout.

Vue générale sur Anso
Vue générale sur Anso

Après cette halte, retour en Aragon pour gagner la vallée de Anso… Nous traversons Garde, joli village où nous ne nous arrêtons pas, mais nous pourrions ; il doit aussi en valoir le coup. Mais il faut bien faire un choix ; on ne peut pas tout voir la première fois ! La route de montagne est assez étroite et sinueuse. Nous franchissons un col, retrouvons l’Aragon (belle route en Navarre, plus étroite et endommagée en Aragon ! Mais c'est une exception car d'une façon générale, le réseau routier est excellent partout) et redescendons rapidement sur Anso où, pour l’instant nous ne faisons que passer. Juste un bref arrêt pour s’assurer que le camping est bien ouvert (il est désert). La réponse est positive ; nous allons revenir !

monastère de Siresa
monastère de Siresa

La route qui conduit de Anso à Hecho traverse une autre sierra, mais la route est plus large et plus facile ; nous franchissons un nouveau col, redescendons sur Hecho que nous traversons pour gagner directement Siresa, petit village qui s’enorgueillit de posséder un somptueux monastère.

Nous y arrivons un peu trop tôt ; le monastère est fermé et n’ouvre ses portes qu’à 16 heures. Qu’à cela ne tienne, nous nous baladons dans le village et nous nous installons à la terrasse d’un café pour boire un coup en attendant. L’ambiance est sympathique, mais la menthe est trop forte, limite buvable.

Il est 16 heures, et le monastère n’ouvre pas. Nous découvrons qu’en pareil cas, il faut aller sonner à un endroit précis, de l’autre côté du village (le soleil tape dur et la motivation est faible) ; et encore, il n’est pas certain qu’ils viennent ouvrir ! Le week-end, oui, mais en semaine, rien de moins sûr. Alors…

église de Anso
église de Anso

Nous décidons de repartir sans voir le monastère (il faut aussi avouer que, nous commençons à être en overdose d’églises) et regagnons Hecho où nous faisons quelques pas sans enthousiasme. Il ne nous reste plus qu’une chose à faire : revenir à Anso, qui nous a vraiment tapé dans l’œil, s’installer au camping et aller visiter le village.

Aussitôt dit, aussitôt fait. Nous nous installons sur le terrain de camping, toujours aussi désert. Nous avons tout l’espace pour nous seules. L’ambiance est montagnarde et fleure bon les pins. Nous adoptons peu à peu le rythme espagnol : nous nous installons à l’ombre, en attendant que la chaleur tombe un peu et sur le coup de dix huit heures, nous partons à la découverte de Anso, très justement classé parmi les plus beaux villages d’Espagne.

Fontaine, à Anso
Fontaine, à Anso

Rues pavés, jolies maisons blanches généreusement fleuries, fontaines, plaza Mayor, et ambiance sympathique. Nous trouvons une petite épicerie pour nous ravitailler en eau… Une autre boutique vend des spécialités du coin : fromage de brebis et tarte au miel ; on achète ! Il faut goûter aux spécialités locales. Nous nous asseyons un moment sur la place, pour l’ambiance. On est vraiment bien ici. Ça donne envie de se poser.

Plaza Mayor Anso
Plaza Mayor Anso

C’est au cours de nos déambulations dans cet adorable village de montagne que nous parvient le SMS de Claude et Michèle : bien arrivés à Lapalme, un peu « nazes » (on s’en doute), mais entiers ! Michèle a dopé le chauffeur à coup de fruits secs. Un bon plan.

Nous sommes contentes pour eux. Nous retrouvons notre petit camping. Un peu plus tard, un couple d’espagnols vient s’installer, à bonne distance de nous. Nous sommes à une cinquantaine de kilomètres de la France, par le col de la Pierre Saint Martin, au dessus d’Oloron Sainte Marie. Mais nous ne sommes pas pressées d’y retourner.

Très sympa, ce coin. On y reviendra, tiens !

Fredo

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commentaires

J
Ah les fourgons grognons... Il n'y a rien de pire ! (A part un mari grognon me souffle une voix...)<br /> Très joli périple ! En descendant au Portugal nous aussi nous avons pensé retourner au pays basque espagnol ou en Aragon...
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J
Comment peux-tu imaginer une chose pareille !!! ;-))
D
Oh la petite voix ne doit pas parler de toi ! Me trompe-je ?

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